"L'homme n'est pas achevé quand il est vaincu, il est achevé quand il abandonne"
Richard Nixon
-Chapitre 1-
-De l'ombre a la lumière-
Washington D.C, quelques mois auparavant:
Un doux voile sombre et parsemé de scintillements d'étoiles s'était levé sur la capitale des Etats Unis, signant l'arrivée de longues heures de repos bien méritées et l'arrêt de l'effervescence journalière. Une petite minorité de personnes semblait cependant être l'exception à cette règle. Cette petite minorité se rassemblait à l'intérieur de la salle de réception d'un grand hôtel, pour une soirée, avec tenue correspondante exigée. Parmi les convives de cette réunion, les agents Aaron Hotchner, David Rossi, Spencer Reid et Derek Morgan. Ceux-ci avaient troque leurs habits quotidiens (à savoir costume cravate, veste et jean, et tee shirt pantalon selon la personne considérée), pour un élégant smoking noir et nœud papillon assorti, et une chemise blanche impeccablement repassée. Les quatre hommes savouraient ce moment inhabituel de leurs vies au milieu de la salle de réception. Chacun regardait les personnes et le buffet qui les entouraient. Un buffet digne d'un buffet impérial, et des hommes et des femmes aussi élégants les uns que les autres. Spencer fit un commentaire:
-Spencer: C'est dommage que Garcia n'ait pas pu venir...
-David: Elle aurait fait sensation en arrivant avec toutes ses couleurs...
Les quatre hommes sourirent, en imaginant leur analyste débarquer, avec ses vêtements multicolores et flashy, dans la salle de réception, suivi d'un profond silence d'étonnement et de regards mi-amuses, mi-ahuris. Après cette petite minute d'humour, Spencer écarquilla les yeux, complètement médusé par la vision qui s'offrit a lui, et s'exclama:
-Spencer: Oh mon Dieu... Est-ce que c'est bien Prentiss?
Ses trois collègues regardèrent dans la même direction, et eurent la même réaction que lui.
Emily Prentiss s'avançait vers eux, et il leur sembla que les convives présents s'écartaient telles les eaux de la mer devant Moise, pour laisser passer la jeune femme qui se déplaçait avec une grâce qu'ils ne lui avaient jamais vue. Emily ne marchait pas. Elle était transportée par un léger duvet, la faisant ainsi flotter dans l'air et se mouvoir sous l'impulsion d'une brise légère, accompagnée d'une douce mélodie de l'ère romantique jouée par le petit orchestre dans le fond de la salle de réception.
L'apparence d'Emily participa vivement à cette image féerique. La jeune femme portait une longue robe pourpre qui laissait découvrir ses épaules. Une fine bretelle tressée rattachait la robe à son épaule droite. Une broche dorée en forme de flamme ornait le haut de la robe, au dessus de sa poitrine. Un léger châle rectangulaire et longiligne de la même couleur s'enroulait autour de ses bras et couvrait le haut de son dos et la partie arrière de ses épaules. Son cou arborait un collier en diamant, néanmoins sans prétention d'exhiber une quelconque richesse. Des boucles d'oreilles longues en forme de perles blanches ornaient ses oreilles. La jeune femme avait choisi de boucler ses longs cheveux et de les relever vers l'arrière. Une broche étoilée soutenait ces cheveux. Emily était tout simplement éblouissante. Les agents de la BAU n'en croyaient pas leurs yeux et mirent plusieurs secondes à percuter qu'ils se trouvaient bien en face de leur collègue et amie. Ils ne l'avaient jamais vue aussi féminine jusqu'à ce soir. Leurs yeux avaient été trop habitués à la voir en tee shirt et pantalon, les cheveux lâchés ou coiffés en queue de cheval, attachés par un simple élastique. Mais en cet instant précis, ils découvraient une Emily métamorphosée. Les hommes de l'équipe de profilers étaient admirablement estomaqués par tant de beauté. Spencer cligna plusieurs fois des yeux pour vérifier que l'image qu'il voyait d'Emily était bien réelle. Derek faillit lâcher la coupe de champagne qu'il tenait dans sa main droite. David fronça les sourcils, se demandant sûrement intérieurement s'il était encore sain d'esprit, ou si son âge commençait à lui jouer des tours. A l'inverse, les sourcils d'Aaron étaient remarquablement détendus. Ce dernier dévisageait Emily de la tête aux pieds, et plus d'un d'un devisagement fut nécessaire.
Emily arriva enfin auprès de ses compagnons d'armes du FBI. Elle s'arrêta. Les hommes purent à présent s'émerveiller de la beauté de son visage. Ces lèvres mises en valeur par ce rouge à lèvres, ce maquillage qui faisait ressortir ces yeux marrons, ces longs cils qui lui donnaient un regard intense... Les hommes restèrent sans voix, le cerveau paralysé par cette déesse, les yeux perdus sur Emily. Cette situation amusa cette dernière qui les taquina:
-Emily: Vous me regardez comme si c'était la première fois que vous voyiez une femme...
Seul David fut capable de construire une phrase selon le modèle sujet+verbe+complément/adjectif:
-David: Tu es magnifique...
David, tout comme ses collègues, contempla Emily de la tête aux pieds. Emily continua sa taquinerie:
-Emily: En fait, a vous regarder, on dirait que vous me matez...
Cette phrase fit tilt. Chaque homme s'arrêta immédiatement de plonger ses yeux sur la silhouette d'Emily, gênés d'avoir été pris en flagrant délit. Car en effet, ils étaient en train de mater Emily, n'ayant pas pu résister à cet instinct primitif qui les invitait à ne pas détourner leurs yeux d'une femme sublime et à ne pas fermer la porte a des fantasmes, plus ou moins interdits. Emily sourit, voyant qu'elle avait piégé ces mâles bourrés de testostérone. Maintenant, chacun d'entre eux se sentait honteux. Heureusement pour eux, ils furent sauvés par une petite tête blonde en smoking et nœud papillon qui arriva avec énergie au niveau d'Aaron, en tenant des petits fours, et en disant:
- Regarde ce que j'ai pris, papa!
Le fils d'Aaron présenta fièrement ses petits fours à son père. Celui-ci se baissa pour étudier ces amuse-gueules et répondit a son fils:
-Aaron: Ils m'ont l'air délicieux... Mais tu as abandonné tante Jessica?
-Jack: Non! Elle est avec un monsieur, la bas!
Jack désigna l'endroit ou se trouvait Jessica. Aaron put apercevoir que sa belle sœur discutait et rigolait avec un agent du FBI qu'il connaissait. Elle était plutôt en bonne compagnie. Aaron revint vers Jack et lui dit:
-Aaron: Jack, et si tu disais bonsoir a mademoiselle Prentiss?
Le petit Jack s'avança vers Emily. Avant de dire quoique ce soit, il la regarda des pieds jusqu'à la tête, puis lui présenta ses hommages:
-Jack: Bonsoir, mademoiselle Prentiss! Vous êtes très ravissante… Vous étincelez comme un rubis éclairé par les rayons du soleil de l'aube...
Emily et ses collègues furent ahuris. Ils essayaient de se retenir d'exploser de rire devant ces paroles si inattendues de la part d'un enfant de cinq ans. Ils regardèrent tous Aaron qui haussa les épaules et fit une expression faciale dont la traduction était: "Je ne sais absolument pas ou il a appris cette phrase!". Emily se baissa pour atteindre le visage de Jack et le remercia:
-Emily: Merci, Jack... Mon garçon, on peut dire que tu sais parler aux dames... Tu es un vrai gentleman...
Le petit garçon sourit et retourna vers son père. Aaron demanda a Emily:
-Aaron: Tes parents ne sont pas la?
-Emily: Oh, si... Ils sont en tain de discuter avec un ami de longue date...
Tout de suite après, un homme, au pupitre, sur l'estrade, demanda l'attention de tous les invités.
-Homme: Mesdames et messieurs! Puis-je avoir votre attention, s'il vous plait?... Je vous remercie... Je vais commencer par me présenter. Je suis Allan Corby, secrétaire au département de la Justice... Comme vous le savez, nous avons tous été réunis ce soir pour faire honneur à des hommes et des femmes qui n'ont pas hésité à risquer leurs vies pour protéger leurs concitoyens... Ces hommes et femmes font partie d'une unité d'élite du FBI, spécialisée dans l'appréhension des criminels les plus dangereux de ce pays, en s'appuyant sur l'étude de leur comportement. Grâce a cette approche, ces agents ont mis fin aux activités d'un dangereux groupe terroriste qui menaçait de commettre un attentat sur notre sol... Et ce soir, nous tenons à les remercier... Alors je vous demanderai un tonnerre d'applaudissements pour les agents Aaron Hotchner, David Rossi, Emily Prentiss, Spencer Reid et Derek Morgan!
L'homme applaudit, imité par le public. Les agents cites montèrent sur l'estrade et se placèrent en ligne. Ensuite, Allan Corby fit un geste avec ses mains pour obtenir le silence, et lorsque plus personne n'applaudit, il reprit:
-Corby: Je tiens à rappeler que chaque jour, des hommes et des femmes que nous ne connaissons pas et qui ne nous connaissent pas, risquent leurs vies afin de nous permettre de vivre dans la sécurité. Nous ne devons jamais les oublier, car ils sont nos héros. Et ce soir, cinq d'entre eux nous ont fait l'immense honneur d'être avec nous. J'ai maintenant l'immense honneur de remettre à ces agents la médaille du Bureau Federal d'Investigation pour acte de bravoure.
Un deuxième homme en smoking arriva avec cinq boitiers carrés contenant chacun une distinction. Corby et lui se placèrent devant Aaron. Allan Corby prit un boitier, l'ouvrit et le remit entre les mains d'Aaron, en le félicitant puis il lui serra la main. Allan Corby répéta ce geste avec le reste de l'équipe de la BAU, sous les crépitements des flashs des photographes et journalistes, ainsi que sous les applaudissements de la foule remerciant ses héros de l'ombre dont ils voyaient pour la première fois le visage.
Aaron, David, Emily, Spencer et Derek savourèrent pleinement ce moment à l'ambiance festive et glamour, sans la moindre idée des évènements qui viendraient bouleverser leurs vies dans un futur très proche.
