De retour dans la cellule de Walter. Windmark et ce dernier y apparaissent dans la même position. Windmark porte un long manteau gris et un chapeau melon. Il arbore une expression sereine
Walter tire avec le pistolet mais son bras est déjà dévié par l'observer. La décharge se perd derrière. Windmark lui assène un coup sur le bras, ce qui a pour effet de lui faire lâcher l'engin, que l'assaillant rattrape avant qu'il ne touche le sol. Libéré, Walter recule en soufflant. Il s'adosse au mur, mort de fatigue.
WALTER, au bord des larmes : Espèce de monstre !
L'autre ne répond pas. Il l'observe, comme en pleine jubilation.
WALTER : Qu'allez-vous faire de moi ?
WINDMARK : Rien de plus que ce que j'ai fait jusqu'à maintenant.
Il ne comprend pas.
WINDMARK : Je ne tiens pas... Je ne tiens plus à vous éliminer, fugitif.
WALTER : Mon fils vous a neutralisé en 2036 !
WINDMARK : Votre progéniture n'a même pas eu le temps de voir le canon qui était pointé sur elle.
Walter prend un mine horrifiée et enragée. Il fond sur l'observer, fou de rage. Celui-ci se retourne et lui attrape le col, puis se téléporte.
Sur une falaise des environs. Il y a beaucoup de vent et le soleil est presque couché. En bas s'amoncellent des pointes de rochers menaçantes. Windmark et Walter apparaissent tout en haut. Windmark tient le vieillard par le col au-dessus du vide.
Walter regarde en bas, terrifié mais encore agité.
WINDMARK : Allez-vous vous tenir tranquille, maintenant ?
L'autre hoche la tête, en se morfondant. Ils se téléportent de nouveau dans la cellule de Walter. Windmark le lâche. Il s'effondre puis s'éloigne, par terre jusqu'à atteindre sa couche.
WINDMARK : Vous allez rester ici le temps qu'il faudra.
WALTER, en larmes : Peter...
WINDMARK : Vous n'avez aucune idée de ce qui se passe ? Vos pairs ne doutaient pourtant pas de votre intelligence...
WALTER, sur un ton plaintif et colérique : Pourquoi m'avoir donné cette arme ?
WINDMARK : Une brillante idée. je recommencerai peut-être. Il faut admettre que le résultat valait bien le désordre que ça a causé.
WALTER : Quel résultat ?!
WINDMARK : Votre visage. Votre expression. Votre effondrement. Vos pathétiques espoirs écrabouillés.
WALTER, subjugué : Mais vous êtes un monstre ! La vie n'a donc aucune ...
WINDMARK : Non.
WALTER : Ce n'est pas possible. Vous n'êtes censés être que de vulgaires machines sans âme !
WINDMARK : 2036 était un mal contingent. Un investissement maladroit. Mais ça a apporté quelque chose à bon nombre d'entre nous. Une maladie dont nous avions auparavant découvert avec stupéfaction qu'elle avait affecté les premiers scientifiques venus vous étudier. Dont deux nous ont trahi pour vous aider.
WALTER : September...
WINDMARK : Ce mal nous a contaminé. Mais il faut croire que certains maux sont profitables. Mon esprit est rempli de désirs insoutenables, dont la satisfaction que m'apporte leur accomplissement m'affecte d'une manière que je ne saurais décrire. J'avais le désir primaire de vous éliminer. J'ai néanmoins compris que rien ne vaut le spectacle de votre souffrance. Les vôtres sont morts. Tous sans exception.
Il disparaît. Walter reste là, contre son lit, effondré au sol. Il pleure.
Les violons envoient. Ecran symbole : feuille, lumière en bas à droite.
