Non, je ne suis pas en retard, c'est faux ! Chapitre un peu plus long que d'habitude. Enjoy !
De l'autre côté de la route.
Chapitre 5
Le temps passa. Pour la plupart de la population, rien d'extraordinaire. Mais pour un certain américain d'origine écossaise, il avait cette impression qu'un petit malin s'amusait a transformer les minutes en secondes, les heures en minutes, les jours en simples heures. Tout passait trop vite.
Un mois déjà. Il en était à la moitié. Il avait beau retourner le problème dans tous les sens, il n'arrivait pas à voir la chose du bon côté. Lui qui voyait habituellement le verre à moitié plein, cette fois-ci c'était peine perdue. Un mois. Quatre semaines. Trente jours. Sept-cent vingt heures. Quarante-trois mille deux-cent minutes. Deux millions cinq-cent quatre-vint douze mille cinq-cent douze secondes. Cinq-cent treize. Cinq-cent quatorze. Cinq-cent quin- et la même chose devant lui. Et il n'arrivait à trouver le bon côté. Déjà un mois de passé, plus qu'un mois et il était fichu. Un mois de liberté. Aurait-il la force de faire face à son père et rendre hommage à sa mère ?
Car oui, depuis que Bobby lui avait parler de cette dernière en le faisant passer pour le pire des fils, Dean prenait la main mise de son père sur sa vie comme un affront. Mais maintenant... Que pouvait-il faire ? Il n'avait qu'a se dresser face à son père, lui tenir tête, lui imposer un autre style de vie que celui qu'il voulait pour sa personne. C'est sur, sur le papier, c'est simple. Très simple. Mais c'était mal connaître seigneur John Winchester. Vraiment très mal le connaître. Tout n'était pas si simple.
D'un geste nonchalant et un peu trop mécanique à son goût, il ouvrit la porte de son appartement pour s'y aventurer dans la pénombre. Il claqua la porte d'un coup de pied bien placé avant de laisser brutalement tomber son sac au sol. Il aura tout le temps futur de le ranger. Au contraire, il s'avança dans son petit appartement, répétant les gestes qu'il avait fait quelques trois semaines plus tôt, ici s'avancer jusqu'à sa cuisine, prendre une bière et se laisser lourdement tomber dans le canapé. Il lança un regard circulaire à son appartement. Rien n'avait bouger, comme s'il n'était partit que la veille. Même le cadavre de la bouteille de bière ouverte traînait sur la table basse, et aucun nouveaux messages n'étaient sur son répondeur. Certes, les portables existaient et c'est par ce biais que ses amis l'avaient contactés ainsi que Bobby, mais ce petit zéro rouge lumineux sur le support lui mis du plomb dans l'estomac. Comme si personne ne se souciait... Ce n'était pas le cas, mais il y a de ses détails qui vous plombent, et c'était un de ces fameux détails. Après un soupire, il commença à siroter sa bière et ferma les yeux.
Ses trois semaines de vide, ce petit écart à sa routine lui avaient permis de se ressourcer. De se retrouver en quelque sorte, et aussi trouver le courage pour réaliser son entreprise. Mais tandis que sur la route, dans ses hôtels miteux et dans de nouveaux bras tous les soirs, il l'avait trouver ce courage, cette petite étincelle, cette adrénaline suffisante, maintenant qu'il était de retour dans son cocon, toute cette sensation semblait s'être estompé. Il était partit en ayant perdu le courage de parler à Castiel, ainsi que sa motivation. Sur les chemins, il l'avait retrouvé. Et maintenant... Il se retrouvait là. Peut-être était-ce cela la solution. Le changement.
Dean rouvrit les yeux, pensant un instant à se moquer de sa personne. Mais après réflexion, ce n'était pas si bête. Il aimait sa vie. Et malgré ce que son père pouvait penser, il était un électron libre. La petite routine ne lui convenait pas. Et la routine qu'il avait quitté trois semaines plus tôt ne lui convenait pas du tout. Si ce n'était que ça...
Dean sauta sur ses pieds, bien décider à remédier à tout cela.
Il fut d'abord prit d'une folie ménagère. Tout y passa. Cuisine, salon, couloir, salle d'eau et chambre. Même les linges furent pris d'assaut. Il prit même la peine de vider sa lessive dans ses toilettes pour avoir une bonne excuse d'aller en emprunter à sa voisine de palier. Toute sa garde robe se retrouva dans la machine pour s'absorber de cette nouvelle odeur. Il nota le nom sur un bout de papier. Demain, il irait acheter un nouveau parfum, une nouvelle lessive... Pourquoi pas une nouvelle marque de bière ? Quitte a faire dans le changement, autant y aller franco.
Puis ce fut l'ameublement qui en prit un coup. Bien que la soirée soit déjà bien entamé, il n'eu aucun scrupule à changer de place canapé, guéridons, table basse, meuble télé... Il n'était pas bête pour faire un simple reflet miroir, et il se prit rapidement la tête pour trouver un nouvel aménagement fonctionnel. Quiconque extérieur à sa situation, voire même extérieur à son cheminement de pensées l'aurait prit pour un fou, mais Dean trouvait cela logique, et donc nécessaire de changer d'air pour-
Tiens, en parlant de changer d'air, les fenêtres. Et ces immondes rideaux. Il avait passer des semaines à se cacher derrière, il n'en voulait plus.
Les rideaux furent donc arrachés. Un peu trop brutalement, il ne faut pas le cacher. Si brutalement qu'il en fit tomber le cadre photo de lui et de son frère lors de l'obtention du diplôme du secondaire de ce dernier ainsi que son calepin.
Son calepin...
Dean stoppa tout mouvement, le regard rivé sur les feuilles au sol. Le dernier mot qu'il avait écrit à Castiel. Ce dernier avait-il prit le temps de le lire ? Ou avait-il continuer de fuir son appartement comme il semblait avoir prit l'habitude de faire après leur rencontre dans l'ascenseur ? Le jeune homme retint un soupire de déception en lâchant les étoffes et se pencha pour ramasser les feuilles ainsi que le cadre photo - fort heureusement, il n'était pas abîmé -. Le repositionnant, il se risqua à regarder de l'autre côté de la route. Et il s'en aurait voulut de ne pas l'avoir fait. Un sourire fleurit sur son visage : Devant lui, sur les baies vitrés de son Peintre - Oui, le SIENS, il ne partageait pas. Namého, z'avez cru quoi... -, Castiel semblait s'être amusés à compter le nombre de jour d'absence de Dean. Là, visible grâce à la lumière de l'appartement de l'artiste, de petits groupes de quatre petits battons barrés d'un cinquième constellaient la vitre, à l'instar d'un mur prison, mais beaucoup plus agréablement - nous parlons d'un artiste tout de même - . Cette vision retira la chape de plomb du fin fond de son ventre qui avait élu domicile lors de son retour et qui n'avait même pas fait mine de s'alléger lors de son acharnement de réorganisation appartementale – Nouveau mot, bonjour -. Il dut retourner de nouveau son appartement pour trouver un stylo - non mais quelle idée. Peut-être se devait-il d'investir dans l'achat d'un bureau digne de ce nom, avec toutes les babioles qui vont avec, genre pot à crayon, ça lui éviterait de courir partout, non ? -
Il se laissa tomber dans son fauteuil qu'il avait instinctivement réinstaller encore plus près de la fenêtre - coïncidence ? Je ne crois pas - pour s'appliquer à griffonner son carnet.
" Plus besoin de compter, Cas. "
Le guéridon qui avait accueillit son message pendant son voyage était le seul meuble qui n'avait pas bouger lors de sa folie ménagère se retrouva de nouveau affublé contre la fenêtre pour éviter au carnet de tomber. Puis Dean se releva et, mains sur les hanches, jugea son travail produit en quelques heures. Un coup d'œil à la montre : Une heure quinze qu'il était rentré, et il se sentait déjà mieux qu'avant son départ. Pas aussi bien que durant son voyage, mais on s'en approchait sensiblement. Hochant la tête, fier de lui - il en l'était que rarement, alors quand c'était le cas, il fallait le relever - il entreprit de défaire son sac. Peut-être qu'inconsciemment il ne s'en était pas occupé pour éviter de le refaire quelques heures après s'il n'avait pas réussit à trouver un souffle dans son retour. Ceci fait, son ventre le rappela à l'ordre. Et pour la première fois depuis longtemps, il prit plaisir à cuisiner.
.o.
" Tu as prit ton temps à ce que je vois ! "
Dean rit en voyant le petit mot de Castiel le lendemain matin, sirotant son café. Il attrapa son carnet.
" Je fais ce que je veux d'abord, héhéhé. "
Après un regard vers l'appartement vide, une hésitation entre un soupire et un sourire, il attrapa ses clés et partit au travail, vérifiant une dernière fois avoir bien positionner son mot.
On verra bien ce soir.
.o.
Bobby lui avait fait sa fête. Enfin, il avait bien remarqué son petit sourire en coin sous sa barbe et le pétillement de ses yeux. Le vieux rabougrit avait beau vouloir faire bonne figure en tant que patron impitoyable, mais il ne pouvait pas vraiment cacher sa joie de revoir son protéger avec le sourire. Il ne posa aucune question, préférant l'embarquer manger un bout le midi et lui payer une bière en fin d'après-midi. De petits signes que Dean chérirerait toujours. C'est donc avec un petit sourire sur les lèvres que Dean rentra chez lui en cette fin de journée de reprise. Sourire qui s'agrandit un peu en rentrant dans son petit appartement. Peut-être était-ce le fait que le changement de décor était tout frais de la veille, mais cela faisait longtemps qu'il n'avait pas ressentit cette douceur d'un foyer en rentrant chez lui. Et c'était quelque chose d'agréable qu'il avait oublier. Se défeuillant de ses affaires, il prit une rapide douche avant de se laisser tomber dans son canapé, un sandwich au beurre de cacahuètes dans la main. Sandwich qu'il reposa rapidement dans son assiette sur la table basse. Il avait eu la mauvaise - ou bonne idée selon le point de vue - de jeter un coup d'œil par sa fenêtre. Et l'appartement de Castiel était allumé. Mieux, le Peintre était justement en train de lui répondre. Dean sauta sur ses pieds, un peu trop content mais chut, c'est un secret et il ne l'avouera jamais, et se posa devant la vitre. Castiel ne regardait pas dans sa direction, concentré sur son écriture contre la vitre.
" Je ne dis pas le contraire, mais je ne te cache pas que ton amie est venu me voir pour savoir où tu étais. "
Écrivant les derniers mots, Castiel plissait les yeux et le bout de sa langue perça ses lèvres quand il mit le point finale, ce qui fit rire Dean. Et enfin, il les revu. Ses deux yeux bleus magnifiques se braquèrent sur sa personne et un rire gêné secoua Dean. Oups, cramé. Il déglutit et leva la main pour le saluer. Son voisin écarquilla les yeux et son sourire se trouva être tout aussi gêné, ses pommettes rougissantes. Dean récupéra son carnet.
" Charlie ? "
" Qui d'autres... "
Cette fois-ci, Dean rit plus franchement.
" Désolé d'être partit sans rien dire. "
Castiel resta quelques instants sans répondre, semblant réfléchir.
" C'est de bonne guerre, je t'ai fait le même coup. "
Dean haussa les épaules. Mouais. S'il voulait. Il lui fit signe qu'il revenait, récupéra son maigre dîner pour l'engloutir rapidement avant d'aller se chercher une bière - Oui, encore une - pour revenir enfin près de la fenêtre et de se poser dans son fauteuil. Castiel avait eu le temps de lui réécrire quelque chose.
" Je suis désolé pour ce qui s'est passé la dernière fois. "
Dean stoppa tout mouvement - ici porter sa bouteille jusqu'à sa bouche pour une lampée bien méritée - et fronça les sourcils.
" Tu n'as pas à t'excuser, je le voulais aussi. "
Il resta quelques instants à regarder sa feuille avant de l'arracher, de la froisser et la jeter à côté de lui.
" Il ne s'est rien passé. "
Peut-être aurait-il du l'offrir avec un sourire au vu du regard peiné que lui lança Castiel, ce qui lui fit un petit pincement au cœur. Il s'empressa de rajouter avec un large sourire.
" Non non, t'inquiète. On est cool, Cas. "
L'autre fronça les sourcils.
" Vraiment ? "
Dean ricana.
" Mais oui. Déstresses voyons. "
Castiel lui offrit un sourire timide.
" Alors on oublie ? "
Dean sentit son sourire se faner, mais il tient bon pour que l'autre ne le remarque pas.
" On oublie. "
" Cool ! "
Sauf que Dean ne voulait pas oublier. Mais bon, le sourire que lui offrit son voisin atténua un peu ses regrets. S'ils avaient terminés leurs gestes dans cet asenceur, qui sait ce qu'il serait advenus d'eux. Peut-être auraient-ils fait un joli couple. Parce que oui, même si Dean n'était pas du genre à s'attacher, le mal était fait de son côté. Il aurait bien aimé tenter quelque chose avec le brun, son mystère était trop grand pour qu'il l'ignore. Castiel l'avait piégé sans le savoir, et contrairement aux pièges de son père, il s'y jetait les yeux fermés en toutes connaissances de causes.
" Alors ? T'as fait quoi durant ces trois semaines ? "
Dean sentit un sourire éclore sur ses lèvres. Peut-être auraient-ils tentés quelque chose, mais Castiel semblait regretter cet écart. Et s'ils avaient finis leurs geste, peut-être aurait-il fuit. Sûrement d'ailleurs. Sans aucun doute finalement. Et Dean l'aurait perdu. Il aurait perdu ces petits moments qu'il avait appris à apprécier et qui avaient été le premier changement de sa monotonie quotidienne. Dean préférait penser à ce qu'il avait réussit à conserver. Lui offrant son plus beau sourire, il s'attela à la tâche de ressasser toutes ses petites perles qu'il avait accumulé au cours de ses trois semaines de road trip complet. Il espérait seulement avoir assez de feuilles pour tout raconter.
Aucun des deux ne proposa à l'autre de se voir pour en parler de vive voix.
.o.
Dean s'était finalement retrouvé à cours de feuille quelque part entre deux et trois heures du matin. Tout la gène ressentit en début de soirée quant à leur situation actuelle s'était essoufflé comme un ballon de baudruche, et Dean était heureux de retrouver le Peintre. Ce dernier lui avait expliqué que non, il ne l'avait pas évité durant la semaine précédant son road trip, mais avec ses deux travail - réceptionniste à la police en journée puis barman en soirée -, il n'avait quasiment plus de temps pour lui. Enfin, même si c'était une excuse plus que valable, Dean était pratiquement sur qu'il avait bien été content de cette situation. Mais bien sur, il n'avait fait aucun commentaire. Il avait bien trop de respect pour lui, e bien trop d'amitié. Alors il ne dit rien. Au contraire. A la première heure le lendemain, il était au magasin, achetant une nouvelle ramette de papier. Et durant toute une semaine, il eu l'impression d'être revenu un mois et demi plus tôt, quand ils ne s'étaient pas encore retrouvés face à face. Les discussions idiotes et les jeux enfantins avaient repris, les discussions un peu plus sombre et importante de même. Dean lui avait expliquer calmement ce qu'on lui resservait et il avait ressentit un plaisir coupable à voir Castiel aussi remonté quant à sa situation. Et quand ce dernier lui avait demandé ce qu'il comptait faire, Dean n'avait trouvé aucune réponse à lui donner, il n'y avait réfléchit qu'en surface. Mis cela à part, ils parlèrent beaucoup et les vestiges de leurs conversations s'empilaient gentiment à côté de sa fenêtre, comme depuis le début de leur correspondance et bien sur, autre élément ayant survécu à son réaménagement. Et jusqu'alors, il pouvait encore se voiler la face... Jusqu'au Mardi, et son fouineur de petit frère.
Ce mardi, ce fameux Mardi. Bobby avait fermer le garage pour deux jours, histoire d'offrir un beau cadeau d'anniversaire à une de ses amies, Ellen qui se trouvait être la mère d'une amie de Dean et Sam, la jolie et pétillante Jo - Cette dernière et Dean avaient longtemps tenté de les caser tous les deux, mais c'était une entreprise vouée à l'échec au vu des caractères de cochons de ces deux idiots aveugles. Qui prend le risque de perdre de l'argent en fermant son commerce, pendant plusieurs jours pour une "simple" amie, hein ? - Et donc, si pas de garage, pas de boulot. Et Dean s'était permit de rester au lit alors qu'ils étaient restés jusqu'à quatre heure durant la nuit malgré le fait que Castiel allait travailler à neuf heure. C'était bien plus fort qu'eux. Et quelque part vers midi, on frappa à la porte.
Il n'était pas vraiment surpris de voir Sam sur le pallier, un pack de bière dans une main et leurs plats chinois préféré à emporter dans l'autre. Dean le gratifia d'un sourire de bienvenu avant de se pousser pour le laisser rentrer.
- Tu ne travailles pas ? Ou tes cours ? Ou quoique ce soit... On est en pleine semaine. Lui demanda-t-il en le suivant dans le salon.
- Et toi, tu rentres de ton petit voyage sans faire un crochet pour me voir ? Et... - Sam se stoppa dans le salon en regardant autour de lui - Et tu as tout changer de place.
Dean observa son salon et eu un petit ricanement gêné alors que sa main trouvait refuge contre sa nuque.
- Euh... Ouais. J'ai eu un besoin viscérale de faire le grand ménage.
Il observa son petit frère déposer ses affaires sur la table basse et jeter un regard circulaire dans la pièce.
- On ne peut pas vraiment dire que tu l'a fait à fond par contre. Ricana un instant le plus jeune en montrant le tas de feuilles près de la fenêtre.
Les fameuses feuilles... Dean se sentit rougir et se mit à bafouiller, chose qu'il ne faisait jamais et qui attira l'attention du plus jeune.
- Qu'est-ce que c'est ? Demanda alors Sam en se penchant, faisant mine d'en ramasser une pour la lire.
Dean bondit sur ses pieds, lui arrachant la pauvre feuille, s'occupant très vite de ramasser toutes les autres qui jonchaient le sol.
- Dean ?
- C'est rien, c'est rien...
- Arrête, ça marche pas avec moi. Tu sais que tu peux tout me dire.
Dean soupira, toujours accroupie au sol. Il resta quelques instants sans bouger, réfléchissant.
- Il se peut... que j'ai rencontré quelqu'un.
Il releva son visage soucieux vers celui rayonnant de Sam. Il fronça les sourcils, réalisant l'ambiguïté de ses mots.
- Ne vas rien t'imaginer. Ce n'est qu'un ami.
- Hm. Un ami. Oui, bien sur. Et ces feuilles, c'est pour faire un concours d'origami avec lui ? Railla le plus jeune en se laissant tomber dans le canapé de son aîné.
- C'est... Plus compliquer.
Dean soupira de nouveau en se redressant et jeta un regard vers l'appartement de Castiel. Sur la vitre, un petit mot.
" Have a nice day, Dean. See you at 9AM ! " *
Il ne put cacher son sourire à Sam, qui suivit son regard.
- Oh ?! C'est ton voisin ? Ok Je veux et j'EXIGE des explications !
Dean lui jeta un regard, plaça les feuilles sur son guéridons et après s'être installé dans son fauteuil, armé d'une bière et d'un des plats que Sam avait ramené, il lui expliqua. Il lui raconta tout, de son accident jusqu'à la conversation de la veille, en passant par son voyeurisme, son drôle d'attachement en insistant bien sur sur le fameux épisode raté de l'ascenseur. Il termina son récit autour d'un café, soupirant son incapacité à jeter ces feuilles.
- Tu comprends, quand j'aurais rejoins John, c'est la seule chose qui me restera de... de... de ça. Conclut-il en fermant les yeux.
Il osa un regard vers son petit frère, qui était resté silencieux lors de son récit. Sam le fixa, puis cligna des yeux quelques instants.
- Est-ce que... - commença-t-il avant de soupirer puis se redresser avec un sourire taquin - tu as conscience que ton comportement est totalement obsessionnel ?
Dean se sentit rougir.
- Mais non, pas du tout, tu n'y est pas, c'est... Tu crois ?
Devant l'air perdu et bouleversé de son aîné, Sam éclata de rire. Dean se renfrogna en grommelant dans sa barbe.
- J'vois vraiment pas c'qu'il y a de marrant...
- Si on m'avait dit qu'il fallait que j'attende tes 28 ans pour assister à ton premier béguins et que tu serais aussi adorablement dépassé par la chose, je ne l'aurais jamais crut.
Dean tira une drôle de tête, sentant ses joues s'échauffer, ce qui ne fit que provoquer encore un peu plus l'hilarité de Sam.
- Premièrement, on utilise plus le mot béguins depuis 1994. Sérieusement Sam, tu fais vieux jeux. Et deuxièmement... - Il regarda dans la direction de l'appartement de Castiel - c'est pas qu'un simple béguin. C'est autre chose.
Il ne réalisa que trop tard ce qu'il avait dit et surtout sous-entendu.
- Non non, j'ai pas dit ç-
- Tu sais que Samedi, Charlie fait une fête chez elle ?
Dean resta quelques instants interdit devant le changement de conversation.
- Euuuuh... Oui ?
- Pour fêter l'acquisition de son nouvel appartement. Y aura tout le monde.
- Mais encore ? Demanda Dean, perdu.
- ... Ainsi que ses voisins de pallier, histoire de faire connaissance.
Sam lui offrit un sourire amusé, tandis que Dean blêmissait en comprenant où il voulait en venir.
- Tu n'y pense pas...
- Invite-le. Qu'est-ce que tu perds ?
- Nan Sam ! Il a été très clair à ce sujet !
- Quel sujet ? Demanda Sam, énigmatique.
- Je...
Dean se tut. Vraiment ? L'inviter pouvait être une bonne idée finalement. Faire les choses, mais bien. L'inviter, et se retrouver dans le même appartement que lui, lui parler à voix haute, boire un verre ensemble. Oh, ce que ça pourrait être b- Il secoua la tête.
- Et pourquoi je ferais ça ?
Le soupire agacé de son frère le surprit.
- Tu n'es qu'un idiot.
Dean observa Sam se redresser.
- Je t'ai jamais vu comme ça. Dean, tu es ce genre de personne à tout vivre au jour le jour, sans planifier. Je sais aussi que tu as peur du mot en A, mais pas pour les bonnes raisons. Tu crois que tu dois en avoir peur parce que cela pourrait remettre en question ta liberté de mouvement. Mais la vérité, c'est que tu n'as jamais prit le temps de connaître quelqu'un pour te permettre de t'engager. Parce que tu n'as aucune patience. Tu as toujours rencontrer tes partenaires dans des soirées ou dans des bars. Je ne te connais que deux relations durables, Jo parce que c'était ta version féminine et ta meilleure amie, il n'y a jamais eu de sentiments derrière, si ce n'est une forte complicité et aussi et surtout parce que tu te croyais encore 100 pour 100 hétéro ; Et enfin Benny, que tu nous as ramené après un barathon et qui n'est jamais repartit, parce qu'on s'est tout attaché à lui. Mais il n'y a rien non plus, si ce n'est sexuellement parlant - Dean grimaça à cette phrase. C'était son petit frère tout de même ! - Mais ça Dean, ça, comme tu l'as bien dit, c'est autre chose. Et tu ne vas rien tenter parce que dans trois semaines, notre père va te réclamer comme son hérité ? Tu n'as vraiment rien comprit à la vie !
Dean resta interdit devant le monologue de son petit frère. Wahou...
- Je... Je n'ai pas encore prit de décision... Fut la seule chose qu'il pu dire.
- Mais tu t'es fait à l'idée, et c'est bien pire !
- Mais non, je...
- Dean ! Quand tu me parlais de ton incapacité à jeter les feuilles, tu as dit que c'était la seule chose qui allait te rester de ce que tu partages avec ton Castiel QUAND tu irais rejoindre John ! Pas un " si j'allais rejoindre John " ou un " dans l'éventualité que je rejoigne John ". Inconsciemment, dans trois semaines, tu es partit !
Dean ignora ce qui était le plus dur. Réaliser que Sam avait raison, ou la façon dont il regardait, comme si son idole venait d'être décrédité à ses yeux et qu'il était plus que déçut. Sa douleur et sa peine devait être gravé sur ses traits, car très vite Sam était à côté de lui.
- J'ignore pourquoi il s'est toujours comporté comme ça avec toi, mais je sais pourquoi tu lui as toujours tenu tête. Ne perds pas ça de vue voyons, prend une véritable décision et surtout, invite ton Castiel à cette petite sauterie ! J'aimerais vraiment le rencontrer !
- Hey, j'l'ai vu avant toi, pas touche.
Sam retrouva son sourire.
- Voilà. Ça, c'est mon frère.
Dean lui offrit un sourire timide.
Putain, si son petit frère commençait à prendre sa place et lui faire la morale comme lui la lui faisait quand il était gamin, il était pas dans la merde.
.o.
" Allez "
" Non "
" S'il te plaît ? "
" Les yeux de chiot battus ne fonctionnent pas. C'est toujours non ! "
" Ça va être sympa Cas ! "
" Dean, non, je ne viendrais pas à la crémaillère de ton amie ! "
" Mais pourquoi ? :o "
" Dean, je ne connais personne ! "
" Justement ! Ca va être sympa ! "
Une autre feuille.
" Et puis, c'est faux ! Tu m'connais et Charlie aussi ! "
" Dean... "
" Allez ! "
" Non ! "
" Mais pourquoi ? :o "
Oui, il avait réutiliser la même feuille que plus haut. Cas n'avait qu'à dire oui ! Mais c'est qu'il tenait bon le bougre !
" Je ne suis pas très sortie. "
" C'est l'étage d'au dessus "
Autre feuille.
" Techniquement, tu sors même pas "
" Ne joue pas sur les mots ! "
" Tu m'y oblige ! "
Autre feuille.
" On pourra se voir en vrai et faire les choses bien ! "
Il vit son voisin soupirer.
" Je ne préfère pas. "
Dean sentit son ventre se contracter.
" Pfff. T'es pas marrant "
" Et toi, un vrai gamin "
" Méchant pas beau ! "
Au moins, il aura réussit à faire rire son ami. Mais il n'aura pas la chance de le voir deux jours plus tard.
" J'abandonne "
" Enfin ! Ça fait deux jours que tu me tannes avec ça ! Et tu m'as mit en retard pour le boulot. M'attend pas, j'fais la fermeture "
Séparé par deux couches de verres et une bande d'asphalte, Dean observa Cas lui faire un beau sourire et le saluer avant de filer de chez lui. Dean soupira. En effet, cela faisait depuis que Sam avait quitté son appartement qu'il s'était empressé d'inviter Cas à la fête de Charlie. Sam avait raison. Sur tout. Il fallait qu'il aille à fond, quitte à se prendre des refus à la pelle. Cela ne lui ressemblait pas de ne faire les choses qu'à moitié. Avec lui, c'était tout ou rien. Pour ce qui était de son père... Malgré la peur que ce dernier lui inspirait, Dean était décider à rester camper sur ses positions. Pourquoi son père voulait à tout prit le caser et lui donner les rênes d'une entreprise que Dean n'avait jamais voulut et surtout où il n'avait jamais mis les pieds ?! Il y avait pourtant Lisa, sa petite secrétaire - adorable et bien trop sous-estimé - qui fournissait déjà un travail remarquable, bien plus que ce que lui pouvait fournir et surtout elle en voulait. Elle était motivée, et cette entreprise devrait lui revenir. Pourquoi son père s'embêtait à aller chercher à l'autre bout du pays un fils qui n'en voulait pas alors qu'il avait le candidat idéale juste sous son nez ? Enfin, dans ce cas précis, une candidate. Mais cela revenait au même.
Dean se redressa en soupirant et s'étirant, faisant chanter ses articulations. Un regard vers l'horloge murale. Dix heures du soir passé, et il était crevé. Après quelques instants de réflexion, il prit son carnet et écrivit un dernier mot à l'attention de Castiel et partit se coucher.
" Je ne t'embêterais plus avec ça. Mais j'aurais vraiment aimé te voir. Dors bien. "
* A l'origine, j'avais écrit toutes leurs conversations dès le début en anglais. Mais en voulant poster l'histoire ici, mes amis m'ont dit que plutôt retranscrire en français. Sauf que je trouve que cette phrase à plus d'impact en anglais – je suis un peu bizarre hein ? -
Héhéhé.
Bon bah voilà. J'sais pas quoi dire de plus, mis à par que mon retard est dû a plusieurs traductions. Surtout sur Teen-Wolf et Glee – au s'cours, j'me perd dans les fandom x_x – A la prochaine !
Love, dudes !
'Win
P.S : Heeeeeey, plus qu'un chapitre ! Quoique deux... J'en sais rien u_u
