Yooo!
Sooo, un très court chapitre, je suis navrée mais le prochain sera beaucoup plus long, rassurez-vous. Il va même vous gaver avec sa longueur! xD Concrètement, la suite de la scène en voiture entre Levi et Eren dans ce chapitre! ;) En espérant que cette histoire continue à vous plaire! Et merci pour toutes vos reviews! :3
P.S: Pardonnez les fautes de frappes, si il y a!
Ma maison n'était qu'à une demi-heure à pieds et quinze minutes en voiture. Mais ces quinze petites minutes furent les plus intenses de ma vie depuis fort longtemps. Quiconque aurait été témoin de ce spectacle aurait eu un énorme fou rire : Levi était détendu, la fenêtre grande ouverte et il avait posé son bras sur le rebord tout en conduisant tranquillement. Et moi, j'étais tassé sur mon siège, crispé, les mains posé sur mes genoux, comme si j'étais en train de passer un rendez-vous d'embauche. Si Levi remarqua mon attitude, il ne me dit rien. Il devait avoir l'habitude de mes bizarreries et ne semblait pas y prêter attention.
Je ne pouvais pas le regarder en face. C'était trop dur pour mon cœur et pour ma raison mais je pouvais sentir son regard sur moi de temps en temps. Sérieusement, si c'est Dieu qui a décidé de me faire payer mes mensonges en m'envoyant Levi sur ma route comme épreuve, et ben il était très fort. A l'heure actuelle, mon cœur ne se contentait plus de cognait, il battait comme un fou un rythme qui semblait répété en boucle : Le-vi, Le-vi, Le-vi, Le-vi. Si tout à l'heure, j'avais été serein de sentir Levi avec moi maintenant c'était l'effet inverse : j'étais paniqué, au bord de l'explosion. Quelques fois, quand il devait changé de vitesse, sa main frôlait la mienne et mon ventre était assaillie par une délicieuse sensation, comme des centaines de papillons qui me chatouillait. Comment un mec aussi froid pouvait faire naître de tels sentiments en moi ? Jamais je m'étais senti aussi impuissant . Me battre contre Jean, je savais le faire. Me battre contre ma mère et ses règles, je savais le faire. Me battre contre des loubards qui m'emmerdait, je savais le faire. Mais me battre contre les émotions que provoquait Levi en moi, ça je ne savais pas le faire. J'ignorais les moyens pour me battre contre ça : avant même de commencer la bataille, j'étais déjà perdant.
- Eren.
Comme si je n'étais pas assez ridicule à ses yeux, je sursautais d'un bond sur le siège de sa voiture avec un petit « Aah ». Il me regarda longuement. Seigneur, tuez-moi sur le champs.
- Oi, arrête de stresser comme ça. Je vais pas te bouffer.
J'ai du donner une baffe au Eren addictif qui hurlait « si seulement ». Il se tut pendant une minute avant de reprendre la parole :
- Toi et ma sœur, hein ?
Je me suis tendu sur mon siège. C'était donc ce sujet où il voulait en venir. Avec son père, j'étais déjà suffisamment stressé mais avec lui, ça tournait au bord de l'évanouissement C'était vraiment LE sujet que je ne voulais en aucun cas abordé avec lui. Mentir à son père et sa sœur, je pouvais le faire mais avec Levi, c'était impossible. C'était comme si il savait lire mes pensées, tout voir de moi et deviner mes faiblesses. Il avait toujours été très fort à ce jeu-là. Mais c'était très dur de lui cacher un truc : hormis mon faible pour lui, il m'intimidait énormément rien qu'en prononçant mon nom.
Je déglutis et choisi soigneusement de regarder par le fenêtre pour lui cacher mon visage, la seule chose qu'il avait besoin pour me confondre.
- Oui.
Silence.
- Alors, ça t'a pris pendant le collège. C'est drôle mais à cet époque, je n'avais pas remarqué que tu la regardais de cette façon. Et je suis intuitif pour ce genre de choses.
Traduction : tu mens, Eren.
- J'essayais d'être discret.
- Hum.
Omondieu, c'est moi où l'air dans la voiture devient plutôt glacial ? Faites que ça soit moi.
- Tu étais crispé quand Mikasa te touchait à chaque fois, ce soir.
Vite, excuse numéro 1! Fort heureusement pour moi, j'avais aussi prévu ce genre de remarques, vu que je n'étais pas douée comme acteur. En particulier, devant Levi.
- Tu... euh, tu ne le serais pas, toi, si ta copine te touchait devant ton père et ta sœur?
Cette réponse était d'une telle stupidité que ça m'affligeait, moi-même. Levi n'était jamais gêné. Même quand sa sœur et moi l'avons surpris torse nu, allongé sur une fille dans la canapé, alors qu'on rentrait de l'école. Ni quand son père l'avait chopé en train de fumer de l'herbe, dans sa chambre. Ni quand, j'étais en train de me laver chez eux, et qu'il était entré dans la salle de bain alors que j'étais nu... Donc, je ne crois même pas qu'il connaisse le sens de ce mot. Il ne réagit pas et enchaîna direct.
- Et concernant le fait, que tu étais pressé de partir? Sans déconner, j'ai cru que t'avais la mort au cul, gamin.
Mondieu, ça ne pouvait pas être plus proche de la réalité. Je ne savais même pas quoi répondre ça. Que pouvais-je dire, d'ailleurs? "Écoute, tu vas rire mais je sors avec ta sœur mais je suis pas amoureux d'elle, je ne voulais pas lui faire du mal en lui disant la vérité, à savoir: que je n'arrête pas de penser à toi." Pas sûr qu'il allait rire, en fin de compte.
De toute manière, il ne me laissa pas le temps de dire quoique ce soit.
- Tu sembles être fasciné par ce qui est dehors ? Il y a quelque chose en particulier à voir où quoi ?
Traduction : tu ne veux pas me regarder. Mondieu, je vais y passer, je le sens.
- Non, c'est juste que je réfléchis.
Il n'ajouta rien du tout. Maintenant, j'avais peur et cette peur est passé au dessus de mes sentiments envers lui. Mon instinct de survie se manifestait. J'allais devoir être très prudent si je voulais rentrer en un seul morceau chez moi.
Ce n'était pas personnel. Levi avait toujours été un con avec sa sœur mais il la protégeait plus que tout ainsi que son père. En même temps, son père avait besoin d'une protection à chaque minute, il est trop innocent et tête en l'air pour son propre bien. Il ne raccroche même pas au nez des gens qui l'appellent pour lui faire de la pub, alors que ça ne l'intéresse pas. Mais Mikasa n'était clairement pas une fille fragile qu'il fallait couver. Au contraire, c'était plutôt d'elle dont il fallait protéger tout le monde quand elle était énervée. Mais que Levi veuille protéger son père et sa sœur n'était pas étonnant, il avait aussi mal réagi au départ de sa mère. Je crois même que c'est lui qui en a le plus souffert.
Du coin de l'œil, je le vis taper des doigts, son volant. Un signe d'irritation. Je l'énervais. Mon souffle se bloqua dans ma gorge et je serrais ma ceinture de sécurité avec ma main, comme pour me rattacher à quelque chose de solide. Énerver Levi, c'était comme si on voulait se suicider. Bien que le suicide serait beaucoup plus doux que de se faire assassiner par Levi Ackerman.
Quoique...
Qui aurait envie de parler de sa relation avec une fille au grand frère de celle-ci? Aucune personne normalement constitué, je présume. Ce n'est pas une blague. En général, les mecs évitent de se vanter de leur vie de couple devant le frère de leurs copines respectives. Donc, je n'étais pas obligé de parler avec lui de ma copine, parce que d'un certain point de vue, c'était plutôt gênant. Même si la vraie raison est tout autre, ça serait une très bonne excuse à sortir à la prochaine occasion que ça deviendrait nécessaire.
Quelques minutes auparavant, j'avais prié pour que le trajet dure pour que je puisse profiter de la présence de Levi mais là, je priais pour qu'une minute soit une seconde. Une demi-seconde, même. Levi ne parlait plus du tout mais il ne cessa pas de taper des doigts sur le volant. Il avait même l'air d'accélérer le mouvement. Il s'énervait de plus en plus. Oh. mon. dieu. Rien n'est plus effrayant que d'être dans un endroit clos avec un Levi irrité. Les pires psychopathes paraîtraient inoffensif à côté de lui.
Je dû retenir un hurlement de victoire en voyant au loin, ma rue apparaître. Reste calme, Eren. Ne crie pas, ne sourie pas, reste très calme. Il sent la peur. Il semblerait que le Seigneur soit de mon côté. Si ça se trouve, je vais même vivre encore de nombreuses années! Le silence glacial n'était pas une imagination de ma part: il était très réel. Si réel, que c'était trop pour moi. L'ambiance était refroidie et je doute, qu'elle ait été vraiment chaleureuse, finalement. Levi n'était pas mon ami. Il était juste le frère de ma meilleure amie et aujourd'hui, c'est mon beau-frère. Rien de plus, rien de moins. Et il cherchait à protéger sa petite sœur du grand méchant loup, même si j'étais le petit lapin piégé dans l'histoire.
Ma maison était enfin en vue. C'était le calme total dans la rue, il n'y avait aucune lumière qui filtrait à travers les fenêtres de chez moi. Mes parents devaient déjà dans leur lit. Ils n'assisteront pas au meurtre de leur unique enfant, c'est un soulagement. Bon, je dramatise un peu. Certes, Levi est irrité par ma faute et mes réponses évasives mais il n'allait quand même pas tuer le petit-ami et meilleur ami de sa sœur. Il ne prendrait pas le risque, pas vrai?
Il se gara juste devant mon portail et je sortis à une vitesse contrôlé: je ne voulais pas attirer encore plus ses soupçons. Je devais agir de manière décontracté et pas comme si il était le chasseur et que j'étais le gibier au bout du canon du fusil. Je fis l'effort surhumain de le regarder dans les yeux pour lui souhaiter une bonne nuit et le remercier de m'avoir ramené chez moi. Aie. Mauvaise idée. Même visiblement irrité, il était magnifique. Ses yeux brillaient d'un éclat particulier. Je ne m'attardais pas sur ça, fini les risques inutiles:
- Merci beaucoup, Levi. Bonne nuit!
Et hop! Je claqua la portière, toujours en contrôlant mes gestes et ouvrit tranquillement mon portail. En douceur, tout en douceur. Pas de geste précipité. Il m'observait, je sentais le poids de son regard sur mon dos. Au moment où j'allais m'engouffrer dans ma petite allée de jardin, une main me saisit le bras brutalement et je fus plaqué violemment contre ledit portail. En face de moi, me fixant avec un visage impassible mais avec un regard menaçant, Levi. Je ne l'avais même pas entendu approcher de moi.
Impossible de me dégager de sa poigne de fer, il me tenait fermement collé au portail, qui grinçait encore de l'impact. Il posa ses deux mains de chaque côté de ma tête et se rapprocha au maximum. Mais de toute façon, ça aurait été vain d'essayer de lui échapper. Et une part de moi n'en avait pas envie. Putain de côté masochiste! J'étais prisonnier entre son corps et le portail. Sa peau dégageait une douce chaleur et je me reprenais pour ne pas me laisser aller contre lui, contre son corps qui attirait irrésistiblement le mien.
Ma respiration s'est accéléré sous l'effet de la peur alors que lui, était étrangement calme. De toute évidence, effrayer des gens devait faire partie de son quotidien. Une de mains quitta le portail pour venir agripper très fort ma veste et rapprochait mon visage du sien, pour que je ne puisse pas louper une miette de ce qu'il allait me dire.
- Écoute-moi bien morveux. Suis-bien les mots qui vont sortir de ma bouche.
Putain pourquoi il me sort ça? Impossible de quitter ses lèvres des yeux, désormais.
- Je sais pas à quoi tu joues, et je n'en n'ai rien à battre. Je me fiche pas mal de toi et ta petite vie d'adolescent puceau mais si jamais ce que tu fabrique, fait pleurer ma sœur...
Il approcha sa bouche de mon oreille, et je crus que mon cœur allait s'arrêter de battre. J'étais même au bord de l'arrêt cardiaque. Je sentais le souffle chaud de Levi contre mon cou et mon oreille gauche, et c'était si agréable que je dû retenir un frisson. J'attendis, les yeux grands ouverts, ne pouvant que voir du coin de l'œil, ses cheveux noirs.
- Je te promets qu'il n'y aura pas assez de morphine et d'anti-douleurs pour apaiser la douleur que je t'infligerais, Eren Jaeger dit-il d'une voix toute douce. Trop douce.
Je suis pétrifié. Incapable de faire le moindre mouvement et de réagir un tout petit peu. J'étais vraiment le petit lapin pris en chasse par le chasseur. Et chasseur était particulièrement dangereux. Mais dans mon histoire, le lapin veut que le chasseur l'attrape. Il recula son visage de mon cou, à ma grande déception mais ne me lâcha pas pour autant. Néanmoins, il desserra sa main sur ma veste mais la laissa quand même sur mon torse, m'empêchant toujours de bouger.
Levi me regardait sans aucune expression sur le visage. Il se contentait de me fixer, en silence. Ce qui me rendait absolument fou à l'intérieur. Mon cœur était au bord de l'explosion et moi-même, j'étais au bord de m'écrouler, au sol tant son regard était puissant et intimidant. Et il était centré sur moi. Je n'osais même pas respirer fort, tant j'avais peur de gâcher ce moment qui n'était rien du tout, pourtant! Si seulement, il pouvait me regarder toujours de cette façon. Je veux être le seul à pouvoir avoir droit à son regard, je voulais être le seul qu'il regarde.
Je ne comprenais pas pourquoi il ne bougeait pas et pourquoi il m'observait de cette façon. J'avais l'impression de brûler sous son regard, et ses mains étaient trop proches de mon visage pour que je puisse réfléchir correctement. C'était impossible de penser avec lui à une si proche proximité. C'est comme si sa présence, son contact, son regard court-circuitent mes neurones.
Mais son regard écrasant s'arrêta aussi vite qu'il avait commencé: Levi me lâcha, se retourna et sans un mot, rejoignit la voiture dont la portière côté conducteur n'était pas fermée. Il ne dit rien, il n'ajouta aucune autre menace et ne me regardait plus. S'il te plaît, regarde-moi. Je regarda Levi monter dans sa voiture, démarrait et partir. Comme ça. Il n'eut rien de plus. Absolument rien d'autre.
S'il te plaît, regarde-moi.
Il me pousse violemment contre le mur. Sous l'impact trop brutal pour mon dos, mon souffle se coupa et j'eus un hoquet de douleur.
Je n'eus pas le temps de reprendre correctement ma respiration parce qu'il se jeta sur moi, m'ayant coincé, je n'avais aucun moyen de fuir. Je ne voyais rien à part lui, tout autour de lui, il n'y avait que du noir, je ne distinguais rien d'autre que ses traits délicats.
Il ne me donna aucun signe, ni aucune approche montrant ce qui allait suivre. Il s'empara de ma bouche. Son baiser n'était pas doux, il était possessif, si possessif. Il mordilla ma lèvre inférieure, presque jusqu'au sang mais sa langue poussait contre mes lèvres, réclamant le droit d'entrée. Où plutôt l'exiger. Je n'avais pas le choix, mon esprit était brumeux et j'avais trop envie de céder, de perdre tout contrôle, de me laisser combattre sans montrer une quelconque résistance. C'était plus facile de lâcher prise.
Sa langue finit par entrer et martyrisa aussitôt la mienne, dès qu'il l'eut touché. J'étais totalement soumis. Il jouait avec moi, avec ma bouche et m'embrassait comme si il n'y aurait pas de lendemain, ce baiser était un besoin, une nécessité que je lui accordais car je le désirais tout autant. Ses mains parcoururent mon corps, ma peau et je me rendis compte que j'étais nu quand je sentis sa peau froide contre ma peau, fiévreuse. Mais je ne voulais pas réfléchir et ne pensa pas à ce détail. Il n'était qu'un second plan dans cette scène.
Ses doigts n'étaient pas doux mais caressaient fortement ma peau, chaque parcelle y passait. Il tâtait brutalement mon corps sans se soucier de me faire mal. Il s'en fichait. Il pressa douloureusement mes fesses entre ses mains et je gémis contre sa bouche. Il n'arrêta pas et recommença son manège tout en continuant à m'embrasser, encore et encore, sans jamais s'arrêter.
Mais soudain, son baiser se fit plus délicat, sa langue plus légère et ses mains sur ma peau étaient devenues tendres. Je sentis un poids suspect contre mon torse. Bizarrement, je n'aimais pas ce baiser. Il était agréable mais pas aussi bon que l'autre. Je voulais l'autre. Ce n'était pas lui, qui m'embrassait. Je repoussa facilement la personne, ce qui aurait été impossible si ça avait été lui, et ouvrit les yeux.
Mes craintes se confirmèrent, c'était elle. Mikasa. Levi n'était plus là.
Elle me regardait, en souriant tendrement puis son regard se fit plus dur. Et des larmes coulèrent sur ses joues sans s'arrêter.
- Pourquoi Eren? Pourquoi lui et pas moi?
Je me réveilla en sursaut, repoussant violemment les couvertures en tentant de reprendre une respiration normale et moins rapide. Aucun bruit ne filtrait dans ma chambre. Je regardais mon réveil et vu inscrit trois heures du matin. C'était un rêve, un putain de rêve qui pourrait devenir réel. Du moins, pour la dernière partie.
Rêver de Levi n'était pas rare pour moi. Il avait hanté tous mes rêves durant toute ma vie. Mais jamais, Mikasa ne s'était incrustée dedans, il n'y avait toujours eu que Levi et moi. Juste Levi et moi. Là où je pourrais au moins l'avoir pour moi tout seul, sans rien pour nous séparer. Du moins jusqu'à aujourd'hui. Je ne voulais pas. Je ne veux pas d'elle. C'est horrible mais ça me mettait en colère que Mikasa apparaisse dans mes rêves où j'étais avec Levi. Je ne veux pas d'elle. Elle représentait trop la réalité.
La nuit m'appartenait à moi. Et à Levi. Pas à elle. Surtout pas à elle.
J'avais envie de vomir et je n'éprouvais plus aucun envie de me rendormir. Mais je ne pouvais rien faire d'autre. En réalité, j'avais peur de refaire ce rêve. Que je sois dans les bras de Levi et qu'elle vienne tout gâcher et me rappeler le monde réel. Je pouvais avoir au moins droit à ça, non?
Je ne dormis pas de la nuit. Parce qu'il y avait cette question, cette douloureuse question que je redouterais jusqu'à ce qu'elle me soit posée un jour.
Pourquoi lui et pas moi?
