L'image vire aléatoirement du blanc au noir. Quelques couleurs gagnent l'écran blanc. Du gris et du bleu. La vision se stabilise. Walter ouvre lentement les yeux. Il est sur une table, allongé, toujours dans le même bloc chirurgical.
Il n'a pas assez de force pour parler. Il bouge les yeux et tente de remuer la tête. Mais elle est calée dans une espèce d'étau d'acier. Il redoute le pire. Il remue un doigt, puis deux, puis la main. Il l'aperçoit s'agiter à son côté. Elle est attachée à la table. Il ne peut faire aucun geste ample. Même constat pour les jambes. Il se concentre et clarifie sa vue. Il n'y a personne autour de lui, a priori. Il entend le bruit indistinct et froid d'appareils électriques ventilés, ainsi que le souffle périodique de pompes. Il tente de tourner la tête doucement, mais son carcan l'en empêche et le fait souffrir. Tant pis. Il observe maladroitement autour de lui, tordant son regard.
Il croit deviner une autre table à sa droite. Ça doit être celle de Michael. Il n'ose pas imaginer ce qu'ils lui ont fait. Ont-ils aussi touché à sa tête ? Ca semble plus que probable.
Il inspire un grand coup et tente de tirer sur ses bras. Rien n'y fait. Ses mains sont retenues par des chaînes solides. Le cliquètement de celles-ci déchire le silence déjà relatif. Quelque chose se met alors en mouvement derrière. Il lève les yeux mais ne peut rien voir. Au bout de quelques secondes, un visage familier se penche sur lui. Il reconnaît la figure de son geôlier, inversée.
GEÔLIER, neutre : Vous êtes réveillé.
Walter grogne faiblement. Il est encore assommé. Il entend son gardien s'affairer. Celui-ci marche autour de la table et trafique quelque chose sur les pieds. Il retourne derrière le vieil homme et tire le meuble comme un chariot. La table se déplace alors paisiblement. Soudain, un bruit de succion se fait entendre et sa course s'arrête. Walter prête l'oreille sans assister à la scène. Mais il détourne rapidement son attention. Il est maintenant au niveau de Michael. Il peut voir l'enfant de plus près. Sa peau, ses marques éventuelles de chirurgie. Les voix cessent. Le geôlier s'approche.
GEÔLIER : Vous allez rester ici encore un peu de temps.
Il ne répond toujours pas. Il reste captivé par la triste vision que lui offre l'enfant-observer. Il semble porter une robe de chambre, atypique, puisque constituée exclusivement de fils électriques et de transfusions. Une nouvelle série de bruits de pas. Son gardien s'éloigne. Walter examine son compagnon. Il porte également un casque d'acier. Des électrodes sont reliées à ses côtes et à ses bras. Le dos de sa nuque est aussi implanté d'un appareil étrange. Un boitier noir repose sur son bassin et se plante dans ses hanches par ce qui fait office d'espadrilles barbares. Walter a une moue de tristesse et de dégoût. Tout cela est inhumain. Il émet un bruit. Un râle, comme pour appeler son ami, la tête toujours immobilisée. Pas de réponse. Son support est à portée de bras, mais il est toujours attaché. Il approche tant bien que mal sa main. Michael bouge.
Les bras de l'autre ne sont pas entravés. Et sa main droite s'avance vers Walter au-dessus du vide. Du bruit se fait de nouveau entendre. Walter essaie de vérifier si quelqu'un approche mais ne voit pas suffisamment loin. Il tend le plus possible son bras et l'enfant finit par lui effleurer la peau.
Walter est parcouru d'un frisson bouleversant, comme auparavant dans la saison 5.
