XIV

Réel

Note de l'auteur : Chapitre 14, déjà et cette fois-ci nous arrivons sur la fin. Peut-être encore un ou deux chapitres, mais pas plus. La bonne nouvelle, c'est que j'ai déjà la totalité de l'intrigue de ma prochaine fic et que j'ai vraiment vraiment vraiment, mais vraiment hâte de l'écrire celle-là, parce qu'elle sera spéciale ^^

Bonne lecture et merci pour toutes vos reviews!


USS Enterprise, mess des officiers, point de vue du Capitaine James T. Kirk.

J'étais à table, avec Spock. Nous attendions Bones qui se faisait quelque peu désirer. Mon compagnon était toujours sur la réserve. Il lui faudrait un peu de temps pour pardonner complètement à Leonard, surtout qu'ils commençaient à peine à se rapprocher.

« Vous devriez avoir une bonne discussion. Il ne te comprend pas comme moi, Ashayam. Il ne peut pas simplement entrer dans ta tête, lui. Et on ne peut pas dire que ce soit un expert en Vulcain. C'est un homme entier, fait d'un bloc et brut. Il est vrai, mais parfois maladroit, c'est tout. »

« Les conséquences de ses actes… »

« Auraient été les mêmes, dans tous les cas. Parce que tu sais très bien que je n'aurais pas accepté de partir d'ici. » Le coupai-je. « Alors arrête de bouder. »

« Les Vulcains ne boudent pas, Jim. » Contra-t-il.

« Raison de plus pour ne pas le faire. »

C'est à ce moment-là, que mon ami entra, accompagné de Nyota. Elle était accrochée à son coude et riait à une de ses bêtises. Ils vinrent s'asseoir en face de nous, après avoir pris leur repas dans le réplicateur. La conversation tourna autour des événements de l'après-midi, quand Scotty entra dans le mess. Je m'excusai et me levai pour aller à sa rencontre, puis crochetai un bras autour de sa nuque, avant de l'entraîner à part.

« Qu'est-ce qu'il y a, Capitaine ? » Me demanda-t-il, face à mon curieux comportement.

« Dis-moi, tu te souviens du jour où Spock et moi nous sommes retrouvés coincés dans le turbolift ? »

« Oui, évidement. » Répondit-il, incertain.

« Tu nous as sortis d'un sacré pétrin, ce jour-là. » Lui assurai-je.

« Oh, ce n'était pas grand-chose. »

« Si, si, j'insiste pour te remercier. Que dirais-tu, d'une de ses bonnes bouteilles dont tu raffoles ? » Proposai-je. « Comme ça, nous boirons quelques verres, tous les deux, et tu pourras me raconter les frasques de Bones et Uhura. »

Il me regarda, interloqué.

« Je…je ne vous suis pas, Capitaine. »

« Ah bon ? Pourtant, c'est bien ce que tu as fait avec Leonard, non ? » Dis-je, sur un ton sarcastique.

Il comprit enfin où je voulais en venir et devint rouge de honte.

« Je suis vraiment désolé, je ne voulais pas, mais il m'a persuadé qu'il était au courant, parce que vous êtes amis depuis longtemps et que vous vous dites tout… »

« Scotty. » Le coupai-je.

« Capitaine ? »

« Je suis le commandant de ce vaisseau. Spock est mon premier officier. C'est déjà exceptionnel que Starfleet nous ait autorisés à garder nos emplois tout en étant mariés. Alors, si les membres de mon équipage pouvaient continuer ignorer ce que nous faisons de notre temps libre, ça m'arrangerait. Est-ce clair ? »

« Limpide. Mais, je n'aurais jamais raconté ça à quelqu'un d'autre que McCoy. » M'assura-t-il.

« Je n'en doute pas. Cependant, même en ce qui le concerne, tu vas devoir apprendre à tenir ta langue. Et c'est un ordre. »

« J'ai bien reçu le message. »

« Parfait. Alors je te souhaite un bon appétit et on se voit plus tard. » Conclus-je, en lui donnant une tape amicale sur l'épaule, avant de retourner à ma table.

USS Enterprise, mess des officiers, point de vue du Commander Spock.

Le repas touchait à sa fin. Nous avions principalement parlé de la mission en cours, bien entendu, même si sans éléments supplémentaires, il n'y avait pas grand-chose à entreprendre de plus. Pour ce qui était de la proposition d'entrer dans la fédération, nous aurions une réponse bien assez tôt. Nous n'avions donc rien d'autre à faire qu'attendre. Quand nous quittâmes la table, Leonard demanda à me voir en privé. J'acceptai, désireux de me réconcilier avec lui, car je n'aimais pas les conflits. Je le suivis donc jusqu'à ses quartiers, après avoir dit à Jim de m'attendre dans les nôtres et que le médecin ait donné rendez-vous à Nyota plus tard dans la soirée.

« Je t'en prie, assieds-toi. » M'invita-t-il, une fois entré, en désignant un siège.

Je m'exécutai sans mot dire, le laissant débuter la conversation.

« Je tenais à m'excuser de nouveau. » Commença-t-il, en s'installant dans le fauteuil à côté du mien. « C'était irresponsable de ma part, je m'en rends bien compte. »

« Jim pense que ça n'aurait rien changé, de toute manière. Qu'il serait resté quand même. Donc il n'y a plus vraiment de préjudice. J'aimerais juste, qu'à l'avenir, tu ne me caches plus ce genre d'informations. Je suis un Vulcain, Leonard. Nous exécrons le mensonge et n'avons nul besoin d'être rassurés. » Lui expliquai-je.

« Je l'ai bien compris, à présent. » M'assura-t-il. « Jim m'en veut toujours ? »

« Il a un trop grand cœur pour son propre bien. »

« C'est aussi pour ça que tu l'aimes. » Dit-il, en souriant.

Ce qui me surprit. J'hochai simplement la tête, peu habitué à m'étendre sur mes sentiments.

« Tu peux le dire, tu sais. Ce n'est pas un gros mot. » Me taquina-t-il.

« Je l'aime pour beaucoup de raisons. »

« Je n'en doute pas. C'est difficile de le détester. » Confirma-t-il.

Je ne pus qu'être d'accord.

Un peu plus tard, je rentrai dans notre chambre, pour y trouver Jim, endormi sur le lit, tout habillé, Leonard en boule sur son ventre. Cette vision me fit sourire. Je m'assis délicatement à côté de lui, sans le réveiller et m'emparai doucement de sa jambe droite, pour la poser sur mes genoux et enlever la botte qui l'habillait, avant de faire de même avec la gauche. Il remua dans son sommeil, se colla à moi, en reconnaissant ma présence. Je me débarrassai ensuite de mes propres chaussures et de mes vêtements. Puis, je levai prudemment son t-shirt, en soulevant son torse d'un bras, jusqu'à le passer par-dessus sa tête. Il coopéra, quelque peu apathique. Je m'occupai après de son pantalon, bon gré, mal gré, avant de relever ses mollets, pour défaire le drap et le rabattre sur lui. Je contournai ensuite le lit, pour aller m'allonger de l'autre côté. Il se pelotonna contre moi, en soupirant. Je tendis une main, pour attraper les électrodes qu'il avait oubliées de mettre et les collai sur ses tempes, avant de déposer un baiser sur ses lèvres. Le tribble vint se blottir entre nous deux, alors que j'éteignais la lampe.

USS Enterprise, quartiers de Kirk et Spock, point de vue du Capitaine James T. Kirk.

Je me réveillai en sursaut, après un rêve étrange, dont je ne gardais aucun souvenir. Je me levai et me dirigeai au radar jusqu'à la salle de bain, uniquement vêtu du boxer que Spock m'avait laissé, pour satisfaire un besoin naturel urgent, si familiarisé avec les lieux, que je ne pris même pas la peine d'allumer la lumière. Une fois soulagé, je me rafraîchis au lavabo en m'aspergeant le visage et la nuque, avant de retourner me coucher contre le corps chaud à mes côtés. Je me demandai vaguement où était allé se planquer Leonard et vérifiai, d'une main, s'il ne se trouvait pas de nouveau dans les cheveux de Spock. Un léger rire monta dans ma gorge, à se souvenir. Mais il n'y était pas. En revanche, la tignasse brune n'avait pas sa texture lisse habituelle.

« Qu'est-ce qui se passe ? » Demanda une voix qui me donna l'impression de prendre un seau d'eau froide sur la tête.

Sur le coup de la surprise, je reculai trop brusquement et tombai violemment au sol. Rapidement, je me redressai et allumai la lampe, noyant soudainement la pièce d'une clarté crue. Debout au milieu de la chambre et incapable de réagir, j'observai Sinak s'asseoir au bord du matelas.

« Spock ! » Appelai-je, par la pensée, en fermant les yeux.

Mais aucune réponse ne me parvint, comme je m'y attendais. Je rouvris mes paupières et sursautai brutalement, en m'apercevant que le Vulcain s'était levé et se tenait juste devant moi.

« Que fais-tu ? Reviens te coucher. » Dit-il, en tendant une main vers moi.

Je reculai, instinctivement, la chair de poule couvrant mes bras, ma nuque.

« Tu n'es pas réel. » Affirmai-je, d'une voix beaucoup moins ferme que je ne l'aurais voulu.

« Tu crois ça ? » Contra-t-il, un sourire mauvais aux lèvres.

Il fit un pas de trop vers moi et je me précipitai vers la porte qui refusa de s'ouvrir. Je me retournai vers Sinak, qui marchait lentement dans ma direction, prenant son temps, et à ce moment-là, j'aurais tué pour avoir d'autres vêtements. Il fallait absolument que je surmonte ma peur. Elle était provoquée par cet homme, j'en avais la certitude. Je pris donc une position défensive que m'avais apprise Spock lors d'un de nos entraînements, pour me rassurer. Mon attitude sembla le surprendre, car il s'immobilisa. Mais soudainement, son regard se perdit par-dessus mon épaule et je compris que cela n'avait aucun rapport avec moi, quand un coup sourd retentit contre la cloison coulissante. Quelqu'un tentait manifestement d'entrer et si je ne savais pas vraiment à quoi m'attendre, rien ne pourrait être pire que le Vulcain en face de moi. À moins que Frank s'invite à cette petite sauterie, ce dont je doutais fortement. La porte s'entrebâilla légèrement, laissant passer deux mains qui agrippèrent fermement le battant, pour le forcer à s'ouvrir. Je crus rêver, même si cela semblait stupide puisque c'était déjà le cas, quand Spock apparut progressivement, ses traits crispés sous l'effort. Je fixai mon attention sur lui, oubliant quelques instants l'autre occupant de la pièce qui n'avait toujours pas bougé.

« Tu vas bien ? » Me demanda mon compagnon, en se faufilant dans la chambre, par la mince ouverture.

J'hochai simplement la tête.

« Qui êtes-vous ? » Lança-t-il à Sinak.

Ce qui me déconcerta. C'est en me retournant vers le Vulcain, qui n'en était plus un, que je compris.

L'homme en face de nous avait clairement les caractéristiques des habitants de la planète autour de laquelle nous orbitions depuis des jours. Il ne répondit pas à la question, ne sachant pas visiblement comment réagir.

« Comment es-tu arrivé jusqu'ici ? » Interrogeai-je Spock.

« Je suis là, parce que tu m'as laissé entrer. Quand j'ai vu que tu étais de nouveau prisonnier d'un cauchemar, j'ai tenté une fusion mentale. C'est ton rêve, Jim, ton esprit, il faut que tu en reprennes le contrôle. » Me dit-il, en prenant ma main avec force.

Se sentant certainement menacé, l'inconnu s'élança vers la sortie, en nous bousculant au passage. Mais, apaisé par la présence de mon mari, il me suffit d'imaginer la porte se fermer, pour que cela se produise. Acculé, il recula vers le lit, se plaqua contre le mur du fond.

« Qui êtes-vous ? » Répétai-je, plus fortement.

Il resta obstinément silencieux, ses yeux d'un vert troublant fixés sur nous.

« Pourquoi faites-vous ça ? » Tentai-je, une nouvelle fois, en m'approchant prudemment.

C'est alors que sans préavis, il fonça sur moi en hurlant, avant de me percuter violemment. La seconde d'après, je me redressai en sursaut, dans notre lit, le souffle court et le corps en sueur. Les doigts de Spock étaient encore posés sur mon visage, alors qu'il rouvrait les paupières, lui aussi ébranlé.