Sombres Songes

Disclaimer: Tous les personnages de Bleach appartiennent à Tite Kubo

Pairing : Ulquiorra/Orihime, autres couples pouvant être sous-entendus

Maais c'est que je m'améliorerais presque au niveau du timing ! (ou pas) Enfin. Je me décide à vous livrer ce petit chapitre, malgré le fait qu'il me semble justement trop petit, sauf qu'embellir les choses pour finalement ne rien ajouter d'intéressant, ça ne me plaisait pas. Et que le découpage des chapitres a été fait il y a longtemps... On se rattrapera avec le prochain, promis !

Un grand merci à tous ceux qui continuent à jeter des coups d'œils, et en particulier à Tamtou pour son soutien continu !

Bonne lecture !


Chapitre 11: Subterfuges et Manipulations

Les yeux, fébriles.

Cherchant, trouvant, imaginant.

Le toucher, révélateur,

Étouffé par l'illusion de ce qui nous aveugle.


Ce fut Ichigo qui lança l'assaut le premier, bondissant sur le côté pour atteindre les flancs de l'arrancar. Celui-ci suivit le mouvement et le métal ne rencontra que les griffes, qui le repoussèrent comme s'il s'agissait d'une mouche importune. Renji se positionna de l'autre côté, et Zabimaru s'allongea avec vivacité pour rencontrer l'ennemi. Son premier élancement se frotta à la carapace de Saurio, frottant sur les écailles sans laisser de dommages significatifs. Et alors que l'épée ainsi déjouée rebondissait, l'arrancar s'en empara entre les crocs, bloquant tout mouvement.

Rukia, qui s'était déplacée sur le long de la zone du combat, amorça une de ses attaques de glace en profitant de l'immobilisation actuelle du Roi. Mais si la tête était bel et bien occupée, ce n'était pas le cas du reste du corps de la bête, et la shinigami aperçut du coin de l'oeil la queue qui lui arrivait dessus au moment où Matsumoto criait son prénom pour lui intimer un danger imminent. Elle n'eut que le temps de se laisser tomber au sol de manière brutale avant que l'appendice ne fouette l'air au-dessus de sa tête. Et alors qu'elle se redressait sur ses avant-bras, elle pâlit en voyant que l'arrancar avait prévu une telle possibilité et qu'il pivotait de nouveau pour continuer l'arc de cercle mortel, et que cette fois-ci Matsumoto était dans la ligne de mire. La queue la faucha lourdement et l'envoya avec violence vers la bâtisse.

Dans ce même mouvement, Renji se retrouva arraché de ses appuis au sol, mais l'arrivée d'un getsuga de la part d'Ichigo força Saurio à lâcher Zabimaru, lui permettant de se réceptionner et de reprendre immédiatement le combat.

Matsumoto, de son côté, se relevait de manière hébétée après avoir rencontré, non pas le mur de la bâtisse, mais une protection située à une trentaine de centimètres de celui-ci. L'écran avait ondulé d'une lueur dorée sous l'impact, et était maintenant revenu à son état indétectable initial. La vice-capitaine nota cette manifestation dans un coin de sa tête, songeant qu'il risquait de s'avérer un problème pour plus tard, avant de s'en désintéresser pour revenir au combat qui faisait rage.

Le Roi grondait face à l'acier qui lui ripait les écailles, et le sol trembla alors qu'il chargeait brutalement les shinigamis. Le coup d'Ichigo avait réussi à lui abîmer la peau plus sensible sous l'œil, manquant de peu de l'éborgner, mais les autres assauts avaient fini sur la carapace dure qui lui courrait de la tête à la queue. Rukia tentait de paralyser ses mouvements avec la glace, pour que les coups puissent s'avérer plus précis, mais la force brute de l'arrancar surpassait la dureté des cristaux. Matsumoto libéra à son tour son zanpakuto, qui alla aveugler Saurio et lui arracher un nouveau rugissement.

S'ils voulaient gagner sans perdre un peu de leur personne au passage, il allait falloir penser stratégique...


Il faisait noir.

Si noir.

Elle n'avait jamais eu peur du noir, mais après avoir passé tant de temps à côtoyer la lune, à la haïr et à la mépriser, elle lui manquait tellement dans ces ténèbres insondables...

Depuis que l'arrancar l'avait laissée avec un sourire cruel dans la pénombre, elle n'avait eu ni la force ni le cœur de bouger de position. Ses genoux et ses hanches commençaient à la tirer, mais là au moins, elle sentait le sol sous elle, humide et froid. Si elle ne bougeait pas, elle pouvait ignorer le poids incongru sur ses poignets.

Elle serra les poings.

Et puis soudain, dans le silence gênant de la pièce, des bruits sourds retentirent, étouffés mais proches. Les yeux grands ouverts, Inoue se leva lentement, une main sur le mur derrière elle pour se soutenir face à la protestation de ses muscles. Elle retint sa respiration, les sens aux aguets, cherchant le moindre son.

Et ils recommencèrent, de ce timbre sourd, comme l'échange de coups, ponctuels mais violents.

Ses chaînes cliquetèrent en réponse à ses tremblements -ça venait. Ça bougeait.

Et dans un silence malmené, dans ce noir d'encre, elle attendait.


Ichigo leva une dernière fois son épée, portant un coup avant que les mâchoires ne se referment sur lui, et Zangetsu trancha la chair sans protection de la gorge de haut en bas, faisant jaillir le sang. Saurio eut un rugissement de douleur, reculant de quelques pas, hébété, cherchant à mettre de la distance avec son ennemi. Ses jambes puissantes le lâchèrent alors, et il tomba en arrière sans pouvoir se rattraper.

Le corps du Roi alla s'écraser lourdement sur la barrière scintillante, qui luit un instant, et céda finalement sous le poids du reptile préhistorique.

Les shinigamis ne retinrent pas leur cri de victoire, le champ de force les empêchant d'accéder à la bâtisse -et donc, Orihime- ainsi disparu.

Rukia, le zanpakutô toujours dégainé, se rapprocha à pas mesurés de leur ennemi défait de façon à confirmer qu'il était hors d'état de nuire -ils n'avaient que trop eu d'ennemis supposés battus revenus leur mettre des bâtons dans les roues.

Elle n'eut pas à s'approcher d'un mètre que la masse conséquente de l'arrancar diminuait pour lui faire reprendre une allure plus humaine, indiquant la sévérité des blessures. Le Roi était à peine conscient, la respiration laborieuse. La shinigami relâcha la sienne, inspirant profondément, et portant une main à son bras blessé. Maintenant que l'adrénaline retombait, les plaies se manifestaient vivement.

Renji maintenait Matsumoto, qui tentait de se tenir debout sans que sa tête ne se mette à tourner comme une toupie. Ils portaient tout deux quelques blessures en plus, des tentatives de morsures qui n'étaient pas passées loin. Ichigo semblait être le plus en forme d'eux tous, bien qu'il saignait aussi à plusieurs endroits.

Le roux s'approcha de Rukia, cherchant des yeux la porte qui se dessinait à l'autre bout du mur. Celle qui les conduirait vers leur amie.

Ce combat-là avait beau être fini, tout n'était pas terminé pour autant.

Les quatre shinigamis jetèrent un dernier coup d'œil à leur ennemi défait, s'assurant qu'il ne risquait pas d'aller loin, et s'approchèrent à pas rapides mais méfiants de l'entrée qui les narguait.

La porte était aussi banale que le reste de la bâtisse dans son aspect extérieur. La poignée pointait, là, innocemment, comme si elle n'était pas la réponse à une recherche aussi cruciale.

Ichigo posa une main dessus, tenant dans une poigne serrée Zangetsu de l'autre.

Il l'abaissa.


Il faisait sombre, notamment parce que les quelques fenêtres qui existaient étaient murées. La lumière du jour passant par la porte par laquelle ils venaient d'entrer était l'unique source lumineuse.

Tout comme leurs respirations et le bruit de leurs pas étaient l'unique source sonore perceptible.

Les shinigamis entrèrent, les sens aux aguets, laissant volontairement la porte ouverte pour pouvoir discerner les contours de la pièce.

« Il y a une autre porte, » souffla Rukia, mal à l'aise dans ce silence après le combat bruyant qu'ils venaient de conclure.

Et effectivement, une autre entrée était visible en face d'eux.

Ichigo s'en approcha, sans que rien ne se déclenche. La poignée fonctionna tout aussi facilement que la première, et la porte glissa sans un bruit, révélant une autre pièce, celle-ci éclairée par une lampe électrique à faible luminosité. Un corps, féminin, gisait au sol, face contre terre.

« Inoue ! »

L'humain bondit auprès de son amie, rejoint rapidement par ses trois compagnons. Il attrapa la jeune femme par les épaules et la retourna, faisant bouger sa chevelure rousse à l'aspect terne sous la lumière blafarde.

Il se figea.

La femme qu'il tenait entre les bras n'était pas Orihime.

Le visage était trop allongé, les pommettes trop hautes, la coiffure différente et surtout, la poitrine bien moins opulente.

Il crut entendre quelqu'un jurer derrière lui, mais il n'y fit pas attention.

Ils avaient été roulés.

Manipulés comme de simples marionnettes !

La rage commença à monter -et cette fille, en plus, une innocente qui n'avait rien à voir avec toute cette histoire..! Rukia, agenouillée près de lui, en prenait le pouls, et laissa échapper un soupir de soulagement.

« Attenti- ! »

La mise en garde n'eut pas le temps de se finir que les murs se mirent à trembler violemment, et quelque chose s'écroula proche de leur location, créant des secousses et faisant monter la poussière. Cela dura à peine vingt seconde, et le silence revint, troublé par des morceaux de pierre qui dégringolaient l'édifice à moitié écroulé. Relevant la tête, le roux aperçut la porte, toujours ouverte, ou ce qu'il en restait : le battant était sorti de ses gonds, et laissait apparaître l'entassement de matériaux qui avaient dû être le plafond de la salle précédente.

Ils étaient piégés.

« On est pas dans la merde, » marmonna Renji en allant voir l'état des dégâts. Mais peine perdue, ça ne bougeait pas d'un bloc.

« Ces saletés d'arrancars ont bien prévu leur coup ! »

« Votre existence met en péril le plan, » lui répondit-on de l'autre côté de la pièce.

Les quatre shinigamis tournèrent vivement la tête, sur le qui-vive, s'apercevant de la présence d'une cinquième personne dans la pièce. Une qui, ils en étaient persuadés, n'était pas là avant l'écroulement.

La lumière, pendant lamentablement du plafond, éclairait maintenant en grésillant, laissant les bords de la pièce dans les ténèbres.

« Et ce qui met en péril le plan, doit être exécuté. »

L'arrancar s'avança dans la lumière, laissant apparaître un corps féminin et le symbole du Neuf.

« Je m'appelle Agia, » avança-t-elle, « et je suis chargée de vous tuer. »

Ichigo se releva lentement, reposant le corps de la rousse encore inconsciente sur le sol.

« Tu es coincée avec nous, et on est quatre, j'ai plutôt l'impression que c'est un genre de mission suicide..! »

Cela sembla la prendre de court un moment, puis elle reprit un masque sans émotion.

« Ainsi soit-il. Si ma moitié n'est plus, je n'ai pas de raisons d'être... »

« Ta moitié ? » interjeta Matsumoto, « Je croyais que les arrancars ne ressentaient rien ? »

Les yeux de l'arrancar s'enflammèrent. « Nous ressentons la colère, nous ressentons la douleur, la peur, la fierté, la honte, la joie, l'espoir et le désespoir. Vous le savez. Pourquoi ne ressentirions-nous pas ? Est-ce un concept trop éloigné pour des intelligences aussi étroites d'esprit ? »

Elle dégaina son sabre alors que ses mots résonnaient encore dans la pièce.

« Mais toute mission kamikaze que ce soit... Je dois m'assurer que vous n'en réchapperez pas tous. »

Les zanpakutôs volèrent dans les mains de leurs propriétaires, et chaque partie se posta dans une position de combat.

« Délie, Inseparable ! »


Ulquiorra embrassa du regard le corps sans vie de son adversaire, qui gisait dans un rouge presque noir dans la noirceur de la pièce.

Ses ailes se replièrent sagement dans son dos sans un bruit.

Ses muscles criaient à chaque mouvement. Il n'aurait pas cru que l'arrancar le forcerait à se libérer...

Le Cuatro délaissa son ancien ennemi -son ancienne proie- pour s'approcher de la porte épargnée par le conflit. Ni Neliel ni Hallibel n'avait surgi pendant celui-ci : il était clair qu'elles étaient incapables de le suivre en ce lieu.

Ce qui l'arrangeait bien, il n'avait de toutes façons aucunement besoin d'elles.

Sa main se posa sur la poignée, et la porte s'ouvrit docilement dans un chuintement discret.


Imaginez-vous ça ? Revoilà nos protagonistes ! (non, non, je ne les avais pas mis à la porte, voyons)

A très bientôt pour un prochain chapitre (oui oui, dans un mois, c'est cela),

Zyloa