LES LOUVES DU NORD
Hello mes p'tits chous ! Après un banquet bien arrosé, on repart - avec la gueule de bois - à la guerre.
Capucine : dire que je n'aime pas Eowyn est un euphémisme, je la déteste. A toi de découvrir si les Louves du Nord la respecteront un jour.
Bonne lecture.
Tome 4 : Le Retour du Roi
Chapitre 4 – A la guerre
6 mars 3019, Edoras
Aragorn était assis à l'ombre d'une maison en train de manger un bol de purée de fruits pour le petit-déjeuner, préparée par Alyandra juste après l'aube. Elle avait apparemment souffert d'insomnie et était donc sortie au milieu de la nuit avec Amira pour cueillir des baies et chasser du gibier afin d'égayer les repas à Méduseld, et s'était attelée à la préparation du petit-déjeuner pour tous les habitants du château.
Aragorn savourait donc le repas cuisiné par sa future belle-sœur, son regard perdu dans le paysage, les montagnes qui entouraient la plaine où se trouvait Edoras. C'est ainsi que ses yeux se posèrent sur un feu, un brasier au sommet d'une montagne. Ses yeux s'écarquillèrent d'un coup et il en lâcha son bol. Sans s'en soucier le moins du monde, il se mit à courir comme un dératé vers le château, traversant la ville comme une furie, montant les marches quatre à quatre. Il ouvrit les portes en les envoyant cogner contre le mur.
-Les feux d'alarme de Minas Tirith ! s'écria-t-il, hors d'haleine. Les feux d'alarme sont allumés ! Le Gondor appelle à l'aide !
Il regardait Théoden avec une telle détresse dans ses yeux… C'en était troublant. Assis à une table non-loin dans le hall, Alyandra, Ashana, Legolas et Gimli, qui jouaient aux dés, levèrent la tête pour jauger la réaction du roi du Rohan. Eomer se tenait près d'eux, l'air grave, et Eowyn les rejoignit en courant, ayant entendu le cri d'Aragorn depuis le couloir.
-Et le Rohan répondra ! décida Théoden après de longues secondes de silence. Réunissez les Rohirrims !
Eomer s'inclina rapidement et échangea un regard avec sa sœur avant de sortir pour aller chercher son armure. Une minute plus tard, un homme sonnait de la cloche en haut de la tour d'alarme, signifiant aux soldats qu'ils devaient se rassembler. Théoden et Eomer sortirent de Méduseld quelques instants plus tard, équipés.
-Rassemble les hommes à Dunharrow, ordonna le Roi. Autant d'hommes que tu pourras trouver. Tu as deux jours. Au troisième, nous partirons pour le Gondor, et la guerre !
Eomer hocha la tête et descendit les marches vers ses hommes.
-En selle ! A cheval ! leur cria-t-il.
Il allait monter sur Baringr, sa monture, quand il vit une louve noire se glisser près de lui.
-Je viens avec toi, annonça Maëlia. Les autres feront route avec le Roi.
-Bien, accepta-t-il. Tu chevaucheras en tête avec moi.
Elle hocha brièvement la tête pour lui signifier qu'elle avait compris, et se hissa souplement sur Layaqhar.
De leur côté, Alyandra et Ashana étaient déjà prêtes, et attendaient que leurs amis aient fini d'accrocher leurs affaires à leurs selles. Eowyn tira son cheval près d'Aragorn, et Ashana plissa les yeux.
-Chevaucherez-vous avec nous ? demanda l'homme.
-Jusqu'au campement, répondit la blonde. C'est une tradition pour les dames de la cour de faire leurs adieux aux hommes.
Aragorn s'approcha de la selle du cheval d'Eowyn et Ashana ne put plus bien voir ce qu'il se passait. Eowyn parla à nouveau mais à voix trop basse pour qu'elle puisse comprendre. Exaspérée, elle se tourna vers Legolas et Gimli qui comme d'habitude, chevauchaient ensemble.
-Des cavaliers, pfff ! pestait le nain roux. J'aurais aimé pouvoir assembler une armée de nains crasseux, armés jusqu'aux dents.
-Vos cousins n'ont sûrement pas besoin d'aller à la guerre, répliqua Legolas. Je crains que la guerre ne soit déjà sur leurs terres.
-Si la guerre est à Erebor, intervint Alyandra, je pourrais presque plaindre les orcs qui ont été chargés de cette attaque.
-Pourquoi donc ? demanda Gimli.
-Parce que notre cousin Kaelan, le petit frère de Maëlia, est un des plus grands guerriers de ce monde. Il n'y a que Maëlia qui le surpasse, même si c'est dur de l'admettre. C'est le meilleur stratège d'Erebor, et il est très intelligent. Secondé par notre père, notre mère et oncle Kili, il est plus ou moins invincible je pense. Erebor tiendra.
Ashana et elle échangèrent un regard fier. Kaelan était le digne Prince d'Erebor, il n'y avait aucun doute.
-L'heure est venue ! cria Eomer à ses hommes. Cavaliers du Rohan ! Vous avez prêté serment ! Respectez-le ! Pour le seigneur et la terre ! Yah !
Son eored partit au galop derrière lui et Maëlia. La troupe de Théoden ne tarda pas à partir également.
7 mars 3019, Dunharrow
Ils avaient atteint le campement dans l'après-midi, et de nombreuses tentes avaient déjà été dressées par les hommes. Théoden en tête, ils traversèrent le camp des soldats au trot, puis montèrent un chemin escarpé vers les tentes des commandants, un peu plus haut. Des tentes furent assignées, et chacun déposa ses affaires, prépara son armure et ses armes…
8 mars 3019, Dunharrow
En fin d'après-midi, Eomer et Maëlia, suivis d'un large groupe de cavaliers, arrivèrent. Ils laissèrent les hommes en bas et montèrent tous deux au campement où les attendaient leurs proches. Maëlia rejoignit ses cousines dans leur tente, laissant Layaqhar errer comme elle le voulait parmi les hommes. Le soir, elles rejoignirent Eomer et quelques hommes du Rohan autour d'un feu pour le dîner.
Eowyn, précédée de Merry, sortit de la tente derrière eux.
-A la forge, allez, dit Eowyn à Merry.
Le hobbit disparut entre les tentes.
-Tu ne devrais pas l'encourager, grommela Eomer.
-Toi tu ne devrais pas douter de lui, répliqua doucement Eowyn.
-Je ne doute pas de son courage, mais de la portée de son bras.
Des rires parcoururent le groupe.
-Pourquoi est-ce que Merry devrait rester à l'arrière ? Il a autant de raison d'aller à la guerre que vous. Pourquoi ne pourrait-il pas se battre pour ceux qu'il aime ?
Eomer se leva, se redressant de toute sa hauteur, et toisa sa sœur.
-Tu en sais aussi peu sur la guerre que ce hobbit. Quand la peur prendra ses tripes, oui la peur, quand le sang, les cris, l'horreur de la bataille feront fureur, crois-tu qu'il restera et qu'il se battra ? Non, il s'enfuira. Et il aura bien raison. La guerre est le domaine des hommes, Eowyn.
Il se détourna d'elle pour se rasseoir, mais au moment où il lui tourna complètement le dos il reçut une gifle magistrale de la part de Maëlia qui se tenait devant lui, l'air furieux et les poings serrés. Personne n'osa bouger.
-C'est la chose la plus stupide que j'ai jamais entendu, cracha-t-elle. Il y a soixante-dix-huit ans, on avait déjà fait cette réflexion à ma tante, la légendaire Reine Anna d'Erebor. Alors elle a pris une épée et est allée botter le cul d'un dragon et d'une armée d'orcs pour prouver le contraire, et elle est même revenue d'entre les morts après ! On m'a expliqué la même chose depuis la première fois que j'ai saisi une épée, alors je suis devenue meilleure que les autres pour leur prouver le contraire, et j'ai réussi ! Certes, je ne peux pas encadrer ta sœur, mais aucune femme ne mérite qu'on lui parle ainsi ! Que tu sois humain, elfe, hobbit, nain ou autre chose, homme ou femme, tu es libre, et rien ni personne ne peut t'empêcher de prendre une épée et de te battre pour ce en quoi tu crois. Parce que la liberté n'induit pas l'égoïsme et il n'y a pas de personne plus libre que celle qui agit parce qu'elle pense ses actes justes.
Elle finit sa tirade et resta de longues secondes à affronter Eomer du regard, comme si elle le défiait. Finalement elle tourna les talons et disparut entre les tentes à grands pas décidés.
-Quelle femme… souffla finalement Eomer en la regardant partir.
-Elle en a bavé à cause d'hommes comme vous, fit Ashana avec une mine dégoûtée. Princesse ou pas, elle a dû batailler ferme, dans tous les sens du terme, pour avoir le droit de combattre dans l'armée. Et pourtant je ne l'ai jamais vue aussi complète qu'avec une lame dans la main. L'accord avec soi-même n'est pas toujours dans le ton, ce n'est pas pour autant que l'on doit cesser de se battre pour avoir le droit d'être qui on veut. Bonne soirée.
Elle partit à la suite de sa cousine, laissant les hommes de plus en plus abasourdis.
-Je n'ai pas de belles maximes à vous lancer à la figure comme ma cousine ou ma sœur, fit Alyandra en se levant. Mais je vais vous dire une chose, c'est que vous êtes une belle brochette de crétins. Sur ce, la femme que je suis va vous laisser afin de se préparer pour se battre à vos côtés dans la prochaine bataille.
Et elle s'en alla, un sourire satisfait sur le visage. Elle retrouva les deux autres sous la tente qu'elles partageaient, et elles s'endormirent autour de la lanterne qui éclairait l'intérieur de leur abri. Maëlia se réveilla en sursaut au milieu de la nuit à cause d'un mauvais rêve, et sortit profiter de l'air frais pour se détendre. Elle vit Eowyn se précipiter entre les tentes un peu plus loin et la suivit en fronçant les sourcils, car c'était vers la tente d'Aragorn que la jeune femme se dirigeait. Elle vit Eowyn s'approcher d'Aragorn qui harnachait son cheval et se cacha derrière un arbre.
-Pourquoi faites-vous cela ? demanda Eowyn. La guerre s'étend à l'est, vous ne pouvez partir à l'aube de la bataille. Vous ne pouvez abandonner les hommes.
-Eowyn… soupira Aragorn.
-Nous avons besoin de vous ici, insista la Demoiselle du Rohan.
-Pourquoi êtes-vous venue ? grommela Aragorn.
-Vous l'ignorez donc ? souffla la jeune femme.
Maëlia leva les yeux au ciel. Quelle cruche celle-là alors !
-Ce n'est qu'une ombre et une pensée que vous aimez, dit doucement Aragorn. Je ne puis vous offrir ce que vous recherchez.
Eowyn recula, un air d'incompréhension peint sur le visage.
-J'ai souhaité votre bonheur dès que je vous ai vue, ajouta Aragorn avant de se détourner, tirant Harod avec lui.
Maëlia laissa Eowyn partir en pleurant de son côté, après tout elle n'avait aucune sympathie pour cette femme, et suivit Aragorn de loin.
-Où comptez-vous donc aller ? fit la voix de Gimli quand Aragorn passa près de lui.
-Non, pas cette fois, le prévint Aragorn. Cette fois vous restez, Gimli.
Legolas arriva, avec Hasufel prêt et harnaché.
-Ignorez-vous tout de l'opiniâtreté des nains ? lança-t-il avec un sourire.
-Il va falloir l'accepter, ajouta Gimli. Nous venons avec vous, l'ami.
Aragorn ne put s'empêcher de sourire légèrement, et se mit en selle en même temps que ses deux compagnons. Ils allaient partir quand Maëlia se dressa devant eux, bras croisés et sourcil haussé.
-Ah non, pas vous aussi ? lâcha Aragorn.
-Il n'y a que moi, rit Maëlia. Les autres dorment. Et je ne viens pas avec vous. Mais elles vont piquer une énorme crise demain matin quand elles verront que vous êtes partis.
-Tu les salueras de notre part.
-Vous allez peut-être à votre mort, et nous à la nôtre. Nous pourrions ne jamais nous revoir, et vous voulez que je leur transmette vos salutations ? s'offusqua la blonde.
-Si nous leur disons au revoir nous ne pourrons jamais partir sans elles, contra Aragorn.
-Alors vous vous enfuyez comme des voleurs… Je ne sais pas si je dois vous souhaiter de revenir vivants, car si elles survivent à la bataille, et que vous les retrouvez, elles pourraient bien vous tuer de colère. Enfin, bonne route, les amis.
Et elle partit tranquillement entre les tentes, revenant se coucher dans la sienne.
Le lendemain, elles se levèrent au son des trompettes du rassemblement. Sans un mot, elles enfilèrent leurs armures, vérifièrent leurs armes, firent leurs baluchons et grimpèrent sur leurs louves. Grignotant quelques tranches de viande séchée en attendant que le reste de l'armée soit prêt, chacune méditait sur les événements à venir. Elles se rangèrent dans la colonne de cavaliers, et suivirent les armées du Rohan en direction de Minas Tirith.
Au fil de leur chevauchée, Alyandra, dans son petit journal de bord, indiqua qu'ils campèrent sous Minrimmon le 12 mars, qu'ils parvinrent à la forêt de Drùadan le 13, et enfin qu'ils atteignirent la Forêt Grise le 14.
14 mars 3019, campement des Rohirrims en Forêt Grise
Eomer venait de revenir de sa patrouille.
-Les éclaireurs disent que Minas Tirith est encerclée. Le niveau inférieur est en flammes, annonça-t-il. Les légions ennemies arrivent de toutes parts.
-Le temps nous dessert, pesta Théoden.
-Tenez-vous prêts ! ordonna Eomer à ses hommes.
Il demanda quelques instants plus tard qu'ils sonnent le départ. Au même moment, des hurlements de loups retentirent non-loin. Eomer se tourna vers Maëlia, qui secoua négativement la tête en fronçant les sourcils. Elle grimpa sur Layaqhar, et suivie de ses cousines sur leurs montures, elle se précipita vers la source du bruit.
Elles arrivèrent au milieu de soldats qui fuyaient en hurlant. Des loups, de taille normale, sortirent de sous les arbres en montrant les crocs. Ils étaient au moins une trentaine, leur pelage étaient plutôt gris, de différentes nuances. L'alpha s'avança lentement en grognant, et Maharib voulut lui sauter dessus mais Ashana la retint fermement en place. Alyandra descendit d'Amira et laissa la louve s'avancer vers l'alpha. Elle faisait plus du double de sa taille, et le toisait de toute sa hauteur, crocs brillants dans le soleil. Elle grogna de plus en plus fort, et l'alpha aussi. Amira se releva alors sur ses pattes arrière puis retomba sur ses pattes avant en faisant trembler la terre devant elle, poussant un rugissement digne d'un lion. L'alpha sembla considérablement se tasser. Amira grogna encore, et il recula. Elle releva la tête sans cesser de grogner, et il sembla bouger le museau.
-Qu'est-ce qu'elle fait ? demanda Ashana à Alyandra.
-Elle demande à une meute de loups de se battre pour nous… répondit Alyandra avec la voix de celle que plus rien ne peut surprendre.
-Et ? Les loups viennent avec nous ? demanda Maëlia.
-Oui.
Amira retourna auprès de son âme-sœur et la laissa grimper sur son dos. Les trois jeunes femmes, sur leurs louves et suivies par une trentaine de loups gris, retournèrent voir Eomer et Théoden pour les informer de la situation.
-Mais qu'est-ce que c'est que ça ?! s'exclama Eomer.
-Nos nouveaux alliés. Ils préfèrent bouffer de l'orc demain matin plutôt que de terroriser vos hommes aujourd'hui, répondit Alyandra. Ils ne feront aucun mal aux hommes ou aux chevaux.
-En route, grommela Théoden.
Meeeeeh j'en peux plus, je veux la bataille !
