Walter est assis à sa table, dans sa chambre. Il est dans sa blouse. Il a été rasé. Il semble dérangé, peu naturel. Il fait jour. Des feuilles blanches et un stylo sont posés devant lui. Derrière, Windmark et son geôlier sont là.
WALTER, sans les regarder : Que suis-je censé faire de tout ça ?
WINDMARK : Ce qui vous chante. Consigne m'a été donnée de vous permettre de laisser libre court à vos distractions. Ceci devrait vous permettre de coucher les quelconques inepties qui vous tracassent.
WALTER, se retournant, furieux : Que m'avez-vous fait ? Pourquoi maintenant ? C'est aujourd'hui que vous prenez conscience de la torture que vous m'infligez à rester ici enfermé et oisif ?
WINDMARK : Croyez bien que j'ai parfaitement conscience de votre supplice.
Windmark n'ajoute rien et se téléporte. Les deux hommes restent seuls. Le gardien s'apprête à partir quand Walter l'interpelle.
WALTER : Vous savez ce qu'ils m'ont fait. Vous y étiez. Vous les avez vu.
L'autre hésite. Ca ne peut pas être dangereux de lui dire ce qu'il a vu.
GEÔLIER : Il vous ont ouvert le crâne.
WALTER : Ont-ils fait la même chose à l'enfant ?
Il ne répond pas.
WALTER : Qu'ont-ils fait ensuite ? Ont-ils retiré des morceaux de mon cerveau ?
GEÔLIER : Non. Je ne sais pas ce qu'ils ont fait.
WALTER : Vous ne pouvez pas me laisser dans cet état, par pitié !
GEÔLIER, agacé, s'éloignant : Fichez-moi la paix.
Il sort et ferme la porte. Walter se lève et va regarder à la fenêtre. La mer est calme.
WALTER : Que dois-je faire ?...
Il ferme les yeux. Des flash lui reviennent de la vision que l'enfant lui a communiqué. Il les rouvre.
WALTER : 1! 1...
Il se rapproche lentement de ses feuilles vierges et saisit son stylo. Il s'assoit et écrit deux "1" tout en haut de la feuille.
WALTER, tout en écrivant : 2. 3. 5. 8. 13. 21. (Un léger sourire nostalgique se dessine sur son visage). 34. 55. 89. 144. 233. 377. (Tournant la tête vers la fenêtre) Ma chère... Que nous ont-ils fait ?...
Plan de la chambre. Il fait nuit. Une lumière bleu marine baigne la pièce. Walter ne dort pas. Il se retourne dans son lit.
Nouveau plan de la chambre. Il fait encore nuit. Walter est assis sur son lit. Il n'a pas réussi à s'endormir.
Il s'approche du tas de feuilles, pensif. Il prend le stylo qu'on lui a donné. Il l'approche de sa nuque. Il pourrait très bien se suicider, là.
Il repose le stylo.
VOIX : Qu'attends-tu ?
Walter se retourne et vérifie la chambre, apeuré. Rien. Il regarde de nouveau le bureau. Il voit un dessin sur ses feuilles. C'est lui-même. Le croquis esquissé s'anime à mesure que la voix débite.
CROQUIS : Tout le monde est mort...
La forme change. C'est l'assistante de Walter, morte lors de l'incendie, qui apparaît, le corps carbonisé comme dans la saison 5.
CROQUIS, prenant la voix de Carla Warren : Tout. Le. Monde.
WALTER, s'éloignant, agité : Que m'ont-ils fait ? Je n'ai pas pris de LSD. Je crois que je le saurais... (Il touche son cou) Mon pouls est élevé.
CROQUIS, avec la voix de Nina : Voilà qui est étonnant.
WALTER, se rapprochant du dessin : Vous n'existez pas ! Arrêtez votre jeu pervers !
Une voix retentit dans la chambre. Walter se retourne. Il aperçoit Nina, âgée, en fauteuil roulant. Sa tête est couverte de sang. Ses cheveux gris reluisent dans la nuit. Elle n'a pas ses lunettes.
NINA : N'existons-nous pas ? (Elle sourit) Le plan a raté, Walter. Je crois qu'il faut le reconnaître.
WALTER, énervé : Vous croyez que je ne m'en rends pas compte ?!
Le double dark Walter parle depuis le croquis.
CROQUIS : Peter est mort. Olivia est morte. Astrid est morte. Gene ... Gene est pétrifiée. Henrietta est morte...
WALTER : Tais-toi ! (Se retournant lentement vers Nina, qui a le visage grave) Suis-je en train de redevenir cet effroyable homme ? Je ne peux pas ! Je n'ai pas fait tout ça pour rien ! Ca ne peut pas être aussi simple !
NINA : Du calme, Walter.
WALTER : Non ! J'avais besoin de Peter ! D'accord ! Mais je suis guéri, maintenant ! Je n'ai plus rien à voir avec ce monstre ! Je ... (il hésite)
NINA, avec un rictus bienveillant : Tu n'as plus besoin de Peter ?
WALTER : J'ai... J'étais prêt à le laisser.
Peter parle dans le croquis. Walter se retourne immédiatement pour l'apercevoir. Mais rien n'est dessiné.
PETER : Je t'aime.
WALTER : Peter ! Tu es vivant ? (Silence)
PETER : Tu auras une ouverture.
Un stylo se dessine sur le papier.
WALTER : Qu'est-ce que ça veut dire ? Que dois-je faire ?
NINA : Ca semble pourtant clair...
Le double de Walter apparaît derrière Nina, s'immisçant à la manière des observers dans un bruit de succion.
DARK WALTER : Je suis toujours là.
WALTER : Non. Tu es parti.
DARK WALTER : Lis les signes, tête de mule. Ils ont trafiqué ton cerveau. C'est toujours là même chose ! C'est toujours dans le même but qu'on t'ouvre le crâne !
Walter détourne le regard. Il fixe le papier. Sur celui-ci se dessine un hippocampe.
WALTER : Je suis plus fort que ça.
NINA, se frottant le chef : Je le crois aussi. Bien que cela a pu me causer du tort.
DARK WALTER : N'ignore pas les signes. Ils sont là. L'enfant te les a donné. Tu dois les utiliser.
Dark Walter prend le stylo sur le bureau. Il le tend à Walter qui se retourne de nouveau vers Nina et ferme les yeux.
DARK WALTER : Tu n'es qu'un pauvre vieillard éparpillé. Unifie toi. Lis les signes.
Walter ouvre les yeux. Il est seul dans sa chambre. Il se retourne. Le stylo est au même endroit qu'avant.
