Sombres Songes
Disclaimer: Tous les personnages de Bleach appartiennent à Tite Kubo
Pairing : Ulquiorra/Orihime, autres couples pouvant être sous-entendus
J'ai eu une révélation. Bête, en réalité. Le souci vient que, dans les mangas et Bleach en particulier, on finit par s'habituer à appeler des personnages autant soit par leur prénom, soit par leur nom. Et je m'étais persuadée qu'Orihime Inoue, c'était nom-prénom, d'où le fait qu'elle s'appelle ainsi sur toute mon histoire...alors que c'est l'inverse. Uh uh. Je pense que je changerais ça un jour (ça ne vous a pas trop dérangés ? c'est pas si grave ?)
Enfin, voilà, mes réflexions intelligentes du moment u_u
Bonne lecture !
Chapitre 12 : Manipulations et Retrouvailles
Le blanc est fait pour se salir,
Le noir absorbe la lumière, s'y soustrait,
Le blanc éblouit en se mettant en avant,
Le noir dans l'ombre tisse et prend son temps.
Perché sur un toit voisin, l'arrancar baignait dans les teintes rougeoyantes du soleil couchant.
Il guettait sans bouger, les oreilles à l'affût, les yeux fixant sans ciller la devanture normale de la boutique en contre-bas. Il savait que plus loin dans la ville, là où la fumée avait fini par s'évaporer sans trace, le bruit des combats s'était par endroit tût.
Laissant la dépouille de ses semblables meurtrie et rougie.
Làdrid serra les dents, continuant de monter la garde.
Il ne fallait pas que leur sacrifice soit vain, après tout ce temps que la diversion leur avait permis... La lumière accrocha justement une forme en contrebas, bien que la rue soit toujours aussi vide.
L'arrancar s'autorisa à se relâcher un peu, maintenant, et à un sourire de venir se dessiner sur ses lèvres.
« Alors ? »
En réponse à son murmure, les contours du toit près de lui se brouillèrent, et découvrirent le corps d'un second arrancar.
« Je l'ai. Ils ne m'ont pas vu. »
« Tu as été long. »
« Je sais. Ils étaient vigilants. »
L'As hocha la tête, et après un dernier échange de regard, son vis-à-vis rendossa son camouflage et disparut en silence, son butin bien protégé.
Làdrid relâcha sa tension, soufflant et étirant ses muscles. La blessure qu'il devait à l'humaine prisonnière le lançait toujours, mais elle était en bonne voie de guérison.
Il se laissa glisser sur les tuiles brunes, à l'opposé de la boutique qu'il surveillait jusqu'alors. Il resta assis à l'extrémité de la toiture et sortit un portable de sa poche. Il regarda l'objet d'un air méfiant, comme à chaque fois qu'il avait dû l'utiliser -une ou deux fois, pas plus- avant de s'atteler à la dure tâche de se souvenir des gestes à faire.
Il commençait à prendre le pli -même Mora ne pourrait lui critiquer ça !
Bientôt l'appareil se retrouva collé une seconde fois à son oreille, sous l'habituelle tonalité. Ça décrocha presque aussitôt.
« Alors ? »
« On l'a. Espo le ramène. »
« Fantastique! ...Les autres ? »
« ...Je ne sais pas. Ardo et Arna, je ne les entends plus, et les autres, ça commence à se calmer... »
« ...Je vois. Notre invité surprise a eu Agio. »
« ...Elle l'aura su..? »
« Elle l'aura ressenti, oui. »
« Tu peux éliminer Agia de l'équation, alors. Sûr qu'elle se suicide. Putain... »
« ...Il ne reste plus qu'à attendre l'arrivée du Hogyoku pour renverser la balance... Rentre vite. »
« Je fais ça, chef. »
La communication se coupa et il abaissa lentement le bras, la main toujours serrée autour du téléphone. Si aucun des leurres n'avaient survécu, ils n'étaient plus que 3.
Il eut un rire jaune.
Pas facile, de mener une guerre..!
« Intéressante conversation, dis-moi... »
Làdrid pivota immédiatement pour faire face à l'ennemi, qui se tenait dans l'air au-dessus du toit. Il montra les crocs.
« Oh, là ! Tu ne m'as pas l'air bien aimable... J'espère que ton chef sera plus enclin à une discussion civilisée. Tu permets que je t'emprunte ce portable..? »
L'arrancar jeta inconsciemment un coup d'œil vers l'objet en question, et Shinji en profita pour passer à l'attaque.
Il attrapa l'avant-bras de son ennemi, et tandis que celui-ci ouvrait de grands yeux, l'envoya au loin d'un coup de pied bien placé sur l'abdomen.
Le portable vola dans l'air et le vizard n'eut plus qu'à le récupérer tranquillement alors qu'il retombait.
Des jurons provinrent de l'arrancar qui se relevait péniblement, en partie pour l'appareil et en partie pour le coup qu'il venait de recevoir. L'As porta une main à son ventre qui commençait à saigner, souillant le blanc de sa tunique de rouge. Shinji haussa un sourcil en voyant les dégâts qu'avait occasionné un simple coup de pied.
Mais déjà Làdrid grondait de colère, et dégaina vivement, forçant le vizard à sortir sa propre lame.
Ils échangèrent quelques passes avant que l'arrancar ne se lasse et tente un cero -que Shinji évita prestement. Il répliqua à son tour, mais à ce niveau de leur pouvoir, ni l'un ni l'autre n'arrivait à prendre le dessus. L'As le ressentait bien, lui-aussi, et son caractère impulsif le fit bientôt pointer sa lame vers son ennemi.
« Découvre les crocs, Sabueso ! »
Shinji leva le bras qui tenait toujours le portable pour se protéger du souffle de la libération, et son sourire se fit plus prononcé encore.
Làdrid lui bondit immédiatement dessus en profitant de l'écran de poussière, toutes griffes dehors. Sa libération décuplant sa vitesse, le vizard peina cette fois-ci à l'éviter. Il mit une distance de sécurité entre eux en reculant de quelques bonds, et fit glisser le portable dans une de ses poches de pantalons avant d'amener sa main à hauteur de ses yeux.
« Ah, si on doit passer aux choses sérieuses..! »
Son masque lui tomba sur le visage.
Ishida banda une fois de plus son arc, alors qu'il était au milieu de l'attaque de son ennemi, qui le lacérait de toutes parts. Il rassembla ses forces pour viser la silhouette qui se dessinait sous les plumes tranchantes, immobile pour porter l'assaut. La flèche bleue trembla sous ses doigts.
Il la décocha.
Elle fila vers Spix, qui tenta vainement de la freiner avec sa propre attaque. Elle l'atteint de plein fouet, lui arrachant un cri de douleur. Il sentit le sang lui remonter dans la gorge, et sa vue se brouiller.
L'arrancar tomba comme un oiseau happé en plein vol, la flèche dépassant de son dos comme de son ventre, dans un tourbillon de plumes colorées.
En face, Ishida se laissa tomber là où il était et tenta de reprendre son souffle, épuisé par le combat qu'il venait de mener.
« Beau tir. »
Il tourna la tête vers Chad, un sourire fleurissant sur ses lèvres.
« Et toi ? »
« C'est fini. »
Il eut un mouvement de tête vers l'arrière, et en baissant le regard Ishida pouvait apercevoir un corps immobile au sol, au centre d'un cratère.
Chad tendit la main pour aider le quincy à se relever, et son ami accepta de bon cœur son aide. Le colosse était parsemé de coupures de taille régulière, et saignant plutôt abondamment.
« Tu vas finir par te vider de ton sang, à ce train-là, » lui fit-il remarquer.
Chad ferma les yeux dans un sourire contrit.
« Ça ira. »
Shinji soutint le regard haineux de l'As sans sourciller, jusqu'à ce que celui-ci se voile et que les paupières se closent lentement. Il dégagea sa lame du corps de l'arrancar, qu'il accompagna dans sa chute pour le laisser reposer sur le sol.
Il arracha un pan de sa manche de chemise, mise en pièce par les attaques violentes de son ennemi, et en fit un bandage de fortune sur son bras où s'étalait une méchante lacération. Le reste de ses blessures pouvaient bien attendre plus tard.
Ceci fait, le blond fit sortir de sa poche le précieux portable. L'objet le mènerait directement au chef... Il jeta un dernier coup d'œil au corps de Làdrid.
« Le Hogyoku, n'est-ce pas... »
Il appuya sur la touche de rappel et attendit.
La sonnerie du portable le fit sursauter malgré la musique discrète.
Il eut un moment de pause avant de se pencher pour attraper l'objet, qu'il fit tourner entre ses mains.
Làdrid ne devrait pas avoir une raison de le rappeler, songea-t-il alors que la seconde sonnerie retentissait.
« Enfin ! On ne sait jamais... »
Il attendit que la troisième sonnerie se termine pour couper l'appel, et patienta le temps que Làdrid recompose le numéro.
Ce qui n'arriva pas.
Le téléphone resta silencieux dans sa main. Un léger rire le secoua, avant qu'il ne déverrouille le portable pour l'éteindre. L'écran noir lui renvoya son propre reflet, et il jeta sans précaution l'appareil sur le bureau, où il atterrit violemment. Il se leva et se dirigea vers la sortie de la pièce. Il avait Espo à retrouver.
La porte se referma dans un chuintement feutré dans le dos de la Reine.
Ichigo sortit finalement des gravats en toussotant, la poussière ambiante lui piquant les yeux et la gorge. Il entendit Renji jurer derrière lui, tentant tant bien que mal de suivre le passage dégagé par le roux tout en supportant le corps inconscient de l'humaine qui avait servi de leurre. Matsumoto le suivait de près et l'aidait à passer sans encombre. Et lorsque Rukia, fermant la marche, se dégagea à son tour de ce qui restait de la bâtisse, ils s'écroulèrent sans cérémonie sur le sol.
« Rah, » fit Renji d'une voix exténuée, « C'était une folle, cette arrancar ! »
Les autres acquiescèrent intérieurement avec lui tout en tentant de reprendre une respiration normale. Quelques minutes passèrent avant que Rukia ne reprenne la parole d'un air abattu :
« Nous revoilà au point de départ... Sans trace d'Inoue... »
« Non, » contra Ichigo, « Pas sans trace. »
Il fixait le Roi, qui gisait au même endroit où ils l'avaient laissé. Et alors qu'il se relevait pour aller demander à l'arrancar quel était son problème et où diable était leur amie, une nouvelle pression spirituelle fit son apparition, et Shinji se posa tranquillement non loin d'eux avec son habituel sourire aux lèvres.
« Shinji ?! »
« Je passais tranquillement dans la ville quand j'ai entendu une intéressante conversation entre un arrancar et son soi-disant chef, alors je me suis dit, eh, pourquoi ne pas venir vous voir ? », sourit le blond de toutes ses dents en jouant avec le portable dérobé à l'ennemi.
« Son chef..? », répéta Ichigo d'une voix confuse, « Mais, ça n'est pas possible, on était en plein combat ! »
Il gesticula dans la direction de Saurio qui papillonnait des yeux, apparemment tiré de sa semi-inconscience par le bruit qu'ils faisaient.
« Qui a dit que c'était le chef ? », demanda innocemment le vizard.
Ce qui lui valu un blanc parmi les shinigamis au sol.
« Mais, enfin, » balbutia Rukia, « Les cartes... Le Roi... »
Un bruit semblable à un début de rire suivi par des toussotements se fit entendre du côté de l'arrancar, qui se retourna sur le dos avec une grimace avant de les regarder d'un air dédaigneux.
« C'est pourquoi vous êtes si faciles à tromper... Vous ne voyez...que ce que nous vous laissons voir... »
Et il retomba dans un état comateux, laissant les shinigamis -et le vizard- s'entre-regarder.
« ...Si ce n'est pas le Roi... L'As ? », proposa Renji sans trop de conviction.
« Ça aurait pu, » lâcha Shinji, « Si je ne venais pas de le tuer. »
« Ah. »
« ...La Reine. » déclara Ichigo, les sourcils froncés, s'attirant les regards interrogateurs des quatre autres, « C'est la Reine. Le jeu de cartes n'était qu'un subterfuge... Et dans d'autres jeux, c'est la Reine la pièce la plus importante. »
Canora joua avec les barrettes qu'il avait subtilisé à l'humaine, les faisant tourner de son doigt sur la surface lisse de la table. Assis sur une des chaises qui peuplaient la pièce, il attendait avec une patience difficilement contenue l'arrivée d'Espo.
L'arrivée du Hogyoku.
Car avec celui-ci, enfin, le joug des shinigamis serait rompu. Les hollows ne seraient plus jamais leurs esclaves.
Ni ceux de qui que ce soit d'autres.
Le Hueco Mundo resterait le leur, sans interventions aucunes de l'extérieur.
Il se glissa dans le couloir silencieusement, comme une ombre. Son reiatsu était masqué au mieux, mais c'était plus délicat à faire en état de libération -et il avait décidé de rester sous cette forme pour s'occuper au plus vite des ennemis encore présents.
Surtout, il ne pensait pas avoir la force nécessaire pour réenclencher une resurrección en cas de besoin si il retournait à son état de base.
Pour le moment, il n'avait rencontré que deux autres arrancars de bas étage -sûrement ne s'attendait-on pas à une intrusion de ce côté-ci des lieux...
Plusieurs portes se dessinaient le long des murs, toutes closes. Le couloir bifurquait au fond sur la gauche. Ulquiorra avança lentement, scannant les lieux pour de possibles pressions spirituelles ennemies. Il en percevait un certain nombre, anciennes, mélangées les unes aux autres, mais aucune n'indiquant une présence actuelle. Il s'arrêta près de la première porte. Pas un bruit. Pas plus de reiatsu. Il fit deux pas de plus avant de se stopper, écoutant des exclamations de voix plus loin, au-delà du couloir, qui reprirent rapidement un ton de voix trop bas pour être intelligible de sa position.
La seconde porte se présenta, tout aussi banale que la première. Cependant... Il posa la main sur le bois usé, à l'affût des fragments de reiatsu. L'une, qui se ressentait dans toute la place en général, était extrêmement présente. D'autres subsistaient, sans plus. Mais plus loin, et pourtant plus actuelle, il en devinait une autre -une qu'il ne connaissait que trop bien. Il en chercha la trace d'un passage passé...et le trouva.
La porte s'ouvrit docilement sous une pression de la poignée, dévoilant une pièce plongée dans l'obscurité. Ses yeux verts passèrent outre la lumière se faufilant par l'ouverture, outre les ténèbres du lieu, et se posèrent enfin sur l'origine de la pression spirituelle.
« Femme. »
Elle ne savait pas combien de temps elle était restée là, le long du mur, écoutant, cherchant le moindre son. Le moindre signe de vie externe -à cette pièce, à ces arrancars. Quelque chose.
Sa gorge était sèche à force de retenir ainsi son souffle, et elle se rendit compte qu'elle tremblait. Elle chercha à se calmer, à inspirer et expirer longuement, mais dans l'état général où elle se trouvait, c'était peine perdue. Soudain, encore un bruit, et elle se tendait vivement -
Il n'y avait rien, mais en puisant dans ses forces elle ressentait quelque chose -quelque chose de gros, de caché, une pression familière...
La porte eut un déclic et l'espoir dans son cœur monta en flèche. Un jet de lumière se projeta jusqu'à un mètre d'elle, grossissant alors que la porte s'ouvrait un peu plus, la faisant plisser des yeux pour s'accoutumer au soudain changement.
Et puis, sa voix.
« Femme. »
Et, relevant la tête vivement, elle les ouvrit grand cette fois-ci, ses yeux, dessinant la silhouette assombrie qui se tenait dans l'embrasure de la porte. Inoue ne chercha pas à cacher le sourire qui lui vint aux lèvres, un poids soudainement enlevé de ses épaules.
« Ulquiorra..! »
Elle se détacha de son mur et tendit une main vers lui, cherchant à réduire la distance. Les chaînes cliquetèrent face à la pression et se tendirent bientôt, bloquant sa progression. L'espada entra dans la pièce et s'approcha d'elle, attrapant doucement la main tendue. Un pas de plus et elle glissait son autre bras dans son dos, le serrant contre elle, et il la laissa faire. Une minute ou deux s'écoula avant qu'il ne la pousse gentiment à l'épaule de sa main libre, et l'humaine suivit docilement le mouvement.
« Je, » commença-t-elle, « J-je ne savais pas si quelqu'un allait... Si... »
Elle se tût et il ne la pressa pas, comprenant facilement la situation. Le cuatro attrapa les chaînes et les brisa l'une après l'autre près des menottes, lui rendant ainsi sa liberté de mouvement. Les menottes elles-mêmes pouvaient attendre leur retour à Las Noches, le plus tôt ils sortiraient d'ici le mieux ce sera. Cependant, il la chercha des yeux, voulant comprendre ce qui avait bien pu se passer.
« Pourquoi es-tu là ? »
« ...Pour rien. Pour...pour être l'appât. Rien de plus... »
Il fronça les sourcils.
« Je vois. »
Et il n'aimait pas du tout cela.
Il se retourna en lui faisant signe de le suivre, voulant sortir de la pièce -et de la bâtisse elle-même. Inoue eut un sursaut, et lui attrapa le bras comme elle put sans gêner ses ailes pour le retenir un instant.
« Qu'y a-t-il, femme ? »
« Mes... Mes six fleurs. Je ne les ai plus ! Ils me les ont prises ! »
Sa voix se brisa sur la fin. Elle n'avait absolument aucune idée où est-ce que ses barrettes pouvaient bien être..! Et sans, elle était complètement dépourvue, incapable de se défendre...
Ulquiorra la regarda un instant, intérieurement songeur. Puis il tendit une main et découvrit la paume, et une lance spirituelle se matérialisa dans celle-ci, éclairant le visage de la rousse d'une lueur bleutée. Elle écarquilla les yeux devant l'arme, et releva la tête vers l'arrancar dans une expression très clairement confuse.
« Tes pouvoirs ne constituent pas qu'en les six fleurs. Tu as aussi une grande maîtrise spirituelle. » Il lui tendit un peu plus la lance. « Prend-la. »
Le « J'ai confiance » ne fut pas prononcé, mais il était présent dans l'air. Confiance en moi. Confiance en toi.
Elle posa sa main sur le rayon d'énergie et l'enserra. Ulquiorra enleva sa propre main, et Inoue se retrouva à juguler un flot de sa propre énergie pour contenir celle de la lance et la forcer à garder cette forme. Bien que vibrante dans sa main et promesse de puissance, elle ne s'avéra pas aussi difficile à contrôler qu'elle ne l'aurait cru, et c'est avec son second sourire depuis que l'arrancar avait passé l'encadrement de la porte qu'elle suivit avec un regain d'énergie Ulquiorra en dehors de la pièce.
« Tu te souviens par où tu es arrivée ? »
Ils étaient à l'extérieur de la pièce, dans le couloir où deux portes restaient donc inconnues, plus la continuation directe du chemin. La rousse hocha la tête en signe de négation.
« J'étais inconsciente... Par contre, » dit-elle en pointant le fond du couloir, « Je me suis réveillée dans la pièce là-bas, qui semble être leur lieu de rassemblement. Il n'y avait pas d'autres sorties qu'en venant par ici... »
Ulquiorra s'approcha de la troisième porte, mais comme pour la première, rien n'indiquait une quelconque menace derrière. Un cri de hollow retentit plus loin, étouffé, et d'autres lui firent écho. Inoue resserra sa prise sur la lance en jetant un coup d'œil inquiet par-dessus son épaule.
« Les hollows de bas-étage sont par là-bas. Ils doivent avoir trouvé les corps, » exposa simplement le cuatro.
L'humaine ne savait pas trop comment prendre une telle remarque.
« Mais ils vont venir par là, alors ! »
L'espada ouvrit finalement la porte devant laquelle ils étaient, tombant sur une pièce munie uniquement d'un vieux sofa. Une fenêtre laissait passer la lumière du soleil, indiquant que c'était la journée dans le monde réel. Une nouvelle porte, à demi-ouverte, laissait entrapercevoir l'entrée de la bâtisse avec sa porte caractéristique.
« Vas-y, » lui intima Ulquiorra.
« Q-quoi ? »
« Tes amis te cherchent sûrement. Tu seras plus en sécurité à l'extérieur qu'ici. »
« Mais - »
« Je vais récupérer tes fleurs, et mettre fin à tout ça. Tu peux te défendre. Va. »
Bien sûr, qu'au fond, elle comprenait sa façon de raisonner -surtout que dans un lieu étroit comme celui-ci, il serait plus bien libre en étant seul et sans avoir de préoccupation comme celle de sa sécurité. Mais après ce qu'elle venait de vivre, c'était un peu dur de se séparer de celui en qui elle pouvait avoir confiance.
Elle regarda la porte de sortie, et reposa son regard sur Ulquiorra, qui la regardait sans ciller.
« D'accord... » soupira-t-elle finalement, et elle traversa la pièce pour ouvrir la porte en grand. Elle se retourna avant d'en passer le seuil, et Ulquiorra hocha légèrement la tête pour l'inciter à continuer. Alors elle passa dans l'entrée et saisit la poignée de la porte qui donnerait enfin sur l'extérieur, et après avoir inspiré longuement, l'ouvrit.
Les rayons du soleil lui sautèrent immédiatement aux yeux, et des gazouillements d'oiseaux se firent entendre, alors que devant elle s'étalait de nombreux arbres -un parc, peut-être, ou une forêt ?
Inoue se retourna encore une fois, et l'arrancar n'avait toujours pas bougé. Reviens vite, lui murmura-t-elle. Alors il se tourna pour ressortir de la pièce, attendant qu'elle ferme la porte de son côté. Elle le fit, sans quitter un seul instant ses yeux verts. Le claquement sonna désagréablement à ses yeux, et elle fit finalement face à l'extérieur, serrant avec force la lance lumineuse. Tout va bien. Elle osa faire quelques pas en avant, et rien ne se produisit. Bien que restant sur ses gardes, elle relâcha un peu sa tension -il lui fallait juste trouver le moyen de revenir en ville...
Soudainement, l'air ondula d'une lueur dorée à quelques mètres d'elles. Une barrière ?! songea-t-elle, catastrophée, alors qu'une forme semblant justement passer à travers...
Une seconde plus tard et elle se retrouvait nez-à-nez avec un arrancar, tout aussi surpris qu'elle.
Ulquiorra se retrouva une nouvelle fois dans le couloir, refermant la porte derrière lui. Laisser l'humaine seule ne lui plaisait pas particulièrement, mais c'était le plus logique -et malgré son incapacité actuelle d'utiliser ses pouvoirs de protection, elle aurait au moins une possibilité d'attaque...
Un nouveau rugissement se fit entendre du côté du chemin qu'il avait pris pour arriver, et un hollow déboula rapidement après, s'arrêtant net en le voyant. Il rugit encore, et d'autres hollows se massèrent derrière lui. Le timing lui aurait presque arraché un sourire, si cela avait été son genre. Il pointa l'index vers le groupe qui avançait en grondant, et prépara un cero.
Le trait lumineux transperça la ligne d'hollows de part en part, et ils se désintégrèrent avec des cris d'agonie. Ulquiorra capta l'agitation d'une pression spirituelle plus bas, là-même où Inoue avait indiqué la pièce cul-de-sac. Avant que son propriétaire ne puisse débouler et accaparer son attention, l'espada sauta jusqu'à la première porte qu'il avait ignoré peu de temps avant, et s'engouffra dans la pièce. Si elle était tout aussi peu pourvue de mobiliers que les autres pièces, elle s'en différenciait en arborant un bureau et une chaise. Un objet trônait sur la surface plane du premier, mais un seul coup d'œil lui suffit pour s'en désintéresser. Aucune trace des précieuses barrettes, cependant...
Une présence se fit soudainement savoir derrière lui, et Ulquiorra fit volte-face pour aviser d'un œil critique un arrancar adossé au chambranle de la porte, cheveux blonds et reste de masque autour du cou.
« Tu cherches quelque chose, peut-être ? »
Un sourire se dessina sur ses lèvres alors qu'il jouait de manière ostentatoire avec les six fleurs d'Inoue entre ses doigts.
Eh ! Mais c'est qu'on se rapprocherait de la fin ! Sincèrement, je pense que le prochain chapitre finira l'histoire. Il y aura très certainement un épilogue derrière, mais ça sera tout à priori.
En plus, revoilà nos deux protagonistes ensemble (bon, pas tellement ensemble-ensemble sur la fin, mais ça ne durera pas, vous vous en doutez)
N'hésitez pas à me laisser un petit mot, ça fait toujours très, très plaisir !
Zyloa
