Nouveau chapitre, j'espère qu'il sera à votre goût! Merci pour les reviews et bonne lecture!
5 novembre 1998
Hermione marchait d'un pas rapide dans les couloirs du château. L'obscurité ambiante l'empêchait de voir devant elle, mis à part les quelques recoins que la pleine lune éclairait. Il lui sembla entendre un bruit de pas étouffés. Elle accéléra la marche tandis que son cœur battait à tout rompre. Elle savait pertinemment qu'elle aurait dû être dans son dortoir plutôt que se balader dans l'école en pleine nuit et qu'elle s'était mise en danger bêtement. Elle sentit alors deux bras la maintenir et la plaquer contre le mur. Avant qu'elle n'ait le temps de dire ou voir quoique se soit, des lèvres se posèrent sur les siennes.
-Tu m'as fait peur, murmura-t-elle en passant sa main dans les cheveux de Ginny lorsque le baiser prit fin.
-Je voulais t'embrasser une dernière fois avant que tu retournes te coucher, répondit la rousse.
La brunette se contenta de sourire. Elle s'était désormais totalement faite à l'idée de sortir avec sa meilleure amie même si elle ne l'assumait pas complètement et préférait que cette relation reste secrète pour l'instant.
Ainsi, Ginny et elle passaient le plus de temps qu'elles pouvaient en cachette, profitant notamment du fait que la cadette ait sa propre chambre en tant que Préfète-en-Chef pour se voir après le dîner. Cependant, la rousse ne voulait pas qu'elles passent la nuit entière ensemble. Hermione acceptait, pensant que son amie n'était pas prête, loin de se douter de ses réelles activités nocturnes.
Elle se rendit jusqu'à la salle commune des Gryffondors, grimpa l'escalier qui menait jusqu'au dortoir en silence et s'approcha de son lit. L'air niais que l'on pouvait voir sur son visage s'estompa tout à coup. Elle avait des choses à faire. Des choses qu'elle cachait à Ginny.
Elle se baissa, ramassa un sac qui se trouvait sous son lit et sortit de la Salle Commune sans faire le moindre bruit. Tandis qu'elle traversait le château, elle pria pour que personne ne la remarque. Elle arriva enfin devant la Grande Salle. Neville l'attendait au pied de l'escalier de marbre.
-Enfin ! Je commençais à m'inquiéter, s'exclama-t-il.
-Désolée, se contenta de répondre la brunette.
Cela faisait plusieurs nuits qu'ils se retrouvaient. Comme à chaque fois, ils empruntèrent un passage secret qu'ils avaient découvert et qui les menait jusqu'au chemin de Traverse. Une fois sur place, Hermione sortait une liste de son sac et la consultait.
-Jack Hawks, marmonna-t-elle. Il habite à deux rues de Godric's Hollow.
Elle prit la main de Neville et ils transplanèrent devant la maison de l'homme.
Après de longues et assidues recherches, Hermione avait réussi à se procurer une liste des scientifiques suspectés d'avoir collaboré avec Voldemort. Ils se rendaient tous les soirs à plusieurs adresses, espérant tomber sur l'Ange des Ténèbres et la démasquer.
Ils inspectèrent les alentours de la maison en silence.
-Il n'y a personne, chuchota Neville. A cette heure-ci, l'Ange des Ténèbres doit déjà être en train de torturer sa victime.
-Je vais jeter un sort de protection. Nous serons alertés si jamais quelqu'un pénètre dans le périmètre. Au suivant.
Ginny afficha un sourire satisfait. A force que les médias fassent état de ses meurtres, les scientifiques coupables d'eugénisme pour le compte du Lord maléfique se cachaient dans l'espoir d'être épargnés. Ce qu'ils ignoraient c'est qu'elle les traquait, finissait par les retrouver où qu'ils soient. L'idiot qu'elle venait d'assassiner s'était réfugié dans sa maison de campagne, pensant qu'elle ne viendrait pas jusqu'à lui.
Elle passa devant une glace et croisa son reflet. Ses yeux rouges étincelaient, comme chaque nuit depuis qu'elle s'était retrouvée dans la forêt. La bête reprenait le dessus et cela l'enchantait autant que ça l'effrayait. Elle n'avait jamais été si puissante.
Ses pulsions n'étaient toujours pas calmées, elle en voulait plus. Beaucoup plus. Elle ferma les yeux et se retrouva la seconde d'après devant une autre maisonnée. Elle entra sans discrétion, cassa tous les objets sur sa route sans ménagement. Elle n'avait que faire du vacarme qu'elle provoquait, elle n'avait pas l'intention de s'éterniser.
Elle se retrouva nez à nez avec un homme, baguette à la main.
-Sortez d'ici, je n'hésiterai pas à avertir les autorités ! S'écria-t-il.
Elle lui trancha la gorge d'un mouvement de main et grimpa les escaliers qui menaient jusqu'à la chambre conjugale.
Une femme dormait profondément dans le lit, une potion vide trônant à ses côtés. Ginny n'avait aucun doute sur le fait que c'était la peur qui rendait ses nuits difficiles et non la culpabilité. Il était hors de question qu'elle la tue dans son sommeil. Cette garce allait souffrir, comme tous les autres. Elle allait la voir, se rendre compte du monstre qu'elle avait créé.
La rousse s'assit délicatement sur le rebord du lit, posa ses doigts sur le front de sa future victime pour y faire passer sa magie.
-Réveille-toi, ordonna-t-elle de sa voix glaciale.
La femme se réveilla en sursaut et, avant qu'elle n'ait le temps de crier, Ginny posa sa main sur sa bouche.
-Plus tu émettras de sons ou de résistance et plus ta mort sera douloureuse. Lève-toi et avance.
Elle la conduisit jusqu'au cadavre de son mari et l'observa s'effondrer.
-C'est de ta faute s'il est mort, l'accusa Ginny. Tu n'as pas ressenti de culpabilité en créant ces montres, en me créant moi, en ressens-tu face au corps inerte de celui que tu aimes ?
La femme ne répondit pas, abattue par le chagrin.
-Je te laisse une chance de te repentir du mal que tu lui as fait, enchaîna la rousse en lui tendant un énorme débris de verre. Si tu la saisis, je te promets de ne faire de mal à aucun autre de tes proches.
La femme comprit où la rouquine voulait en venir, se saisit du débris et le planta dans son cœur. Ginny l'observait avec soin tandis qu'elle agonisait. Alors qu'elle s'apprêtait à partir, elle entendit un bruit en haut de l'escalier. Elle leva les yeux et vit un jeune enfant qui tentait de se cacher dans l'obscurité, terrorisé.
-Je devrais te tuer pour être sûre que tu ne me dénonces pas mais tu n'y es pour rien dans ce qu'il vient de se produire. Bienvenu dans le monde dans lequel on vit, gamin, dit la rouquine avant de disparaître.
Neville et Hermione arrivèrent devant une autre maison. Le quatrième domicile où ils se rendaient cette nuit-là. Ils n'eurent même pas besoin de regarder aux alentours, tout semblait dévasté.
-Elle est là ! Murmura Neville.
En chœur, ils sortirent leurs baguettes et pénétrèrent à l'intérieur. Tout ce qui se trouvait autrefois dans la maison n'était que fracas.
Ils tombèrent nez-à-nez avec le cadavre d'un homme dont la gorge semblait avoir été tranchée. A côté de lui gisait le corps d'une femme avec un débris de verre planté dans la poitrine. Hermione était profondément choquée, bien qu'elle ne laissait rien paraître.
-Regarde si tu trouves des indices, chuchota-t-elle, je vais faire un tour pour voir si l'Ange est toujours là.
Neville fit ce que sa camarade lui dit tandis qu'elle montait les escaliers, la baguette en avant, le cœur battant à tout rompre.
Il se passa une main dans les cheveux. Il lui semblait impossible qu'une des membres de l'Ordre puisse commettre de pareils horreurs. Et pourtant, Hermione en était persuadée. Il sortit de ses pensées lorsque sa voix retentit dans la maison.
-Neville !
Il accouru vers sa camarade, pensant qu'elle était tombée sur l'Ange des Ténèbres.
-Elle n'est pas là, lui dit Hermione pour le rassurer en le voyant débouler comme une furie.
-Pourquoi as-tu crié, alors ? Demanda le jeune homme, partagé entre l'agacement et la perplexité.
Elle fit un mouvement de tête en direction d'une pièce pour toute réponse. Neville suivit le mouvement des yeux et regarda dans la chambre. Il vit un jeune enfant, prostré dans un coin, les genoux repliés contre sa poitrine.
-Par Merlin ! S'exclama-t-il.
-J'ai essayé de lui parler mais il reste muet, il a l'air en état de choc.
-Tu m'étonnes… Qu'est-ce qu'on fait maintenant ?
-J'en ai aucune idée, répondit Hermione en regardant le garçon, la gorge nouée.
6 novembre 1998
Ginny enfilait tranquillement son uniforme lorsque la porte de sa chambre s'ouvrit brusquement. Hermione fit éruption à l'intérieur et se jeta dans ses bras. Surprise, la brunette passa ses bras au tour de sa taille.
-Tout va bien ?
Hermione ne répondit pas. Lorsqu'elle releva la tête, la rouquine remarqua son teint pâle et ses cernes. Ginny s'écarta doucement et la prit par les épaules.
-'Mione, que se passe-t-il ?! Demanda-t-elle, inquiète
-Longue nuit… Se contenta de murmurer la brunette.
La cadette se faisait du sang d'encre mais elle voyait bien qu'Hermione ne lui dirait pas ce qu'elle avait sur le cœur. Elle la serra contre elle et déposa un baiser sur son front.
-Quoiqu'il se passe, tu sais que je suis là, chuchota-t-elle à l'oreille de sa compagne.
Neville passa une main dans ses cheveux, perplexe.
-Tu es sûr que nous avons prit la bonne décision ? Demanda-t-il pour la énième fois.
-Oui ! Répondit Hermione.
Elle regarda les gens autour d'elle, baissa la voix et enchaîna.
-Nous avons fait ce que nous devions faire, Neville. Nous n'allions pas le laisser là, tout de même…
-Les aurors auraient dû s'en charger, il est témoin d'un crime ! S'exclama le jeune homme.
-Justement ! Si l'Ange sait qu'il l'a vu, elle le traquera ! Il est de notre devoir de cacher cet enfant.
Ginny vit de loin ses deux camarades qui discutaient dans le couloir du 2ème étage, lançant des regards autour d'eux, comme s'ils avaient peur d'être écoutés. Lorsqu'ils la remarquèrent, ils stoppèrent leur conversation. La rouquine feint de n'avoir rien remarqué et alla les saluer. Cependant, les questions se bousculaient dans sa tête. Hermione se montrait étrange depuis quelques temps, que pouvait-elle lui cacher ?
Ils se rendirent en classe, chacun perdu dans ses pensées. Lorsque vint la fin du cours, Ginny rangea ses affaires en vitesse et sortit sans attendre Hermione. Elle se rendait bien compte que celle-ci avait besoin de parler à Neville et, bien qu'elle mourrait envie de savoir ce que la brunette lui cachait et se sentait vexée qu'elle ait des secrets envers elle, elle savait que la brusquer pour parler n'arrangerait pas les choses, au contraire.
Alors qu'elle marchait d'un pas rapide, elle percuta quelqu'un. La personne dans laquelle elle venait d'entrer n'était autre qu'Hanna, la serdaigle avec qui elle avait eu des rapports sexuels et qui avait mal digéré le fait qu'elle la laisse tomber. Elle s'excusa platement tandis que la jeune femme lui lançait un regard meurtrier avant de reprendre son chemin. Troublée, la rouquine n'avait pas remarqué qu'elle avait fait exprès de provoquer la collision afin de lui faire les poches.
Fatiguée, elle se rendit dans ses quartiers de préfète-en-chef et s'assoupit.
Le dîner s'était s'achevé depuis un moment, Hermione n'avait pas vu Ginny depuis la fin des cours. Peut-être se sentait-elle nauséeuse et avait-elle prit son repas dans sa chambre, se rassura la brunette.
Neville et elle étaient retournés dans leur salle commune, attendant patiemment que tous les élèves aillent se coucher. Une fois que se fut chose faite, ils se rendirent comme tous les soirs au passage secret qui les menait au chemin de Traverse. Ils transplanèrent et se rendirent devant la maison où vivaient jadis les parents d'Hermione, avant qu'elle ne les envoie en Australie, et qui était désormais abandonnée.
Tremblante et envahie par la nostalgie, elle entra la première dans la maisonnée, suivie par son camarade.
-C'est nous, gamin ! Dit Neville, brisant le silence ambiant.
N'obtenant pas de réponse, ils se dirigèrent dans une chambre d'où laquelle s'échappait un filet de lumière. Ils ouvrirent la porte et trouvèrent le garçon qui s'amusait avec des jouets qu'ils lui avaient apporté. Il les ignorait superbement.
-Tout va bien ? Demanda Hermione en s'asseyant près de lui, à même le sol.
-Elle ne me tuera pas, elle me l'a dit, répondit le garçon en chuchotant après un court silence, comme s'il s'agissait d'un secret.
C'était les premières paroles qu'il adressait aux deux Griffondors. Ces derniers échangèrent un regard, surpris.
-Tu l'as vu ? Demanda Neville en s'accroupissant près de l'enfant à son tour, le cœur battant à tout rompre. Peux-tu nous dire comment elle est ?
L'enfant prit un instant de réflexion.
-Elle est belle, même si ses yeux me font peur. Ils sont tout rouges.
-Quoi d'autre ?
-Je ne me rappelle plus, dit le jeune garçon en haussant les épaules.
Il se concentra à nouveaux sur ces jouets, coupant court la conversation avec les deux sorciers.
-Bon, eh bien, nous allons te laisser petit, murmura le Griffondor au bout de quelques instants.
-Marcus, répondit l'enfant. Je m'appelle Marcus.
-D'accord Marcus, enchaîna Hermione, nous t'avons laissé de la nourriture dans le frigo. Nous repasserons te voir demain. Ne tarde pas trop à te coucher.
Ils sortirent de la maison, plus perplexe qu'à leur arrivée.
-On ne devrait pas le laisser seul, dit le jeune homme.
-Je sais bien, mais il n'y a désormais personne à qui l'on peut faire réellement confiance.
-Je ne connais aucun membre de l'Ordre qui a les yeux rouges…
-Je reste persuadée qu'il faut continuer sur cette piste. Et puis Voldemort s'était métamorphosé au fil de ses meurtres, si la magie de l'Ange est aussi puissante que l'on croit, peut-être arrive-t-elle à changer d'apparence.
-Tu as peut-être raison, consentit Neville. Bon, retournons au boulot maintenant, nous avons une meurtrière à démasquer.
Hermione hocha la tête et sortit de son sac la liste des victimes potentielles de l'Ange des ténèbres.
Ginny entra dans ses quartiers, sans un bruit. Elle s'était réveillée en sursaut, près de deux heures plus tôt. Prises par ses pulsions, elle avait vaqué à ses occupations nocturnes quotidiennes. Elle recommençait à redevenir elle-même de seconde en seconde. Elle n'avait pas la force d'aller voir Rogue pour faire le constat de sa nuit, la fatigue l'assaillant à nouveau. D'autant plus que ce dernier était aussi désemparé qu'elle. Ni lui ni Lupin n'étaient en mesure d'expliquer pourquoi ses pulsions prenaient davantage possession d'elle, pourquoi elle se montrait encore plus sanguinaire ou même pourquoi ses yeux devenaient rouges.
Elle s'effondra sur le lit et fut réveillée une demi-heure plus tard par une main qui caressait ses cheveux. Elle ouvrit les yeux et croisa le regard embué d'Hermione.
Neville et elle avaient fait chou blanc, une fois de plus. Tout se mélangeait dans sa tête, ses recherches pour retrouver la meurtrière, cette sœur cachée dont elle ignorait tout, à part le fait que c'est une mage du temps, ses secrets envers Ginny … Cependant il y avait une chose qu'elle pouvait confier à sa petite-amie.
-Je n'arrête pas de penser à mes parents, murmura-t-elle la gorge nouée.
La rouquine tâtonna dans l'obscurité pour atteindre sa baguette afin d'éclairer la pièce mais ne la trouva pas. Elle ne s'en préoccupa pas, concentrée sur ce que lui disait Hermione. Elle la prit dans ses bras et la serra fort contre elle.
-Je peux qu'imaginer ce que tu ressens et je me doute à quel point c'est difficile… Mais un jour, j'en suis certaine, vous vous retrouverez. En attendant, moi, je suis là, près de toi, je le serai toujours, quoi qu'il arrive, chuchota-elle au creux de l'oreille de la brunette.
Hermione tourna la tête et l'embrassa avec passion. Elle l'a renversa sur le lit et s'allongea sur elle. Leurs cœurs battaient à toute vitesse. Elles se séparèrent, haletante, et se regardèrent dans les yeux. Toutes les deux savaient qu'elles étaient prêtes à franchir le prochain cap de leur relation.
Hanna fit un sourire à la femme qui se trouvait face à elle et lui tendit l'objet qu'elle tenait dans la main. La femme s'empara de la baguette et l'examina sous toutes les coutures.
-Beaucoup pensent que la baguette choisi son sorcier, que les deux sont étroitement liés, qu'elle est même l'essence du pouvoir de celui qui la possède. Voyons-voir à quel point c'est vrai, dit-elle avec un rictus mauvais.
La Serdaigle était on ne peut plus fière d'elle. Feindre une collision avec Ginny pour lui voler sa baguette avait été plus aisé qu'elle ne l'avait imaginé.
Tout se déroulait à merveille, le plan se mettait en place au fur et à mesure.
