Hey bonjour à tous ! comment allez vous ?
Merci beaucoup pour vos reviews sur le chapitre précédent, et merci à ceux qui lisent dans l'ombre également, vous êtes au top :)
Je suis content de voir que la disparition de Gold ne vous a pas chagriné, j'espère que ce chapitre (le dernier de la fic avant l'épilogue) vous plaira aussi. Je ne dit rien de plus afin de ne pas spoiler mais sachez que j'attends vos réactions avec impatience !
Bonne lecture et à vendredi pour la fin de cette fiction.
Chapitre 14 : En plein cœur
S'étirant en grognant, Emma garda les yeux fermés quelques minutes puis se força finalement à les ouvrir, sachant que l'heure était déjà bien avancée.
Posant sa main sur le côté gauche du lit, elle ne fut pas surprise de voir que Régina n'était plus à ses côtés, le drap froid indiquant qu'elle était certainement levée depuis une bonne heure.
Secouant la tête en soupirant, la blonde ne put s'empêcher de sourire. Même en week-end, Régina ne pouvait concevoir de se lever tard.
Luttant contre la force qui lui conseillait de rester au lit, Emma jeta la couette au loin et inspira fortement. Dans un effort presque surhumain pour un dimanche matin, l'ancienne tueuse posa les pieds au sol et se leva, ramassant son tshirt qui traînait par terre aux pieds du lit, vestige de la soirée chaude qu'elle avait passé avec sa brune.
Un sourire pervers éclairant son visage quand les souvenirs de leur nuit torride lui vinrent à l'esprit, la blonde ouvrit les volets en bois et soupira de joie en voyant les vignes s'étendant à perte de vue derrière le petit muret de pierre blanches qui bordait la propriété.
Parties de Boston le soir même où elle avait tué Gold, Emma avait demandé à Régina de choisir la destination de leur escapade. Lui ayant expliqué les termes du contrat que le vieil homme d'affaire avait lancé sur leurs têtes, elle conseilla à la brune de choisir un endroit reculé, loin des avocats et autres rapaces à la solde de l'ancien millionnaire afin de risquer le moins possible d'être retrouvées.
Sans réfléchir, Régina avait choisi la France.
« La France ? la France ? » demanda Emma en clignant des yeux, totalement abasourdie. « Tu.. tu veux aller vivre en France ? »
« Oui » répondit la brune en souriant, les yeux brillants d'espoir. « J'ai toujours rêvé de retourner en France. Mon père m'avait emmené en vacances chez l'un de ses amis quand j'étais petite et je suis tombée amoureuse de ce pays... »
Emma se gratta la tête et haussa les épaules. « Ma foi... tu peux choisir les Bahamas, les Iles Caïman, Tahiti ou tout autre paradis sur terre, et toi, tu veux la France.. »
Inquiète que la blonde ne veuille pas l'accompagner, Régina prit sa main en tremblant.
« Mais.. si tu veux on peut aller ailleurs, ça ne me dérange pas. Du moment que tu es avec moi !»
Touchée par cet aveu, la blonde caressa amoureusement la joue de sa compagne.
« On va en France ! Appelle Aurore, dis-lui que l'on passe récupérer Henry, on décolle ce soir.»
Régina lui avait alors sauté au cou, l'embrassant passionnément avant de saisir avec entrain le portable que lui tendait la blonde.
Le lendemain matin, elles arrivèrent à Paris, avec pour seul bagage un sac à dos chacune, celui de Régina contenant quelques-unes de ses affaires ainsi que celles de son fils, celui d'Emma étant quasiment vide, seul son album photo et la console de jeu d'Henry l'accompagnait dans sa nouvelle vie.
Une fois sortis de l'aéroport, un taxi les prit immédiatement en charge, les déposants aux pieds d'un hôtel de luxe qu'Emma avait réservé depuis les États-Unis.
Le groom monta leurs bagages pendant que Régina se chargeait de son fils, endormi dans ses bras depuis presque une heure. Il était encore relativement tôt, le petit garçon pouvait dormir encore quelques heures.
Après l'avoir déposé dans son lit, la brune fût surprise de voir un grand sac noir trôner au milieu de salon.
« Qu'est-ce que c'est ? »
« De quoi se défendre en cas de besoin. » répondit la blonde en ouvrant le sac, sortant son pistolet fétiche d'une poche intérieure puis pianotant un rapide "ok" sur l'un des nombreux téléphones portables enfermés dans un sachet. Elle regarda Régina qui la fixait d'un air étonné.
« Quoi ? tu ne t'imaginais pas que j'allais arriver ici sans moyen pour me défendre non ? Mon père a des amis, beaucoup d'amis, y compris en France. » ajouta-t-elle dans un grand sourire.
La brune éclata de rire en levant les yeux au ciel. D'un pas rapide elle rejoignit la salle de bain en riant. « Pourquoi suis-je étonnée ?!»
Emma descendit les escaliers quatre à quatre, souriant en voyant sa compagne prendre le petit déjeuner avec Henry qui racontait avec entrain ce qu'il avait fait la journée précédente en compagnie de sa meilleure amie Alice.
Embrassant tendrement Régina, la blonde lui vola un morceau de sa tartine et ébouriffa les cheveux du jeune garçon.
« Alors gamin, s'en est où cette histoire avec ta jolie blonde ? toujours au stade de la drague ? quand est-ce que tu vas te décider à l'embrasser ? » demanda-t-elle en éclatant de rire devant la teinte écarlate que prit le visage d'Henry.
« Emma enfin ! » répondit Régina faussement outrée « Il n'a que douze ans, il a bien assez le temps de découvrir tout ça. »
La blonde sourit à sa compagne et s'installa sur ses genoux. « Oui tu as raison.. profite gamin, dans quelques années tu regretteras ce temps où tu pouvais draguer une jolie fille sans que ça ne déclenche des conséquences terribles.. tel que le mariage. »
Régina ne put s'empêcher de rougir à son tour et fit mine de frapper sa belle.
« Moque toi... seulement je finirais bien par te faire céder un jour ou l'autre.»
Emma se releva et caressa amoureusement la joue de la brune.
« Je t'aime toi.. mais je vais te laisser mariner encore quelques temps... et puis je ne suis pas une femme facile, il faudra que tu fasses ta demande en bonne et due forme ! » glissa-t-elle dans un sourire, faisant soupirer Régina qui leva les yeux au ciel, arrachant un fou rire à Henry.
Le jeune homme était tellement heureux de voir sa mère aussi épanouie auprès de la blonde qu'il avait accepté sans hésiter de repartir à zéro, démarrant une nouvelle vie dans un pays qu'il ne connaissait pas. Les premières semaines avaient été difficiles mais cela faisait déjà deux ans qu'ils vivaient ici tous les trois, pour leurs plus grand bonheur. Sa mère ne lui avait pas dit la vérité sur la raison de leur départ, le trouvant encore trop jeune, mais Régina avait prévu de le faire sitôt que le jeune garçon serait en âge de comprendre.
Depuis, le trio vivait paisiblement, apprenant ensemble les coutumes et la langue française, Henry démontrant de bien meilleures capacités d'apprentissage que sa mère, et encore plus que la blonde qui tentait tant bien que mal d'arriver à faire des phrases construites.
« Bon.. je vais faire un tour » s'exclama Emma en embrassant sa belle tout en attrapant une pomme sur la table. « A tout à l'heure vous deux ! »
Sans se retourner, la blonde sortie de la maison en chantonnant, passant devant la grosse berline noire qui reposait au milieu de l'allée, garée aux côtés d'une petite Coccinelle jaune que Régina avait tenu à acheter une fois arrivée en Bourgogne. Elles ne l'utilisaient jamais mais le simple fait de la voir garée dans la cour suffisait à faire sourire les deux jeunes femmes. C'était un souvenir d'une autre vie, à la fois très récente, cela faisait à peine deux ans qu'elles s'étaient installées dans cette maison, mais à la fois tellement loin de leur vie actuelle, simple, reposante, idyllique...
Emma était follement amoureuse de Régina et aimait Henry comme son propre fils, et celui-ci le lui rendait bien. La vie à trois était pour elle un réel conte de fée, loin de la misère qu'elle avait connu étant jeune, sans violence ni contrats de mort.
Quelques mois après leur arrivée, Emma avait décidé de brûler son album photo, tirant ainsi un trait sur sa vie de tueuse à gage, marquant de cette façon son engagement dans sa relation avec Régina.
De son passé, elle avait seulement gardé son arme fétiche, enfermée dans un coffre-fort dans leur chambre à coucher, et son habitude de changer de téléphone après chaque coup de fils avec son père, ce qui faisait rire sa fiancée à chaque fois qu'elle la voyait jeter un portable à la poubelle.
Régina était consciente que leur vie était en danger, le contrat de 100 millions de dollars de Gold étant toujours en place, mais elle se sentait à l'abri en compagnie de sa blonde, et elle savait pertinemment que Marco veillait sur elles.
Il était d'ailleurs l'heure pour Emma de l'appeler, comme tous les dimanches matin. Marchant tranquillement au milieu des vignes, la blonde sortit un téléphone de sa poche et composa le numéro de son père adoptif.
La conversation s'éternisait à chaque fois, Emma racontant avec joie à son père les nouvelles histoires d'Henry, leur vie géniale au plein cœur de la campagne, ou les exploits de Régina en tant qu'experte comptable pour la mairie de leur village qui avait accueilli ces américaines les bras ouverts.
Emma souhaitait que son père puisse rencontrer sa future femme et le garçon qu'elle considérait comme son fils, mais le vieil l'homme ne souhaitait pas prendre de risque, la situation étant encore trop peu sure.
La blonde le comprenait tout à fait et expliquait cela avec tact à Henry chaque fois qu'il demandait des nouvelles de son grand père.
Comme à chaque fois, Marco lui raconta quelques-uns de ses contrats, apparemment peu décidé à prendre sa retraite, puis la discussion s'égara sur des sujets aussi divers que variés, les deux meurtris de la vie rattrapant peu à peu le temps perdu toutes ces dernières années.
Après plus de quarante minutes de marche, Emma embrassa son père et raccrocha car elle était arrivée à l'entrée de la ville la plus proche, dans laquelle elle avait pris ses habitudes, venant chercher le journal chaque dimanche matin, discutant çà et là avec les commerçants, puis repartant avec le repas du midi acheté sur le marché.
Cette manie de partir en ballade avait d'abord surpris Régina mais elle comprit rapidement que la blonde avait besoin d'être seule de temps à autre, pour se vider la tête et reprendre sa place dans la vie normale, à l'écart de la violence, des cris et des larmes.
Repartant du centre-ville en chantonnant, son sac de victuailles à la main, Emma envoya un sms à Régina lui indiquant qu'elle était sur le chemin du retour, un rituel qui s'était mis en place machinalement, les deux jeunes femmes ayant un besoin continuel d'être rassurées lorsqu'elles étaient séparées.
Lançant sa playlist musicale puis rangeant le téléphone dans sa poche, la blonde mit ses écouteurs sur ses oreilles et entama la marche de retour, prenant un chemin différent de celui de l'aller afin de rompre la monotonie du trajet. La route longeait un lac à l'eau claire autour duquel Régina et Emma aimaient venir se promener main dans la main.
Souriant béatement depuis une dizaine de minutes en agitant la tête au rythme des musiques qui défilaient dans son lecteur MP3, Emma ne comprit pas immédiatement pourquoi elle eut soudain du mal à respirer.
Sentant son bras gauche s'engourdir, elle ne put retenir le sac qu'elle portait jusque-là, l'anse en plastique glissant le long de ses doigts jusqu'à ce que le contenu vienne s'écraser au sol.
La main droite sur la poitrine, Emma essaya de reprendre son souffle mais la douleur se fit de plus en plus vive à chaque expiration. Tombant à genoux, à bout de force, la blonde se rattrapa de justesse en posant les mains au sol. Elle comprit alors ce qu'il venait de se passer en voyant sa main droite couverte de sang.
Baissant la tête pour essayer de regarder son torse, la blonde grimaça en voyant son tshirt devenir rouge écarlate.
La respiration sifflante, elle essaya de se maintenir à genoux mais ses forces la quittaient petit à petit, au fur et à mesure que l'oxygène qu'elle peinait à faire entrer dans son corps venait à manquer.
Tombant face contre terre, Emma essaya péniblement de se tourner, la douleur la faisant hurler à chaque mouvement.
Le soleil déjà haut dans le ciel l'aveugla, transformant son champ de vision en grande couronne blanche, l'empêchant de voir ce qu'il se passait autour d'elle.
Le manque d'oxygène, couplé à la lumière du soleil la força à fermer les yeux, fixant sa concentration sur sa respiration saccadée, se donnant des ordres mentalement afin de continuer à respirer.
« Tiens le coup Emma... accroche toi...» pensa-t-elle en se forçant à inspirer malgré la douleur qui la fit tousser, lui arrachant un cri muet.
Sentant son dos s'humidifier, l'ancienne tueuse comprit qu'une flaque de sang était en train de se former sur le sol. La douleur dans son corps laissant place seconde après seconde à une chaleur réconfortante, Emma prit conscience qu'elle était en train de mourir.
Préparée à ça depuis des années, elle serra doucement le poing et essaya de se calmer afin que son départ se fasse de la manière la plus douce possible. Le manque d'oxygène commençant à se faire cruellement sentir, son esprit divagua et des images floues lui revinrent en tête. Sa vision passa de l'assassinat de son père adoptif à celle d'un grand ponte de l'industrie automobile qu'elle avait tué des années auparavant. De plus en plus floues, les images défilèrent à une vitesse folle, laissant à peine le temps à Emma de comprendre ce qu'elles représentaient.
Soudain le visage de son père lui apparut, cette image lui serra le cœur quand elle comprit qu'elle ne le reverrait plus.
« Papa... » murmura-t-elle en bougeant les doigts pour caresser un fantôme. Puis le visage de son père adoptif se transforma, pour laisser place à celui de Régina.
Emma éclata alors en sanglot, sa paix intérieure la quittant subitement quand l'image de la femme qui partageait sa vie lui apparue. Malgré toutes ces années où elle s'était préparée au pire, elle ne voulait pas mourir. Pas aujourd'hui, pas maintenant qu'elle avait enfin une vie heureuse avec la femme qu'elle aimait, avec son fils !
Luttant pour ouvrir les yeux, Emma n'arrivait pas à décerner les ombres qui flottaient devant elle. Seule le son d'une voix lui fit comprendre que quelqu'un était à ses côtés.
Gémissant, elle tourna légèrement la tête pour essayer de distinguer un visage parmi les formes floues que son esprit mourant voulait bien lui laisser voir.
« T'es résistante dis donc.» murmura la voix masculine. « Je suis désolé, sincèrement, je voulais te tuer directement mais j'ai loupé mon coup. »
L'homme s'agenouilla à ses côtés et repoussa une mèche de cheveux blonds qui masquait les yeux émeraudes dans un geste délicat.
« On m'avait dit que tu étais belle... les gens ne mentaient pas. Tu es une légende tu sais ?! T'ajouter à mon palmarès va faire de moi l'un des tueurs à gages les plus demandés. Sydney Glass, l'homme qui a tué la célèbre Emma, la femme la plus recherchée par la profession. Je te remercie, en plus de me rendre riche, tu vas me faire une publicité de dingue...»
Soupirant, l'homme regarda Emma mourir à petit feu pendant près d'une minute. Son souffle devenait de plus en plus rauque et irrégulier, sa main essayait vaguement de bouger mais toutes ses forces l'avaient abandonnée.
Emma pleurait à chaude larmes, elle allait mourir comme elle avait vécu, de manière anonyme, sans personnes pour l'accompagner, loin de la femme qu'elle aimait de toute son âme. Son seul réconfort était qu'elle avait eu deux ans de vie, deux ans de bonheur avec Régina.
Elle allait mourir aujourd'hui, d'une mort violente, dans le sang et les larmes, comme toutes ses victimes auparavant, comme la tueuse qu'elle était.
« Ré... Ré... gi... »
L'homme posa sa main sur sa bouche dans un geste presque tendre.
« Chut... laisse toi aller. Ne lutte pas.»
Reculant d'un pas, le tueur déposa son fusil de précision au sol et dégaina son pistolet en soupirant.
« Par contre je suis désolé, les termes du contrat de Gold sont clairs. Si je veux l'argent, tu dois mourir d'une balle dans le cœur. »
Posant le canon de son arme sur la poitrine de la jeune femme, il lui ferma les yeux du bout des doigts.
Emma se laissa glisser en pleurant, espérant que son âme retrouve celle de Régina dans un monde qu'elle espérait meilleur que celui-ci.
La détonation retenti au milieu des vignes, faisant s'envoler un cygne qui se reposait sur le lac à quelques mètres de là.
