Sombres Songes

Disclaimer: Tous les personnages de Bleach appartiennent à Tite Kubo.

Pairing: Ulquiorra/Orihime, autres couples pouvant être sous-entendus

Ah, vous n'y croyiez certainement plus. Je ne suis pas sûre que j'y croyais vraiment moi-même, j'ai comme des difficultés à tenir une véritable histoire de bout de bout -vous vous rendez compte qu'il faut qu'il se passe des trucs chouettes et après qu'il faut une fin? Une fin!-, mais ma fierté m'empêche de tout laisser tomber, si je puis dire. Je ne voulais pas reposter de chapitre avant de n'avoir écrit cette histoire de fond en comble, et d'ensuite tout poster régulièrement, mais vous vous rendez compte que je n'ai pas donné signe de vie depuis plus d'un an et demi? Alors, vu que je me replonge véritablement dans l'écriture, j'ai décidé de vous faire part de ce que j'avais bien pu faire pendant cette longue, longue absence.

Je vous dis sincèrement que je ne sais pas réellement où est-ce que ça se dirige, j'ai beau avoir l'idée globale, ma capacité à pouvoir l'écrire sans tout mettre en l'air n'est pas forcément acquise... Il faut juste que je me fixe le chemin, et tout roulera! Ah, concernant la vitesse, ça aussi c'est délicat... On va dire que j'ai pas mal de temps pour l'instant, et que je compte bien le mettre à profit!

Je remercie du fond du cœur ceux qui ont pu laisser des reviews, même si elles-même remontent de très loin!

Sur ce, je vous laisse découvrir ce troisième chapitre!

Bonne lecture,


Chapitre 3 : Lune et Désespoir

Un cœur ressentant la joie.

Un cœur ressentant la peine.

Un cœur à l'origine de sa propre déchéance.

Lourd fardeau offert aux mortels…


« Est-ce que... Tu peux m'amener là-haut? S'il te plaît... »

L'incertitude de sa propre demande. Et cet organe dans sa poitrine qui ne cessait de tambouriner contre sa cage thoracique.

Je t'en prie, je t'en prie.

La gorge serrée qui l'étouffait encore plus lorsque la réponse fut positive.

Elle ne voyait plus rien, ne ressentait plus rien. Ichigo était là, devant elle. Il marcha, elle le suivit. Ils s'enfoncèrent dans les entrailles de Las Noches. Elle ne se rappela que du silence, de l'absence de ses pensées, de ce vide qui l'étranglait. Il la guida sans rien dire, certainement préoccupé par ses propres pensées. Mais elle savait que ce n'était pas le cas. La seule chose qu'il devait avoir à l'esprit devait être elle. Et une question : Pourquoi ?

Sa gorge était sèche.

Sa main se glissa dans sa semblable alors que le shinigami remplaçant s'apprêtait à prendre son envol. Elle le laissait l'entourer de ses bras, lui offrir une protection éphémère qu'elle ne remarqua même pas. La suite de leur trajet ne fut pas plus différente que son commencement. Inoue était certaine qu'elle tremblait. Elle s'obstinait à regarder vers le haut, devant elle, vers ce trou immense qui ancrait une réalité trop dure pour elle à accepter. Elle savait que des yeux marrons la fixaient, soucieux et interrogateurs.

Mais que pouvait-elle dire ?

Ils traversèrent le dôme de Las Noches. Le ciel noir ébène leur tomba dessus dans une sensation d'oppression désagréable. Elle se demanda dans un instant de lucidité si elle n'allait pas se noyer. Sa main se crispa sur les vêtements d'Ichigo.

Ils se posèrent doucement sur le sol grisâtre, couvert de gravats et de poussière. Inoue crut que ses jambes allaient la lâcher avant même qu'elle n'eut le temps de faire un pas. Il sembla qu'elle ne fut pas la seule à y croire, puisqu'elle sentit le shinigami lâcher un « Eh ! » faiblement et la maintenir contre lui. Se serait-elle vraiment effondrée ? Encore une fois ? Elle n'eut pas conscience de sa respiration qui s'accélérait alors que son regard se coula vers les étranges cylindres qui ponctuaient la construction. Celui en face d'elle était parfaitement aligné avec le croissant de lune.

Il l'avait toujours été.

Sa vue se brouilla l'espace d'un instant et elle crut le revoir.

D'immenses ailes noires. Une paire de cornes élancées. Une queue plus longue et plus puissante qu'aucun fouet.

Et ces yeux qui la transperçaient.

Et se dégagea brutalement d'Ichigo, de son confort, de sa protection, courant à moitié vers l'espace dégagé et détruit. Sa respiration hachée, elle jeta désespérément des coups d'œil vers la gauche, vers la droite, incapable de se retrouver, incapable de savoir quoi faire. Et puis la rousse s'affala sur le sol, soulevant un léger nuage de poussière. De poussière. Elle souleva une main fébrile, et la posa devant elle, effleurant de ses doigts ces grains minuscules qui virevoltaient à chaque mouvement. La réalité la frappa de plein fouet et elle la laissa asphyxiée. Elle ne pouvait tout simplement pas y croire. Mais les faits étaient là, les souvenirs trop présents. Elle se gelait à l'extérieur, elle brûlait de l'intérieur. Il était parti. En poussière. Désintégré. Comme effacé du monde, d'un coup de vent puissant et précis. Parti. Et elle, elle… Incapable de l'attraper, de pouvoir le tenir, de pouvoir le sauver !

Elle ne se rendit compte qu'elle pleurait que lorsqu'une main se posa sur son épaule, lui arrachant un sursaut.

Elle ne le regarda pas, mais fixa cette poussière, la recueillant au creux de sa paume. Et l'envie de tenter quelque chose, et le besoin de s'y essayer monta en elle, et pourtant elle savait qu'elle ne faisait que perdre pied et que rien ne changerait rien. Infimes grains de poussière…

« Inoue », murmura doucement une voix à son oreille, « Tu ne peux – »

« Non ! », s'étrangla-t-elle. Un sanglot la secoua et ses doigts se refermèrent sur le vide.

Infimes grains de poussière… Virevoltant au gré du vent.

Elle fixa à nouveau sa paume, les yeux dans le vague. Et crut entendre quelque chose d'autre que le silence, son cœur qui martelait sa poitrine et le sang qui battait à ses tempes. Elle n'écouta pas. Les mots muets lui étaient déjà un poison vicieux qui la dévorait lentement.

« J'aurais dû… » souffla-t-elle faiblement, déglutissant avec peine. « C'est ma faute… »

Un semblant de sourire passa tel un fantôme sur ses lèvres.

« C'est ma faute… » murmura-t-elle à nouveau.

« Ma faute.. ! »

Elle sentait les larmes ruisseler sur ses joues, creusant des sillons salés et rougeâtres. Était-ce une autre main sur sa cuisse ?

« Tout est de ma faute ! » s'étrangla la rousse dans un cri.

On lui répétait son nom. Mais elle n'entendait pas. Elle n'entendait plus rien. Ses mains se levèrent jusqu'à sa tête, s'agrippant désespérément à ses cheveux flamboyants.

« Tout est de ma faute ! »

Sa voix s'érailla sur ce cri, alors qu'elle revivait une nouvelle fois le combat qui avait opposé le cuatro au shinigami remplaçant. Inoue se remit sur ses pieds, chancelante, et recula de quelques pas, faisant pour la première fois depuis de nombreuses minutes face à Ichigo. Elle lui hurla sa douleur au visage.

« De ma faute ! Si je n'avais pas été si… Si bête ! Si je n'étais jamais venue ici ! Si je ne m'étais pas prise pour le héros en tentant de vous protéger ! Je suis incapable de protéger ! »

Elle marcha vivement vers un côté, incapable de retenir ses pensées, sa peine, et ces larmes qui lui piquaient les yeux.

« Si je vous avais arrêtés ! Pourquoi suis-je restée sans rien faire ? Pourquoi n'ai-je pas tenté quelque chose ? »

Elle se retourna à nouveau vers l'homme, qui restait figé.

« J'ai été incapable de te protéger de lui… J'aurais dû réussir à l'empêcher de te… »

Le mot « tuer » resta bloqué dans sa gorge.

« Si seulement j'avais fait quelque chose..! Mais non ! Je suis restée là à regarder ! A te voir tenter de me sauver, alors que je ne comprenais rien ! »

L'hystérie la gagna alors qu'elle marchait soudainement vers l'autre côté, incapable de savoir quoi faire de son corps, où poser ses yeux. Elle haleta et sanglota en alternance, sans même songer à l'état pitoyable où elle était actuellement.

« Si seulement j'avais tenté… » Son regard empli de souffrance se glissa jusqu'à la lune, immuable, qui semblait la juger en lui faisant enfin prendre conscience de toute l'étendue de sa faute. De son incapacité.

« Tu n'étais pas toi-même… Et moi… Je suis restée là… Spectatrice… Sans essayer de l'aider… De le protéger… Alors que pourtant… Tu… Ishida… Et je savais, je savais ! … Tout est de ma faute… Jusqu'à la fin, je n'ai pas agis… Je l'ai regardé… se… partir en poussière… sans le retenir… sans le… le soigner… Je n'ai même pas pu… ! »

Sa voix se brisa. Elle se laissa tomber à nouveau sur le sol, ses jambes inaptes à la soutenir plus longtemps. Les larmes coulaient toujours librement sur ses joues, son corps tressautant régulièrement sous un sanglot. Elle sentit son ami approcher plus qu'elle ne le vit. Puisant dans ses forces, elle s'essuya les yeux sur sa manche, reniflant de-ci de-là. Son regard marron croisa celui d'Ichigo, et le masque qu'elle tentait vainement d'arborer en la présence des autres se fissura totalement.

« Je n'ai même pas pu… Lui… Lui prendre l-la main… »

Il la prit dans ses bras et elle se laissa enfin aller, pleurant sa souffrance et sa tristesse, pleurant l'amour qu'elle ressentait, pleurant ce trop-plein d'émotions qu'elle avait accumulé.

Son cœur lui donnait la nausée.


Il y avait cette lune rousse.

Il y avait ce ciel teinté d'encre de chine profond et sans nuage.

Il y avait cette herbe desséchée bordant le chemin de terre molle.

Il y avait ces morceaux blancs comme l'os qui jonchaient le sol.

Il y avait ce désir de courir, courir, de s'échapper enfin, mais il s'amenuisait.

Pourtant ses yeux voyaient enfin ce sol étrange. Pourtant elle ralentissait, prenant conscience de l'environnement qui l'entourait. Elle évitait prestement la racine traîtresse, et dévalait par elle-même la pente auparavant douloureuse. Elle se stoppait à quelques pas de l'eau, le cœur effréné, et respirait longuement avant de parcourir la faible distance qui la séparait de l'élément aqueux, s'agenouillant devant lui. Elle y voyait son propre visage, épouvantable mais serein. Ses doigts se coulèrent au-dessus de la surface, jouant avec les ondes ainsi créées, goûtant à la température glaciale qui lui donna la chair de poule. Les ondes s'opposèrent, s'entrechoquèrent, jusqu'à revenir à un aspect calme et parfait. Son reflet disparut pour laisser place au sien.

Elle se retourna doucement, espérant.

Il lui renvoya une esquisse de sourire, et leurs regards s'accrochèrent pendant de longues minutes. Puis ses yeux verts se ternirent, et soucieuse, elle se releva. Il entrouvrit les lèvres mais aucun son n'en sortit, et elle crut être devenue sourde. Il lui tendit la main, et le décor sombra dans le chaos le plus total. La peur lui serra le ventre, et elle se jeta vivement vers lui, manquant de tomber dans le néant qui s'imposait. Son apparence revint progressivement à celle qu'elle avait toujours côtoyée, mais un vent s'était levé et le transformait en poussière. La terre s'annihila sous elle, et elle eut un dernier sursaut vers lui.

Leurs mains se scellèrent ensemble.


Alors, j'espère que vous ne pensez pas que j'aurais dû rester dans ma graande inactivité et que ceci vous a plu!

Si vous avez des critiques, des conseils, ou même rien que des suggestions, n'hésitez pas, ça pourrait grandement m'aider.

Le prochain chapitre -oui, oui, un autre!- est d'ores et déjà près, il arrivera donc assez rapidement. Il permettra, j'espère, de combler un minimum le grand blanc de mon absence par une longueur plus conséquente.

En attendant ce jour faste,

Zyloa