Chapitre réservé aux plus de 18 ans. :)

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Chapitre 8

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Sirène se réveilla seul dans le lit défait. Se souvenant de ce qu'il avait fait la veille, il trembla de son audace. Mais Poséidon l'avait accepté, non ? Le musicien se redressa, repoussant une mèche rebelle derrière l'oreille. Ses yeux balayèrent machinalement la pièce et se figèrent soudain. Poséidon avait avancé dans le mur de l'océan, et marchait doucement sur le fond marin. Il ne portait aucun vêtement et ses longs cheveux d'or flottaient en algues fines autour de son corps nu. La vision emplit Sirène d'une émotion étrange qu'il ne parvenait pas à définir, et son regard s'était noyé en direction du bras droit du dieu, légèrement levé.
Poséidon remarqua qu'il était admiré, et se retourna vers le Marina assis sur le lit. En lui souriant, il lui fit signe de venir le rejoindre, et Sirène alla franchir le mur d'eau. Sa technique pour transformer les flots en quelque chose de respirable s'automatisa, il ouvrit la bouche et veilla à rester sur le sol. Mais ses mouvements avaient ralenti, son allure s'était adoucie. Les mains de Poséidon étaient fraîches quand elles se posèrent sur les siennes, mais le coeur de Sirène était si chaud que cela lui fit du bien. Le dieu lui souriait toujours, et il baissa le visage sur le front du Marina. N'osant pas l'embrasser afin de le laisser respirer, il le frôla doucement de ses lèvres. Sirène frémit sous la berceuse des mèches blondes qui l'effleuraient sans le vouloir. Les doigts de Poséidon lâchèrent les phalanges du musicien et partirent caresser les bras avant de dériver sur le torse. Le dieu colla le Marina contre sa poitrine et descendit ses mains dans le dos nu. Sirène sursauta quand Poséidon cajola ses reins, et le dieu alla taquiner les fesses rondes. Le musicien s'accrocha aux épaules de Poséidon, tentant de garder le contrôle de sa respiration marine malgré la caresse. Le dieu s'en aperçut et cessa. Il s'empara du poignet de son Marina et le ramena dans la chambre voisine.
Sirène inspira en retrouvant l'air avant d'être inondé par la cascade d'eau sous laquelle Poséidon les avaient entraînés. Mais il pouvait respirer, et le dieu se pencha pour prendre le baiser qui était impossible plus tôt. Le contraste avec la pesanteur légère de l'océan clouait Sirène sous la bouche rose, mais, à nouveau, son cerveau ne parvenait plus à raisonner correctement. Enivré par les lèvres goûtant le reste de sel sur sa langue, Sirène gémit. Poséidon rit.
« Je te l'ai dit, je compte bien… m'amuser avec toi, chuchota-t-il.
— Hum… », parvint uniquement à souffler Sirène en se laissant glisser sur le drap du lit où ils venaient de s'allonger.
Poséidon coula une main entre les jambes du musicien, vérifiant rapidement la raideur du sexe dressé. Satisfait, il sourit et roula sur le dos, portant le corps mince de Sirène sur lui.
« Sers-toi de ta bouche, c'est ton talent, non ? » badina-t-il.
Le Marina rougit mais se pencha pour embrasser le cou humide du dieu.
« Plus bas » rit Poséidon.
Comprenant le souhait, Sirène descendit et ouvrit des lèvres hésitantes sur le membre blanc, absorbant la douceur de la muqueuse dans sa gorge. Il n'avait pas prévu un tel velouté et le musicien le goûta le plus profondément possible. Resserrant ses lèvres en cercle ferme, il recula pour mieux retourner déguster la peau suave du sexe, enroulant sa langue autour du membre tandis qu'il redescendait.
« Voilà… » soupira Poséidon.
Sirène creusa les joues en gobant la verge encore humide de la saveur de l'océan. Sa tête se promenait en va-et-vient gourmands, alors que le désir pur dans sa bouche l'enivrait. Le dieu gémit et ses doigts se figèrent dans les cheveux transparents du musicien. Ses hanches s'agitèrent machinalement alors qu'il maintenait les mèches claires, et Sirène sentit le sexe tremblant s'enfoncer plus profondément encore dans sa gorge. Sa bouche touchait le pubis blond et les poils fins venaient lui chatouiller le nez. La sensation était presque douloureuse, mais le dieu recula avant qu'elle ne le devienne vraiment. Il se retira des lèvres consentantes et ouvertes, et un râle de protestation suivit. Sirène tenta de retourner boire le sexe tentant, mais Poséidon ramena la bouche rose vers la sienne.
« Je le savais que c'était ton talent… sourit le dieu.
— Laissez-moi poursuivre… » supplia presque le musicien.
Poséidon rit.
« Gourmand… La prochaine fois, peut-être, badina-t-il. Mais là, j'ai d'autres projets pour toi. »
Il attrapa près du lit une bouteille.
« Les légendes disent que c'est Athéna qui a créé l'olivier… Foutaises… » commenta-t-il en huilant sa main.
Il amena sa main entre les jambes de Sirène et enfonça ses doigts entre les fesses rondes.
« Et maintenant mon oiseau sauvage, ne regarde plus que moi.
— Je ne fais que vous regarder tout le temps, même quand vous n'êtes pas à côté de moi… » murmura Sirène.
Poséidon posa un baiser léger sur l'épaule ronde et plongea les phalanges dans le corps encore étroit de son Marina. Ce dernier gémit, se noyant dans la mer du bleu des yeux du dieu. Poséidon descendit sur ses lèvres et l'embrassa alors qu'il s'installait entre les jambes du musicien. Se décollant de la bouche chaude, il ramena les cuisses de Sirène autour de ses hanches et s'ancra le bassin entrouvert.
La sensation était étrange pour le Marina. Il n'avait jamais ressenti une… plénitude pareille, mais le côté inhabituel était plutôt agréable. Il avait été conquis, mais l'envahisseur venait avec un banquet à partager. Il était occupé, mais le victorieux cherchait uniquement à apprendre sa culture. En un soupir rauque, Sirène s'accrocha aux bras durs de Poséidon. Il ne voulait pas se noyer seul et eut la prétention d'amener le dieu des océans au fond de ses flots, alors il noua ses jambes dans le dos de la divinité et se serra contre le corps ferme.
En vagues rapides, Poséidon se coulait entre les fesses de son Marina, l'inondait de son regard trouble. Au fond de lui, Sirène sentit le sexe tremblant du dieu frôler des parties inconnues, qui irradièrent ses nerfs de remous d'un plaisir sourd. Ses doigts s'enfoncèrent dans la peau pâle de Poséidon, la faisant rougir alors que son excitation montait.
Les longues mèches du dieu étaient encore humides et gouttaient sur les draps blancs. Sirène mordit le tissu épais. Poséidon n'avait pas complètement rincé ses cheveux et le goût de l'océan sala la langue avide du musicien. Le dieu accéléra et Sirène serra encore plus les dents pour étouffer un cri de désir. Une marée d'un plaisir nouveau le submergeait de plus en plus, et Sirène cherchait à y couler. Poséidon posa soudain sa main sur le sexe délaissé du musicien et ce dernier se cambra. Les doigts du dieu encerclèrent le membre tendu et le caressèrent.
La respiration accélérée de Poséidon… Son corps qui avait adopté la forme exacte de la verge frissonnante du dieu plongé en lui… La caresse étroite de son sexe tremblant… L'arôme de la mer au fond du palais… Trop de sensations qui déchaînèrent un désir inconnu en Sirène. Le ressac de son plaisir fondit dans la main serrée de Poséidon en un gémissement étranglé. Le dieu se crispa sous les contractions de son amant, en oubliant d'en inspirer quelques secondes, et versa son propre plaisir au fond du musicien ouvert.
Poséidon resta un instant sans bouger, puis se retira du corps de son Marina avant de le regarder.
« Hum, je crois qu'à partir de maintenant, tu resteras près de moi à la fin de tes concerts privés… » chuchota-t-il.
Sirène sourit.
« Si cela vous plaît…
— Je ne suis pas le seul à qui cela plaît, non ? » protesta gentiment le dieu en embrassant doucement le musicien.
Sirène serra Poséidon contre lui. Un instant, il crut comprendre ce que pouvaient ressentir Molpê et Thelxiopê pour Perséphone, mais l'exclusivité de son sentiment balaya vite ce souvenir. Ce n'était pas qu'un simple attachement. Pour Poséidon, il aurait abandonné les autres nymphes et aurait continué à le chercher inlassablement s'il avait disparu. Il eut peur de lui-même.

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Le déluge de Poséidon envahissait de plus en plus les terres. Quelques montagnes hautes seulement émergeaient encore des flots, sur lesquelles on trouvait de rares survivants affamés. Les Marinas ne cherchaient même plus à les combattre, attendant seulement que l'océan les recouvre tous. Non, les généraux étaient bien plus préoccupés par un autre endroit résistant encore à l'inondation. Un minuscule temple consacré à Athéna pas si loin pourtant de la mer. Mais la déesse avait étalé son cosmos et cette petite excroissance rocheuse résistait à la montée des eaux.
Lymnades était parti voir, son don était le plus utile pour espionner discrètement. Les autres généraux avaient guetté impatiemment son retour, devenant inquiets au fil des jours. Alors quand il finit par revenir une semaine plus tard, ils lui pardonnèrent même son agaçant sourire en coin.
Assis sur son trône, Poséidon le regarda s'incliner devant lui, les yeux un peu plus agrandis que d'ordinaire.
« Mon seigneur…, commença Lymnades. Athéna a réuni des jeunes gens autour d'elle. Elle les appelle ses "Saints". Elle a copié votre système d'armures et a décidé d'un système basé sur les constellations…
— Les constellations ? s'étonna Poséidon.
— Oui. Par exemple deux combattants la suivent nuit et jour, le Saint de Pégase et celui du Capricorne. »
Chrysaor laissa échapper une exclamation de mécontentement au nom de Pégase. Poséidon l'observa un instant et le général pencha la tête en excuse silencieuse.
« Intéressant… » chuchota le dieu.
Il sourit en lissant son menton du dos de ses phalanges. Lymnades pencha la tête, un air de satisfaction dessiné sur son visage.
« Et mon seigneur…, ajouta-t-il.
— Oui ?
— Ils veulent vous attaquer…
— Bien sûr » taquina le dieu.
Le sourire en coin de Lymnades se creusa.
« Vous voulez que je vous parle des sept Saints ? »
Poséidon éclata de rire.
« Ah, je te reconnais bien là… »
Lymnades plissa les yeux avec contentement.

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La lumière artificielle bleue irradiait Atlantis, rentrait par le mur d'eau du palais pour asperger les Marinas allongés. Endormi aux côtés de Poséidon, Sirène s'était laissé aller, le bras posé inconsciemment sur le torse dévêtu du dieu, sa respiration caressant son épaule.
La déchirure dans le cosmos à l'autre bout du Sanctuaire le réveilla en sursaut.
« Ils sont enfin arrivés…, murmura Poséidon encore alangui. Deux…
— J'y cours mon seigneur » répliqua Sirène en s'habillant rapidement et enfilant son armure.
Le Dragon des Mers était déjà là quand le musicien arriva. Sur un mur, il observait les deux intrus en dessous de lui. L'un avait des sortes d'ailes autour de la tête, et l'autre était vêtu d'or. Ils avançaient sans même tenter de cacher leur présence, gonflés d'un cosmos bien plus élevé que Sirène n'en avait senti chez les autres humains.
« Pas un pas de plus » dit enfin Dragon des Mers.
Les Saints levèrent la tête en souriant.