Salut! Comme promis, voilà une petite (hahaha) explication pour Les papillons de nuit ne savent pas nager. Ça me semblait évident voire obligé, car cette fic est certainement pas la plus claire du monde, et ça m'embêterait de vous laisser dans le noir sans vous expliquer à peu près ce qu'elle signifie.

Déjà, pardonnez-moi de vous offrir ceci, et d'en plus vous demander de réfléchir et vous poser dessus si vous voulez comprendre, c'est une mauvaise manie de littéraire, mais c'est vraiment le genre de choses que j'aime. Les images, les sous-entendus, les figures de style, qu'il faut déchiffrer pour mieux apprécier un texte, voire le comprendre, j'adore; mais ce n'est certainement pas à portée de tout le monde, je le sais, d'où ce supplément.

Pour commencer, je vais d'abord expliquer un peu mieux d'où est née cette fic : de rien. Très sincèrement, je vous assure, de rien, simplement une fascination pour le personnage de Takasugi quand il est lié à Gintoki, car Sorachi ne nous fournissant quasiment rien, c'est une mine d'or à l'interprétation. La mienne est, et à toujours été, que la folie de Takasugi s'est déclenchée à cause de deux choses : la première est évidente, la mort de Shouyo, surtout si violente, et après des années de guerre réduites à néant. La seconde, je pense, c'est d'avoir vu Gintoki s'en aller sans un mot après tout ce temps.

Takasugi, c'est un peu comme le premier Hijikata pour Gintoki, beaucoup ont vu le parallèle : lui et Gintoki s'engueulaient joyeusement, mais se ressemblaient malgré tout, et se battaient pour la même chose. De plus, ils se connaissaient depuis fort longtemps, ils ont affronté énormément de choses tous les deux, ils étaient amis, très amis, et l'on sait que Takasugi a vécu le départ de Gintoki comme de la trahison. Et c'est clair que de voir celui qu'on considère comme un de ses meilleurs potes partir comme ça, sans explication, comme si toutes ces dernières années ne signifient rien, ça laisse des traces. Ainsi Takasugi, déjà très touché par la mort de Shouyo, en perdant en plus Gintoki, a sûrement dû faire un premier pas vers sa folie, que les années sans nouvelles n'a fait qu'empirer.

Ainsi, en me basant sur cette idée, j'ai voulu écrire quelque chose de simple, de court, en mettant bien en parallèle les deux Takasugi, le jeune garçon et l'adulte malade qui, malgré lui, ne peut oublier ce qu'il était enfant, et ce qu'il a vécu/vu.

J'avais une petite idée pour la fin, mais je me suis alors posée la question du développement, car oui, il n'y a bien que ça dans cette fic, même pas vraiment d'histoire : juste un développement car ce n'est que le reflet de ce que je pense être l'état mental de Takasugi qui ferait face à ses souvenirs d'enfance.

Je me suis donc basée sur les cinq étapes du deuil, avec comme idée que le deuil que ressent Takasugi, c'est celui de sa mort à venir, de la mort de l'enfant en lui, de la mort de l'être humain qu'il était et qu'il se rend compte n'existe plus. Ainsi, chaque chapitre, ainsi que leur titre, évoque à peu près ces célèbres cinq étapes.

Un petit aparté pour le titre : Les papillons de nuit ne savent pas nager. Les papillons c'est évidemment une référence à Takasugi, ça pas de surprise je pense. Quant au fait de nager, c'est pour faire référence à Takasugi qui ne peut cesser de penser à ce qu'il était plus jeune, ce garçon éprit d'un autre, se rapproche de ses souvenirs tout comme les papillons s'approchent de l'eau car elle reflète la lumière; seulement à force de s'en approcher, les ailes sont humides, et ils se noient. Ainsi, les titres correspondent à la fois à la manière dont les papillons devraient réagir au fait qu'ils ne peuvent pas s'approcher de l'eau/la manière dont Shinsuke devrait faire face à son amour non-réciproque, et à lui-même; et à ces étapes du deuil pour se préparer à cette mort qu'il sait tragiquement s'approcher (je rappelle qu'en littérature, tragique ne signifie pas triste, mais que les actions se produisent de part le destin des personnages, et donc découlent de quelque chose qui n'est pas rationnel, souvent le divin).

1) Ils devraient cesser de se voiler la face = Déni = Ici, cela s'illustre assez bien dans le chapitre : Kamui lui parle de Gintoki, et Takasugi ne répond même pas, il est froid, il fait l'homme qui ne sait rien, bien que cette simple question éveille en lui des choses bien trop enfouies qu'il ne peut que tenter de mettre de côté.

2) Ils devraient y faire face avec calme = Colère = Takasugi s'illustre dans son déni toujours plus prononcé, et perd son calme quand rien ne marche, que la tête permanentée et les yeux rouges sont les seules choses qui lui restent en tête. Il en a assez de voir le Gintoki de dix ans le poursuivre, et sa violence à l'égard de la situation est symbolisée par le sabre qu'il garde en main, comme s'il restait prêt à occire quiconque viendrait oser lui dire qu'il se voile la face.

3) Ils ne devraient pas essayer de changer ça = Marchandage = celle-là fut difficile, car elle ressemble beaucoup au déni dans ce contexte. En tout cas, Takasugi continue de croire qu'avec d'autres choses, ses pensées changeront, mais tout est brusquement détruit quand il croise Gintoki par hasard. Il tente de se persuader qu'il veut juste le tuer, mais ses pensées le mènent vers autre chose, et là, il sait que ce n'est pas que l'imagination de Kamui car ses pensées, elles, sont réelles, et la fin traduit le début de son acceptation.

4) Ils ne devraient pas pleurer = Dépression = Chapitre des souvenirs, il est entouré par tout ce qui le hante, pour en finir par voir l'objet même de sa hantise sous ses yeux. Sa folie ouvre son cœur, dévoile tout ce qui y est caché, et seule la mélancolie est présente sous la forme de toutes ces questions qu'il pose au vent, sans cesse en rapport avec le passé, et la guerre, et sa rancune tenace. Il n'est plus question du présent, seulement du vécu. Et sa nostalgie se montre d'autant plus avec ces mots finaux, ce rêve si honteux qu'il a, que Gintoki lui dise des mots qu'il n'entendra jamais. A ce stade, la folie est clairement avancée, et il s'y enfonce au point de ne plus distinguer le vrai du faux.

5) Ils devraient juste s'y faire = Acceptation = Et l'on finit sur ceci, la mort de Takasugi, qui accepte à la fois sa folie, son secret, et sa mort. Je précise que ce chapitre est très lié au suivant, car si le 5 n'est presque que narrateur externe, le 6 est au cœur de ce que vit Takasugi lorsqu'il est mis à terre, il est inconscient, dans sa folie quand Gintoki lui parle, et ce n'est qu'une toute partie de lui même qui sait ce qu'il se passe, tandis que le reste imagine ce que sa vie aurait pu être, s'il avait fait partie de la vie du Yorozuya. Je vous laisse interpréter le « Moi aussi je te détestais. » de Gintoki comme vous le souhaitez. Si vous aimeriez connaître ma version, demandez-la moi, mais elle n'est pas gravée dans le marbre, je veux que chacun puisse y voir ce qu'il veut, étant donné que Takasugi-même, avant de mourir, ne savait pas exactement ce que signifiait cette réponse.

Voilà, rien de plus à ajouter! Merci d'avoir lu, et encore plus si vous avez apprécié/commenté! A bientôt pour mes prochaines fics Gintama qui, rassurez-vous, seront dans un tout autre registre.