Bonsoir à tous, voici le nouveau chapitre. Je sais que j'ai mis beaucoup de temps à le publier, j'en suis désolée. Quoi qu'il en soit je vous remercie de suivre cette histoire ! Bonne lecture.
21 octobre 1998
Ginny regardait sa victime d'un air impassible.
-C'est ton tour, murmura-t-elle.
Elle pointa sa baguette sur l'animal paniqué et fit un mouvement de poignet. Le rat couina et se changea en coupe dorée.
-Jolie métamorphose, lui dit le professeur Harper en souriant lorsqu'il passa près d'elle.
La rousse lui rendit poliment son sourire et regarda Hermione. Comme à l'accoutumée depuis quelques jours, cette dernière était pâle et semblait totalement ailleurs. Elle ne prêtait aucune attention au cours, ce qui chez elle était un phénomène alarmant.
Ginny soupira. Hermione était comme ça depuis la réunion de l'Ordre dans le bureau de McGonagall, trois jours plus tôt, lorsqu'ils avaient découvert que l'Ange était une femme.
Certes, les autres membres avaient été étonnés mais Hermione, elle, semblait se renfermer. Elle évitait soigneusement les autres, notamment Ginny. Avait-elle découvert quelque chose ? Etait-elle sur la piste de son identité ? La rouquine ressentit un pincement au cœur. Bien sûr, elle appréhendait la réaction de tous ses proches s'ils venaient à découvrir qu'elle était l'Ange mais elle avait surtout peur de celle de la brunette. Hermione était une personne droite, qui défendait à bout de bras ses valeurs et le bien dans le monde. Ginny serait naïve de croire qu'elle lui pardonnerait ses meurtres, la seule réaction envisageable était le rejet, ce que la rousse ne supporterait pas. Plus le temps passait et plus elle se rendait compte de ce que l'aînée des Gryffondors représentait pour elle.
« Elle est la personne qui me fait tenir, c'est elle qui m'empêche de sombrer sous le poids de mon fardeau », songea-t-elle.
La sonnerie l'interrompit dans ses pensées. Elle rangea ses affaires en vitesse et tenta de rattraper Hermione qui s'était précipitée hors de la salle de classe. Elle l'attrapa par le bras.
-'Mione, attends-moi !
La brunette se retourna, l'air agacée.
-J'ai des choses à faire, Ginny, répondit-elle sèchement.
La rouquine crut recevoir une claque. Jamais Hermione ne s'était montrée si froide, surtout pas envers elle. Il était certain que quelque chose n'allait pas et elle n'avait pas l'intention de laisser son amie s'isoler de la sorte.
-Que se passe-t-il ? Demanda-t-elle doucement. Tu n'as pas l'air dans ton assiette depuis quelques jours…
-Je suis juste fatiguée, mentit-elle. Je te rappelle que nous passons nos ASPICS cette année, je révise autant que possible pour avoir une chance de les réussir.
La cadette soupira. Elle savait qu'elle n'obtiendrait pas gain de cause et qu'Hermione ne lui révélerait rien. Elle tenta de changer de sujet.
-Tu es l'élève la plus douée de notre génération, peut-être même des autres. Il n'y a aucun doute sur le fait que tu les obtiendras avec un Optimal. Bref, je ne sais pas si tu es au courant mais l'école organise un bal pour Halloween. Ca te tente d'y aller avec moi ?
-Je ne suis pas d'humeur à faire la fête. Tu n'as qu'à y aller avec un de tes nombreux prétendants.
-Tu es la seule personne avec qui j'ai envie de m'y rendre, répondit Ginny en serrant les mâchoires.
Elle réajusta son sac de cours sur son épaule et partit rejoindre Neville et Luna.
-Tout va bien ? Lui demanda le jeune homme.
-Très bien, répondit-elle en jetant un regard noir à la brunette.
Elle sentit que son cœur s'emballait et se mit à trembler. Certaines de ses pulsions tentaient de reprendre le dessus.
-Je reviens, dit-elle à ses amis.
Elle partit avec précipitation et se rendit dans une salle de classe vide. Elle ferma la porte et donna un grand coup de poing dedans. Elle sentait la rage qui bouillonnait, son côté maléfique ne demandant qu'à reprendre le dessus pour l'évacuer.
Elle savait qu'elle s'énervait plus que de raison. Ses pulsions étaient déjà difficiles à contrôler, il ne fallait pas qu'elle laisse ses sentiments s'immiscer au risque d'aggraver les choses.
Hermione l'avait envoyée balader mais après tout ce n'était pas la fin du monde, alors pourquoi agissait-elle avec tant de fureur ? Pourquoi la possibilité de tuer quelqu'un était la seule qu'elle envisageait à cet instant pour calmer ses nerfs ?
Elle s'efforça de reprendre le dessus durant de longues minutes et, le souffle court, elle réussit enfin à se calmer.
Elle sortit de la salle et se rendit à son prochain cours, comme si rien ne s'était passé.
22 octobre 1998
Une heure et trente-sept minutes. Ginny faisait les cent pas, attendant que sa victime daigne enfin reprendre conscience.
Elle entendit un gémissement et se figea, un sourire mauvais aux lèvres.
-Enfin ! S'exclama-t-elle en se rapprochant d'une table sur laquelle un homme était ligoté par des liens invisibles. Je commençais à m'impatienter.
L'homme cligna des yeux, l'air désorienté.
-Où suis-je ? Demanda-t-il d'une voix rauque.
-Dans un bâtiment abandonné. L'endroit idéal pour ce que je m'apprête à faire. Je n'ai même pas eu besoin de déplacer cette table, elle était déjà là. Vraiment très pratique.
-Je ne comprends pas, murmura-t-il. Vous êtes la meurtrière dont parlent les journaux ?
Ginny soupira d'un air las.
-Foutus médias, ils gâchent mon effet de surprise.
-Par Merlin, je savais que vous viendriez, répondit l'homme en fermant les yeux.
-Alors pourquoi ne pas avoir demandé une escorte d'aurors pour vous protéger ?
-Parce que… Commença-t-il, hésitant.
-Parce que vous avez des choses à vous reprocher, finit la rousse avec un rictus. De très vilaines choses, Phil Tampson.
-Vous attendez des aveux de ma part ? Alors oui, j'ai aidé Voldemort pour ses expériences !
Ginny jaugea l'homme allongé devant elle. Il était jeune, plutôt séduisant.
-Je me fiche de vos aveux comme de ma première robe de sorcière.
-Qu'êtes-vous, au juste ? Demanda le scientifique de sa voix grave.
-Une justicière, une meurtrière, un monstre. J'ai été mordue par une des créatures que vous et les autres scientifiques corrompus avaient créé et, surprise, je suis toujours en vie et je suis là pour vous faire payer.
-Donc vous allez me tuer, conclut-il d'une voix étranglée.
-Pas tout de suite. J'ai passé une journée exécrable. La personne qui compte le plus à mes yeux m'évite et je n'arrive pas à savoir pourquoi. C'est extrêmement frustrant. J'ai besoin de me défouler.
Elle claqua des doigts et le corps du scientifique fut parcouru par l'électricité. Elle ferma les yeux et soupira d'aise tandis qu'il hurlait. Elle se sentait déjà mieux.
Sept heures vingt-huit. Hermione fit son entrée dans la Grande Salle, s'assit près de Neville à la table des rouge et or et se servit son petit déjeuner.
Comme chaque matin, les hiboux apparurent et l'un d'eux balança la Gazette du Sorcier à côté de son assiette. Elle soupira et l'ouvrit, s'attendant à lire un autre crime de la meurtrière qu'elle soupçonnait être de l'Ordre. Mais elle sursauta en parcourant l'article. La description du meurtre était insoutenable. Bien sûr, chaque crime de l'Ange était atroce mais, en voyant la façon dont la meurtrière avait procédé pour exécuter sa victime, il était certain que celle-ci avait été torturée avec sauvagerie durant des heures.
Neville lu le journal par-dessus son épaule et poussa un petit cri choqué.
-Elle est de plus en plus violente, murmura-t-il à son amie pour que personne ne les entende. Tu crois que cette femme nous envoie un message ? Qu'elle sait qu'on la poursuit ?
« Evidemment, elle fait elle-même partie de l'Ordre », pensa-t-elle.
-Je n'en sais rien, Neville, mais il faut l'arrêter à tout prix.
Ginny était allongée sur son lit. Elle se sentait nauséeuse. Elle se rappelait parfaitement ce qu'elle avait fait quelques heures plus tôt, Rogue n'avait pas eu à entrer dans son esprit pour que les images lui viennent en tête. Elle n'avait pas dit un mot à son mentor, avait avalé sa potion et s'était éclipsée le plus rapidement possible pour rejoindre ses appartements.
Sa cruauté venait d'augmenter… Tout ça pour quoi ? Parce qu'elle était mal face au comportement d'Hermione et qu'elle avait besoin d'extérioriser sa frustration ? C'était pathétique. Elle avait assassiné cet homme avec une violence sans nom, s'était acharnée sur lui durant des heures, se délectant de ses cris de supplication.
Elle ressentit l'envie de vomir en voyant les images défiler à nouveau dans sa tête. Elle se leva difficilement et alla aux toilettes.
Elle qui pensait que les choses ne pourraient s'empirer, elle avait la preuve que tout allait de mal en pis. Jusqu'où irait sa soif de sang ?
-Tynia ! Appela-t-elle difficilement après s'être recouchée.
L'elfe de maison apparut devant elle et lui fit une révérence.
-Que puis-je faire pour vous, maîtresse Ginevra ?
-Je ne me sens pas bien, peux-tu dire au professeur McGonagall que je n'irai pas en cours aujourd'hui ? Je vais rester au lit.
-Bien sûr. Que ressentez-vous ? Demanda l'elfe, ses grands yeux la fixant avec inquiétude.
« Un profond dégout pour moi-même… »
-Tout va bien, ce n'est sûrement qu'un vilain rhume, mentit-elle. Merci Tynia.
Une fois la créature partie, elle enfouie son visage dans l'oreiller et étouffa un cri de rage.
23 octobre 1993
La journée de la veille avait été particulièrement pénible. Ginny l'avait passée enfermée dans ses appartements, ruminant sans cesse son comportement de plus en plus violent. Hermione, pour sa part, s'était inquiétée de l'absence de son amie et avait été soulagée face à son retour mais s'était montrée toujours aussi froide et distante. La rouquine restait extrêmement pâle et avait l'air totalement désorientée mais personne ne s'en avisa, la croyant lorsqu'elle avait prétexté être malade.
Mais la vérité était autre. Quelques heures plus tôt, la jolie rousse avait encore torturé de façon cruelle sa dernière victime. Elle perdait totalement le contrôle sur ses pulsions et cela l'effrayait au plus haut point. Elle en avait touché deux mots à Rogue et Lupin mais eux aussi restaient perplexes face à ce phénomène.
A la fin de la journée, Hermione entraîna Neville à part. Elle n'arrivait plus à garder pour elle ce qu'elle avait découvert et avait besoin de quelqu'un à ses côtés pour l'aider à mener ses recherches quotidiennement. Elle lui raconta tout ce qu'elle savait, en n'omettant aucun détail, lui parlant même de sa sœur qui venait soit disant de naître mais qui était censée être morte bien avant sa propre naissance.
-Whoa, répondit le jeune homme après un long silence.
Toute cette histoire lui paraissait incroyable mais il savait que la brunette n'était pas du genre à inventer toute sorte de théorie fantasque. C'était une femme logique et raisonnée, il savait qu'il pouvait lui faire confiance. Ainsi, il accepta sans hésitation de la suivre dans ses recherches.
-C'est pour ça que tu évites Ginny ? Finit-il par demander. Tu la soupçonnes aussi ?
-En théorie, je devrais. Mais c'est la seule sur qui je n'ai aucun doute, je la connais bien trop pour savoir que ce n'est pas elle qui commet ces meurtres.
-Je ne pense pas non plus mais aucune piste n'est à écarter.
-Ce n'est pas elle ! S'énerva Hermione.
-D'accord, d'accord, répondit le jeune homme en secouant les mains, mais tu ne dois pas laisser tes sentiments pour elle t'aveugler.
-Mes sentiments pour elle ? Balbutia la jeune femme. Je ne vois pas de quoi tu parles.
-Par Merlin, c'est flagrant Hermione. Ce qu'il y a entre vous c'est juste… Indescriptible. Vous êtes faites l'une pour l'autre, ça saute aux yeux. Ne me fais pas croire qu'il n'y a rien entre vous…
-Il n'y a rien, ça serait tellement compliqué…
-Il n'y a pas si longtemps, j'étais juste le garçon rondouillet et sympathique aux yeux des gens, dit alors Neville. Beaucoup de personnes se moquaient de moi et désormais tous disent que j'ai joué un rôle important durant la guerre.
-C'est le cas, tu as été d'une grande aide mais je ne vois pas où tu veux en venir…
-Ce que je veux dire, Hermione, c'est que les gens me désignaient comme un lâche et je les écoutais, me convainquant moi-même que j'en été un et que je n'avais pas à ma place à Gryffondor. Puis, un jour, j'ai décidé d'arrêter de rester bloquer dans le rôle qu'on m'avait attribué, d'être moi-même. Ce que je veux dire c'est que les choses sont telles qu'elles sont par notre faute, qu'elles sont compliquées parce qu'on pense qu'elles le sont. Il n'y a qu'une chose qui t'empêche d'être avec Ginny, c'est toi. Pourtant, tu l'aimes, non ?
-Je… Murmura Hermione. Oui, je l'aime.
Elle fut elle-même étonnée par sa réponse, se rendant compte qu'elle n'avait pas réfléchi et qu'elle l'avait dit naturellement.
-Je l'aime, répéta-t-elle plus fort. Je l'aime vraiment.
-Alors fonce ! Lui répondit le jeune homme. Donne-toi la chance d'être heureuse.
Elle hocha la tête, ne sachant que répondre. Elle avait encore besoin de réfléchir. Neville reprit la parole au moment où elle s'apprêtait à couper court à la conversation pour se rendre à la bibliothèque.
-Une dernière question. Si tu es sûre que ce n'est pas elle et que tu l'aimes, pourquoi tu ne lui racontes pas tout ce que tu sais au lieu de l'éviter ?
-Parce qu'à part elle, je soupçonne toutes les femmes ayant un lien avec l'Ordre, sa mère y comprit. Je ne suis pas sûre qu'elle le comprenne et qu'elle me pardonne.
29 octobre 1993
Les jours continuaient à défiler et Hermione restait toujours aussi distante avec Ginny. Pourtant, plusieurs fois elle avait hésité à aller la voir mais elle avait l'impression que tout était flou dans son esprit. Elle culpabilisait de ne pouvoir dire à son amie ce qu'elle savait mais si elle lui disait la vérité celle-ci lui en voudrait sûrement.
Depuis quelques jours, elle ne cessait de ressasser la conversation qu'elle avait eue avec Neville. Elle avait réussi à mettre le doigt sur ce qu'elle ressentait pour sa cadette, elle n'avait plus aucun doute sur ses sentiments. Mais comment l'approcher alors qu'en même temps elle la rejetait parce qu'elle n'arrivait pas à la regarder dans les yeux à cause de ce qu'elle avait découvert ? C'était si paradoxal…
La rousse, quant à elle, était dans ses appartements, allongée sur son lit en sous-vêtements. Elle croisa les bras sous sa tête et regarda la jeune fille assise à côté d'elle. Cette dernière se rhabillait tout en lui laissant des regards coquins.
-Eh bien, j'ai passé un agréable moment, dit-elle.
Ginny prit le temps de la détailler avant de répondre. C'était une sixième année de Serdaigle qui la draguait depuis un moment. Elle n'avait jamais répondu à ses avances jusqu'à présent mais avait succombé lorsqu'elle avait constaté que la situation avec Hermione ne s'améliorait pas. Le teint pâle, grande, blonde aux yeux verts, elle ne ressemblait en aucun cas à la brunette, autant sur le plan physique que psychique. Et cela lui convenait amplement.
-Moi aussi, Sara.
-C'est Hanna, répondit la jeune femme en levant les yeux au ciel d'un air faussement exaspéré.
-Les prénoms, ce n'est pas mon fort, répondit la rousse en haussant les épaules avec un sourire d'excuse.
-Par contre tu es talentueuse dans un autre domaine, murmura la jeune femme en lui caressant la cuisse. J'avoue d'ailleurs que j'ai été étonnée par ta « prestation ». Je te voyais plutôt du genre romantique, pas dominatrice et brutale. Mais ce n'était pas pour me déplaire.
-Ravie que ça t'ait plu, répondit laGryffondor. Par contre il va falloir que tu partes, j'ai des choses à faire.
-On se reverra ?
-Je ne préfère pas, non.
La Serdaigle la regarda, bouche bée. Elle prit ses affaires et partit sans un mot de plus, vexée. Ginny haussa les épaules. Elle n'avait que faire de cette fille, elle n'aurait même pas prit la peine de la regarder si Hermione ne se montrait pas aussi froide avec elle. Et contrairement à ce que croyait cette fille, elle était du genre romantique mais seulement avec la brunette, parce qu'elle était la seule personne pour qui elle éprouvait des sentiments aussi fort.
Hermione se baladait dans les couloirs pour rejoindre son cours d'Histoire de la magie, perdue dans ses pensées, lorsqu'elle se prit les pieds dans un sac et trébucha.
-Nom d'une gargouille ! Jura-t-elle entre ses dents.
Elle vit alors qu'un livre dépassait du sac qui semblait à l'abandon. Elle lu sur la couverture que le titre était « Prophétie des couloirs du temps ». Perplexe, elle sortit son carnet de recherches et y lu la traduction des runes qu'elle avait notée à l'intérieur. « Couloirs » et « temps ».
« Ce n'est pas une simple coïncidence ! »
Elle prit le livre et le feuilleta, fébrile. Elle allait enfin avoir certaines réponses à ses questions.
Selon l'ouvrage, le temps comporte trois couloirs : celui du passé, celui du présent et celui du futur. Il arrive parfois que certains couloirs s'entrecroisent, même s'il s'agit d'un fait extrêmement rarissime. D'ordinaire, la personne qui vit ce « croisement » meurt, à part s'il s'agit d'un mage puissant exerçant un contrôle sur le temps, auquel cas la personne reste en vie mais se trouve dans deux couloirs à la fois, menant une double existence.
Hermione referma brutalement le livre, sous le choc.
« Ma sœur n'a jamais été morte. C'est une mage du temps. »
Elle sortit de ses pensées en entendant les bribes d'une conversation entre deux Serdaigles qui passaient devant elle.
-C'était plutôt déroutant mais c'est la partie de jambes en l'air la plus intense que j'ai connue ! Même si j'avoue ne pas avoir apprécié la façon dont elle m'a mise à la porte…
- Par Merlin, je n'arrive toujours pas à croire que t'as couché avec Ginny Weasley! Depuis le temps que t'attends ça, Hanna.
La brunette serra les lèvres alors que les jeunes filles s'éloignaient. Un souvenir lui vint en mémoire.
Elle était allongée sur l'herbe, admirant les étoiles qui scintillaient au dessus d'elle. Etrangement, le silence et l'obscurité qui régnaient l'apaisaient. En ces temps de guerre, les moments où le calme reprenait le dessus étaient à ses yeux une réelle bénédiction. Un légère brise lui chatouillait le visage et faisait virevolter ses cheveux. Une fois n'est pas coutume, elle se sentait si bien.
Elle entendit des bruits de pas qui s'approchaient et esquissa un sourire. Ginny prit place à côté d'elle et elles restèrent ainsi un long moment, observant le ciel en silence.
Elle tourna la tête sur le côté pour voir le visage de son amie et la rousse fit de même.
-J'espère que, lorsque la guerre sera terminée, nous pourrons partager des moments comme celui-ci plus souvent, murmura-t-elle.
-Guerre ou pas, rien ne m'empêchera de passer du temps avec toi, répondit la cadette en se redressant pour prendre appui sur son coude.
Elle fit glisser sa main dans les cheveux d'Hermione et s'approcha lentement pour déposer un baiser sur sa joue.
-Comment tu vois ta vie plus tard, lorsque tout ça sera terminé ? Demanda la brunette.
-J'ai du mal à me projeter dans l'avenir. Je ne pense pas que je pourrai être auror, j'ai eu ma dose de combats et de méchants. Peut-être que je deviendrai joueuse de quidditch ou médicomage. Durant mon temps libre, je tiendrai un pub où sorciers et moldus pourraient se côtoyer en toute sérénité. Je l'appellerai « Utopia », parce qu'un monde comme ça semble si lointain qu'il relève de l'utopie. J'aurai une petite villa, en plein cœur de Londres. Quand je me lèverai le matin, tu seras assise devant la table du séjour, un café à la main, penchée sur le journal, les sourcils plissés à cause d'une concentration extrême... Et toi, tu t'imagines comment ?
-Avec une tasse de café dans une main et la Gazette du sorcier dans l'autre. Je relèverai la tête pour apercevoir tes yeux encore bouffis par la fatigue et je te demanderai comment tu as dormi. J'enfilerai un manteau, t'enlacerai et me rendrai avec hâte au ministère. Après le travail, je te rejoindrai à l'Utopia pour te donner un coup de main. En tout cas, peu importe ce qu'il se produira durant cette guerre, je sais qu'une vie sans toi n'est pas une vie, du moins ça ne sera pas ma vie. Tu es mon amie la plus proche.
-Pour le meilleur et pour le pire… Chuchota Ginny, les yeux tournés vers le ciel.
-Jusqu'à que la mort nous sépare, finit Hermione en se blottissant dans ses bras.
La rousse resserra son étreinte et lui caressa doucement le bras.
Revenant brutalement à la réalité, Hermione observa le livre qu'elle tenait encore dans ses mains. Elle se sentait incapable de faire un choix entre ses recherches et Ginny. Son cœur lui dictait de rejoindre la rousse et de lui avouer ses sentiments mais elle avait conscience qu'il était de son devoir de retrouver la meurtrière qui sévissait depuis des mois. Elle essuya une larme qui perlait au coin de ses yeux et reprit contenance.
« J'espère qu'un jour je m'empresserai de quitter mon lieu de travail pour me rendre à l'Utopia… »
