XIII

Confiance

Note de l'auteur : Chapitre 13 qui traite de confiance sous beaucoup de formes, où on apprend que Bones peut merder, que Scotty parle trop quand on sait l'amadouer et que les habitants de cette planète sont définitivement très énervants. Bonne lecture et merci pour vos commentaires!


Bermimpi, point de vue du Capitaine James T. Kirk.

Je tenais à redescendre, pour faire diffuser mon article et pour tenter d'obtenir des informations sur ce qui m'était arrivé cette nuit. Je savais que Bones aurait préféré que l'on s'en aille, simplement, même si dans le fond, il était d'accord avec moi, mais il n'avait même pas essayé de me convaincre. Quelque chose me disait que Spock était derrière tout ça. Nous nous matérialisâmes donc, tous les trois, devant la mairie. Nous étions en début d'après-midi et de nombreux passants déambulaient dans les rues ensoleillées, comme si tout allait bien. Cependant, je savais que ce n'était pas vraiment le cas, maintenant. Nous entrâmes rapidement dans le bâtiment, pour trouver un nouvel occupant derrière le guichet. La femme, puisque s'en était une, dit s'appeler Amy Benson et nous informa que Blaise l'avait mis au courant des événements de la veille. Nous bouclâmes donc rapidement les modalités pour publier ma proposition dans les médias. Elle montra un enthousiasme certain à l'idée de rencontrer des êtres d'autres mondes, même si nos modes de vie étaient radicalement différents. Vint ensuite, le moment délicat, où je tentai d'aborder le sujet des cauchemars. Je décidai finalement de parler de ma propre terreur nocturne, en guise de prologue, en espérant qu'ainsi, elle serait d'accord pour me renseigner.

« Je ne sais pas quoi vous dire, Capitaine. C'est la première fois qu'une telle réclamation est faite, à ce bureau. » Dit-elle, soudainement beaucoup moins avenante.

« Je sais très bien que vous mentez. » Répondis-je, sans aucun tact.

Mais, j'en avais vraiment marre d'être face à des hypocrites, qui se vantaient d'avoir un système parfait qui en fait s'avérait bancal.

Elle sembla choquée par ma remarque et ne trouva rien à répondre sur le moment.

« Ce qu'il essaye de dire, c'est que nous avons déjà rencontré une personne qui était dans le même cas. Nous savons donc que ce n'est pas un incident isolé. » Reformula Spock, en s'armant de toute sa diplomatie.

« Et puis-je savoir de qui vous parlez ? » Demanda-t-elle, méfiante.

« L'ennui, c'est qu'il ne nous a pas précisé son nom. » Admit Bones, l'air embêté.

« Comme c'est pratique. » Railla-t-elle. « Écoutez, je peux vous assurer que ce que vous avancez est impossible. Aucun d'entre nous n'a la capacité de contrôler les songes d'autrui. Si deux individus rêvent l'un de l'autre, c'est qu'ils ont des choses à se dire ou à faire ensemble. J'avoue que parfois, ce n'est pas forcément pour leur plaire, mais en aucun cas, quelqu'un ne pourra camoufler ou modifier son identité et encore moins faire prisonnier une personne contre sa volonté pour le confronter de force à ses pires craintes. » S'obstina-t-elle.

« Je ne vous crois pas. » Crachai-je.

« Grand bien vous fasse, Capitaine Kirk ! » Répondit-elle, d'un ton sarcastique. « Je m'occuperai de votre article, dès cet après-midi. En attendant, je vais vous demander de partir. » Ajouta-t-elle, en désignant la porte.

J'en restai pantois et ne sus pas vraiment comment réagir. Bones, en revanche, maintenant qu'il avait retrouvé la forme...

« Si vous pensez vous en tirer comme ça ! Au pire, nous attendrons que le peuple donne son avis. Mais si vous entrez dans la fédération, vous aurez des comptes à rendre ! »

« Si c'est pour nous menacer, autant qu'on en reste là, alors, docteur. » Contra-t-elle, mettant à mal les négociations alors qu'elles n'avaient même pas commencé.

« Vous êtes en danger, mademoiselle. Il serait peut-être temps de l'admettre. Nous sommes là pour vous aider, rien de plus. » Se radoucit-il.

Elle garda le silence de longues secondes, en fixant mon ami.

« Pourquoi voudriez-vous nous prêter main forte ? Nous ne sommes personne pour vous. » Demanda-t-elle.

« Parce que c'est aussi pour ça que nous explorons l'espace. Vous avez autant d'importance que toutes les formes de vie que nous avons déjà rencontrées et celles que nous croiserons dans le futur. » Lui assura-t-il.

Elle sembla peser le pour et le contre, quelques instants.

« Je n'ai pas vraiment envie d'en parler. » Admit-elle. « Nous ne savons pas qui est cet homme, il n'a jamais le même visage. Tout ce que nous savons, c'est que nous sommes nombreux à l'avoir vu. »

« Y a-t-il eu des victimes ? » L'interrogea Leonard.

Sa question me choqua. Ainsi que la jeune Amy. Spock se contenta de lever un sourcil dubitatif.

« Enfin, Bones, c'est ridicule… »

« Une seule. Une femme, la semaine dernière. Elle était âgée et son cœur a lâché. » Dit-elle, dans un murmure.

« Je t'ai très bien entendu dire que ce n'était pas grave, cette nuit ! » M'exclamai-je.

Il me fixa d'un air grave. Spock ne dit rien, mais il n'en pensa pas moins.

« Ça ne l'était pas, Jim. Parce que tu t'es réveillé à temps. » Se justifia-t-il. « Ce genre de rêves peut avoir des conséquences dramatiques. »

« J'aurais aimé être mis au courant. » Lui reprochai-je.

« Je ne voyais pas l'utilité de te le dire à ce moment-là et après l'occasion ne s'est pas représentée. Je ne voulais pas t'inquiéter pour rien. »

Spock quitta soudainement la pièce, sans dire un mot. Je ne tentai pas de le retenir, je savais très bien pourquoi il agissait ainsi. Mais devant le regard perplexe de Leonard, je compris que lui non.

« Tu lui a menti, Bones. C'est un Vulcain, et même s'il ne le dira pas, tu l'as très certainement blessé. »

« Ce n'était pas mon intention. »

« Je vais lui parler. Reste là, avec Amy et essaye d'en savoir plus. » Chuchotai-je à son oreille, avant de sortir à mon tour.

Mon compagnon était assis sur les marches, devant la porte. Je m'installai à sa droite, avant de poser un bras sur ses épaules. Il colla son front contre ma tempe, en soupirant.

« Si je n'avais pas été là… »

« Mais tu y étais. Alors arrête de te tracasser avec ça. Et même si je lui en veux un peu aussi, je sais que Bones ne pensait pas à mal. » Le coupai-je.

« Il m'a volontairement caché des informations importantes à ton propos. »

« Sûrement pour que tu ne culpabilises pas, comme tu le fais présentement. Il a toujours été trop protecteur. Mais, ça signifie aussi qu'il tient à toi. »

« Je n'aurais pas autant insisté pour que nous restions, si j'avais su. Imagine que ça se reproduise cette nuit… »

Je l'embrassai pour le faire taire. Il me rendit mon étreinte, même s'il dut percevoir ma propre crainte que cela m'arrive de nouveau. Il glissa une main dans mes cheveux, l'autre dans mon dos, me serrant contre lui.

« Je ne peux pas vous laissez seuls deux minutes ! » S'exclama Leonard, dans l'entrée.

Je me tournai vers lui, en souriant. Je n'arrivais jamais à lui en vouloir bien longtemps.

« Nous, au moins, on ne fait pas ça dans les laboratoires. » Le taquinai-je, en me levant.

« Et l'ascenseur en panne, on en parle, ou ça va ? » Riposta-t-il.

« Comment tu sais ça, toi ? » M'écriai-je.

« Disons que, contre une bonne bouteille, certaines langues se délient. » Répondit-il, mystérieusement.

« Tu parles de Scotty, je suppose ? » Devinai-je.

« Peut-être bien que oui, peut-être bien que non. » Dit-il, en descendant sur le trottoir. « Je suis vraiment désolé de t'avoir menti. » Ajouta-t-il, en se tournant vers Spock.

Mon compagnon hocha simplement la tête, encore sur la réserve.

« Qu'as-tu appris d'autre, de cette femme ? » Lui demandai-je, en le rejoignant.

« Ils sont désemparés, Jim. Ils n'arrivent pas à trouver le coupable et les plaintes s'accumulent. Ça semblait lui coûter beaucoup de m'en parler. Je ne sais pas pourquoi ils veulent absolument se murer dans le silence. »

« Nous allons trouver un moyen de les sortir de cette situation. » Affirmai-je. « Pour le moment, remontons à bord, le temps que la population prenne connaissance de notre existence. Ensuite, selon l'accueil qu'ils nous réserveront, nous leur proposerons notre aide. » Conclus-je, avant de demander qu'on nous téléporte.

USS Enterprise, quartiers du médecin en chef, point de vue du Docteur Leonard McCoy.

Je rentrai dans mes quartiers et, partagé entre l'énervement et l'abattement, jetai mon t-shirt dans un coin, avant de me débarrasser de mes bottes, dans l'idée de m'affaler sur mon lit. Sauf que ce dernier n'était pas vide. Nyota s'y était assoupie, sûrement en m'attendant. Elle était en boule, sur le drap, pieds nus, encore vêtue de sa robe d'uniforme. Je l'observai quelques instants, attendri, avant de m'asseoir délicatement à côté d'elle. Ses magnifiques yeux s'ouvrirent doucement, encore emplis de sommeil. Un sourire se dessina sur ses lèvres, quand elle m'aperçut.

« Ça s'est bien passé ? » Me demanda-t-elle, en voulant se redresser.

Mais, je la repoussais tendrement sur le matelas, avant de m'allonger près d'elle.

Je lui fis un récit de l'après-midi, sans omettre ma bourde, les remontrances de Jim et le silence de Spock.

« Tu voulais bien faire. » Murmura-t-elle, en caressant mes cheveux.

« Je n'aurais pas dû minimiser la gravité de la situation. C'était irresponsable de ma part. »

« Je suis sûr qu'ils ne t'en veulent déjà plus. » M'assura-t-elle, avant de se lover contre moi.

Je la serrai dans mes bras, en humant son parfum. Elle leva la tête vers moi et j'embrassai ses lèvres tendrement. Notre baiser devint plus passionné et je relevai sa robe sur le haut de ses cuisses, d'une main, avant de la glisser entre ses jambes. Elle gémit doucement, en frôlant mon torse nu. Je sentis la chaleur de son intimité sous la pulpe de mes doigts, à travers son sous-vêtement, avant de le lui retirer. Elle déboutonna mon pantalon, pour poser une paume ferme sur mon érection, attisant mon désir. Je dévorai sa bouche, en l'allongeant sur le dos, puis tirais sur son uniforme pour lui enlever, ainsi que son soutien-gorge. Je pris le temps de la bouffer des yeux, nue devant moi, redessinai ses courbes harmonieuses du bout des doigts, jusqu'à retrouver la moiteur des recoins secrets de son corps. Je me faufilai entre ses cuisses, pour taquiner son bouton de chair de ma langue, la faisant se cambrer sur le lit. Elle agrippa quelques mèches de mes cheveux, en gémissant délicieusement. Je remontai progressivement vers son cou, en déposant une myriade de baisers sur son aine, son ventre, avant d'honorer un de ses seins fermes. Elle repoussa mon pantalon sur mes hanches, m'incita à le retirer. Ce que je fis sans me faire prier, avant de revenir me serrer contre sa peau douce, aux nuances chaudes. Elle noua ses jambes autour de ma taille, dans une invitation muette et je plongeai alors avec fougue dans la chaleur de son corps, pour me noyer dans le plaisir. Elle griffa mon dos, mordilla l'arête de ma mâchoire, sous l'hardiesse de mes coups de reins, en soupirant à mon oreille. La couronne de ses cheveux noirs qui semblaient s'écouler comme de l'encre sur les oreillers, contrastèrent avec la blancheur des draps. Ses pupilles dilatées de désir me fixèrent à travers ses paupières mi-closes, alors que je caressais son intimité d'un pouce joueur, jusqu'à ce qu'elle se tende divinement contre moi, en exprimant son plaisir de sa voix suave. Je m'autorisai alors à m'abandonner dans ses bras, bien vite emporté par un orgasme exquis.

Je m'allongeai à côté d'elle, le souffle court, le corps en sueur, avant de la serrer contre moi. Elle frotta tendrement sa joue contre mon torse, avant d'y déposer un baiser. J'avais rendez-vous avec Jim et Spock, au mess, pour le dîner, mais ça pouvait bien attendre encore un peu. Je n'avais aucune envie de sortir de ce lit pour le moment. Mais, si nous flânions trop, nous allions nous endormir et ce n'était pas souhaitable. Je proposai donc une douche vivifiante, qu'elle accepta avec envie. J'adorais regarder l'eau cascader sur sa peau sombre, plaquer ses cheveux lisses à son dos. Je la savonnai avec un plaisir certain, me délectai de ses formes, avant de la laisser s'occuper de moi. J'aimais ces moments de détente. Je pourrais vraiment m'y habituer. Nous restâmes longuement sous le jet brûlant, jusqu'à trouver la motivation de nous rhabiller, pour aller nous restaurer.