Coucouc tout le monde ! Troisième songfic dans ce reccueil, sur Kido cette fois. Ou comment notre stratège en titre préféré vit les réactions physiques naturelles de son corps... J'ai peur que vous ne trouviez ça OOC (quand je l'ai écrite, ça ne m'a pas choqué, ce n'est que quand je l'ai relu que j'ai compris que bon.)
Si vous n'avez pas compris de quoi aller traiter cette songfic dans les deux premières phrases, je le reprécise ici; c'est comme qui dirait une sorte de lemon. Rien de particulièrement choquant je vous rassure, c'est même plutôt soft.. Après, rien ne vous oblige à lire (voilà pourquoi je ne savais si tu allais aimer, Seiren x)
Si vosu decidez de rester, bonne lecture, les autres, je ne vous en veux pas ! (mais je le répète, ce n'est vraiment pas du lemon hyper détaillé ou quoi... après tout, ce que je cherche, ne l'oublions pas, c'est la poésie ;)
La Nuit
O nuit, viens apporter à la terre
Le calme enchantement de ton mystère
Un souffle de plaisir parvint à ses oreilles attentives tandis que son propre corps frissonnait.
«Yuuto...»
Cette voix... Cette voix rauque qui lui chatouillait l'ouie, celle qu'il voulait par dessus tout entendre dire son prénom de cette façon. Il étouffa un grognement sulfureux, ne voulant pas trop en montrer à ce visage paisible qui le fixait. Il avait l'impression que rien n'était plus beau que ce sourire, que rien n'était plus doux que cette peau suave qu'il goûtait du bout des lèvres. Il se sentait tellement rien par rapport à tout ce qu'il ressentait, en plongeant dans ces prunelles, il se sentait tellement minuscule comparé à la grandeur de tout ce qui l'envahissait. Comme une peinture devant laquelle on reste ébahi, comme l'esquisse d'une oeuvre d'art, d'un corps athlétique et délicieux, qu'il pouvait toucher et sentir se former sous ses doigts.
«Plus... Donne m'en plus...»
Il était persuadé d'être au maximum de ses capacités. Pourtant, à l'entente de ces mots, il sentit une vague de désir échouer en lui comme l'océan s'explose parfois sur les falaises de ses côtes. Comme un volcan qui bouillonne de tout brûler autour de lui.
«Aah... Encore...»
Ses soupirs indécents, ses sourires d'extases... Kido sentit ses propres yeux rouler de plaisir sous ses paupières mi-closes. Il enfouit son nez dans le creux de son épaule, tenta de s'emplir les poumons de son parfum innimitable alors qu'il ne parvenait même pas à respirer correctement. Il haletait, en rythme avec son coeur, en rythme avec ses mouvements. Ses mains glissèrent le long des hanches parfaites de cette oeuvre d'art, et un soupire de plaisir s'échappa de ses lèvres tendres. Ce corps, Kido s'y abîmait avec délice, il gémissait lui même de plaisir en sentant ces chairs brûlantes l'accueillir. Une main tremblante de désir caressa la peau duveteuse de sa nuque, suivie d'un bras, puis d'un autre. Le châtain ouvrit ses yeux doucement, sentant le souffle de sa moitié sur ses cils clairs. Il croisa un instant son regard amusé, ses deux perles d'un bleu translucide.
Sous ses doigts soudain, Kido sentit des cheveux bruns soyeux, un corps d'homme qui se soulevait au rythme de ses mouvements.
«Akio...» s'entendit-il murmurer.
L´ombre qui t´escorte est si douce
Si doux est le concert de tes voix chantant l´espérance
Si grand est ton pouvoir transformant tout en rêve heureux
Kido ouvrit plus franchement les yeux et soudain tout disparut. La peau qu'il touchait, les doux cheveux qu'il tenait entre ses doigts, tout s'envola. Les yeux brillants s'évaporèrent, aspirés par les ténèbres de sa chambre.
Il cligna des yeux, pas tout à fait sûr d'être réveillé, et tenta veinement de se rendormir. Il ne se souvenait pas bien de son rêve, mais il était sûr qu'il s'y était sentis bien. Il voulut se mettre sur le ventre pour se rendormir au plus vite lorsqu'il sentit quelque chose de gênant. Qu'est-ce que c'était que ça ?
Il se redressa, parfaitement réveillé à présent, et souleva sa couverture. Sérieusement ? Il soupira bruyament et se laissa retomber dans son lit, exapséré. Bon sang, encore ? Kido fixa le plafond et écouta un instant le silence qui emplissait sa chambre. Le manoir était tellement grand que même le silence résonnait entre ses murs.
Il se demanda un instant si il allait réussir à s'endormir dans ces conditions. Il ferma les yeux pendant ce qui lui parut bien plus long que les quelques réelles secondes qu'il avait passé ainsi, et, se rendant compte que ça ne marcherait pas, il se redressa. Il avisa une nouvelle fois la bosse qui déformait son boxer et grimaça.
Cela lui était arrivé quelques temps plus tôt, plusieurs fois, toujours espacées de quelques semaine. Il savait que cette réaction de son corps était naturelle. Ce qui le dérangeait, c'était les rêves qui déclenchaient ça. Toujours les mêmes, avec la même personne. Et même si Kido ne se souvenait pas très bien de son rêve au réveil, dès qu'il se touchait, ses images indécentes envahissaient son esprit et le faisait murmurer ce nom étonnant.
Le jeune homme soupira, exaspéré, et fit glisser sa main jusqu'à son boxer.
Ce qu'il aimait dans la nuit, c'était ce secret, ce silence qui enveloppait tous les mots et les soupirs qui lui échappaient. Tout disparaîssait dans l'ombre de la nuit pour que personne n'en sache jamais rien. Ce que Kido faisait... Disait la nuit, tout restait un secret qu'il partageait seul, qu'il pouvait effacer de sa mémoire si ça lui chantait.
O nuit, ô laisse encore à la terre
Le calme enchantement de ton mystère
Ce que Kido voulait le plus, c'est ne jamais se réveiller. A chaque fois, son rêve s'interrompait au même instant, au moment où il s'apprêtait à dire "je t'aime". Ça paraîssait si fort, ce sentiment dans son rêve, que le châtain avait essayé de voir si il ressentait la même chose lorsqu'il était avec Fudo. Et force était de constater que ses sentiments dans la vraie vie étaient pires encore... Parce que contrairement au rêve, dans la vraie vie, Kido ne pouvait pas exprimer ce qu'il ressentait. Et cette impression d'être emprisonné en soi même était abominable.
Si ces songes, au départ, l'avaient bien embarrassé, à présent il les remerciait profondément. Il se réveillait parfois, et s'en voulait d'avoir encore rêvé de Fudo, puis en commençant à se détendre il se souvenait combien ce qu'il faisait avec lui était bon. Combien il aimait aimer Fudo en rêve, comment il l'imaginait, moitié honteux, lorsqu'il se calmait à son réveil.
Il se doutait bien qu'il ne pourrait pas tenir ainsi éternellement. Ça durait depuis plusieurs mois, et le brun avait déjà remarqué son changement de comportement. Il perdait le fil de ses pensées et ne parvenait plus à se concentrer dès que son regard croisait Fudo... Sans doute parce que son cerveau était trop occupé à détailler ce corps sous ses vêtements, à l'imaginer se cambrer comme dans ses rêves ou le regarder avec cette même hardeur. Souvent dans ces moments il fallait appeler plusieurs fois Kido avant d'avoir son attention. Pareil pour la douche collective, qui était une vraie torture. Pour ne pas voir le corps de ses fantasmes ruisselant d'eau, le quatorze devait se détourner du reste du groupe et se laver en réfléchissant à tout sauf à Fudo, pour ne pas se retrouver en situation embarassante. Et parfois, il avait du mérite, quand le brun venait lui emprunter son shampoing et qu'il devait se faire violence pour ne pas baisser les yeux...
Et puis, il fallait parler de son regard. Kido avait toujours crut qu'être fasciné par des yeux était un truc de fille. Pour lui, les yeux n'étaient qu'un organe. Cette règle, jamais rien ne l'avait démenti avant qu'il ne regarde vraiment ceux de Fudo. Parfois en cours, le châtain passait l'heure à chercher ce regard d'acier brillant d'arrogance... Et lorsque le huit, qui avait sentit qu'on le regardait, se tournait vers lui, il fuyait son regard avec une discrétion digne d'un éléphant. Et lorsqu'au contraire c'est Fudo qui le fixait, il n'osait pas lever les yeux. Pourquoi ce regard qui le captivait tant parvenait aussi à l'intimider ?
Kido étouffa un dernier soupire de plaisir.
Comme toujours, son rêve humide finissait mouillé. Voilà pourquoi il ne voulait pas se réveiller. Parce que dans son fantasme, c'est en Fudo qu'il jouissait, c'est à lui qu'étaient destinés ses murmures, c'est lui qui souriait comme si il y avait de l'espoir. Parce que dans son sommeil, ce qu'il chuchotait, ce n'était pas les ténèbres de sa chambre qui l'engloutissait. Parce que dans son rêve, il pouvait sentir sa peau onctueuse sous ses lèvres, ses cheveux soyeux entre ses doigts, son odeur unique. Parfois Kido voulait que la nuit ne finisse pas, pour qu'il puisse aimer Fudo en secret et en faux réciproque tout le reste de sa vie. Ses rêves en plus d'être délicieux, lui donnaient aussi du courage, de l'espoir.
Kido se leva pour mettre son boxer sale au panier de linge. Il voulait se recoucher au plus vite, rêver encore d'aimer. Il sourit en coin.
L´ombre qui t´escorte est si douce
Est-il une beauté aussi belle que le rêve?
Est-il de vérité plus douce que l´espérance?
Malgré tout, il avait comprit le message. Si son rêve finissait toujours avant qu'il ne puisse dire ce qu'il ressentait au huit, c'était pour une bonne raison. Ce n'était pas son fantasme qu'il aimait...
C'est à Fudo, au vrai, qu'il devait dire "je t'aime".
Est-ce que ça vous a plu ? C'est que ça n'a rien de comparable à ce que je j'ai pu faire jusque là (sans même parler de Complainte du Vent, qui du coup était d'un genre assez particulier... mais qui reste mon favori).
J'ai une idée ! et si vous me laissiez une review pour me dire quelle songfic vous préférez jusque là ? (nan, je plaisante hein)
Merci beaucoup d'avoir lu !
Rose: Encore au rendez-vous hein ? Oui, fin en mode 10 ans plus tard, comme tu dis ;) Heureuse de voir que ça t'a plu, cette fin en porte ouvert vers l'avenir. Bisous et merci pour la reveiw, encore et toujours !
