LES LOUVES DU NORD

Hello mes p'tits chous ! Enfin on arrive à la bataille des champs du pelennor !

Nymueh : t'inquiète pas pour les reviews, je me doute que tu n'as pas que ça à faire, y'a aucun souci ^^ que veux-tu, Eomer est un homme dans une société relativement machiste, quelque part il suit son éducation, et aussi il veut protéger sa soeur. La réaction des filles sera peut-être plus claire avec ce chapitre, j'espère. Compote de pommes et spéculoos !

Capucine : non, tu n'as pas l'air trop hystérique, ça va XD

Bonne lecture !


Tome 4 : Le Retour du Roi

Chapitre 5 – Les Champs du Pelennor

15 mars 3019, Champs du Pelennor, devant Minas Tirith

Le cor des Rohirrims sonna alors que le soleil allait poindre. Eomer se tenait juste devant la première ligne de son eored, entouré des Trois – six en réalité – Louves du Nord, les autres commandants de Théoden étaient aussi devant leurs hommes, et Théoden était en tête. En rangs serrés sur la colline basse, ils contemplaient l'étendue de l'armée du Mordor, mer immonde de soldats inhumains dans tous les sens du terme, abjectes légions d'abominations qui se tenaient entre eux et Minas Tirith.

-J'aurais aimé qu'Aragorn, Gimli et Legolas ne nous aient pas abandonnés à la veille de la bataille, grommela Ashana.

-Ils viendront ! la tança Maëlia. Ils sont partis chercher des renforts, et ils en amèneront avant la fin, sois en certaine.

-Je l'espère, intervint Alyandra d'une voix douce. J'aimerais les voir une dernière fois…

Sa sœur, sa cousine et Eomer se tournèrent vers elle.

-Ash, Maëlia, nous avons déjà survécu à tellement de combats… Je ne manquerais celui-là pour rien au monde, mais personne n'est éternel, et je ne sais pas si je verrai une nouvelle aube se lever.

-Tant de défaitisme de ta part me surprend, cousine, rétorqua Maëlia. On se retrouve ce soir pour dîner, que ce soit en enfer ou dans le palais de Minas Tirith, non ? Ensemble ?

-Ensemble, acquiescèrent ses cousines en souriant.

-Eomer ! cria alors Théoden. Mène ton eored au pied du flanc gauche !

-Mes hommes sont prêts ! répondit le concerné.

-Gamelin ! continua le Roi. Suivez l'étendard du Roi au centre ! Grimbold ! Menez votre compagnie à droite quand vous aurez passé le mur ! En avant ! Ne craignez aucune obscurité ! Debout ! Debout, cavaliers de Théoden ! Les lances seront secouées ! Les boucliers voleront en éclats ! Une journée de l'épée ! Une journée rouge ! Avant que le soleil ne se lève !

Les cavaliers pointèrent leurs lances devant eux, prêts à charger. Maëlia saisit son bouclier et prit son épée. Alyandra encocha une flèche, et Ashana alla se placer en fin de ligne pour lancer les loups à l'assaut dès que l'ordre en serait donné, tenant également son arc bandé dans ses mains. Théoden passa devant la première ligne, tapant légèrement chaque lance avec son épée pour saluer ses soldats.

-Au galop ! Au galop ! Oui, courez à la ruine ! Et à la fin du monde ! A mort !

-A mort ! reprirent les soldats.

-A mort ! répéta le Roi.

-A MORT ! cria l'armée. A MORT ! A MORT !

-Pour Eorlingas ! s'exclama Théoden.

Les cors du Rohan sonnèrent une nouvelle fois. Théoden commença à avancer.

-Tuez-les tous ! cria Ashana.

Les loups gris s'élancèrent à pleine vitesse vers les orcs, griffes dehors, crocs brillants dans l'aube qui pointait. Ashana lança Maharib au galop, rejoignant la charge des Rohirrims. La tension monta alors qu'ils fonçaient vers les lignes ennemies, certains étant fauchés par des flèches avant même de les atteindre. Puis vint le terrible choc. Pendant un moment, les Rohirrims taillèrent à travers l'armée ennemie comme si c'était du beurre, et ils pensèrent qu'ils y arriveraient, qu'ils allaient sauver Minas Tirith.

-Poussez-les vers le fleuve ! encouragea Eomer.

-Il faut protéger la cité ! ordonna Théoden.

Puis un barrissement retentit, et cela doucha l'espoir des troupes du Rohan. Des Haradrims. Ce peuple nomade venait de terres lointaines et étaient connus pour leurs oliphants, énormes bêtes de guerre à quatre défenses, une trompe puissante pire qu'un fouet, quatre pattes robustes qui pouvaient écraser n'importe quoi, et un cuir très épais. Des archers étaient perchés sur les oliphants, et une quinzaine de ces monstres arrivaient vers les Rohirrims au galop.

-Reformez la ligne ! Reformez la ligne ! s'écria Théoden.

Les princesses se rangèrent près d'Eomer dans la ligne, peu rassurées.

-Tirez dans la tête, grommela Maëlia à ses cousines. Je ne sais pas comment tuer ces bêtes, mais la gueule et les yeux me semblent être de bonnes cibles. Ou descendez au moins les archers Haradrims.

-Coupe les tendons dans ses pattes, lui répondit Alyandra. L'oliphant tombera et mort ou pas, il n'atteindra pas Minas Tirith.

-Entendu.

-Sonnez la charge ! ordonna alors Théoden. Attaquez de front ! Chargez !

Ils foncèrent vers leurs ennemis une nouvelle fois, mais ce fut un massacre et beaucoup de cavaliers périrent.

-Eomer ! cria Maëlia.

Ce dernier se baissa par réflexe et évita une défense qui passa juste au-dessus de lui. Elle lui lança ensuite une lance, lui faisant signe vers le chef de Haradrims. Eomer empala l'homme qui tomba, et même si Maëlia ne vit pas comment, cela mit deux oliphants hors-jeu. D'autres se mirent à tomber, apparemment les Rohirrims avaient trouvé de bonnes stratégies.

Les princesses se battaient férocement comme toujours, sans pitié. Plus d'une heure s'était déjà écoulée depuis le début de la bataille, et elles ne sentaient pas de fatigue ou de lassitude dans leurs corps, non, elles se sentaient plus vivantes que jamais. Maëlia sauta à bas de sa louve alors qu'Alyandra et Ashana, absorbées dans leurs combats, se déplaçaient lentement mais sûrement vers le port.

-Rassemblement ! cria Théoden non-loin. Ralliez-vous à moi !

Maëlia fut la première à s'y précipiter, suivie par les Rohirrims. Un cri suraigu retentit et un Nazgûl arriva alors, jetant Théoden et sa monture Nivacrin plus loin. Horrifiée, Maëlia fonça à travers le groupe d'orcs devant elle pour aller sauver le Roi. Un soldat du Rohan se dressa alors devant le Nazgûl.

-Je vous tuerai si vous le touchez, cracha-t-il d'une voix étrangement féminine.

-Ne te mets pas entre un Nazgûl et sa proie, fit la silhouette noire de sa voix d'outre-tombe.

Il leva le bras dans un geste violent comme s'il donnait une gifle, et le soldat fut éjecté plus loin, inconscient, du sang perlant au coin de sa bouche. Son casque avait été arraché par le choc et Maëlia put distinguer les traits d'Eowyn.

-Non ! s'écria-t-elle alors qu'elle courait vers le Nazgûl qui s'approchait de Théoden.

Abattant sa lame en dérapant sur les graviers, elle trancha la tête de l'horrible reptile volant qui servait de monture au Nazgûl d'un seul coup. Le Nazgûl tomba à terre mais se releva bien vite, une épée et une masse d'armes hérissée de piques dans les mains.

-Roi-sorcier d'Angmar, reconnut Maëlia. Enfin un adversaire intéressant…

Elle savait qu'elle n'avait presque aucune chance de sortir de cet affrontement vivante, mais elle resserra sa prise sur son bouclier et son épée en contrôlant sa respiration. Quelle que soit l'issue de ce duel épique, on en parlera encore dans les Âges à venir. Elle passerait dans la légende comme celle qui a osé affronter le grand Roi-sorcier d'Angmar et s'est sacrifiée pour sauver ceux qu'elle aime, ou, si un miracle se produisait, comme celle qui avait osé affronter cet ennemi et l'avait vaincu.

Poussant un horrible cri qui lui vrilla les tympans, le Roi-sorcier passa à l'attaque, faisant tournoyer sa masse d'armes. Maëlia se concentra et se plongea entièrement dans le combat, évitant l'arme mortelle à chaque fois, jusqu'à une fois où elle se releva une seconde trop tard pour la voir et que la masse fit voler son bouclier en éclat, l'envoyant choir sur le dos contre un cheval mort.

Elle poussa une exclamation de douleur, son bras s'était brisé. Plus loin elle entendit Layaqhar pousser un hurlement de douleur également, mais elle se força à ne pas y prêter attention pour ne pas perdre sa concentration.

De leur côté Alyandra et Ashana étaient loin, à l'autre bout du champ de bataille quasiment, tuant de l'orc tranquillement à tour de bras. Une lueur verte du côté du port attira leur attention.

-Qu'est-ce que… Par le string en mithril de Mahal ! s'écria Ashana. C'est une armée de fantômes !

-Et avec qui sont-ils ? demanda sa sœur.

-Ils tuent les orcs, je crois… Mais attends, c'est… Aragorn ! Aragorn !

Elles voyaient à présents leurs trois compagnons, courant avec les fantômes, décimant les orcs sur leur chemin. Ashana sauta dans les bras de son fiancé et l'embrassa légèrement, avant d'aller étreindre Gimli. Alyandra embrassa Legolas et sourit aux deux autres.

-Alors c'est ça, les renforts ? Des fantômes ? s'étonna-t-elle.

-Rudement efficaces, lui répondit Gimli. Ils vont nous nettoyer tout ça en un rien de temps. Où est la troisième ?

-Oh, elle doit se battre un peu plus loin. Allons-y !

Maëlia de son côté regardait avec terreur le Nazgûl s'approcher d'elle. Il serra sa main gantée de fer autour de son cou et la tint devant lui. Le métal lui égratignait la peau et sa poigne l'étouffait, et ses pieds touchaient à peine le sol.

-Pauvre folle… Aucun homme ne peut me tuer… Meurs…

Les mots résonnèrent en elle avec une étrange clarté. La prophétie de Glorfindel, se rappela-t-elle. Elle saisit fermement une dague qui était à sa hanche avec sa main gauche, et la planta au milieu de ce qui devait être la tête du Nazgûl, sous sa capuche, avec un cri déterminé.

Le choc dans son bras fut terrible et il poussa un cri qui lui glaça le sang avant de s'effondrer. Elle tomba à quatre pattes sur le sol en haletant, sentant sa vision se brouiller et le mal l'emporter. Elle releva la tête une dernière fois avec l'air le plus insolent qu'on avait jamais vu.

-Pauvre débile… Je ne suis pas un homme.

Sous ses yeux fatigués, l'armure du Nazgûl se tassa sur elle-même et bientôt il ne fut plus qu'un petit tas de poussière. Alors, elle se laissa tomber sur le sol et ferma les yeux.

Plus loin, Alyandra et Ashana se battaient férocement aux côtés de leurs compagnons. Legolas se débrouilla pour tuer un oliphant à lui tout seul, et de nombreux autres exploits furent accomplis sur le champ de bataille. Les fantômes envahirent la cité et la nettoyèrent intégralement pour le plus grand plaisir des Rohirrims survivants qui étaient fatigués, alors que la matinée avançait.

Aragorn fut bientôt entouré de tous les fantômes.

-Libérez-nous, demanda leur chef.

-Mauvaise idée, grogna Gimli. Très pratiques, ces aides de camp, même s'ils sont morts.

-Vous nous avez donné votre parole !

-Je considère votre serment accompli. Allez, soyez en paix, dit Aragorn.

Un vent souffla et dispersa la brume verte que formaient les fantômes. Les hommes se mirent à chercher les survivants et vérifier que les orcs étaient bien morts. Aragorn et Eomer se saluèrent d'un signe de tête en passant, Alyandra et Ashana étaient remontées avec leurs louves à Minas Tirith, étant chargée d'un blessé chacune, afin de les amener rapidement aux Maisons de Guérison. Gimli trouva Eowyn inconsciente, la réveilla, et la laissa s'appuyer sur lui alors qu'il la guidait vers Minas Tirith. Aragorn et Legolas cherchaient parmi les autres quand un cri les stoppa. Ivre de douleur, le visage marqué par le chagrin, Eomer se précipitait vers un corps. Il tomba à genoux, soulevant un corps fin dans ses bras, à la peau pâle et aux cheveux blonds avec quelques mèches tressées pour dégager le visage qui était tâché de sang d'orc. Il pleurait, criait, avec un tel désespoir… Aragorn et Legolas se figèrent quand ils virent qui se trouvait inerte dans les bras de l'homme du Rohan.

-Maëlia… soufflèrent-ils en même temps alors que des larmes s'accumulaient sous leurs paupières.

Eomer la tenait serrée contre lui, la berçant comme si elle dormait, baignant ses cheveux blonds de ses larmes. Il la souleva et marcha sans un mot vers Minas Tirith à grands pas. Legolas trouva Layaqhar étendue un peu plus loin, et réussit à soulever l'énorme louve pour la ramener avec Maëlia.

Aux Maisons de la Guérison, Alyandra et Ashana avaient perdu toute sanité d'esprit en voyant Eomer arriver en courant avec Maëlia dans les bras, et des soldats avaient été obligés de les assommer pour les calmer. Eomer allait demander où il pourrait monter un bûcher funéraire quand le corps lui glissa légèrement des bras. Il rattrapa Maëlia et la stabilisa en posant une main sous son cou et faillit la lâcher quand il sentit quelque chose sous ses doigts calleux. Il crut halluciner, il arracha les lacets de la cuirasse et la jeta plus loin avant de reposer sa main.

-Il bat, murmura-t-il sans y croire. Son cœur bat toujours.

Aussi tôt il l'allongea sur un brancard, la débarrassa de son armure et repoussa doucement de son front les mèches qui y collaient. Il ne vit presque aucune blessure autre que des coupures bégnines qu'il nettoya et banda, à part les marques violacées sur son cou et le poison noir dans ses veines sur son bras, qu'il pouvait voir à travers la peau diaphane. Il prit un linge, le trempa dans l'eau froide et entreprit de tamponner le front de la jeune femme. Il la veilla ainsi des heures durant, veillant à ne pas laisser monter la fièvre.

A la nuit tombée, Aragorn passa le voir, et lui avoua que rien ne pouvait guérir Maëlia, à part elle-même. Il l'informa que sa sœur allait bien et que ses blessures n'étaient pas trop sérieuses même si elle devait garder la chambre pour le moment. Eomer le remercia, et déclina son offre de prendre le relais, préférant rester auprès de Maëlia.

Au milieu de la nuit, la respiration de la jeune femme passa de quasi-imperceptible à normale, et Eomer faillit en pleurer de joie. Maëlia papillonna des yeux un instant avant de le voir.

-Eomer ? Non… Vous ne pouvez pas être lui… dit-elle d'une voix rauque et lointaine.

Eomer fronça les sourcils. La fièvre avait-elle grimpé d'un coup au point de la faire délirer ?

-Il est… loin de moi. J'aurais tellement aimé… le revoir…

Eomer en resta coi. Il prit un linge et le passa à nouveau sur le front de la jeune femme avec inquiétude. Puis il lui prit doucement la main et inspecta son bras. Le poison semblait s'être résorbé ou au moins avait arrêté sa progression, et il se prit à espérer. Il serra la main de Maëlia dans la sienne, y déposant un baiser léger.

-Maëlia, je vous prie, revenez-nous, revenez-moi. Nous avons tous besoin de vous ici. J'ai besoin de vous. Je vous en supplie, battez-vous. Pour Erebor, pour votre frère Kaelan, pour vos cousines Alyandra et Ashana, pour votre cousin Gimli, pour vos amis Legolas et Aragorn, et Merry et Pippin, pour Gandalf, pour… pour moi. Je vous en prie, ne vous laissez pas emporter par les ombres. Revenez-nous. Revenez-moi.


C'est qu'il m'aurait presque fait pleurer... Alors, on aime ou on aime pas ?