Désolé pour le délai, ma bêta-lectrice avait des problèmes de connexion internet, ce sont des choses qui arrivent ! :)
Chapitre réservé aux plus de 18 ans. :)
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Chapitre 7
L'eau montait en vagues violentes, frappant ce qui se trouvait sur son passage. Accompagnée d'une pluie battante et interminable, elle avait commencé par engloutir les ports, avait rongé le calcaire des pierres et avalé les plus faibles. Les gens avaient reculé sur les montagnes, mais les rivières débordaient aussi. Paniqués, ils cherchaient de plus en plus à atteindre les sommets, leurs vivres s'amenuisant. Des querelles avaient éclaté, et certains avaient été abandonnés délibérément près des flots montants. D'autres, découragés, avaient simplement attendu près de l'eau. Ils croyaient que le déluge les tuerait, mais ils avaient fini sous les crocs d'animaux sauvages paniqués. La mer avait recouvert ce qui restait de leur corps, nettoyant jusqu'à l'os.
Les gens continuèrent à monter, se souvenant soudain de prières oubliées au dieu des océans, mais s'il les écouta, il ne les agréa pas et la mer les faisait reculer chaque jour davantage. Les disputes s'intensifiaient et devenaient de plus en plus violentes. On n'oubliait plus les gens, on les battait jusqu'à ce qu'ils ne bougent plus, on les attachait aux arbres pour les offrir en sacrifice, ils hurlaient et on les égorgeait pour s'emparer de leurs vivres.
« Lâches… » murmura soudain celui qui venait d'assister à un de ces meurtres.
Le groupe se retourna vers l'insolent, prêt à en finir avec lui aussi, avant de se pétrifier. Il était vêtu d'or, et les ailes de raie de son armure perçaient leur vision d'un rai de lumière inquiétant sous la pluie. Le visage fermé, il leva le bras droit et prononça un seul mot qui perça de glace le groupe entier.
« Le seigneur Poséidon a raison, cette espèce est vraiment contaminée » murmura-t-il en partant traquer d'autres fuyards.
Les récits de ces guerriers se répandirent au sein de l'humanité. Ils leur avaient dit être des Marinas, et ce nom faisait désormais trembler. Ils avaient pris soin de laisser parfois quelques survivants qui, terrifiés, étaient partis raconter ce qu'ils avaient vu à d'autres. La rumeur enfla et atteignit la déesse Athéna. Elle avait bien reconnu le cosmos du dieu provoquant le déluge, mais les Marinas qui semaient l'apocalypse n'étaient pas prévus. Elle envoya les guerriers de l'humanité les affronter.
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Ca, des soldats? songea Sirène. Ils étaient si faibles.
En voyant enfin apparaître des troupes armées, le musicien avait eu l'espoir de trouver des combats plus exaltants. Mais il avait été vite déçu. Ces hommes ne possédaient pas une bribe de cosmos, et battre une armée s'était révélé désespérément aisé. En quelques notes, ils avaient cessé de bouger, trois notes plus tard, leurs cœurs s'étaient arrêtés. Si facile…
Plus loin, les civils l'avaient regardé avancer, terrifiés. Sirène avait hésité un instant, incertain. Poséidon lui avait ordonné de tuer tout le monde, mais il n'avait parlé que des soldats. Il ignorait la présence d'autres humains. Le musicien soupira. L'eau les engloutirait de toutes manières. Il les laissa face à leur destin sans jouer une note sur eux.
En rentrant vers le nouveau Sanctuaire d'Atlantis, Sirène regardait l'avancée des eaux sous la tempête. La terre était recouverte presqu'à moitié, la mer purifiant le sol du passage humain. Les choses avançaient bien. Il se demanda vaguement ce que devenait Noé et sa famille, seules personnes que Poséidon avait protégées avec d'autres espèces animales. Se montreraient-ils dignes de cette confiance ? En soupirant, Sirène plongea dans l'océan pour retrouver Atlantis.
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Ce nouveau Sanctuaire était beaucoup plus grand que le précédent, plus sculpté, avec une architecture plus recherchée, et assez atypique. Il était bâti selon une stratégie défensive, avec neuf demi-cercles concentriques, le temple de Poséidon au centre. Le cosmos du dieu s'étendait derrière le diamètre donnant sur l'océan, le rendant plus impénétrable encore que l'étaient les murs arrières. La chose lui assurait un mur d'eau dans sa chambre, en plus de la cascade d'eau claire, mur qui lui donnait une vue directe sur les fonds marins, et Poséidon aimait s'asseoir en face, plongé dans ses pensées, les yeux bercés par les flots.
« Mon seigneur… » s'annonça Sirène.
Poséidon lui sourit.
« Quelles nouvelles, mon oiseau sauvage ?
— Les soldats sont faibles… A moi-seul, j'ai pu battre une armée entière…, expliqua le général.
— Je vous ai bien choisis… »
Il leva la tête pour observer son Marina.
« Ôte ton armure, c'est l'heure de mon concert privé » ordonna-t-il.
Sirène laissa sa Scale se refermer en sculpture ailée, et commença à jouer.
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« Ah, tu n'as aucune idée à quel point ta musique peut être envoûtante, même sans sort en elle… » félicita Poséidon en se redressant à la fin de la mélodie.
Sirène sourit en regardant le dieu s'avancer vers lui. Poséidon se pencha sur Sirène et laissa son Marina remonter sur sa bouche, l'embrassant tendrement. La main de Sirène serrait l'étoffe du dieu alors que le musicien gémissait faiblement sous le baiser. Il avait vaguement conscience du frôlement doux de la cascade de cheveux qui l'entourait, de la fraîcheur du mur d'eau derrière lui. Depuis combien de temps ses concerts privés finissaient-ils ainsi, en baisers dans lesquels il se noyait ? Sa poitrine lui faisait mal, mais la douleur était sublime, se transformant en bonheur inondant sous la bouche de sa divinité.
Poséidon se détacha de Sirène et glissa sa main sur son torse.
« Si tu le voulais, je pourrais jouer avec… » badina-t-il.
Il caressa le bras nu qui serrait l'aulos et bifurqua vers les hanches.
« … ta flûte » rajouta Poséidon en souriant.
Il se pencha et chuchota dans l'oreille de Sirène :
« Je t'apprendrais des mélodies que tu ignorais pouvoir chanter, je jouerais de ton corps et il en sortirait des sons exquis. Tes doigts navigueraient sur moi, pianoteraient au rythme de la musique que je créerais en toi. Et tes lèvres viendraient souffler l'air de tes refrains en moi, s'ouvriraient sur la mélopée que je t'inspirerais. Oui, nous pourrions créer une symphonie si tu le désirais, mon oiseau sauvage… »
Il recula, et regarda le visage troublé de Sirène, satisfait de lui.
« Tu peux disposer » dit-il simplement.
Le Marina hésitant recula. Le dieu était retourné s'asseoir sur son lit, ne l'observant plus. Troublé, Sirène s'inclina avant de saluer. Poséidon ne lui répondit même pas.
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Les appartements des généraux se trouvaient dans le même temple que Poséidon, à peine plus loin, un étage au dessus. Ils ouvraient aussi sur l'océan, et la lumière bleue artificielle tombait dans leurs chambres claires.
Dans son lit, Sirène ne trouvait pas le sommeil. Sans doute était-il inquiet de la bataille à venir, se dit-il. Oui, sans doute. Le goût des baisers de Poséidon était gravé sur ses lèvres, et enivrait son corps agité.
Je jouerais de ton corps et il en sortirait des sons exquis.
La voix du dieu résonnait encore en lui, vibrait au rythme de son coeur. Un désir fou l'inondait et il ne parvenait pas à l'assécher. Sans réaliser ce qu'il faisait, Sirène se leva et s'habilla légèrement avant de courir vers la chambre de Poséidon.
Le dieu était alangui sur son lit, ses yeux mi-clos observaient le ballet des poissons derrière le mur d'eau. Il remarqua Sirène et un sourire avide émergea sur son visage. En un geste de la main, il l'enjoignit à approcher. Sirène avança doucement, son coeur battant dans ses tempes, engloutissant sa raison.
« Je… Je ne sais pas pourquoi je suis là » bredouilla-t-il en s'asseyant sur les draps.
Le dieu rit.
« Moi je le sais… C'est… visible… » sourit-il en déshabillant rapidement son Marina.
Sirène rougit légèrement alors que les doigts de Poséidon révélaient son sexe dressé. Le dieu l'allongea à ses côtés, l'embrassant pour le rassurer.
«Le veux-tu ?» demanda-t-il.
Sirène plongea dans les yeux océan qui le contemplaient. Ils étaient purs, asile pour son âme égarée. Il n'avait jamais autant désiré quoi que ce soit de sa vie entière, Sirène réalisa enfin. Il était consentant au-delà des mots.
« Oui… » parvint-il difficilement à gémir.
Les lèvres de Poséidon redescendirent sur les siennes alors que sa main ondula vers le membre en érection, le serrant soudain avant d'entamer un rapide va et vient. La sensation se déversa dans les nerfs de Sirène, dévastant ses dernières pensées cohérentes. En un râle rauque, il se tendit sous la marée de plaisir, acceptant de se noyer sous les flots de son désir.
Il entendit Poséidon rire, alors qu'il regagnait doucement la surface de sa conscience. Le dieu était toujours couché à ses côtés, léchant pensivement ses doigts fins. Comprenant brusquement ce qui s'était produit, Sirène s'assit vivement.
« Je suis désolé… Vous n'avez pas, laissez-moi vous… »
Poséidon barra son torse de son bras et le rabattit sur le lit.
« Quand tu seras de nouveau en état, je m'amuserai avec toi, n'en doute pas un instant… » susurra-t-il.
Ses yeux luisaient dans la lumière étrange de la pièce.
« Mais pour le moment, contente-toi d'aller t'essuyer ou te rincer même » termina-t-il en indiquant le mur d'eau et la cascade.
Sirène murmura un acquiescement et alla tremper son ventre dans l'océan proche. Il retourna ensuite s'allonger près du dieu, qui posa sa main sur sa poitrine. Fatigué, Sirène trouva enfin le sommeil.
