Ragnarök


Chapitre 14: L'assaut de Midgard


Encore se battre. Encore, encore et toujours. Un petit effort supplémentaire à donner chaque fois. Cette fois, ce n'était pas dans le but de détruire Midgard que ces monstres étaient venus, mais dans le but de l'assiéger. Ils voulaient le trône de ce Royaume, comme je l'avais moi-même voulu il y avait cinq années de cela. Ils s'étaient déjà attaqués à San Francisco qu'ils avaient sous leur ordre, ainsi que Paris, Berlin et Londres. J'ignore si ce sont des pays, mais Tony a dit qu'ils les avaient tous attaqués.

Ils étaient maintenant à New York, tentant de semer guerre, mort et domination, ainsi qu'en tentant d'éradiquer toute forme de résistance. Mais nous n'étions pas assez nombreux pour les repousser. Bientôt, nous étions définitivement pris au piège, les ennemis ayant réussi.

Et bientôt, ils prirent Midgard, nommant comme premier Roi Alssur, l'un de leurs meilleurs combattants.


Nous étions simplement réduits en esclavage, pas tués. Voire même si j'aurais préféré être tué, mais on ne nous a pas demandé notre avis. Nous étions, comme tout esclave, hors de tout droit, nous avions juste celui d'obéir au "Supérieur Alssus". C'est moi qui avait le plus mauvais boulot de nous tous.

Thor était esclave de ménage, Tony était esclave messager, Steve était esclave des cuisines, Bruce esclave de médecine, Nat et Clint étaient esclaves du Roi simplement, et moi, j'étais esclave sexuel. A croire qu'il avait fait une sélection dans le but simple de me pourrir la vie.

Ça devait être un gang. Entre Thor, les Avengers, et ces monstres, ils devaient avoir fondé un groupe de "je fais chier Loki, toute ma vie, pour toujours !"

M'enfin.

C'était le milieu d'après-midi, et je me baladais dans les couloirs du palais qui avait été construit au centre de New York. Un palais d'or, de marbre, et d'argent. Le type de palais que l'on ne peut pas rater.

J'avançais et pénétrais dans les cuisines, y reconnaissant Steve, et m'en approchant. Tout de suite, il se raidit et posa ses mains sur mes épaules, me secouant vaguement en me tuant de "Tu vas bien ? Tu vas bien ?"

"Steve, oui, je vais bien, et toi, ça va ?"

"Ça va ici, oui. Mais tu es sûr d'aller bien ?"

"Oui. Je suis un adulte maintenant. Je n'ai plus de souffrances."

Il sourit, puis se remit vite au travail. Il remuait sans cesse un liquide qui devait réussir à devenir une pâte et qui était disposé dans un saladier d'or. Il remuait sa batte tellement lentement que le liquide n'agissait pas. Pour l'aider, je pris entre mes mains le fouet et remuai très vivement la pâte qui s'épaissie un peu en moins de temps que jamais il n'en aurait fallu. D'un revers de manche, j'essuyai la sueur qui avait coulé le long de mon front.

Il me remercia d'un signe de tête. "Merci, Loki. Voilà qui m'aide énormément, il me restait encore tant de choses à faire !"

"Un petit coup de main ?"

"Tu n'es pas..." Il s'arrêta un instant, mais j'avais compris en une grimace de quoi il parlait. "... Occupé ?"

"Point du tout."

Un cri provint tout droit de la chambre du Roi. Il devait attendre, mais il allait pouvoir, tiens.

D'un grand coup, il pénétra dans la pièce, s'approchant vivement. "Toi ! Esclave, tu as osé me faire attendre ! Tu vas le regretter !"

"Et comment ?"

Steve appuya sur mon bras, dans un signe dangereux. Il voulait que je reste correct, mais j'n'en étais plus à ça, maintenant. Je retirai donc mon bras, et m'avançai vers ce Roi injuste.

"Vous ne pourrez rien me faire, de toute manière ! Vous n'avez pas le droit !"

Il attrapa vivement mon poignet, et m'emporta vers la chambre royale de force.

"Vous n'avez pas le droit ! C'est du viol ! C'est interdit par la loi !"

"Ici, la loi, c'est moi !"

"Eh bien je n'approuve pas ce système politique !"

Il serra plus fortement le fin poignet qu'il avait entre les mains, sur le point de rompre, mais il s'arrêta brutalement et m'envoya sur le grand lit, commençant à m'arracher de force ma chemise de lin verte.

"Poussez vous ! Vous n'avez pas le droit ! Je vais porter plainte !"

"Tu ne peux pas porter plainte contre ton Roi !"

"Vous n'êtes rien, rien pour moi ! Pas même un Roi plus qu'une poussière !"

Il força soudainement, ses mains appuyées contre ma gorge dans un geste d'étranglement, et il forçait, encore, et encore, ma peau virant au bleu pour une raison totalement différente que celle de la transformation. Il ne lâchait pas, regardant attentivement les yeux pleins d'horreur fixés sur lui, regardant attentivement cet air hébété que j'avais maintenant, regardant attentivement le regard hagard se perdre dans le reste de la pièce, et regardant attentivement cette mine déconfite devant la sienne.

Il allait me tuer, mais c'est au moment où je pensais qu'il le ferait, qu'il lâcha la prise, cherchant du regard quelque chose dans la chambre immense, pendant que je toussais atrocement fort, n'arrivant pas à reprendre mon air, tellement pas que je tombais dix secondes plus tard dans l'inconscience. J'avais du passer à un cheveu de mourir.


"Papa, ça va aller ?"

C'était ma petite. Doucement, j'ouvrais les yeux, fixant mon regard sur elle, complètement dans le vide, dans le noir, je ne voyais rien en face de moi à part la mort et la souffrance. Mon cou était horriblement marqué, une immense trace rouge l'entourait dans sa totalité. C'était terriblement douloureux.

"Hela ?"

"Il a recommencé... ?"

Thor baissa la tête immédiatement, gêné. Il était quand même plutôt gamin dans sa tête, malgré sa grande taille et sa forte musculature.

"Tu sais, tu n'as pas à t'offusquer. C'est normal depuis que nous sommes sous leurs ordres."

"Ce ne sera jamais normal de violer quelqu'un, qu'importe que ce soit un Roi qui le fasse ou un boucher."

"Tu n'as pas à le commander. Il ne m'a rien fait, sois en heureux."

"Allez, un petit sourire. Juste pour la photo."

Plus un bruit ne se faisait entendre dans la vaste pièce des infirmeries. Le grand blond n'osait plus bouger, regardant fixement le sol qui luisait avec les effets du soleil. Hela semblait étrangement heureuse d'être là, alors que quelques semaines plus tard, elle se serait tuée une seconde fois pour ne pas avoir à rester proche de nous.

Avengers confondus.

Evidemment.

Derrière, tout le reste du petit groupe de héros que nous étions autrefois pénétrait dans la pièce, la peur et la souffrance au visage, voyant l'un des leurs dans un état des plus misérables à cause de ces monstres qu'on avait laissé passer.

Mais je ne pouvais pas leur en vouloir à eux.

"Tu te sens mieux ?" Questionna Stark, assit sur le bord du lit, tenant une main particulièrement pâle entre ses grandes mains chaudes. "Je sais ce qui s'est passé et j'en suis désolé."

"Tu n'as pas à t'excuser."

"Si, j'aurais du être là, c'est mon devoir de veiller sur mes amis, mais encore une fois, je n'ai pas su faire. Pardonnes moi."

... Je ne ressentais rien. J'étais vide, froid, je ne souhaitais pas consoler qui que ce soit, je voulais juste qu'ils se taisent, tous, et qu'ils me laisse me reposer, me remettre de cette presque mort que j'avais obtenue une bonne paire de jours avant.

Je voulais juste qu'ils sortent. Mais je n'allais pas leur dire. J'allais faire le gentil. Loki doit toujours faire le gentil, n'est-ce pas ?

"Tu sais, on a été l'autre jour au grand parc qu'ils ont construit au centre ville ! C'était vraiment magnifique ! Tu aurais du y être papa, c'était mémorable !"

"Moi, je ne suis pas la femme d'un tyran." Elle s'était immobilisée.

"Il est gentil, quand on fait l'effort de le connaître."

"Je le connais mieux que jamais tu ne le connaîtras ma petite romantique ! Il est méchant ! Il veut nous tuer, l'un après l'autre, et tu souffriras la mort avant même de l'avoir vraiment expérimentée ! Tout ce que je peux te dire, c'est que la pseudo "mort" que tu as eu depuis ta naissance, ce n'est rien, mais alors rien, à coté de ce que nous nous apprêtons à vivre."

Tony serra ma main. "On va les chasser. On va bien finir par y arriver, aies confiance ! Il faut que tu gardes espoir !"

"Qui est ici la personne qui a gardé espoir le plus longtemps avant de se voir relégué à la place de jouet ?"

Ils baissèrent tous la tête sauf Steve, qui releva la sienne, venant plus près, touchant mon visage avec soin. "Oui !" S'exclama-t-il, sans laisser à personne le temps de comprendre pourquoi il avait dit ça. Je fronçais les sourcils, Thor avait vaguement relevé la tête, Tony réfléchissait, et tous les autres écoutaient, attendant que Steve précise le fond de sa pensée "joyeuse".

Ce qu'il fit peu après. "On va sauver ces gens de ces monstres ! On va tous les tuer ! On peut arrêter Ragnarök ! Nous sommes assez forts pour ça, tous ensemble ! C'est pour ça que Loki nous a rejoint, non ? On va pas le laisser tomber seul ! On va lui montrer qu'on peut se battre tous ensemble, et on va réussir à éliminer la menace !"

Tony acquiesça rapidement puis continua lui-même. "Oui, il a raison. Nous sommes une famille, non ?"

"Je ne comprends pas votre délire..." Fis-je tout haut, cherchant à attirer l'attention. "Pourquoi serai-je venu à vous ? Je suis venu à Thor."

"Pourquoi ?" Demanda le concerné. "Pourquoi es-tu venu jusqu'à moi ? Il est temps que je connaisse tes véritables intentions. Si je suis venu sur Asgard il y a si longtemps, c'est parce que tu m'avais envoyé un signal magique. Je veux savoir pourquoi tu voulais me faire venir, tu avais un but, n'est-ce pas ? Il est temps que je le connaisse !"

Je restais figé. Je n'en revenais pas. Il s'en était finalement rendu compte. On allait pouvoir s'amuser !

"Moi ? J'ai fais une chose pareille ?"

"Pourquoi ?"

"Tout simplement pour te montrer que je n'étais pas un incapable comme ton père et toi l'avez toujours pensé ! Je voulais te montrer qu'Asgard se portait très bien, même si j'étais moi sur le trône ! Ce n'est pas parce que je ne suis pas un vrai Asgardien que je suis un incompétent !"

Il ne bougeait plus, me regardant avec des yeux pleins de colère. "Loki, tu vas trop loin. Tu t'inventes des situations, mais quand je suis arrivé, Asgard était en guerre !"

"Civile."

"Et tu n'agissais pas ?"

"Qui te l'a dis ? Qui te dis que je ne faisais pas quelque chose de mon coté ? Je faisais tout mon possible, je travaillais dessus depuis une semaine, je faisais marcher ce que j'appellerai un cerveau !"

"Tu aurais mieux fait de faire marcher ce que j'appellerai la force !"

"Tss..."

"A cause de toi, tout était ravagé ! Des gens se tuaient en milliers, et toi, quand je suis arrivé, tu étais tranquillement dans ton bureau ? Comment peut-on être aussi irresponsable !"

Je tremblais. De la tête aux pieds, je tremblais. La peur emplissait mes yeux, mon cœur était lancé dans une course folle, je tentais de garder mon calme. Je ne voulais pas m'énerver sur lui. Pas maintenant. Une autre fois.

Tony me tenait la main pour me détendre, mais j'avais du mal à m'arrêter de trembler. Thor s'était brutalement levé, mais était retenu par Bruce, qui refusait de laisser du sang couler aujourd'hui.

Comme moi, sauf que moi, je ne le dirai pas.

"Tu m'énerves avec ton complexe d'infériorité ! Tu penses que tu peux tout mieux faire que les autres, mais tu te trompes, Loki, tu n'es pas meilleur que moi ! Nous sommes juste différents ! On agit de manière différente, mais les difficultés, on les vit de la même façon, et ça se termine pareil ! C'est ce qui s'appelle l'éducation, parce qu'on a beau être très différents, on a eu la même !"

"C'est insultant."

"Là, ça l'est pour moi ! Et comme tu dis, mon père n'a pas fait de favoritisme, c'est toi qui voulais qu'il t'en fasse !"

"Je te maudis ! Toi, et toute famille, fils d'Odin ! Je ne suis pas comme toi ! C'est une injure que je ne puis supporter !"


Ça s'était terminé par une séparation, pour éviter que l'un saute sur l'autre. On allait se tuer sinon. Bruce avait fait sortir Thor et avait décidé de rentrer avec lui au palais, et Tony était resté avec moi, Hela l'assistant, secrètement amoureuse de l'humain.

"Calme toi, il est sorti."

"Je n'arrive pas à croire qu'il puisse penser ça de moi."

Il sourit. "Disons que ce n'était pas très subtile."

Hela rit d'un coup, se mettant au niveau de ma tête, passant un linge humide le long de mon front. "Tu as fait monter ta fièvre avec ces bêtises."

"Je vais bien."

"Non, il faut que tu te reposes. Tu risquerais de tomber dans les pommes sinon. Reposes toi, je vais prévenir Alssur que tu es malade. Il ne viendra pas t'embêter comme ça."

Un simple soupir montra mon agacement suite à ce verbe plutôt mal placé dans ce genre de cas. "Merci du cadeau, surtout ! Je vais profiter de ma "maladie" pour m'exiler sur une autre planète ou bien me tuer dans un bain ce soir. Je ne serai plus jamais embêté comme ça."

Un sourire joyeux imprégna ses lèvres, ou ce qu'il en restait. "Vision optimiste des choses, Papa, tu te lances dans l'optimisme. Étrange de la part de Loki Laufeyson."

"Ce n'est pas optimiste. C'est du sadisme. J'ai ça dans le sang."

"Ce que je trouvais jusque là un peu inquiétant..."

Tony se leva, et m'amena un verre d'eau, prenant la main encore pleine de chair d'Hela. "On va te laisser te reposer, on doit retourner à nos tâches. Si tu as besoin de quoi que ce soit, surtout, n'hésites pas."

"Entendu."

Il se tourna et partit directement avec elle. Ils avaient laissé les fleurs noires que Natasha avait eu le soin de me ramener, pensant que cela allait me remonter un peu le moral de voir qu'on pensait à moi. C'était le cas. Cette femme était vraiment très attentionnée, et très douce. Elle était plutôt jolie de plus, mais elle avait un défaut majeur, hormis son agressivité. Elle était mortelle.

Je ne me marrie pas avec des mortels, j'avais essayé une fois, mais quand elle était morte, j'ai pleuré. Trop. Longtemps. Plus jamais je ne recommencerai ça.

Dans ma main, je glissais un lys sombre qu'elle m'avait amené, et le sentais à plein nez. C'était son odeur. L'odeur d'une femme qui avait une place encore indéterminée dans mon cœur.

L'odeur de l'Amour.