Epilogue
Note de l'auteur : Une nouvelle histoire qui s'achève sur une note positive, comme toujours, puisque je n'aime que les fins heureuses. J'ai déjà hâte d'écrire la suite, parce que je vous réserve plein de choses, en plus de l'intrigue principale. Merci de m'avoir lu et d'être encore là, pour vos reviews qui m'ont encouragé, parfois fait rire ^^
J'espère que cette fin vous plaira. Bonne lecture et à très vite!
USS Enterprise, quartiers de Kirk et Spock, point de vue du Capitaine James T. Kirk.
Les doigts de Spock se firent caressants, à la seconde où il comprit que la fusion mentale était rompue. Cette fois-ci, pas de crise d'angoisse. J'avais repris le dessus, sur la fin, malgré la peur qui me tordait les entrailles. Je retrouvai donc mon souffle assez rapidement, sous les attentions de mon compagnon. Un bruit aigu, qui me parvenait vaguement depuis que j'avais repris conscience, raisonna avec plus de force. C'est à ce moment-là, que je me rendis compte que c'était Leonard qui couinait entre nous deux, visiblement perturbé par notre comportement. Je fourrageai ses poils blonds d'une main apaisante, et instantanément, il se mit à ronronner, ce qui acheva de me calmer.
« Cela m'a demandé beaucoup d'effort. » Murmurai-je, d'une voix fatiguée.
« De contrôler ton rêve ? »
« Oui. Je ne pensais pas que c'était aussi dur. Après tout, c'est mon esprit. Mais, sans toi, je n'y serais pas parvenu. »
« Ne dis pas ça. Je suis sûr que tu en es parfaitement capable seul. » M'assura-t-il.
« Peut-être. Mais tu m'as sauvé la mise, sur ce coup-là. »
« Quelle apparence avait-il pris, avant que j'arrive ? » Me demanda-t-il.
Je me figeai, ayant presque occulté ce détail. Mais, le visage de Sinak envahit ma tête et je sus que Spock le voyait clairement. Il me serra contre lui, en prenant garde de ne pas écraser le tribble, avant de m'embrasser tendrement. Je lui rendis sa douce étreinte, puis m'enfonçai avec lassitude dans les oreillers, en soupirant.
« Essaye de te rendormir, il est encore très tôt. » Chuchota-t-il, en ramenant mes cheveux humides en arrière. « Et je suis sûr qu'il ne reviendra pas cette nuit. Demain, nous ferons son portrait-robot, pour le diffuser sur la planète. Quelqu'un le connaît forcément. Nous le trouverons. »
« Tu as sûrement raison. Je serais incapable d'oublier son visage. » Répondis-je, d'une voix déjà éteinte, les yeux fermés.
« Dors. Je veille sur toi. » Susurra-t-il à mon oreille.
Il déposa un baiser sur mes lèvres, puis m'invita à me blottir contre lui, après avoir hissé Leonard sur son torse.
…
Je me réveillais, seul dans notre lit. Ce constat me fit presque immédiatement angoisser. J'aperçus mon tribble, de nouveau dans sa cage et la place de Spock était encore un peu tiède.
« Ashayam ? » Appelai-je, par la pensée, en priant pour avoir un retour.
« Je suis sur la passerelle, ne t'inquiète pas. J'ai pris ta place, parce que ce matin même la sonnerie du réveil n'a pas réussi à te sortir de ton sommeil. J'ai donc décidé de te laisser dormir. Leonard m'a demandé de le prévenir, dès que tu serais debout. Il a insisté pour que tu passes à l'infirmerie, pour te faire examiner. » Me répondit-il.
« Dis-lui que j'arrive. » Affirmai-je, simplement.
Je soupirai de dépit et me levai de mauvaise grâce, pour prendre une douche rapide et m'habiller, avant d'aller consulter Bones.
…
Mon ami n'avait pas été trop dur avec moi. Se contentant de simplement m'examiner, pour être sûr que tout allait bien, en profitant pour prendre un échantillon de mon sang, dans le but de faire le point de l'évolution de mon ADN exposé aux gènes de Khan. Le tout, sans insister pour que je lui raconte mon cauchemar. Quelque chose me disait que Spock était passé par là, lui conseillant sûrement de ne pas aborder le sujet. Cela me soulagea et je me promis de le remercier d'une manière ou d'une autre.
Je débarquai enfin sur la passerelle, avec deux bonnes heures de retard, pour finir mon quart. Mon compagnon me céda mon fauteuil de commandement, en frôlant ma main, avant d'aller s'asseoir à son poste.
« Regarde sur ton PADD. » Me dit-il, silencieusement.
Je m'emparai de la tablette abandonnée sur un des accoudoirs, curieux. Un portrait numérique extrêmement fidèle de l'homme de mon rêve s'afficha en plein écran, me donnant un frisson désagréable.
« Je ne te connaissais pas des talents de dessinateur. » Pensai-je, taquin.
« Ce n'est pas mon œuvre, mais celle d'un logiciel de reconstitution faciale. Il suffit d'entrer le plus de détails possible. » Rectifia-t-il, modeste.
« Il n'empêche que c'est très bon. Avec ça, nous allons sûrement mettre la main sur lui. » Lui assurai-je. « Nous redescendrons en début d'après-midi, heure de la planète, pour demander à ce qu'on le publie dans les médias, en même temps que nous récolterons l'avis du peuple sur la fédération. »
Il acquiesça simplement, alors que j'appelais Leonard à l'intercom, pour le convier à notre mission.
…
À l'heure convenue, nous nous matérialisâmes une fois de plus devant la mairie. Sauf que contrairement aux autres jours, l'avenue était envahie par une foule compacte de personnes, certainement venues pour nous voir en chair et en os. Je décidai de considérer que cela était bon signe et saluai de la main les gens les plus proches de nous. Certains me répondirent d'un sourire, d'autres d'un hochement de tête. Nous entrâmes ensuite dans le bâtiment, pour y retrouver Blaise Wilkins, à notre plus grande surprise.
« J'ai pensé que vous aimeriez avoir affaire à un visage connu et me suis donc porté volontaire. » Nous dit-il.
« C'est très prévenant de votre part. » Lui répondis-je.
« J'ai lu votre article, comme tout le monde, là dehors. Si je comprends bien, malgré nos nombreuses différences de mode de vie, vous nous proposez votre protection contre d'autres espèces bien moins bienveillantes qui finiront sûrement par tomber sur nous. Et ce, sans rien demander en retour. » Résuma-t-il, quelque peu septique.
« C'est exact. Comme nous le faisons avec tous les mondes suffisamment avancés, technologiquement parlant, pour voyager dans l'espace profond. Le fait que vous n'ayez pas encore envisagé sérieusement la chose n'y change rien. Si vous aviez quoi que ce soit qui puisse nous intéresser, une ressource, une énergie, nous aurions négocié un accord d'échange, mais ce n'est pas le cas. Donc, la seule exigence que nous ayons, c'est que vous respectiez nos principes. Mais, c'est déjà le cas, de ce que j'ai pu voir, donc vous pouvez parfaitement rester tel que vous êtes. » Lui assurai-je.
« Dans ce cas, je ne pense pas me tromper en m'avançant à dire que la réponse sera probablement positive, de l'avis général. »
« Je l'espère. Vraiment. En attendant, nous avons une nouvelle requête, un peu particulière. » Enchaînai-je, en priant pour que la conversation ne tourne pas mal.
« Je vous écoute. » Répondit-il, curieux.
« Nous voudrions diffuser un portrait et que quiconque reconnaît cet homme, nous donne son identité, ou l'endroit où nous pourrions le trouver. » Lui expliquai-je, en lui tendant mon PADD.
« Que lui voulez-vous ? » Demanda-t-il, en fixant l'écran.
« Vous savez qui c'est. » Affirma Spock, devant le malaise visible de Wilkins.
« Oui et non. Je ne l'ai jamais rencontré personnellement. Mais, il y a un dossier, avec sa photo, dans nos archives. Je les ai parcourus, l'autre jour, quand j'étais de service et je suis très physionomiste. » Nous apprit-il. « Je vais tenter de le retrouver. » Ajouta-t-il, en se retournant vers les nombreuses étagères qui meublaient le bureau. « Vous n'avez pas répondu à ma question. » Cria-t-il, pour être entendu du fond de la pièce.
« C'est lui qui a trouvé le moyen de prendre le contrôle des rêves d'autrui, forçant ses victimes à affronter leurs pires craintes. Et n'essayez pas de nier, nous savons parfaitement que c'est arrivé à de nombreuses personnes ici. Sans compter mes propres cauchemars. »
Blaise se figea, avant de reprendre sa fouille, sans tenter de démentir.
« Mademoiselle Benson m'a fait part de votre discussion d'hier, quand je suis venu la relever, ce matin. » Nous apprit-il, en revenant derrière la vitre du guichet, un fichier en main. « C'est l'homme que vous recherchez ? » Nous demanda-t-il, en nous montrant une photo.
Je le reconnus immédiatement et hochai la tête.
« Il s'appelle Dick Bates et il s'est longtemps plaint de ne pas arriver à maîtriser ses rêves, par le passé. Sans parvenir à obtenir une aide efficace, puisque apparemment il est revenu à de nombreuses reprises. Il aura certainement trouvé un moyen, qui manifestement lui donne des capacités particulières. » Lit-il.
« Il serait donc motivé par la vengeance. » Déduit Spock.
« Et souhaite faire payer son calvaire à cette société qui n'a pas su l'épauler. » Compléta Bones.
« Il nous reste encore à le trouver, pour essayer de le raisonner et l'empêcher de nuire à nouveau. » Conclus-je. « Une adresse est-elle précisée ? »
« Oui. Je vois très bien où son immeuble se trouve. Je peux passer la main et vous y emmener. » Nous proposa Wilkins.
« Nous vous suivons. » Répondis-je, désireux d'en finir.
…
Le bâtiment ne se trouvait qu'à quelques rues. Ce Dick était à moins d'un kilomètre, depuis tout ce temps, et cela me dépita d'autant plus. Sur le chemin, beaucoup de gens nous saluèrent, visiblement enthousiasmés par notre présence. Ce qui me remonta le moral. Nous sonnâmes longuement à son appartement, sans obtenir la moindre réponse. Nous étions sur le point de partir, quand l'homme sortit de l'ascenseur dans le but de rentrer chez lui. Quand il nous aperçut, il stoppa ses gestes une fraction de seconde, le temps de se rendre compte que retourner dans la cabine ne servirait à rien, car nous serions sur lui bien avant que les portes ne se referment, et se précipita finalement sur l'accès à la cage d'escaliers. Nous le prîmes en chasse, dévalant les marches, en sautant quelques-unes, dans l'espoir de le rattraper. Il se jeta sur la sortie, s'élança dans la rue pleine de monde, mais je le plaquai au sol avant qu'il ne disparaisse de notre vue. Il se débattit avec force, mais avec l'aide de Spock et Bones, il abandonna finalement le combat et se rendit.
« Étrangement, vous m'impressionnez beaucoup moins dans la réalité, monsieur Bates. » Raillai-je, en le relevant.
« Il fallait bien que je tente tout ce qui était en mon pourvoir, pour vous faire fuir. Vous ne vouliez pas laisser tomber. J'ai bien senti que, si mes semblables n'admettraient jamais ne plus contrôler leurs rêves, vous ne suivriez pas leur exemple. » Cracha-t-il, alors que mon compagnon maintenait ses bras derrière son dos.
« Ce n'est pas à nous que vous avez des comptes à rendre, mais à eux. » Dis-je, en désignant la foule qui s'était rassemblée à la vue du grabuge. « Nous n'interviendrons pas dans votre jugement. » Lui assurai-je, à contrecœur. « Puisque vous n'avez pas de représentant officiel, que comptez-vous faire ? » Demandai-je à Blaise.
« Cesser de nier la situation, pour commencer. Et certainement voter pour sa condamnation. »
« Vous parlez de votre châtiment onirique ? Le cauchemar sans fin, jusqu'à ce qu'il parvienne à faire pénitence de ses crimes ? » S'interrogea Bones.
« En effet. En espérant qu'il en sorte, en paix avec lui-même. » Répondit Wilkins.
« Cela n'explique pas comment vous vous y preniez. » Fit remarquer mon compagnon, en s'adressant à Bates.
« J'ai amélioré les électrodes dont les enfants se servent. Celles-là même que je n'ai jamais pu quitter, puisque j'ai toujours été incapable de maîtriser le vol. » Répondit-il, sur un ton amer. « J'ai bien dû me débrouiller seul, vue qu'aucun de ces égoïstes n'a vraiment essayé de me venir en aide. Et quand j'ai pris conscience de mes nouveaux pouvoirs, j'y ai vu une occasion trop belle de les faire payer. » Fulmina-t-il, en fixant Blaise, comme s'il était le seul responsable de son malheur.
Ses justifications me contrarièrent. Encore une victime d'un système qui se voulait parfait, mais que ne l'est pas. Je n'avais même pas la force de vraiment lui en vouloir pour avoir gâché mes nuits et manqué de me faire mourir de peur. Il n'était certes, pas très sympathique et plutôt antipathique, mais je savais qu'il paierait suffisamment cher pour ce qu'il avait fait. Je ne vis aucune raison de l'accabler d'avantage. Nous le remîmes donc entre les mains de l'équivalent de la police locale, avant de retourner à la mairie, dans l'espoir d'enfin pouvoir signer un traité avec cette civilisation.
…
Devant l'édifice, les personnes présentes s'étaient chargées de monter une plate-forme, sur laquelle trônait un micro. D'un coup d'œil circulaire, je repérai de nombreuses caméras. Quand je compris ce que cela impliquait, j'eus très envie de disparaître.
« Pitié. » Pensai-je, dépité.
« Ça va très bien se passer. » Me rassura Spock, à voix haute, attirant l'attention de Leonard sur la conversation.
« Mais je n'ai rien préparé et j'ai horreur de faire des discours. » Me plaignis-je.
« Celui que tu as prononcé quand nous avons rebaptisé l'Enterprise résonne encore dans ma tête, tant il était magnifique. » Intervint Bones.
Je levai les yeux au ciel.
« Tu n'as qu'à être naturel. Tu es un très bon orateur et tu le sais très bien. » M'encouragea mon compagnon. « Tu es le mieux placé pour présenter la fédération sous son meilleur jour. »
Je soupirai, résigné, avant de monter sur l'estrade.
…
Ma déclaration fut la plus brève possible et les questions nombreuses. J'y répondis du mieux que je pus, sous les regards bienveillants de mon mari et mon meilleur ami. Ils me donnèrent la confiance dont j'avais besoin. S'adresser à mon équipage ou même aux cadets de l'académie était une chose, parler à tout un peuple en était une autre. Savoir que la totalité de la planète m'écoutait derrière des écrans, me donna le vertige. Tout dépendait de ce qui sortait de ma bouche et c'était une sacrée responsabilité. Je pensai à mon père, que je n'avais pas connu, à Christopher, sans qui je ne serais certainement pas là, et aux raisons qui m'avaient poussé à m'engager. J'y étais, dans la découverte de nouvelles formes de vie intelligentes et évoluées. Avec leurs bons et leurs mauvais côtés. Et en quittant la scène, sous les applaudissements de la foule, j'espérais les avoir convaincus de s'étendre au-delà de leur monde, pour peut-être enfin transposer leurs rêves dans la réalité.
…
C'est avec un traité signé en poche et dans la bonne humeur générale, que j'observai la planète s'éloigner sur l'écran principal. Partir restait malgré tout un soulagement, même si ces gens avaient tout pour plaire, les ondes bêta avaient des conséquences difficilement supportables, à la longue, électrodes ou pas. Nous allions pouvoir enfin retrouver un sommeil normal. Je donnai un nouveau cap à Sulu, avant que nous passions en distorsion, vers une des nombreuses zones encore inexplorées de l'espace infini, un sourire aux lèvres. Quelque chose me dit que notre prochaine aventure serait épique.
FIN
