Voici le second chapitre. Le premier a été réécrit, n'hésitez pas à le relire. Bonne lecture.
4 octobre 1998
Les jours défilaient puis les semaines. Chaque journée qui s'écoulait semblait être la même, le quotidien d'Hermione ne se résumait qu'à trois mots. Ginny, cours, dodo. Elle n'avait pas reparlé avec sa cadette de l'incident qui s'était produit un peu moins d'un mois auparavant, lorsqu'elle avait trouvé la rousse dévastée par le chagrin dans une salle de classe vide. Elle voulait aider la rouquine mais elle la connaissait, l'inciter à parler ne ferait que la brusquer. Elle s'inquiétait mais prenait son mal en patience, elle savait que Ginny lui parlerait lorsqu'elle se sentirait prête.
Elle se massa le cou et grimaça de douleur. Cela faisait presque trois heures qu'elle était à la bibliothèque pour avancer dans ses devoirs mais elle n'arrivait pas à se concentrer. Tout ce qu'elle avait gagné c'était une crampe aux cervicales. Elle regarda avec exaspération le devoir qu'elle devait rendre à Denison, leur professeur de métamorphose, et soupira.
« Ca suffit pour aujourd'hui. »
Elle attrapa son sac et commença à ranger ses affaires lorsqu'elle sentit deux mains se poser sur ses épaules.
-Tu travailles trop pour ton bien, 'Mione, lui murmura la voix de Ginny à l'oreille.
La cadette déposa alors un doux baiser sur le haut de son crâne. Hermione prit les mains de la rouquine dans les siennes puis leva la tête pour déposer un baiser sur son menton avant que celle-ci ne cale sa tête contre celle de son aînée.
-Je sais, répondit d'une voix lasse la brunette, j'allais justement m'arrêter.
Ginny resserra son étreinte et déposa un baiser sur l'épaule d'Hermione.
-Gin', tu veux vraiment aller manger dans la grande salle? Parce que sinon j'ai une idée.
-Dans ton idée on mange quelque chose de bon?
Hermione hocha la tête.
-Je te suis alors.
Les deux jeunes filles quittèrent la bibliothèque et se rendirent jusqu'à la salle sur demande. Hermione passa trois fois devant en pensant fort à ce qu'elle voulait. Un passage apparu et les deux gryffondors s'y engouffrèrent. Elles traversèrent un couloir en pierre et arrivèrent dans une petite salle. D'un style rustique, elle était vide mis à part une table qui trônait au milieu. Sur la table se trouvaient des couverts pour deux personnes ainsi que trois magnifiques chandelles.
Hermione tira une des deux chaises et invita Ginny à s'y assoir avec galanterie. Elle prit ensuite place à son tour.
-'Mione, je savais que t'étais géniale mais de là à nous organiser un dîner en tête à tête dans de si belles circonstances… T'es parfaite ! S'exclama Ginny avec un grand sourire.
Elles mangèrent en papotant et en riant. L'ambiance était à la fois chaleureuse et romantique, bien qu'elles n'en avaient pas conscience. Elles ne se quittaient pas des yeux, leurs éclats de rire se mêlant à la tendresse de leurs regards.
Une fois le repas terminé elles se levèrent à contre cœur et prirent la direction de la salle commune des rouges et or.
-Aaah j'suis calée moi ! Mais c'était vraiment magnifique ! Merci Hermione, dit la rouquine une fois qu'elles eurent donné le mot de passe au tableau de la grosse dame qui faisait office d'entrée.
-Bonne nuit Ginny.
-Bonne nuit, répondit la rousse en déposant un tendre baiser sur la joue de son aînée.
Mais alors qu'Hermione s'apprêtait à entrer dans la salle commune, Ginny lui attrapa le bras.
-Attends !
Elle sortit de sa poche un petit sachet et le tendit à Hermione. Elle tourna la tête, essayant de cacher le rouge qui lui montait aux joues. Hermione le prit et en sortit un long collier sur lequel un petit flacon en verre faisait office de pendentif. Une poudre dorée brillait de mille feux à l'intérieur du flacon. L'aînée la reconnue aussitôt. Étonnée, elle retira le bouchon du flacon comme pour mieux examiner ce qu'il contenait. Aucun doute, il s'agissait bien de « sable du bonheur ». C'était une poudre rare que beaucoup de gens recherchaient tout au long de leur vie. Elle était réputée pour être introuvable. Certains disaient qu'elle pouvait apporter la chance, d'autres qu'elle exauçait notre vœu le plus cher lorsque l'on se trouvait dans une situation critique et d'autres encore qu'elle pouvait guérir toutes les blessures.
-Mais comment…
-Comment je l'ai eu? Peu importe 'Mione. Je voulais juste qu'il t'appartienne.
-Merci Ginny, murmura la brunette, émue.
La rouquine adressa un dernier sourire à son amie et tourna les talons, se dirigeant vers ses appartements.
5 octobre 1998
Cinq heures et quarante-six minutes. Hermione tournait et se retournait dans son lit. Elle voulait chasser de sa tête les images de ce rêve plus que troublant qu'elle venait de faire. Elle se revoyait dans cette pièce sombre, ne voyant rien comme si elle était devenue totalement aveugle. Elle n'entendait que des grognements monstrueux qui la terrorisaient. La seule chose qu'elle arrivait à discerner dans l'obscurité était le visage de Ginny.
-Ne t'en fais 'Mione, ils font partie de moi, lui chuchotait la rouquine.
Ils font partie de moi
« Putain, mais c'était quoi ce rêve ?! » pensa-t-elle en abattant son poing sur son oreiller.
Elle s'apprêta à se lever pour voir Ginny mais en voyant l'heure elle renonça. Celle-ci devait sûrement être plongée dans un profond sommeil. Elle soupira et se retourna de façon à être couchée sur le ventre et à pouvoir enfoncer sa tête dans l'oreiller.
Si seulement elle pouvait avancer en oubliant le passé.
Contrairement à ce que pensait Hermione, Ginny n'était pas plongée dans les bras de Morphée mais se trouvait à ce moment là dans les cachots de Poudlard, avec Rogue. Elle prit appui sur une table et regarda son professeur de potions. Celui-ci passa la main dans ses cheveux gras, l'air préoccupé.
-Comment tu te sens? Demanda-t-il.
Personne ne se doutait de la relation qu'elle entretenait vraiment avec le professeur terrible. Pour les autres ce n'était seulement qu'un professeur sévère et une élève insolente qui réglaient leurs comptes. Seulement ce n'était qu'une apparence, un masque derrière lequel ils dissimulaient la vérité. En réalité Rogue était le seul à connaitre son secret et le seul prêt à l'aider.
-Comme quelqu'un qui vient de commettre des choses horribles…
-Je fais tout mon possible pour trouver un remède.
-Je sais. Merci Severus. Je ne sais pas ce que je ferais si tu n'étais pas là.
-En attendant on peut essayer de le contrôler. Qu'en penses-tu ?
-J'arrive déjà à avoir un minimum de contrôle. Je ne peux pas calmer mes pulsions mais j'arrive à choisir mes victimes…
-Qui était la victime ce soir ? Demanda Rogue, les sourcils froncés.
-Un scientifique.
-Bien, voyons voir cela.
Elle soupira de lassitude. Chaque nuit c'était pareil. Chaque nuit elle commettait des actes terribles contre son gré et les revivait ensuite lorsque Rogue s'infiltrait dans son esprit pour voir ce qui s'était passé exactement. Et elle savait que cette nuit ne dérogerait pas à la règle.
-Je sais que ce n'est pas facile pour toi que je pénètre dans ton esprit et que je revive ce que tu as vécu mais la légilimencie peut peut-être nous aider à comprendre ce qui t'arrive exactement.
-Je sais …
-Bien alors à trois on y va. Un, deux ….
Elle eu à peine le temps d'entendre le trois que Rogue s'était déjà infiltré dans son esprit.
5 octobre 1998, une heure du matin et trois minutes. Ginny était dans ses appartements de préfète-en-chef, assise près de la fenêtre grande ouverte. Elle se préparait à ce qui allait se produire, à cette évidence qu'elle ne pouvait contredire, cette malédiction dont elle ne pouvait se défaire.
Elle était extrêmement pâle, semblait repliée sur elle-même. Son cœur battait vite, beaucoup trop vite. Elle était prise de tremblements incontrôlables. Son corps semblait en feu, le sang qui s'écoulait dans ses veines la brûlait. Son souffle était saccadé, elle n'arrivait plus à respirer, elle avait l'impression d'étouffer. Le rayon de lune se reflétant sur son visage lui donnait un air encore plus maladif.
Elle voulait mourir. Elle voulait ne plus ressentir cette douleur, cette culpabilité. Mais ses pulsions reprenaient toujours le dessus.
Elle sauta par la fenêtre et atterrit souplement sur le sol. Elle se mit à courir, encore et encore, sur plusieurs kilomètres. Et enfin, lorsqu'elle fut loin de Poudlard, que le château n'était plus à sa portée, elle s'écroula au sol et poussa un long hurlement. Elle laissa enfin son côté maléfique prendre le dessus.
Et ce fût la libération. Libération tant chérie. Plus de douleur, plus de sentiments, de culpabilité. Seulement cette sensation d'invincibilité et cette soif de sang, ce besoin de tuer.
Elle n'était plus Ginny Weasley, cette jeune sorcière issue d'une famille pauvre. Elle n'était plus si fragile, si gentille, si humaine. Ses sens étaient décuplés, son agilité sans égal et sa rapidité à toute épreuve. Et sa magie était si puissante… Elle aurait pu tuer n'importe qui en un claquement de doigts. Elle tuait n'importe qui en un claquement de doigts.
Un sourire terrifiant apparut sur son visage. Elle savait déjà qui serait sa victime. Elle se mit à courir et, en moins d'une minute, se trouva à plus d'une soixantaine de kilomètres de l'école de sorcellerie.
Elle arriva devant l'entrée d'un laboratoire. Elle connaissait sa victime, l'avait espionnée, suivie. Elle connaissait ses habitudes et savait qu'elle serait à l'intérieur malgré l'heure plus que tardive. De plus, elle arrivait à la sentir.
En silence elle pénétra à l'intérieur du laboratoire, traversa les rangées de matériaux scientifiques et s'arrêta à moins d'un mètre de sa victime qui était dos à elle et ne la voyait pas, penchée sur un liquide bleuâtre dans une extrême concentration. Elle fit un pas de plus et se pencha.
-Bonsoir, docteur Kelam.
Le scientifique sursauta en sentant un souffle froid près de son cou. Il fit volte-face et essaya d'attraper sa baguette mais elle secoua la main et il s'écroula sur le sol, inconscient.
Il reprit connaissance quelques instants plus tard. Il essaya de bouger mais se rendit compte avec effroi qu'il était ligoté sur une chaise. Apeuré, il ouvrit difficilement les yeux et remarqua qu'il se trouvait dans une sorte d'hangar. Une chaise se trouvait face à lui mais le reste semblait vide. L'endroit semblait immense et désert. Il essaya de crier, sans succès. Personne ne pouvait l'entendre.
-Enfin réveillé.
Ginny apparut devant lui et s'assit sur la chaise.
-Je commençais à m'impatienter, enchaîna-t-elle de sa voix si glaciale qu'elle paraissait inhumaine.
Elle contempla l'homme quelques instants. Petit, enrobé, il portait une blouse beaucoup trop grande pour lui. Elle pouvait apercevoir derrière ses énormes lunettes ses grands yeux affolés. Les traits de son visage étaient grotesques et il remuait d'une façon ridicule, comme si le fait de gesticuler comme un asticot allait le libérer des cordes qui entouraient ses chevilles et ses poignets.
-Qui êtes-vous ? Demanda-t-il d'une voix rendue aigue par la peur.
Il semblait terrifié par cette jeune femme à l'allure froide et magnifique.
-Je ne suis que le fruit de vos expériences, murmura-t-elle.
-Je… Je ne comprends pas.
-Non, bien sûr que non, répondit Ginny avec un sourire carnassier.
L'homme tenta de se débattre sur sa chaise mais c'était peine perdue. Elle rit aux éclats et fit un geste de la main vers lui. Il poussa un long hurlement lorsqu'une douleur atroce s'infiltra dans chaque parcelle de son être.
-Sachez, docteur, que les erreurs se payent toujours à un moment ou un autre. Votre moment est venu.
-Pitié, pitié… Pleurnicha l'homme.
Elle secoua doucement la main et les cordes disparurent.
-Je suis joueuse, je vous laisse partir. Mais si je vous rattrape je vous tue. C'est votre seule chance.
L'homme ne se fit pas prier et se mit à courir. Ginny eut un éclat de rire froid. Quel idiot ! Croyez-t-il vraiment s'en sortir comme ça ?
Elle claqua des doigts et il tomba lourdement au sol. Il n'arrivait plus à bouger. Elle se leva et s'avança d'une démarche lente et assurée vers lui. Il hurla alors qu'elle s'accroupit près de lui.
-Chtttt, dit-elle d'un ton qui se voulait apaisant. Cela ne sert à rien d'appeler à l'aide.
-Pourquoi me faites-vous cela ?
-Parce que c'est à cause de vous que je suis comme ça. Vous un êtes des chercheurs qui a contribué à modifier l'ADN de certains mangemorts pour en faire des créatures invincibles et assoiffées de sang. Malheureusement Voldemort n'a pas vaincu, les créatures que vous avez créées non plus et j'ai été contaminée.
-C'est impossible !
-Apparemment si. Trèves de bavardages, passons aux choses sérieuses.
Elle frôla son épaule de ses doigts et il fut parcouru d'une nouvelle vague de douleur.
-Reconnaissez-vous vos fautes ? Êtes-vous désolé pour le mal que vous avez fait?
-Oui... Oui ! Répondit-il entre deux hurlements, dans l'espoir qu'elle cesse de le torturer.
-Réellement désolé, au point de vouloir voir graver vos fautes et vos excuses sur votre peau?
-Oui tout ce que vous voulez. Arrêtez, je vous en pris !
La douleur disparut aussi rapidement qu'elle était apparue. Il regarda Ginny, essoufflé, pensant être sorti d'affaire. Puis il sentit soudain une brulure et des inscriptions apparurent sur chaque partie de son corps, relatant toutes les expériences qu'il avait faites et toutes ses fautes. La douleur était insoutenable, comme si une énorme aiguille transparente s'enfonçait profondément dans sa chair pour y graver chaque mot. Une fois le travail achevé Ginny claqua des doigts et l'homme s'effondra sur le sol, mort.
Elle sourit à la vue du « PARDON » visible en gros sur son front. Bientôt les aurors le découvriront et sauront que ce scientifique était l'un des traître à l'origine des expériences de Voldemort.
Ses pulsions enfin calmées elle se rendit à Poudlard, directement dans les cachots où le maître des potions l'attendait.
Ginny reprit conscience de ce qui l'entourait et regarda Rogue. Celui-ci ne paraissait pas choqué par ses actes, ni même troublé. Il était désormais habitué aux horreurs que commettait la jeune femme et il savait que ce n'était pas réellement elle qui faisait ça mais une partie sombre d'elle qu'elle portait jour après jour comme un fardeau.
-Il n'y à rien de plus que d'habitude... Mais ne t'inquiète pas, nous trouverons un remède.
La rouquine hocha la tête, peu convaincue.
-Je devrais peut-être parler de tout ça à Hermione... Dit-elle, hésitante.
-Tu sais ce qui risquerait de se produire et ce que tu serais obligée de faire si jamais elle découvrait qui tu es réellement, Ginny.
Il vit des larmes apparaitre dans les yeux de la rouquine. Il s'approcha d'elle et posa sa main sur son épaule.
-Je l'aime… Dit-elle alors qu'une des larmes dévalait sa joue. J'aurais tellement aimé qu'il n'y ait pas tout ça, tellement aimé avoir le choix…
-Je sais. Je sais aussi que si tu avais le choix tu choisirais l'amour sans hésiter mais ce n'est pas le cas. Les sentiments n'ont pas leur place dans cette situation et même si tu n'as pas choisi ta nouvelle condition tu dois vivre avec. C'est ce que tu es désormais.
-Oui, je sais, murmura-t-elle tristement.
La chauve-souris humaine se retourna et attrapa une petite fiole contenant un liquide vert.
-Ta potion, dit-il en la tendant à la rousse.
Elle la but d'une traite et grimaça. Cette potion était ce qui lui permettait d'être normale le reste du temps.
-Merci… Merci pour tout.
Il hocha la tête et elle sortit pour se rendre jusqu'à la volière. Elle se cala contre un rebord pour admirer le lever du soleil. La sensation de chaleur que les rayons provoquaient sur son visage l'apaisait.
Les autres allaient bientôt se lever et elle pourrait être avec la seule personne qui lui permettait de tenir sans le savoir.
Elle resta assise là quelques instants encore et se rendit une demi-heure plus tard dans la grande salle où elle prit place à la table des rouges et or. Elle se servit son petit déjeuner. Hermione arriva et s'assit à ses côtés.
-T'es vachement matinale en ce moment, constata l'aînée.
-Toi aussi, répondit Ginny.
-J'ai passé une mauvaise nuit…
Ginny ne répondit pas et se contenta de sourire faiblement avant de retourner son attention vers son assiette.
« T'es pas la seule… » Pensa-t-elle
Voilà quatre mois qu'elle lui cachait la vérité et le besoin de lui dire se faisait de plus en plus présent.
Hermione déplia la gazette du sorcier, qu'elle recevait chaque matin par hibou, et poussa un long soupire.
« Encore un meurtre… »
Ginny vit l'homme qu'elle avait abattu quelques heures plus tôt en photo et lu la légende.
MEURTRES EN SERIE: JUSTICIER PSYCOPATHE OU DANGEREUX CRIMINEL?
Comme chaque nuit un nouveau cadavre vient d'être retrouvé. Il s'agit du scientifique Albert Kelam, âgé de 48 ans. Il a visiblement été torturé et portait des marques sur tout le corps, apparemment gravées dans la peau. Elles seraient les aveux d'expériences interdites que Kelam aurait effectuées pour le seigneur des ténèbres. Quoi qu'il en soit il est certain que ce meurtre s'inscrit dans la lignée des nombreux assassinats qui se produisent depuis quelques mois. La police n'émet aucun doute sur le fait qu'il s'agit bien d'une seule et même personne qui aurait commis tous ces crimes, bien que les meurtres soient découverts chaque soir dans différents endroits. Une question se pose alors : avons-nous affaire à un justicier psychopathe ou à un dangereux criminel? Dans tout les cas le ministère de la magie recommande vivement à tout les sorciers d'être prudents.
-Heureusement que nous sommes en sécurité à Poudlard, soupira Hermione.
-Oui, approuva Neville, il est impossible que ce meurtrier pénètre entre nos murs !
Ginny ne dit rien et détourna son regard. Hermione reposa la gazette sur la table sans se rendre compte du mal-être de la rouquine.
-Bon, je vous laisse je vais en botanique, dit Neville aux deux jeunes filles qui ne suivaient plus ce cours.
Hermione le regarda partir et se tourna vers sa cadette.
-On a un cours de métamorphose à 10h, avant c'est du temps libre. Tu veux qu'on fasse un truc? Aller à la bibliothèque, par exemple?
-Ou se rouler dans l'herbe du stade de Quidditch vide à cette heure-ci? Proposa la rousse, pince sans rire.
-Hermione, je disais ça pour déconner! S'exclama-t-elle en riant quelques minutes plus tard alors qu'elles étaient allongées sur l'herbe verte du terrain.
-Si tu veux on peut toujours aller faire un tour à la bibliothèque, répondit malicieusement Hermione.
-Non l'herbe c'est très bien finalement, dit-elle sur le même ton.
L'aînée roula sur le côté et s'étala sur Ginny.
-Ah, tu veux jouer à ça ! Dit la rousse avec un air de défi.
Elle fit rouler Hermione de façon à ce que celle-ci soit couchée sur le dos et se mit sur elle. Les deux jeunes filles rirent comme deux gamines. Sans s'en rendre compte, leurs visages se rapprochaient dangereusement et ne se trouvaient qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. La rousse effleura les lèvres de son amie qui tourna la tête.
-Je suis avec Ron, murmura Hermione doucement. Et tu es avec Harry…
-Désolée, murmura Ginny à son tour en se redressant.
Hermione sourit et prit son amie dans ses bras.
-Ce n'est rien. Juste un moment d'égarement.
Ginny fit mine d'approuver bien qu'elle savait qu'il ne s'agissait nullement d'égarement pour elle et que ses sentiments pour son aînée étaient bien présents.
Soudain elle se mit à trembler et sentit son cœur s'emballer.
« Oh non, pas ça, pas maintenant! » pensa-t-elle.
Elle était en train de perdre le contrôle, sa partie sombre reprenait le dessus. Jamais ça ne lui était arrivé, d'habitude elle arrivait à se contrôler tant bien que mal grâce aux potions qu'elle prenait chaque matin. Elle était désespérée, elle ne voulait pas qu'Hermione découvre qui elle était dans ces circonstances et surtout elle ne pouvait pas prendre le risque de lui faire du mal.
-Ginny? Ginny, qu'est-ce qui se passe ? Demanda Hermione, inquiète lorsqu'elle vit son amie l'air aussi mal en point.
- Amène-moi voir Rogue, murmura-t-elle avant de perdre connaissance dans ses bras.
Elle ne se le fit pas dire deux fois. Tant bien que mal elle aida la rouquine à se relever et elles commencèrent à marcher mais, voyant que Ginny ne tenait pas debout, elle l'installa avec difficultés sur son dos et se dirigea vers les cachots.
-Professeur !
Rogue se leva brusquement de son bureau en entendant une voix crier son nom. Il accouru vers Hermione lorsqu'il la vit soutenant la rousse inconsciente. Il l'aida à la transporter jusqu'à sa réserve de potions où il l'allongea sur le sol. Hermione remarqua que Rogue semblait lui aussi très inquiet, ce qui l'étonna étant donné qu'il était de notoriété publique que Ginny et lui se détestaient.
-Que lui arrive-t-il ? Demanda-t-elle les larmes aux yeux lorsqu'elle vit Ginny convulser brutalement.
Rogue la regarda fixement quelques secondes. Il pensait savoir ce qui était en train de se produire, bien qu'il n'en était pas totalement sûr, et c'était justement ce qu'il avait toujours redouté. Devait-il en parler à Hermione? Devait-il tout lui raconter? Dès leur première rencontre il avait détesté son côté Miss-je-sais-tout mais depuis quelques mois, à force que Ginny lui en parle, il la voyait d'un autre œil.
-Granger, aidez-moi à la soulever, dit-il simplement.
Elle s'exécuta et ils l'amenèrent jusqu'aux appartements de Rogue. Ils l'allongèrent sur le lit et, à l'aide de sa baguette, le maître des potions fit apparaitre des sangles et l'attacha.
-Qu'est-ce que vous faites ?! S'exclama Hermione d'une voix aigue.
-Ce qui est nécessaire !
- Vous êtes malade ou quoi ? Elle à besoin d'aide, pas qu'on l'attache ! Relâchez-la !
-NON !
-Je ne le répèterai pas une seconde fois, siffla Hermione entre ses dents tout en sortant sa baguette.
Elle la leva et Rogue en fit de même. Chacun pointa sa baguette sur l'autre, prêt à jeter un sort au moindre geste.
