Sombres Songes

Disclaimer: Tous les personnages de Bleach appartiennent à Tite Kubo

Pairing: Ulquiorra/Orihime, autres couples pouvant être sous-entendus

Je reviens un peu plus tard que prévu avec la suite, mais je pense que je resterais dans ces périodes de parutions (1 chapitre toutes les 3 semaines, globalement, pour le moment, bien que je pense que ça s'accélérera quand le dernier mot aura été posé!)

Merci à tous ceux qui ont lu jusque là,

Et un autre énorme merci à Hiyoru pour sa review :D (la première depuis que j'ai recommencé à poster! Ça fait chaud au cœur!)

Sur ce, bonne lecture!


Chapitre 5: Volonté et Renaissance

Un mélange de noir et de vert.

D'ébène et d'émeraude.

Une alliance par un blanc laiteux.

Les poumons qui se remplissent brutalement.

Le bruit écrasant du pouls.

Le battement de la vie.

Et les paupières qui s'ouvrent.


Elle n'était plus rien.

Une simple poupée.

Une masse informe sans aucune force, qui perdait son souffle, et s'enfonçait, s'enfonçait, dans les abysses sombres...

Quelque chose l'attrapa.

Lui saisit avec force ce bras qui flottait devant elle, et l'obligea à revenir vers la surface. Elle reprit conscience en s'écrasant brutalement contre la surface de l'eau, brisant la barrière perméable et rencontrant de nouveau la caresse de l'air.

Puis tout ce dont elle fut capable de ressentir fut le sol dur et malléable sous elle, ses vêtements qui la collaient entièrement, ses poumons emplis d'un mélange d'eau et d'air qu'elle tentait vainement d'éjecter. Elle toussa, crachota, haletant bruyamment, son corps en proie à un tremblement incontrôlable.

Puis la première véritable bouffée d'air embrasa son appareil respiratoire, et elle resta là, allongée sans pouvoir faire le moindre mouvement, pantelante, expirant et inspirant comme si elle craignait que ce fut la dernière fois qu'elle puisse faire cette action.

L'oxygène traversa son corps, et son cerveau revint peu à peu en état de marche.

Elle se rendit compte qu'elle n'était pas seule.

Elle respira cette pression spirituelle comme elle respirait l'air.

Son souffle se bloqua un instant avant de reprendre un rythme effréné, et les pulsations de son cœur s'accélérèrent en suivant le mouvement. Les larmes lui montèrent aux yeux et un sanglot se coinça dans sa gorge alors qu'elle prenait lentement conscience qu'elle connaissait cette pression spirituelle.

Rassemblant les maigres forces qui lui restaient, et surtout sa volonté, Inoue tourna la tête dans un mouvement atrocement long.

Elle se noya une fois de plus.

Il était là. En chair et en os. Assis sur un rocher à même pas un mètre d'elle, l'eau ruisselant sur son corps, la tête baissée vers le sol. Sa poitrine se soulevait à un rythme au moins aussi élevé que le sien, et si elle avait été dans son état normal elle se serait demandé comment diable n'avait-elle pas pu l'entendre avant.

Il était là.

Il était là.

Elle voulut l'appeler, formuler son nom, mais tout ce qui sortit de ses lèvres fut un gargouillement étrange et incompréhensible.

Le bruit capta son attention et il releva la tête avec lenteur. Leurs yeux s'accrochèrent, et elle sentit les larmes dévaler ses joues. Ils se regardèrent en silence, tout deux incapables de bouger, le silence autour d'eux troublé par leurs respirations hachées. Puis un sourire se dessina imperceptiblement sur les lèvres de l'arrancar.

« Je suis censé te garder en vie, femme », murmura-t-il, et ses mots étaient si bas qu'ils furent rapidement étouffés par leurs halètements, « malgré que les rôles semblent s'être inversés. »

Elle eut un petit rire, et elle se trouva ridicule, à être ainsi en train de pleurer et de rigoler, d'avoir l'impression que son cœur était enfin en paix et même temps qu'il allait exploser d'un instant à l'autre. Elle voulait le toucher, elle voulait sentir sa peau et son pouls, elle voulait être sûre que la vie coulait bien dans ce corps et que ce n'était pas une illusion, elle voulait se lever et se jeter dans ses bras, elle voulait savoir si elle avait réussi. Mais elle était allongée là, à peine apte à bouger ses doigts et ses orteils, et l'impuissance la fit suffoquer et paniquer.

Il remarqua ce changement dans ses yeux et amorça un mouvement. Des yeux marrons affamés le suivirent. Il se leva lentement, comme s'il testait la solidité de ses jambes, et prit de longues secondes pour étirer ses ailes qui tombaient auparavant mollement sur ses côtés. Puis il fit un pas vers l'humaine.

Puis un autre.

A pas mesurés, il franchit bientôt la distance qui les séparait, et se retrouva devant elle, la surplombant.

Inoue tenta de se relever sur ses coudes, réussissant tant bien que mal à s'appuyer sur l'un d'eux alors que l'espada mettait un genou à terre près d'elle. Il l'aida à se mettre en position assise, et elle jeta ses bras autour de son cou dans un sursaut de volonté, plongeant sa tête dans le creux de son épaule. Elle le serra entre ses bras avec une puissance désespérée dont elle ne connaissait pas l'origine. Il eut un instant de battement, hésitant sur l'action à suivre.

« ...! », voulut-elle dire, mais seul l'air fut expiré. Les sanglots commencèrent à affluer et elle se maudit d'être si faible, mais il était là, là contre elle, elle sentait la faible chaleur qui émanait de son corps à travers la couche aqueuse qui recouvrait sa peau, et elle avait froid, si froid.

Ses lèvres tremblèrent sans qu'elle ne puisse les contrôler, mais les mots sonnèrent enfin dans le vide.

« Ulquiorra..! »

Elle pleura contre lui et il entoura ses épaules de ses bras.


Ils restèrent ainsi longtemps, cherchant du réconfort près de la chaleur corporelle de l'autre, reposant leurs membres fatigués, le cerveau en pause et les yeux fermés pour profiter du moment.

Puis ils se séparèrent enfin, et s'entraidèrent pour se relever. Inoue songea qu'elle devait avoir une mine véritablement atroce -déjà qu'au départ elle était affreuse, alors elle ne voulait même pas voir ce que ça donnait là-. Elle leva légèrement la tête et ses yeux plongèrent dans ceux de l'arrancar, et elle sentit stupidement ses joues s'embraser sous le regard inquisiteur.

« Pourquoi? », demanda-t-il, et elle sut directement à quoi il faisait référence.

Elle ne brisa pas le contact visuel, mais ses mains allèrent agripper ses vêtements trempés. Son cœur tambourina si fort dans sa poitrine qu'elle était certaine qu'il pouvait lui-aussi l'entendre.

« Parce que... Parce que j'avais peur d'affronter la vie toute seule. »

Parce qu'elle avait besoin de lui.

Parce qu'elle s'était attachée à lui.

Parce qu'elle l'aimait.

Parce qu'elle était égoïste.

Il ne répondit rien, détournant son regard vers les arbres gris qui entouraient l'endroit où ils se trouvaient. Puis il reporta son attention sur elle, le regard indéchiffrable, et leva sa main gauche, sans la toucher. La rousse le regarda un instant, avant de prendre cette main dans les siennes, réussissant enfin là où elle avait échoué.

Elle se rendit soudainement compte de ces doigts griffus, et leva des yeux bouffis interrogateurs vers celui qui fut son geôlier.

« Pourquoi restes-tu dans cette forme? »

Pas que la forme en question la dérangeait. Ni que la pression spirituelle qui allait de paire la mettait mal à l'aise. Mais tous les arrancars se baladaient sous leur forme non-libérée, elle n'avait jamais vu de libérations autrement que lors d'un combat. Cela l'intriguait. Et c'était un moyen de converser sur quelque chose, de partir sur un autre sujet que le pourquoi.

Ulquiorra parut hésiter à lui répondre, et elle fronça les sourcils. Il eut un soupir.

« Parce que c'est ainsi que tu m'as visualisé. »

« Comment ça? », son cerveau se mit en branle, « Tu veux dire que tu dois rester ainsi pour tou- »

« Non », la coupa-t-il. Elle se tut, et le laissa expliquer sa raison avec curiosité.

« Nos uniformes sont fait d'une matière spéciale », commença-t-il, « de façon à s'allier à nous lors de nos libérations. Hors... Dans cette forme-ci », il montra vaguement son corps, « ils n'existent plus visuellement. »

Inoue papillonna des yeux. « Et? »

Il eut un autre soupir. « Et tu ne les as pas pris en compte lorsque tu as utilisé tes pouvoirs pour reconstituer mon corps. »

La fatigue alliée aux émotions puissantes qu'elle avait ressenties depuis peu n'aida pas à sa compréhension du problème. Le cuatro le vit bien, et il secoua légèrement la tête, se décidant finalement à aller droit au but.

« Si je me transformais vers ma forme habituelle, je ne porterais rien. »

La jeune fille s'empourpra à cette idée, et elle se mit à bafouiller à toute vitesse des choses comme quoi elle aurait dû y penser, qu'elle était désolée, et que ce n'était pas grave, enfin, qu'elle appréciait cette forme de toute façon, jusqu'à ce qu'il la fasse taire d'un regard appuyé. Il s'écarta de quelques pas, étendant de nouveau ses ailes.

« Peu importe. » Il lui jeta un coup d'œil par-dessus son épaule, « Ça aurait été plus problématique si tu m'avais soigné en te basant sur mon apparence habituelle... Et en oubliant mon sabre. »

Elle réfléchit un instant à ces paroles. L'aurait-elle alors condamné? Aurait-il été dans l'incapacité de pouvoir se libérer, de faire ce qui faisait de lui un hollow? Un frisson parcourut son corps.

L'aurait-elle alors tué en tentant de le ramener à la vie?

« Rentrons. »

Elle leva ses yeux noisettes sur lui, prenant conscience de l'état dans lequel ils étaient. Trempés jusqu'aux os, fatigués autant physiquement que mentalement, au milieu du désert du Hueco Mundo, qui n'était pas réputé pour sa sécurité.

« Où? »

Il haussa un sourcil. « A Las Noches. »

Une douche glacée lui tomba dessus. Un sentiment de panique refit surface dans ses veines.

« Ul- », fit-elle avec incertitude, « Ulquiorra, je... Nous... Aizen... »

« Je sais », fut la réponse simple.

Elle se calma de nouveau. Une mèche de cheveux roux lui était tombée sur le visage, et elle la remit en place fébrilement. L'espada se tourna de trois-quart vers elle, lui tendant la main. Elle s'approcha et la prit, une autre question au bord des lèvres.

« Cela ne va pas poser de problèmes? Dans cette forme? »

Il secoua légèrement la tête. « Aizen n'est plus. Je n'ai pas d'utilité à la cacher, maintenant. Et Las Noches est le seul endroit où nous pourrons trouver de quoi nous habiller, et nous reposer. »

C'était vrai qu'elle se voyait mal dormir à la belle étoile sur le sable blanc, à la merci de tous les hollows qui rôdaient par là.

« Mais comment allons-nous..? »

« Monte sur mon dos. »

Elle le regarda d'un air incrédule, mais sous l'intensité de son regard, fit ce qu'il lui demandait. A leur rythme, ils se préparèrent à leur voyage vers le palais. Elle prit place sur son dos, attentive à ne pas gêner le mouvement de ses ailes, passant ses bras autour de son cou tandis qu'il supportait ses jambes de ses bras. Puis, après qu'elle soit bien installée, il se baissa légèrement et prit appui sur ses jambes pour décoller.

L'instant d'après, ils étaient dans les airs.

C'était magique. Les ailes d'Ulquiorra battaient l'air avec force, créant des bruissements continus. Elle osa jeter un coup d'œil derrière elle, regardant avec fascination l'étrange bosquet dans lequel ils étaient l'instant plus tôt se rétrécir de plus en plus. Ses prunelles suivirent ensuite un instant les ondulations de la queue de l'arrancar, qui lui fit étrangement penser à ces boussoles pour l'hypnose. Sa fatigue commençait vraiment à prendre le dessus.

Bientôt, elle plaqua sa tête contre le creux de ses omoplates, près de la base des ailes. Le vent claquait sur son corps à cause de la vitesse qu'ils prenaient, et sa morsure aérienne la fit trembler dans ses vêtements mouillés. Inoue perdit rapidement la notion du temps, déjà que celle-ci lui filait entre les doigts, entre ses déambulations infinies et la nuit immuable du Hueco Mundo. Elle percevait nettement le sang pulser dans le corps sous le sien, et son esprit épuisé se focalisa dessus. Le martèlement devint murmure, se fit berceuse, et ses paupières lourdes se fermèrent une fois de plus.


« Alors, comment va l'animal de compagnie? »

Neliel sentit la naissance d'un soupir sur ses lèvres. Elle jeta un regard blasé à Nnoitra.

« Ce n'est pas un "animal de compagnie", Nnoitra. Ne l'appelle pas ainsi. »

La réponse ne fit qu'agrandir le rictus du quinto.

« Et elle va bien. Elle est juste... épuisée. Elle se repose. »

« Tu m'étonnes, tiens! », lâcha Grimmjow du canapé où il était affalé, « Après nous avoir ramené le cuatro... »

L'ancienne tercera leva les yeux au ciel -ils n'étaient pas prêts de laisser tomber ces vieilles animosités-. Elle décida de les laisser ruminer comme ils le souhaitaient sur le retour impromptu d'Ulquiorra et se dirigea vers l'une des portes fermées dans le but de rejoindre Hallibel, histoire de la prévenir sur sa future brève absence.

« Eh! », la héla le sexta, « Où est-ce que tu vas? »

« Prévenir Ichigo. »

Il plissa les yeux.

« J'ferais pas ça, à ta place. La gamine vient seule, s'épuise à faire revivre l'autre coincé, et toi tu veux la renvoyer chez elle? Ha! »

Nell stoppa sa main sur la poignée de la porte, fronçant les sourcils.

« Pas la renvoyer là-bas... Elle est trop faible. Mais ses amis vont s'inquiéter s'ils s'aperçoivent de sa disparition. »

« Parce que tu crois qu'ils vont la laisser seule ici s'ils savent où est-ce qu'elle est? Et dans quel état? », le bleuté se leva, fourrant ses mains dans ses poches. « Le rouquin voudra la rembarquer chez eux. T'imagines c'qu'elle pourrait croire en se réveillant dans son lit comme si rien ne s'était passé? »

Elle resta silencieuse. Elle n'avait pas pensé aux conséquences sous ce point de vue-là...

« Je n'y avais pas songé... Merci, Grimmjow. Je n'aurais pas cru que tu puisses te préoccuper des autres à ce point-là... »

Le bleuté fit la grimace en haussant les épaules et sortit de la pièce par une autre porte, mais pas avant d'avoir sifflé un La ferme! à Nnoitra, dont le sourire n'avait cessé de s'agrandir.

« Notre petit chaton se fait tendre, maintenant... »

Neliel se passa une main lasse sur le visage.

« Quelque chose qui te fait défaut, n'est-ce pas? »

Le quinto resta silencieux, et elle attrapa l'occasion pour sortir à son tour de la pièce -elle avait une humaine et un arrancar à s'occuper sans avoir besoin de commentaires sarcastiques en plus-.

Il la suivit du regard jusqu'à ce que la porte se referme.


Enfin, me diriez-vous, l'apparition d'Ulquiorra! Les choses sérieuses se sont enclenchées ;) Il ne serait pas drôle de tenter d'écrire une histoire d'amour si l'un des protagonistes n'est pas là...

J'espère que ce chapitre reste à la hauteur de vos espérances -si espérances vous avez bien pu avoir pour une telle fic!-.

Et à dans quelques semaines,

Zyloa