LES LOUVES DU NORD

Hello mes p'tits chous ! Désolée pour la semaine de retard mais j'étais dans les trains samedi dernier et je n'avais pas l'énergie de publier en rentrant :/

Nymueh : ui, je déteste Eowyn parce que pour moi c'est typiquement le personnage faible qui sert à rien, et qui a UN moment ultra stylé mais on sait pas d'où ça sort puis redevient tout naze... Alors que Maëlia (on aime ou on aime pas) étant une grande guerrière, elle est presque "de taille" face au Roi-sorcier d'Angmar, elle a techniquement les capacités pour aller lui casser la gueule. Alors oui du coup Merry est passé à la trappe aussi, c'est un dommage collatéral on va dire ^^" t'inquiète pas pour Eowyn, comme j'aime pas tellement Faramir non plus (j'aime personne en fait XD) je les laisse ensemble parce que... fleeeeeemme XD alors non Eowyn n'est pas, pour le moment, au courant pour Theodred et Maelia. Mais Maëlia ne parlait pas de Theodred à la fin, en tout cas je l'ai pas pensé comme ça quand je l'ai écrit, mais j'aime bien ton idée. Salade de fruits et citronnade, bisous.

Anga27 : ravie de voir que tu es toujours vivante ! merci pour ton soutien

Capucine : Haha je pensais que Maëlia contre le roi-sorcier serait plus prévisible, mais bon. merci pour ta review, bisous


Tome 4 : Le Retour du Roi

Chapitre 6 – Les survivants

16 mars 3019, Maisons de Guérison, Minas Tirith

Maëlia sentit son corps et son esprit se réveiller. Elle ouvrit lentement les yeux et fut aveuglée par la lumière pâle. « Alors c'est ça, la mort ? ». Puis ses yeux s'ajustèrent à la luminosité, et elle fronça légèrement les sourcils. La lumière de l'aube passait à travers une fenêtre, elle était dans un lit inconfortable, et… Ses yeux s'agrandirent de surprise. Assis sur une chaise à son chevet, la tête penchant un peu sur le côté, ses mains refermées autour de la sienne, Eomer se tenait là, les yeux fermés. Elle l'observa une seconde, remarquant son air sérieux, les rides d'inquiétude sur son front. Il semblait avoir un sommeil troublé. Elle baissa les yeux sur elle-même et faillit pousser une exclamation d'horreur en voyant la tenue dans laquelle elle se trouvait. Elle ne portait qu'une tunique et ses sous-vêtements. Elle referma les yeux en soupirant. Elle sentit alors Eomer bouger près d'elle et se tint immobile.

Il lui caressa la main et souleva son bras comme pour l'inspecter, et relâcha un soupir qu'elle interpréta comme soulagé. Puis il y eut le bruit d'une porte qui s'ouvrait, et un soldat vint informer Eomer que le Conseil des Capitaines de l'Occident allait commencer dans le hall du palais. Eomer répondit qu'il venait, et le soldat alla attendre dehors. Puis elle le sentit se pencher vers elle et déposer un baiser sur son front.

-Maëlia, vous êtes guérie, vous y êtes presque. Je vous en prie, ne cédez pas aux ombres, battez-vous. Battez-vous, et revenez-nous.

Il sortit de la pièce et demanda au soldat de rester là pour monter la garde. Dès que la porte fut refermée, Maëlia se mit debout en grommelant. Elle remarqua que sa rune sur la main la brûlait un peu, que son bras semblait ne plus être brisé par elle-ne-savait-quelle magie, et qu'elle se sentait bien, et très vivante. Elle lâcha une bordée de jurons en voyant que la tunique bleu clair simple qu'on lui avait passé s'arrêtait au-dessus de ses genoux. Elle natta ses cheveux sommairement sur une épaule et passa ses bottes qu'elle trouva dans un coin. Elle allait mettre sa ceinture puis finalement la reposa, ne voulant pas – pour la première fois de sa vie – porter d'armes. Ne mettant que sa cape, elle sortit de la chambre exigüe et marcha à pas décidés vers le palais, ne prêtant aucune attention à ce pauvre soldat qui tenta de l'arrêter sans succès.

Alyandra et Ashana se tenaient debout à gauche du trône du Gondor, Gimli se prélassait sur le trône de l'Intendant, Legolas se tenait debout devant lui, Eomer se tenait aussi debout à quelques pas, Aragorn faisait les cent pas au milieu du hall et Gandalf était entre lui et les jeunes femmes.

-Frodo est passé au-delà de ma vision, annonça le magicien. Les ténèbres s'épaississent.

Aragorn cessa de tourner en rond pour se tenir face au magicien.

-Si Sauron avait l'Anneau, nous le saurions, dit-il.

-Ce n'est qu'une question de temps. Il a subi une défaite c'est vrai, mais… Mais derrière les murs du Mordor, notre ennemi se regroupe.

-Eh bien qu'il y reste, et qu'il y pourrisse ! s'exclama Gimli en fumant sa pipe. Pourquoi s'en soucier ?

-Parce que les orcs se multiplient plus vite que les lapins et que même Erebor ou les Monts-de-Fer ne pourront résister éternellement à ces assauts incessants, répliqua Ashana.

-Essaie de dire ça trois fois très vite, lui glissa sa sœur.

-Ces assauts incessants, ces assauts incessants, ces ass…

-Ashana, intervint Aragorn avec un demi-sourire.

-Pardon, sourit cette dernière en se grattant la nuque.

-Parce que, maître Gimli, intervint Gandalf, dix mille orcs se trouvent entre Frodo et la Montagne du Destin. Je l'ai envoyé à la mort…

-Non, fit Aragorn avec détermination. Il y a encore de l'espoir pour Frodo. Il a besoin de temps et d'un chemin sûr pour traverser les plaines de Gorgoroth, et cela nous pouvons le lui donner.

-Comment ? demanda Gimli.

-En attirant les armées de Sauron, Gimli. En vidant ses terres. Rassemblons toutes nos forces et marchons sur la Porte Noire.

Gimli se mit à tousser avec sa fumée, et les filles haussèrent des sourcils surpris. La Porte Noire… Il fallait oser, quand même, pour tenter une telle action.

-Nous n'obtiendrons pas la victoire par la force des armes, intervint Eomer.

-Pas pour nous. Mais nous pourrons donner à Frodo sa chance si l'œil de Sauron reste braqué sur nous. Rendons-le aveugle à toute autre chose en mouvement.

-Une diversion, comprit Legolas.

-Une mort certaine, une faible chance de succès… Mais qu'attendons-nous ? s'exclama Gimli avec un large sourire.

-Sauron soupçonnera un piège, prévint Gandalf. Il ne mordra pas à l'appât.

-Oh, je crois que si, répondit Aragorn avec un sourire en coin.

Un vacarme retentit à l'extérieur de la pièce, et ils se tournèrent tous vers la porte en fronçant les sourcils. Puis les portes s'ouvrirent avec fracas, et une Maëlia en colère se trouvait sur le seuil. Chaque personne dans la pièce sentit un net soulagement à la voir debout, vivante, et visiblement bien portante. Puis les hommes rougirent et détournèrent les yeux en voyant la tenue dans laquelle elle se trouvait. Alyandra en était choquée, Ashana voulait en rire mais se retenait. Un temps d'arrêt passa, puis Maëlia entra dans la pièce à grands pas décidés, l'air particulièrement furieux.

-Toi ! rugit-elle en pointant Eomer d'un doigt menaçant alors qu'elle se dirigeait droit vers lui.

L'homme du Rohan fit presque un bond en arrière. Ses yeux s'agrandirent de peur et il déglutit. Les autres lui jetèrent un regard compatissant. Elle arriva devant Eomer, l'attrapa par la ceinture, le ramena brusquement contre elle et l'embrassa sauvagement.

Eomer, pris de court, mit un moment à réagir, mais passa rapidement un bras autour de sa taille alors que son autre main allait se perdre dans la crinière blonde de la jeune femme, et il lui rendit son baiser avec autant de passion que possible.

-Eh ben ça… siffla Ashana avec un genre d'admiration.

Maëlia poussa Eomer jusqu'à ce que son dos heurte une colonne sans cesse de l'embrasser, verouillant ses bras autour de son cou, se mettant sur la pointe des pieds pour mieux l'embrasser. Il la serra contre lui et se retourna, la coinçant à son tour contre la colonne alors qu'il prenait son visage à deux mains avec douceur, goûtant ces lèvres qu'il avait eu envie de dévorer depuis la première fois qu'il l'avait vue.

Finalement ils s'éloignèrent de quelques centimètres l'un de l'autre, leurs respirations saccadées, les joues rouges, les yeux brillants.

-C'était… intense, commenta Legolas.

-Sortons d'ici, dit Maëlia à Eomer alors qu'elle le tirait par le bras.

-Tout ce que tu voudras, répondit ce dernier en la suivant immédiatement.

Les autres, encore sous le choc de la scène absolument surréaliste qui venait de se dérouler sous leurs yeux, s'ébrouèrent quand ils disparurent de la salle.

-Aly, tu me dois cinq pièces d'or ! s'exclama Ashana. J'avais parié qu'elle ferait le premier pas !

-Je ferais bien de me trouver une femme, moi aussi, grommela Gimli.

Les filles éclatèrent de rire.

-Que tout le monde sorte, dit alors Aragorn. Je dois mettre en place notre diversion. Ashana, tu ferais mieux d'aller t'allonger…

-Quoi ? Pourquoi ? s'étonna cette dernière.

Puis elle pâlit en comprenant où il voulait en venir.

-Non, tu ne vas pas utiliser le Palantìr ?! Aragorn, non !

-Je n'ai pas le choix. Sors, s'il-te-plaît, et mets-toi à l'aise. Alyandra, Legolas ?

-Nous nous occupons d'elle, accepta l'elfe.

Ashana sortit de la salle avec fureur, suivie de sa sœur et de l'elfe, et alla s'allonger dans sa chambre, attendant la douleur qui ne manquerait pas de venir si Aragorn posait à nouveau ses mains sur le Palantìr.

Aragorn, épée dans une main, s'assura qu'il était seul avant de prendre le Palantìr dans l'autre. Il tremblait légèrement, résistant à la pression maléfique sur son esprit. L'œil de Sauron lui apparut.

-Trop longtemps tu m'as traqué, dit-il avec hargne. Trop longtemps, je t'ai évité. Plus maintenant.

Il montra son épée devant le Palantìr.

-Contemple l'épée d'Elendil !

Il vit alors Sauron dans la sphère, puis Ashana, étendue sur un lit, très pâle. Elle ne bougeait plus, et elle portait les vêtements qu'elle avait pendant le Conseil. Ses yeux étaient fermés, et on ne voyait même pas sa poitrine se soulever sous le coup de sa respiration. Ses lèvres étaient si pâles… Aragorn en lâcha le Palantìr qui roula plus loin. Son collier, celui qu'Ashana lui avait offert, tomba alors sans qu'il arrive à le rattraper, et se brisa sur le sol en mille morceaux. Sa vision…

Il recouvrit hâtivement le Palantìr et se précipita hors de la pièce, courant jusqu'à débouler dans la chambre d'Ashana. Il la vit, exactement comme dans sa vision.

-NON ! cria-t-il en se jetant à genoux près du lit.

Il posa ses mains sur le cœur d'Ashana, appuya plusieurs fois, avant de souffler de l'air dans sa bouche. Il répéta l'opération, encore et encore, sous les regards impuissants d'Alyandra et Legolas qui ne comprenaient ce qu'il s'était passé. Elle s'était tordue de douleur, puis très vite elle s'était figée ainsi.

-Non, non, non… répétait Aragorn comme un dément alors qu'il prenait précautionneusement le visage de sa fiancée dans ses mains. Réveille-toi, Ash, je t'en supplie. Tu ne peux pas me laisser, tu m'as promis de rester avec moi… Je t'en prie, Ash, ouvre les yeux. Je ferai ce que tu voudras, mais ouvre les yeux.

-Je veux une omelette au bacon, grommela inaudiblement une voix enrouée. Bien grillé, le bacon.

-Ash ! s'exclamèrent les trois personnes présentes dans la pièce.

Cette dernière toussa assez violemment, et Aragorn l'aida à boire un peu d'eau fraîche.

-Ne me refais plus jamais une peur pareille, souffla ce dernier en pleurant presque de joie.

-N'utilise plus jamais cette sphère maudite, répondit Ashana sur le même ton.

Il hocha vivement la tête. Alyandra et Legolas s'éclipsèrent discrètement pour leur laisser un peu d'intimité, et allèrent se promener dans les jardins. Ils saluaient de la tête tous les soldats blessés venus prendre l'air, et ces derniers leur rendaient leur salut avec respect.

Alors qu'ils passaient près d'une arcade couverte, Alyandra stoppa Legolas. Un peu plus loin, elle remarqua Eowyn au bras de Faramir, observant la ville depuis une balustrade. Faramir la prit dans ses bras alors qu'il l'embrassait sur le front. Alyandra sourit doucement. Eowyn, en se tournant, la remarqua, et son sourire se fana légèrement, mais elle paraissait si heureuse dans les bras de Faramir qu'elle ne pouvait tromper personne. Alyandra lui fit un sourire et inclina lentement la tête. Eowyn inclina la tête en retour avant de se détourner.

Legolas et elle firent un tour à l'intérieur des Maisons de Guérison pour rendre visite à leurs amis hobbits, puis retrouvèrent Gimli qui coupait des bûches.

Ashana de son côté récupérait du choc violent qui l'avait frappée quelques instants plus tôt, aidée par Aragorn. Encore un peu sonnée, il la souleva délicatement dans ses bras avec mille précautions comme si elle était une poupée fragile – ce qui était sans doute la chose à laquelle Ashana ressemblait le moins – et l'emporta à l'extérieur de la pièce vers les bains du palais. Sans se soucier du reste du monde, il entra dans la partie réservée aux femmes et déposa sa fiancée sur un banc avant de retirer tous ses vêtements sauf son pantalon. Il déshabilla ensuite Ashana, lui laissant ses sous-vêtements et une chemise fine avant de la soulever à nouveau et d'entrer lentement dans l'eau chaude du bassin creusé à même le sol.

-Mais qu'est-ce que tu fiches ? marmonna-t-elle, les yeux à demi-fermés.

-Shh, reste tranquille, lui répondit-il doucement. L'eau va t'aider à purifier ton corps et ton esprit des maléfices de Sauron.

-Si tu le dis… Sommeil…

-Vas-y, endors-toi, je veille sur toi. Repose-toi, tu en as besoin.

Ashana ne se le fit pas dire deux fois et ferma les yeux en soupirant alors qu'elle refermait ses poings. Elle n'aimait pas l'eau. Comme le disaient tant de nains : « L'eau c'est le mal, l'eau ça lave, l'eau ça dégrise ».

Quelques heures plus tard, ils étaient tous rassemblés dans la salle du trône où la table du dîner avait été dressée pour eux. Ce n'était pas exactement un festin puisque la guerre faisait rage depuis déjà trop longtemps, mais c'était un bon repas chaud et la bonne compagnie le rendait encore meilleur.

-L'armée partira pour la Porte Noire dans deux jours, annonça Aragorn à la fin du repas. En trois jours nous atteindrons le Val de Morgul. Tenez vos hommes prêts.

-Sans problème, acquiesça Eomer.

18 mars 3019, Portes de Minas Tirith

-Rohirrims ! Soldats du Gondor ! Hommes de l'Ouest ! s'écria Aragorn. Nous lançons un dernier assaut contre les forces maléfiques de Sauron ! Nous partons pour la dernière attaque !

Une clameur lui répondit, et des hurlements de loups ponctua sa phrase.

-Maëlia, Alyandra, Ashana, dit-il avec un air contrit. S'il-vous-plaît, ne prenez pas ce risque, que deviendrait Erebor sans ses princesses ? Restez ici, prenez soin des blessés, aidez à remettre la cité en état de marche… Nous avons besoin de personnes de confiance, avec la tête sur les épaules, pour reprendre en main la cité.

-Je suis générale d'armée et j'ai rejeté mon titre de princesse. Adresse-toi à quelqu'un d'autre, rit Maëlia.

-Je suis une Princesse d'Erebor, mais même si tu étais couronné Roi du Gondor je n'obéirai pas à un ordre aussi stupide, ajouta Alyandra en haussant les épaules.

-Fiancés ou pas, je reste la seule à décider de ce que je fais. Et j'ai décidé que j'avais encore des orcs à tuer avant de prendre ma retraite si je la prends un jour. Si quelqu'un a une objection, je le défie immédiatement en combat singulier, marmonna Ashana en jetant un regard circulaire.

Aragorn soupira en baissant les épaules, mais finit par hocher la tête.

-En route ! ordonna-t-il.

Et l'armée d'Occident se mit en marche.

24 mars 3019, landes désolées de la Morannon

Ils avaient quitté l'Ithilien la veille, et Aragorn avait renvoyé tous les hommes qui n'avaient pas le cœur vaillant, leur enjoignant de protéger Minas Tirith jusqu'à leur dernier souffle. Il avait tenté de renvoyer les trois femmes avec eux, sans succès. Il n'y avait pas beaucoup de rires, et même pas beaucoup de bruit ce soir-là dans le campement de l'armée d'Occident. Tous savaient que demain, tout se jouerait devant la Porte Noire. Ce soir était probablement leur dernier soir sur la Terre du Milieu avant de rejoindre leurs ancêtres, mais l'heure n'était pas à la fête pour tout le monde. Une grande tente avait été montée pour que les commandants puissent se réunir à l'écart, mais depuis longtemps ils avaient établi leur stratégie et fini de discuter.

Alyandra et Legolas s'étaient retirés pour la nuit, Ashana avait pris un tour de garde sur la partie sud du campement, Aragorn passait parmi les hommes pour tenter de leur redonner un peu d'espoir, Gimli et les hobbits ronflaient à côté d'un feu de camp, Gandalf guérissait les dernières blessures des hommes qui étaient restés se battre, et Eomer et Maëlia discutaient devant un des feux de camp.

-J'aurais aimé aller à Edoras, disait la jeune femme. J'aurais dû y accompagner Théodred, si les orcs n'avaient pas… Nous allions nous marier. Enfin, il m'a demandé de l'épouser une minute avant que les orcs n'attaquent, je n'ai pas eu le temps de lui donner de réponse. Et après, nous devions retourner à Helm pour admirer les cavernes ensemble à nouveau.

-Je sais tout cela, lui dit doucement Eomer. Après cette bataille, tu pourras aller à Edoras. Tu pourras rendre hommage à Théodred sur sa tombe. Tu pourras parcourir les plaines du Rohan sur Layaqhar, les plaines du reste du monde. Tu es libre, non ?

Elle hocha la tête avec un petit sourire. Libre, elle l'était. Mais elle avait été élevée dans une famille où l'honneur et le devoir étaient bien plus importants que le reste. Elle ne partirait pas de ce champ de bataille avant d'avoir tué tous les orcs du Mordor, toutes les abominations de Sauron, jusqu'à la dernière, dusse-t-elle affronter Sauron à mains nues en face à face.

-Soyons raisonnables un instant. Nous sommes, quoi, cinq ou six cents ? Face à plus de dix mille monstres. Nous avons peut-être les meilleurs guerriers de la Terre du Milieu parmi nous, mais aucun d'entre nous n'est infaillible et j'en suis la preuve vivante. Un bon guerrier sait aussi quand une bataille est perdue d'avance.

-Alors tu veux fuir ? s'étonna Eomer.

Maëlia éclata de rire, rejetant ses longues mèches blondes en arrière.

-Qui a parlé de fuir ? Je serai en première ligne demain, comme toujours. C'est ma place. Toute ma vie, tous mes combats ont mené à cette ultime bataille. J'ai saisi une épée il y a déjà plus de vingt ans, et j'ai combattu, des nains, des hommes, des elfes, des orcs, des trolls, des animaux sauvages, des gobelins. Des préjugés aussi. Toute ma vie j'ai combattu, et j'aime ma vie. Pourquoi voudrais-je avoir une mort différente de ce qu'a été ma vie ? Je pense avoir mérité une mort honnête sur le champ de bataille. Je l'accueillerai avec respect demain. Te battras-tu avec moi ?

Eomer saisit la main de Maëlia en l'embrassa avec force.

-J'irai jusqu'en Enfer pour toi, Maëlia d'Erebor. Je le jure devant les Valars. Je t'aime.

Maëlia sursauta quand il le dit.

-Et je jure devant Mahal d'aller te chercher en Enfer s'il le faut, répondit-elle après un temps. Mais tu dois me jurer, à moi, autre chose.

-Dis-moi.

-Si par un coup du sort demain, tu vis et je meurs, tu dois me promettre de prendre femme et d'assurer la descendance de la lignée du Rohan. Quoiqu'il arrive.

Eomer sembla profondément inconfortable à ces mots.

-Promets-moi, insista la blonde.

-Je te le promets, dit-il finalement.


Pour Maëlia, ce sera l'honneur et le devoir avant tout. J'ai hâte d'arriver enfin à la bataille de la Porte Noire. Pour ceux qui se demandent pourquoi je ne m'étends pas sur la guérison de Maëlia, c'est tout simplement parce que je ne savais pas comment l'écrire ^^" des photos concernant le chapitre sont disponibles sur la page facebook. Des bisous et à la prochaine !