Partie 4! A nouveau rating M, pour scène de sexe explicite.
4. Ils ne devraient pas pleurer
Ils n'étaient pas amis, et jamais ils ne le seraient. C'était impossible. Tout ce que Gintoki savait faire, c'était inventer toujours plus de piques à propos de sa taille, ou bien fixer son dos lors des cours. Ils ne parlaient pas. Il ne connaissait même pas son nom de famille.
Il était certain de tout ça. jusqu'au jour où il eut une réponse.
« J'en ai pas. »
Et il sentit une brûlure en lui, semblable à une lame brûlante enfoncée dans sa gorge. Il ne sut que dire, et il détestait ça. Il aurait dû répondre que ce n'était pas possible, qu'il en avait forcément un. Mais tout ce que le petit Shinsuke fit, put faire... ce fut de tendre une main, de vouloir la poser sur son épaule, pour finalement la baisser.
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« Pourquoi... es-tu parti? » demandait-il dans le noir, sa main gauche griffant la cicatrice de son visage.
Mais ni l'enfant dans le coin de la pièce, ni l'homme ensanglanté qui tâchait ses draps ne répondit. Trois ombres passèrent devant les portes en papier, et un rire d'enfant retentit. Il ne savait même pas si c'était lui plus jeune, ou bien Gintoki avec ses mômes.
« Pourquoi tu m'as laissé? »
Le regard rouge, dans l'ombre, ne le lâcha pas. L'enfant resta silencieux.
« Il faut que ça finisse. » murmura Shiroyasha.
Takasugi fronça les sourcils, et siffla sous ses dents.
« J'avais besoin que tu restes!
– Alors pourquoi tu ne me l'as jamais dit? »
Ses ongles s'enfoncèrent dans la peau meurtrie et fragile. Sans bouger, sans remuer les lèvres, le Gintoki de dix ans murmura contre son oreille :
« Si tu étais amoureux de moi, il aurait fallu me le dire.
– Je te hais! lâcha-t-il d'une voix rauque, cassée, brisée; en fuyant la voix. Je te hais, Gintoki! » Une larme s'échappa de son œil mort. « Regarde-moi. Regarde ce monde que je vais incendier. Je vais te faire pleurer. Te faire regretter de m'avoir trahi...
– Shouyo-sensei n'aurait pas voulu ça. » l'interrompit une voix semblable, mais plus grave que la précédente.
Le brun sursauta, et se mit à genoux, lâchant son visage défiguré quand il vit l'homme adulte face à son lit. Ses yeux n'étaient plus aussi rouges. Son kimono était à moitié enlevé.
« Je me bats pour protéger ce qu'il a laissé. Tu te bats pour le détruire. Pourquoi? Quand est-ce que tout a changé? Que veux-tu vraiment? »
Shinsuke s'avança, sa joue humide, et prit en coupe la mâchoire carrée.
« Pourquoi tu ne m'as pas suivi, Gintoki?
– Je n'ai plus besoin de toi. »
Le Yorozuya attrapa sa main, et le renversa sur le lit. Et le terroriste ne dit rien. La bouche pulpeuse mordit son pectoral.
« J'ai une belle vie sans toi. »
Ses doigts calleux vinrent plonger dans ses cheveux noirs d'encre, et sa langue monta jusqu'à sa jugulaire.
« Je vis en paix, et j'aime cela. »
Shinsuke sentit son dos s'arquer, et un râle s'échappa de sa gorge.
« Je suis tellement heureux quand tu n'es pas là.
– Reste... »
Ils se retrouvèrent pantelants, en sueur, la tête de Takasugi basculée en arrière tandis que les mots ne cessaient d'être martelés dans son crâne, tout comme le sexe de Gintoki allait et venait en lui. Les draps restaient rouges. L'enfant continuait d'observer.
« Si tu détruis ce pays, tu me détruiras avec... »
Un geignement s'échappa des lèvres du brun, qui malgré lui se mit à sourire.
« Si tu tues ce à quoi je tiens, je te détesterai encore plus... »
Les hallucinations ne disparaissaient pas, mais Takasugi les oubliait. Il restait plongé dans son délire, dans son rêve éveillé, et se laissait ouvert, corps et âme, à un secret trop profondément enfoui. Un fantasme d'enfant, d'adolescent, que sa folie avait retrouvé et dévoilé.
L'enfant le jugeait, l'adolescent fixait ses mains rouges vives, l'adulte le haïssait.
Tout était si réel qu'il aurait presque voulu lever une main pour sentir si un cœur battait, derrière ce torse blanc barré de cicatrices qu'il aurait voulu infliger.
Mais tout devint trop chaud, trop rapide; dans la réalité, derrière les barrières de sa perte de conscience, sa main s'activait, et il ne lui fallut pas grand chose pour jouir, entre ses propres doigts et ceux d'un homme qu'il tuerait un jour, un jour...
« Je t'aime, Takasugi... »
Concernant la première partie, c'est quelque chose que j'aime imaginer, et qui est explicité dans une fic longue à venir : càd que c'est Shouyo ou quelqu'un d'autre qui a donné ses noms, de famille ou même son prénom, à Gintoki. Etant donné l'état, et l'âge, dans lequel il est trouvé par Shouyo; ça ne m'étonnerai donc pas qu'il ne se souvienne plus de comment il s'appellait, et ait ainsi obtenu un nom donné par son maître/tuteur.
Quant à la fin, oui, aucun sens; après tout, depuis quand les hallucinations sont censées être logiques? C'est la démonstration de Takasugi s'empêtrant entre ses peurs et ses fantasmes.
