VI
Névrose
Note de l'auteur : Chapitre 6, où Leonard le tribble fait des siennes, où Bones est angoissé et où Jim et Spock s'entraînent à toute sorte de choses. Bonne lecture et merci pour vos reviews.
PS : Ce chapitre est pour Flo et Ma Lune, profitez bien des scènes que vous m'avez suggérées!
C'est essoufflé et en sueur, que je me laissai retomber sur les oreillers. Ce n'était qu'un nouveau rêve étrange. Et encore une fois, j'avais mis un certain temps à m'en rendre compte. Je songeai à aller voir Bones ou Scotty, mais je savais pertinemment ce qu'ils diraient. Ces cauchemars n'avaient rien de normal, quoi qu'en dise McCoy. La sonnette de nos quartiers retentit, tirant Spock du sommeil et achevant de me réveiller.
« J'y vais » Dit-il, en se levant et en enfilant rapidement un boxer, avant que j'aie le temps de dire quelque chose.
Je l'imitai, alors que dans l'obscurité il se dirigeait sans peine jusqu'à la porte et l'ouvrit, après avoir allumé la lumière. Je plaquai un coussin sur ma tête, pour épargner mes pupilles, en me demandant vaguement où était passé mon petit animal. Un rire, que je reconnus comme étant celui de Leonard, me fit me redresser brusquement. Mon ami se retenait à la cloison, pour ne pas s'étaler par terre, secoué de spasmes. J'allais lui demander ce qui le mettait dans cet état, quand je posai mes yeux sur Spock. Je mordis ma lèvre inférieure pour ne pas l'imiter, mais quand mon compagnon se tourna vers moi, un air d'incompréhension sur le visage, je ne pus me retenir de m'esclaffer devant la vision désopilante de mon tribble empêtré dans les cheveux désordonnés de Spock qui n'avait rien remarqué. Je ne parvins pas à reprendre mon souffle et me pliai en deux sur le lit, incapable de m'arrêter.
« J'ai quelque chose sur la figure ? » Demanda-t-il, incrédule.
Ce qui eut pour effet d'accentuer mon hilarité. Bones déclara forfait et s'assit sur un fauteuil. Je montrai mon propre crâne du doigt, pour signifier à mon compagnon que le problème venait de là. Il tenta de passer une main dans ses cheveux et buta contre la boule de poils qui piailla d'indignation. Il prit enfin conscience de ce qui nous faisait tant rire et essaya de déloger l'animal. Sans succès. Je m'efforçai de me calmer, pour lui venir en aide, et réussis à dégager Leonard, avant de le remettre dans sa cage, pour le moment. McCoy se reprit finalement et essuya une larme au coin de son œil.
« Tu es là à cause du rêve, n'est-ce pas ? » Lui demandai-je.
« Oui. Et je sais ce que tu vas dire. D'accord, je veux bien admettre que c'est peut-être étrange. Mais, cela n'a apparemment aucune conséquence sur le réel. » Répondit-il.
« Comment expliques-tu que, dans ce cauchemar, avant de te rejoindre dans la salle de bain, j'aie vu Leonard enroulé dans les cheveux de Spock avant que ça ne se produise, dans ce cas ? »
« Qui te dis que c'était avant ? Peut-être était-ce déjà le cas. Tu étais en partie réveillé et la réalité s'est insinuée dans ton rêve. Ce n'est pas rare. » Contra-t-il.
« Ça fait deux fois, Bones ! Ce n'est pas anodin. J'ai aussi croisé Scotty et je suis certain qu'il s'en souviendra aussi. Pourquoi es-tu venu jusqu'ici, si c'est tellement insignifiant ? »
Il ouvrit la bouche pour répondre, mais hésita quelques secondes.
« Je n'en sais rien. » Murmura-t-il, en se prenant la tête dans les mains. « Je suis épuisé, Jim. J'ai l'impression de ne pas dormir. »
« Écoute, il ne faut pas être un génie pour comprendre ce qui te tracasse. » Dis-je, doucement, en m'accroupissant devant lui. « Tu dois lui en parler. Je sais qu'elle est capable de comprendre, c'est une femme intelligente. »
Il acquiesça simplement, avant de se lever.
« Je vais retourner me coucher, avant qu'elle ne se réveille et me cherche partout. »
« Bonne idée. On se voit demain. » Répondis-je, avant d'ouvrir la porte.
« À plus tard. » Dit-il, en sortant.
Je refermai derrière lui et me tournai vers Spock, en soupirant de lassitude.
« Je suis crevé. » Lançai-je, en me laissant tomber sur le lit.
« Qu'est-ce qui le met dans un tel état d'anxiété ? » Me demanda-t-il, en me rejoignant sous le drap.
« Nyota ne serait pas contre l'idée qu'ils officialisent leur union. Mais, il n'est pas sûr d'être prêt pour un second mariage. Ça le terrorise, en réalité. » Lui expliquai-je, en me blottissant contre lui.
« Et que faisait monsieur Scott ? »
« Il parlait avec le vaisseau. Littéralement, je veux dire. Et le pire, c'est qu'elle lui répondait. Je pense qu'il se sent seul. Je ne l'ai jamais vu s'intéresser à autre chose que l'Enterprise, depuis que je l'ai rencontré sur Delta Vega. »
« Ces rêves que vous faites en commun font donc ressortir vos névroses. » Résuma-t-il, en caressant mon dos.
« Sûrement. »
« Qu'elle est la tienne, dans ce cas ? »
Je me figeai sur place, incapable de répondre. Mais il n'avait pas vraiment besoin que je parle, de toute manière.
« Quand cesseras-tu de craindre que je me désintéresse de toi ? C'est absurde. Je ne compte aller nulle part, T'hy'la. »
Je soupirai contre son torse.
« Dans le fond, je le sais très bien. Mais, je pense qu'une partie de moi aura toujours peur d'être abandonnée. Peut-être parce que toutes les personnes que j'ai aimées sont parties, Spock. D'une manière ou d'une autre. Je me retrouve toujours seul. Bones était l'unique exception, avant que je te connaisse. C'est juste encore un peu difficile pour moi, de me faire à l'idée. Même après tout ce temps, je me surprends encore à te trouver ici, tous les matins. Cela rend chaque journée magique et chaque soir angoissant. Mais, j'ai l'habitude, ne t'inquiète pas de ça. Cela n'a rien à voir avec la confiance que je te porte. »
« J'aimerais que tu sois plus serein. »
« Je suis désolé, je n'avais pas pensé au fait que tu pourrais le subir, à travers le lien. »
« Ce n'est pas ça. Je suis capable de me protéger. Mais, je me sens bien, quand c'est aussi le cas pour toi. Tu veux que l'on reprenne les séances de méditation ? » Me proposa-t-il.
« Non. Je crois que j'ai plus besoin d'un défouloir que d'encens. Sans vouloir te vexer. »
« Que dirais-tu, alors, de pratiquer des entraînements, avec moi. Je pourrais t'apprendre quelques techniques de combat vulcain et tu te dépenserais. » Suggéra-t-il, en déposant un baiser sur mes cheveux.
« Tout à l'heure ? » Demandai-je.
« Si tu te sens suffisamment en forme. »
« Je te dirai ça dans quelques heures. En attendant, je tombe de sommeil. »
Pour illustrer mes dires, je bâillai à m'en décrocher la mâchoire.
« Dors bien, T'hy'la. » Murmura-t-il, alors que je m'endormais sur son torse.
…
La sonnerie du réveil me tira de ma léthargie, alors que Spock tendait un bras pour le faire taire. Je m'étirai longuement contre lui, tel un chat. Mon érection frôla sa hanche et un frisson délicieux remonta le long de mon dos. Il maugréa, encore à moitié endormi, en agrippant mes fesses, pour me hisser sur lui. Il noua ses jambes autour de ma taille, m'emprisonna de ses cuisses fermes. Ses vrilles s'enroulèrent sur nos membres tendus, un gémissement m'échappa, alors que j'écrasais ma bouche contre la sienne. Je glissai ma main sur l'arrière d'un de ses genoux, pour le remonter légèrement, avant de m'insinuer en lui doucement, en me délectant de la chaleur de son corps.
« Tu sais… Je ne parlais pas… De ce genre d'entraînement, tout à l'heure. » Murmura-t-il, d'une voix sourde, alors que j'allais et venais, à un rythme lent, mes gestes encore alourdis par le sommeil.
« Celui-ci me convient également. » Répondis-je, avant de croquer une oreille, en accélérant la cadence.
Il se cambra contre moi, en soupirant. Je le trouvais magnifique, quand il s'abandonnait entre mes bras. Ses mains caressèrent mon dos et je m'emparai fermement de son érection. Ses vrilles se resserrèrent convulsivement autour de mes doigts, renforçant ma prise sur lui. Spock rejeta la tête en arrière, alors que je le prenais plus durement, ses gémissements délicieux raisonnèrent à mes oreilles. Il vint longuement au creux de ma paume, en serrant ses jambes autour de moi, m'accueillit plus profondément en lui. Je le relâchai, pour agripper ses hanches, et me laissai envahir par un orgasme étourdissant, dans un dernier coup de reins.
…
C'est douché et beaucoup plus reposé que quelques heures auparavant, que je me restaurai au mess avec appétit. Assis en face de moi, Spock m'observait avec tendresse, avant de me piquer un bout de croissant, d'un coup de fourchette.
« Hey ! » Protestai-je.
« Tu n'avais qu'à pas me faire goûter. Maintenant, j'ai envie d'en manger. » Se défendit-il.
Cela me fit rire.
« Je suis toujours partant, pour l'entraînement. Puisque nous avons rendez-vous avec le Mayor en début d'après-midi. »
« Si tu te sens en forme, ce sera avec plaisir. » M'assura-t-il.
…
Quand nous entrâmes dans le gymnase, les plus matinaux étaient déjà en plein effort. Mais, dès que nous nous mîmes en tenue, pour investir un tatami, tous les regards se tournèrent vers nous. Il fallait dire que j'avais plus l'habitude de venir seul. C'était une première, ce matin-là. Je n'avais jamais eu l'occasion de m'entraîner avec Spock, mais j'aimais l'idée que ça devienne un rituel entre nous.
La séance fut intense. Les arts martiaux vulcains étaient basé sur des prises on ne peut plus vicieuses. Du moins, de mon point de vue, puisque Spock ne voyait pas en quoi exactement. Quand j'eus maîtrisé les bases, ce qui me mis déjà en sueur, nous commençâmes à nous tourner autour. Ce serait à qui atteindrait l'autre le premier. J'avais depuis longtemps tombé le t-shirt, alors que mon compagnon ne montrait aucun signe de fatigue. Mais, je refusai de baisser les bras.
Nous avions un public conséquent, à présent. Et c'est tout ce qu'il me fallait. Je regardai Spock avec un sourire quelque peu carnassier, alors que lui gardait un calme impeccable. J'attaquai le premier, c'était dans ma nature. Il para sans peine et me plaqua au sol d'une prise bien placée. Sous le coup d'une impulsion, je l'embrassai en lui mordant la lèvre. Il fut si surpris, qu'il baissa sa garde et je pus reprendre le dessus. Je le bloquai sur le tapis et l'enjambai pour peser de tout mon poids sur lui.
« C'est déloyal. » Lança-t-il.
« Je n'ai fait qu'utiliser les armes à ma portée. » Contrai-je. « Tu as l'avantage de la force physique et de la tactique. J'ai celui du charme et de l'art de la diversion. » Ajoutai-je, fier de moi.
« Veux-tu bien descendre de là ? » Me demanda-t-il, en posant ses mains sur mes cuisses.
« Je ne sais pas si j'en ai vraiment envie. » Pensai-je, taquin.
« On nous regarde, Jim. »
Je lui souris malicieusement, pour lui montrer que je plaisantais, avant de me relever et de lui tendre une main, pour l'aider à en faire de même.
« Restons-en là pour aujourd'hui. » Conclus-je. « Il est bientôt midi. Allons nous doucher et déjeuner, avant de retourner sur la planète. » Ajoutai-je, en ramassant mon haut et en me dirigeant vers la sortie, sous les félicitations de la plupart des hommes présents.
