Bonsoir à tous! Le chapitre 4 est en ligne, je vous remercie de votre patience, je sais que l'attente entre chaque chapitre est longue. Merci aussi pour vos reviews, sachez que ça me touche énormément!
J'aimerais préciser aussi que dans cette histoire Lupin a survécu.
6 octobre 1998
Elles apparurent à une vingtaine de mètres du Terrier, main dans la main. Elles échangèrent un sourire et parcoururent la distance qui restait. Molly Weasley ouvrit la porte et les prit dans ses bras.
-Je suis tellement contente que vous soyez là, les filles ! Dit-elle en souriant.
-Lâche les, M'man, tu vas les étouffer ! S'exclama une voix grave.
George vint à leur encontre et les prit à son tour dans ses bras. Il souriait mais la tristesse se lisait sur son visage, ses traits étaient tirés dans une expression figée de peine. La mort de son frère jumeau quelques mois plus tôt avait laissée des marques… Hermione ressentit un pincement au cœur mais n'eu pas le temps de s'y attarder. Ron se précipita sur elle et l'embrassa. Dans un premier temps perplexe, elle finit par poser maladroitement la main sur son épaule. Le rouquin se tourna alors vers sa sœur et lui tapota le bras.
-J'me suis inquiété pour toi. J'espère que ça va mieux.
-Oui ça va, merci Ron, répondit Ginny avec un sourire crispé.
Elle était contente que son frère soit heureux mais elle aurait préféré ne pas le voir embrasser à pleine bouche la fille qu'elle aimait…
Alors que les gens arrivaient, un par un, pour les saluer, Harry apparut. Il prit Hermione dans ses bras et déposa un baiser affectueux sur la joue de Ginny.
-Tu m'as manqué, lui dit-il doucement.
-Toi aussi, répondit la rousse.
-J'allais faire un tour de balai, tu te sens de venir avec moi ?
Ginny hocha la tête, ils attrapèrent deux balais dans la petite réserve à côté du Terrier et prirent leur envol.
Au bout de quelques instants, ils décidèrent de se caler sur l'une des grosses branches de l'immense arbre qui se trouvait non loin du Terrier.
Assis l'un contre l'autre, ils regardaient le paysage, sans un mot. Ginny arrivait à apercevoir Hermione qui déballait ses affaires par la fenêtre de sa chambre. Même de si loin elle arrivait à voir son air concentré. Ou peut-elle la connaissait-elle à tel point qu'elle n'avait pas besoin de la voir pour savoir qu'elle pinçait les lèvres et fronçait les sourcils sous le coup de la concentration. Harry capta son regard.
-Comment ça va entre vous ? Demanda-t-il.
- Ca va mais je vois bien qu'elle n'arrive pas à laisser tout ce qu'elle a vécu durant la guerre de côté.
-Je sais et ça me fait de la peine. Mais ce n'est pas de ça dont je parlais.
Elle se mit à rougir et balbutia. Harry la coupa gentiment.
-Tu ne t'es toujours pas déclarée ? Demanda-t-il, surpris.
-Je n'ai pas osé. C'est trop compliqué. Elle a beaucoup de choses en tête en ce moment. Puis elle est avec Ron et moi… Et moi je suis censée être avec toi.
-Boh, répondit-il en haussant les épaules, nous en avons déjà parlé. Tu ne m'as jamais caché tes sentiments pour elle et je t'ai dis que j'étais prêt à faire comme de si rien était devant ta famille.
-Merci pour tout Harry, je sais que ce n'est pas facile pour toi d'être dans cette position.
-Je tiens à toi et je tiens à elle, dit-il doucement en passant sa main sous son menton. Ca n'a pas été facile d'accepter que tu aies des sentiments pour elle plutôt que pour moi mais si vous êtes heureuses ensemble c'est ce qui compte. Puis voyons le bon côté des choses, nous nous entendons mieux en tant qu'amis que lorsqu'on était en réellement ensemble. Mais on ne peut pas jouer au couple éternellement, un jour la vérité se saura…
-Je sais… Mais pour l'instant je ne me sens pas prête à tout avouer à ma famille.
Hermione sortait ses habits de sa valise en prenant bien garde de ne pas les froisser. Un bruit la fit sortir de ses pensées. Ron était derrière elle, adossé contre la porte.
-Besoin d'aide ?
-Je veux bien, répondit la gryffondor en souriant.
Il s'approcha et l'aida à sortir ses affaires. Alors qu'il posait un pull sur le lit, un livre tomba à terre. Il se baissa et le ramassa. Il regarda le petit carnet, perplexe, et le rendit à Hermione. Elle s'en empara vivement, elle ne voulait pas que Ron lise ses recherches.
Le dîner se passa sans encombre, l'ambiance était détendue. Comme à son habitude, Madame Weasley avait fait à manger pour un régiment et n'hésitait pas à resservir ses convives, même lorsqu'ils lui déclaraient d'un ton suppliant qu'ils n'avaient plus faim.
Minerva McGonagall était venue dîner avec eux. Hermione en avait été ravie, elle voyait son professeur comme un mentor. Après le repas, elles avaient prit un moment pour discuter en privé. Hermione n'avait pas réussi à lui raconter ses doutes, à lui parler de ses recherches. Mais elle avait raconté à son professeur son mal-être et lui avait dit qu'elle ne cessait d'être hantée par des cauchemars depuis la fin de la guerre. La directrice avait prit le temps de la réconforter et lui avait répondu que c'était tout à fait normal, que c'était le traumatisme dû à la guerre mais que ça finirait par s'apaiser et que si elle avait besoin de parler elle n'avait qu'à venir la voir dans son bureau.
Le cœur un peu plus léger, Hermione finit par monter les marches de l'escalier et se rendit dans la chambre qu'elle partageait avec Ginny.
Elle se figea sur place en voyant Ron qui l'attendait, assis sur le lit, en sous-vêtements.
-Que… balbultia-t-elle.
Il se leva et lui montra le carnet qu'il tenait à la main.
-Ginny et Harry sont allés faire un tour, alors je me suis dit que c'était une bonne occasion de passer du temps avec toi, commença-t-il d'un ton glacial. Une bonne occasion de pouvoir faire l'amour avec toi pour la première fois. Une bonne occasion de passer au-delà de la couche de glace qui te recouvre depuis si longtemps. Tu sais, j'avais même commencé à penser que si tu étais si coincée c'était parce qu'il fallait que je te mette en confiance, que si j'y arrivais je pourrais enfin avoir une relation normale avec toi.
Il s'arrêta et la regarda. Elle n'avait pas bougé, elle semblait choquée et au bord des larmes.
-Je passe pour un salaud, hein ? Enchaîna-t-il. Mais par Merlin, j'ai l'impression de sortir avec la frigidité incarnée ! C'est toujours moi qui fais le premier pas. M'as-tu déjà réellement montré que tu m'aimes ? As-tu eu de réel geste d'affection envers moi depuis que nous sommes ensemble ? Non. Enfin bref, donc pendant que tu discutais joyeusement avec cette chère dirlo que tu croises tous les jours depuis que tu es retournée à Poudlard, je me suis tranquillement installé ici pour te faire la surprise. Et je suis tombé sur ton petit carnet.
-Tu l'as lu ? Demanda d'un ton inquiet Hermione, la gorge sèche.
-Oh oui. J'ai tout lu. Mais bordel Hermione, quand laisseras-tu le passé de côté ?!
Elle ne répondit pas et essaya de lui arracher le carnet des mains. Il esquiva son geste et recula d'un pas.
-C'est si dur pour toi d'envisager d'être heureuse ? Continua-t-il.
-Rend- moi ça, Ron !
-Dis-moi, dit-il en s'arrêtant de bouger, tes recherches sont-elles plus importantes que notre relation ?
-Oui, répondit-elle dans un souffle.
Elle mit ses mains devant sa bouche en voyant le visage du rouquin se décomposer. Elle n'avait pas voulu dire ça, c'était sortit tout seul. Il resta silencieux, enfila son pantalon et son pull brusquement et sortit en claquant la porte. Hermione passa sa main sur son visage, lasse.
-Et merde… Lâcha-t-elle.
Ginny et Harry étaient confortablement installés sur le canapé du salon. Ils discutaient à propos de Poudlard lorsqu'ils virent Ron débouler, l'air furieux.
-Tout va bien, Ronald ? Demanda Molly en voyant son fils dans cet état.
-Non, ça ne va pas ! Explosa le roux. Je viens de mettre fin à ma relation avec Miss-Bloc-De-Glace. Je pars, je vais dormir à mon appartement de fonction. On se voit demain au ministère Harry. Bonne soirée tout le monde !
Il sortit en claquant brusquement la porte, comme il l'avait fait un peu plus tôt. Harry se leva et partit à sa suite.
-Je vais essayer de le raisonner, dit-il.
Ginny monta les marches deux par deux et entra doucement dans sa chambre. Pas de trace d'Hermione, elle se dirigea vers la salle de bain.
-'Mione ? Appela-t-elle.
Pas de réponse, seul un léger jet d'eau se faisait entendre. Elle poussa le rideau et vit Hermione, nue et assise dans la baignoire. Elle semblait recroquevillée sur elle-même.
-Hey, dit la rouquine doucement.
Elle éteignit le jet et s'accroupit près d'elle, à même le sol de la salle de bain.
-Je crois que je deviens folle, Ginny, murmura l'aînée des Rouge et Or.
-Tu l'as toujours été mais c'est ce qui fait ton charme.
-Je n'arrive pas à être heureuse, continua la brunette en essuyant une larme qui coulait sur sa joue.
-Peut-être que tu n'y arrives pas maintenant mais tu finiras par l'être.
-Ton frère a raison…
-J'emmerde mon frère, répondit Ginny en se levant pour attraper une serviette.
Elle aida doucement Hermione à se lever et la couvrit. Elles allèrent dans la chambre et s'assirent sur le lit, Hermione seulement vêtue de la serviette.
-Je ne suis plus avec Ron, dit-elle après un long silence.
-Je fais semblant de sortir avec Harry.
Bouche bée, l'aînée fixa la rousse. Elle ne savait que dire.
Ginny se pencha et déposa un baiser timide sur les lèvres d'Hermione. Celle-ci ne réagit pas, elle semblait perdue.
-Excuse-moi, je… Balbutia la rousse.
-Je ferais mieux de m'habiller, dit Hermione, l'air préoccupé.
Elle se leva, attrapa ses habits et se rendit dans la salle de bain. Elle sortit quelques instants plus tard, vêtue de son pyjama.
-Hermione, tenta Ginny à nouveau, je suis désolée. Je n'aurais pas dû, je ne sais pas ce qui m'a prit.
L'aînée hocha la tête, l'air ailleurs. La cadette soupira et reprit la parole.
-Je vais t'installer le lit de camp.
-Non, c'est bon Ginny. On peut dormir ensemble. Je… Enfin…C'est juste que…
-Que ?
- Oh, je n'en sais rien. Il vaut mieux oublier ce qu'il vient de se passer.
Elle s'allongea sur le lit, l'air complètement perplexe. Ginny s'allongea à côté d'elle et, après un moment d'hésitation, passa son bras autour de sa taille. Elle fut soulagée de voir qu'elle n'essayait pas de se dégager de son étreinte. Elles finirent par s'endormir.
Un lourd silence régnait. Un homme, inerte, se trouvait sur le sol d'un laboratoire dévasté. Il finit par cligner des yeux, une grimace de douleur apparente sur son visage.
-Que Merlin me vienne en aide, s'exclama-t-il en regardant autour de lui.
-Il ne pourra pas venir à votre secours, il est occupé pour l'instant, dit une voix glaciale avec ironie.
L'homme regarda autour de lui, apeuré, pour trouver la source de la voix. Mais il ne vit rien.
-Qui êtes-vous ?! Cria-t-il.
-Qui êtes-vous, que me voulez vous, pourquoi me faites-vous cela… C'est toujours les mêmes questions, répondit la voix.
Une silhouette apparut alors devant lui. Il fut surpris de constater qu'il s'agissait d'une belle jeune femme. Grande, élancée, rousse. Un air froid et sadique se lisait sur son visage.
Il se leva avec difficultés et la regarda dans les yeux, tentant de reprendre contenance.
-Je suppose donc qu'il est inutile que je vous les pose, vous ne me donnerez pas les réponses, cracha-t-il entre ses dents.
-Peut-être que je vous les donnerai, à condition que vous m'offriez un thé, répondit Ginny en tirant un tabouret pour s'assoir.
-C'est une blague ?
-Non, j'ai vraiment envie d'un thé.
L'homme, confus, montra un placard d'un signe de la tête. La rousse claqua des doigts et, une dizaine de seconde plus tard, se trouva face à une tasse de thé fumante.
-Que savez-vous sur les créatures génétiquement modifiées qui servaient le Seigneur des Ténèbres ? Demanda-t-elle.
-Pas grand-chose, dit l'homme en haussant les épaules.
-Pas de mensonges entre nous, John, répondit Ginny en portant la tasse à ses lèvres.
-Vous… Vous savez comment je m'appelle ?
-Je sais beaucoup de choses. Alors ?
L'homme se mit soudainement à craquer.
-Je… Je ne pensais pas que les choses iraient si loin, qu'elles feraient autant de victimes. Lorsque Voldemort m'a demandé de participer à ses expériences, j'y ai vu le moyen de mettre mes proches en sécurité, avoua-t-il alors que des larmes dévalaient ses joues. Par Merlin, je m'en veux tellement.
-Je comprends, murmura Ginny d'une voix douce.
Elle posa sa main son visage. Il sentit une douleur lancinante. Il eu la sensation atroce que l'on aspirait son âme. Au bout de quelques instants, il finit par s'effondrer sur le sol, mort. Ses yeux vitreux fixaient le plafond.
-J'ai été clémente avec vous, John. D'habitude, j'aime faire souffrir mes victimes. Mais je comprends réellement que l'on puisse faire des choses horribles pour protéger les siens, dit-elle au cadavre.
Elle sourit en sentant la magie qui s'agitait dans ses doigts et partit, sereine.
7 octobre 1998
Ginny se réveilla en sursaut. Même lorsqu'elle ne tuait plus, elle revivait ses meurtres dans ses rêves.
Il faisait déjà jour. Elle sentit Hermione s'agiter à côté d'elle et la vit se lever.
-Quelle heure est-il ? Marmonna-t-elle, la tête encore dans le brouillard.
-Neuf heures, répondit la brunette, distante.
Un malaise régnait. Ginny s'en voulu, elle espérait que le baiser de la veille n'allait pas briser quelque chose entre elles. Mais, à son étonnement, se fut Hermione qui brisa le silence la première.
-Je ne suis pas lesbienne, dit-elle en s'asseyant sur le lit, dos à la rousse.
-Je sais, je…
-J'y ai réfléchi toute la nuit. Je ne suis pas lesbienne, reprit-elle. Je ne me vois pas être avec une fille. Mais s'il y a bien une personne capable de faire mon bonheur, c'est toi. Notre relation a quelque chose de particulier et je ne sais pas où elle nous mènera. Je ne sais pas où je désire qu'elle nous mène… Mais si ça doit aller au-delà de l'amitié- je dis bien si- alors j'aurais besoin de temps.
-Bien sûr, 'Mione. Tout le temps qu'il te faudra.
L'aînée se retourna enfin et regarda sa cadette. Elle lui adressa un sourire soulagé.
-Viens par là, murmura doucement Ginny.
Elle s'exécuta et s'allongea contre elle. La rousse déposa un baiser sur son front, le cœur léger. Elle se faisait peut-être de faux espoirs mais c'était un bon début.
La journée au Terrier se déroula comme chaque journée qu'Hermione y avait passé dans le temps, mis à part que Ron n'était pas présent. Tout le monde essayait de faire comme s'il n'y avait pas eu de scène la veille et Hermione leur en était reconnaissante.
Ils venaient de finir de manger, Hermione décida d'aller dehors prendre l'air. Elle se rendit jusqu'aux champs présents non loin du Terrier, s'allongea sur une couverture et sortit un bouquin.
-Les vielles habitudes reprennent toujours le dessus, s'amusa une voix grave derrière elle, une demi-heure plus tard.
-Harry ! S'exclama la brunette en se levant.
Elle le prit dans ses bras. L'étreinte dura un moment, Harry avait même finit par croire qu'elle allait l'étouffer.
-Tu n'es pas censé être au ministère ? Demanda-t-elle soudainement en fronçant les sourcils.
-Si, répondit le jeune homme avec le sourire, mais j'ai prit une pause pour venir te voir. On n'a pas vraiment pu parler hier…
-Oui… Euh, je suis désolée pour ça.
Il rit en voyant son amie rougir, honteuse.
-Tu connais Ron, il est très susceptible mais ça finira par lui passer. Comment tu vas ? Demanda-t-il en s'asseyant sur la couverture.
-Oh, ça va, la routine tu sais…
-Je ne te parle pas de tes journées mais de ton moral.
-Je fais de mon mieux pour aller de l'avant, répondit-elle plus froidement qu'elle ne l'aurait voulu.
-Je comprends. Ma meilleure amie me manque, tu sais.
-Tu me manques aussi, dit-elle en ébouriffant ses cheveux bruns en bataille.
Un craquement retentit derrière eux. Ils se retournèrent et virent Ginny.
-Désolée de vous déranger, commença la rousse. Hermione, je dois retourner à Poudlard mais tu peux rester ici jusqu'à ce soir. On se verra là-bas.
La brunette se contenta d'hocher la tête d'un air distant. Ginny déposa un baiser sur la joue d'Harry et partit. Ce dernier lança un regard inquisiteur à Hermione dont les joues devinrent roses à nouveau.
-Qu'est-ce qu'il y a ? Demanda-t-elle vivement.
-A toi de me le dire. Tu t'es renfermée dès que tu l'as vu.
La Gryffondor se mordit la lèvre, hésitante. Mais après tout, si elle pouvait se confier à quelqu'un c'était bien Harry.
-Elle m'a embrassée hier soir.
A son étonnement, l'élu ne parut pas surpris.
-Et ? Tu l'as mal prit ?
-Non, dit-elle. Pour être franche, ce n'était pas désagréable… Mais tu sais après ce qu'il s'est passé avec Ron et tout le reste j'ai un peu l'impression que tout s'emmêle.
-T'as des sentiments pour elle ? Insista-t-il.
-Je n'en sais rien, Ginny est à part et j'ai du mal à définir le rôle qu'elle tient dans ma vie. Mais ça fait bizarre. Je veux dire, je me sens bien quand je suis avec elle mais je ne me suis jamais imaginé être avec une femme… Non mais attends, tant que j'y pense, c'est quoi cette histoire comme quoi vous n'êtes pas vraiment ensemble, d'ailleurs ?
-Elle est amoureuse de toi depuis un petit moment, elle me l'a avoué. On en a discuté et on a décidé de faire semblant d'être toujours ensemble pour cacher ses sentiments en attendant de voir comment la situation évolue avec toi.
-Elle est vraiment amoureuse de moi ? Et pour toi alors, la situation n'est pas trop dure à vivre ?
-Oui, vraiment. C'est pour ça que j'ai laissé ma fierté de côté et que j'ai accepté de l'aider. On ne peut pas rivaliser face à un amour aussi fort, répondit-il avec un sourire triste. Et puis j'ai rencontré une fille qui fait des études pour devenir auror, elle aussi, et le feeling passe super bien entre nous.
Ils restèrent un moment ainsi, à discuter.
Ginny arriva à Poudlard. Elle tenta de se faire discrète dans les couloirs et rejoignit les cachots.
Elle avait envoyé un hibou à Rogue pour lui parler de ses rêves, de ses craintes. Il lui avait répondu de venir le rejoindre sur-le-champ. Il devait lui parler.
-Merci de me recevoir, Severus, dit-elle une fois qu'elle fut dans ses appartements.
Il était confortablement installé dans un fauteuil aux couleurs de Serpentard et hocha la tête.
-Le fait que tu me dises dans ta lettre que tu restes hantée par les souvenirs ne m'étonne qu'à moitié, commença-t-il. J'ai l'impression que le virus se propage de plus en plus en toi.
-Je sais, mais je ne sais pas quoi faire pour l'empêcher.
Il se leva, ouvrit un placard, sortit un verre et une bouteille de whisky-pur-feu. Il versa le liquide dans le verre et le porta à ses lèvres.
-La façon dont tu as été contaminé démontre une certaine ressemblance avec la lycanthropie. Et qui de mieux pour parler de lycanthropie qu'un loup-garou lui-même ?
-Hors de question, répondit Ginny, voyant où il voulait en venir.
-On a de la chance que Lupin n'ait pas succombé à ses graves blessures durant la guerre, autant en profiter.
-Tu comptes lui révéler que je suis une meurtrière sanguinaire alors que tu le déteste ? Alors que c'est un membre de l'Ordre ?
-Malgré ma rancœur je suis obligé d'avouer que c'est un homme intelligent et loyal. On peut lui faire confiance. J'ai besoin de lui, Ginny. Seul je n'arriverai pas à trouver un remède, à comprendre le mal qui t'anime.
Elle soupira, passa une main dans ses cheveux puis désigna la bouteille d'alcool avant de reprendre la parole.
-Sers-moi un verre, s'il-te-plaît. Je vais en avoir besoin pour digérer la situation.
Il était bientôt l'heure de retourner à Poudlard et retrouver Ginny. Parler avec Harry avait fait le plus grand bien à Hermione. Elle ignorait toujours quels étaient ses sentiments pour la rousse mais appréhendait moins la situation.
Elle se rendit dans la chambre de la cadette et commença à préparer ses affaires.
Ne trouvant plus son carnet, elle regarda dans l'un des tiroirs de la table de chevet de la rousse. Effectivement, il se trouvait là. Elle l'y avait laissé la veille après sa dispute avec Ron et savait que la rouquine ne l'aurait pas lu sans son autorisation. Rassurée, elle s'en empara pour le mettre dans son sac mais son regard tomba alors sur un petit parchemin qu'elle venait de faire tomber en fouillant. Elle crut reconnaitre l'écriture de Rogue et le lut, perplexe.
« Ginny,
C'est de pire en pire. Cela ne fait que confirmer mes craintes. Rejoins moi tout de suite à Poudlard, que nous en discutions en face à face.
S.R »
Elle le relut plusieurs fois, tentant de comprendre. Pas de doutes, l'expéditeur était le professeur de potions.
Pourquoi l'appelait-il par son prénom ? Probablement que les cours particuliers qu'il lui donnait les avait rapprochés et avait mit fin à leur animosité.
Que voulait-il dire par « c'est de pire en pire. Cela ne fait que confirmer mes craintes. » ? Il parlait sûrement des résultats de la rousse qui ne s'amélioraient pas malgré les cours qu'il lui donnait en cachette.
Discuter en face à face de quoi ? Sans aucun doute d'un moyen pour permettre à Ginny d'avoir de meilleurs résultats.
Pensant avoir trouvé les réponses à ses questions, Hermione fourra inconsciemment le bout de papier dans son sac et continua de ranger ses affaires comme si de rien était, bien qu'elle restait perplexe face à cette découverte.
