-Chapitre 6-
-Retrouvailles-
Quelque part dans le nord est des Etats Unis, deux semaines plus tard, Jeudi :
AARON avait subi d'autres séances avec le tueur depuis. En ce Jeudi, Aaron attendait le moment ou le tueur reviendrait, moment qui ne tarda pas à venir très vite. Aaron, comme d'habitude, entendit la porte grincer et les pas du tueur. Celui-ci le salua :
-Tueur : Bonjour, Agent Hotchner. Comment vous sentez-vous?
Grace a Jack, Aaron avait repris courage et en avait réussi à mettre de coté sa douleur pour défier verbalement le tueur.
-Aaron : Je vais tres bien… Vous n'auriez pas du café, par le plus grand des hasards ?
-Tueur : J'ignorais que le FBI pouvait avoir de l'humour…
-Aaron : A quoi aurai-je droit, aujourd'hui ?
-Tueur : C'est une surprise.
Aaron entendit le tueur se placer derrière lui. Et pour la première fois depuis longtemps, Aaron sentit les mains du tueur ôter le bandeau qui lui obstruait et grattait les yeux. Une fois le bandeau enlevé, Aaron ouvrit lentement les yeux. Même si la lumière qui régnait dans la salle était faible, elle agressa les yeux de l'agent qui avaient été trop habitués à l'obscurité. Aaron fut enfin en mesure de pouvoir regarder ce qui l'entourait. Il vit ses mains, ses bras, son torse et ses pieds ensanglantés. Il vit cette fameuse table ou le tueur avait installé ses instruments. Il vit aussi le récepteur et comprit que l'objet était relié à un émetteur placé dans une autre salle, salle ou avait été torturée Emily. Il vit enfin ces murs insalubres. Alors qu'Aaron parcourait le mur, ses yeux s'arrêtèrent sur ce qui ressemblait à des graffitis. Aaron tenta de déchiffrer ces mots, écrits en rouge. « guilt » (culpabilité), « defeated » (vaincu). Aaron fronça les sourcils, perplexe. Le tueur lui expliqua :
-Tueur : Vous avez inauguré de votre sang ce mur, mon cher agent Hotchner.
Aaron fut dégoûté d'apprendre que le tueur avait recueilli son sang pour inscrire ces mots. Il secoua la tête pour voir le visage du tueur, mais réalisa que ce dernier avait mis une cagoule. Aaron s'interrogea sur ce que le tueur avait prévu pour lui. Apparemment, le tueur avait lu dans ses pensées car il lui révéla la suite de ses plans :
-Tueur : Aujourd'hui sera un grand jour pour vous, agent Hotchner. Vous allez retrouver votre liberté.
-Aaron : Et l'agent Prentiss ?
-Tueur : Oh oh oh… Non… Elle reste avec moi.
Aaron répliqua farouchement :
-Aaron : Alors je reste aussi !
-Tueur : Malheureusement, ce n'est pas ce que j'ai prévu pour vous.
-Aaron : Non, gardez-moi et relâchez-la !
-Tueur : Non… Nous avons encore beaucoup de choses à faire tous les deux… Parmi lesquelles, des choses intimes, si vous voyez ou je veux en venir…
Le tueur venait d'offrir un sourire pervers à Aaron. Pas besoin d'être un génie pour comprendre que ce démon allait recommencer à violer Emily. Aaron s'agita.
-Aaron : Non ! Si jamais… Arghh ! Qu'est-ce que c'est… ?
Le tueur venait de stopper Aaron dans son élan de menaces en lui plantant une seringue dans le cou. Le tueur ne répondit pas à la question d'Aaron, mais celui-ci découvrit par lui-même la réponse. Apres l'introduction de l'aiguille dans son cou, Aaron sentit tout son corps s'engourdir petit à petit. Ses paupières suivirent le même mouvement, et malgré les efforts d'Aaron pour les garder relevées, elles s'abaissèrent, signe ultime qu'Aaron venait de plonger dans un sommeil profond.
Poste de police, plusieurs heures après, dans la même journée :
L'INSPECTEUR Silvers était assis à son bureau, en train de compléter des rapports. Son téléphone fixe sonna. L'inspecteur décrocha. Ce qu'il entendit l'estomaqua. C'était presque irréel.
-Silvers : Vous en êtes surs ? Je vous rejoins immédiatement !
Silvers raccrocha. Il se leva de sa chaise et courut dans la salle de travail prêtée aux agents du FBI. Silvers y retrouva Derek Morgan, Spencer Reid et Penelope Garcia. Silvers annonça :
-Silvers : Agent Morgan, des collègues viennent de retrouver l'agent Hotchner !
Morgan, Reid et Garcia restèrent sans voix, incapables de faire le moindre mouvement. Cette nouvelle semblait provenir d'un rêve dont ils se réveilleraient bientôt. Silvers insista :
-Silvers : Il est en vie. Votre collègue est en vie !
Cette phrase fit enfin réagir Derek.
-Derek : Ou a-t-il été retrouvé ?
-Silvers : Dans une ruelle de Washington D.C. Une ambulance est en ce moment en train de l'emmener à St Henry Hospital.
-Derek : On y va !
St Henry Hospital, plus tard :
DEREK, Spencer, David et Penelope patientaient dans la salle d'attente du service des urgences. Ils étaient tous heureux et soulagés qu'Aaron soit en vie. Mais leur inquiétude n'avait pas pour autant disparu. Aaron avait été retrouvé, mais Emily était encore entre les mains du tueur et tortionnaire. Derek faisait les cent pas dans le couloir. Il tournait comme un lion en cage. David était adossé à l'un des murs de la salle d'attente. Extérieurement, il démontrait une profonde quiétude, mais intérieurement, une peur intense continuait à consumer son corps. Spencer était assis sur l'un des sièges de la salle, le dos bien droit et les mains posées sur l'accoudoir. Cette attente était insupportable et le jeune docteur se refugia dans la récitation mentale de statistiques pour faire passer le temps et calmer son anxiété. Penelope, quand a elle, n'avait pu cacher sa nervosité. Tout comme Spencer, elle était assise sur un siège. Sauf que contrairement a Spencer, elle tapait du pied et des mains, respectivement sur le sol et les accoudoirs. Apres une interminable attente, un médecin fit enfin son apparition. Le médecin était de sexe féminin, dans la fin de la trentaine. Les agents et l'analyste de la BAU se jetèrent presque sur elle.
-Derek : Docteur Erikssen, comment va-t-il ?
-Erikssen : L'agent Hotchner va bien. Mais il a subi de violents sévices...
Elle fit l'inventaire complet de ces sévices. Cet exposé fut une dure épreuve pour l'équipe de Hotch. Alors qu'elle croyait l'inventaire terminé, l'équipe de Hotch dut affronter une autre blessure d'Aaron, plus psychologique, comme le décrit le docteur Erikssen :
-Erikssen : … L'agent Hotchner n'était pas vraiment clair sur ce point, mais il était tres perturbé quand il est arrivé ici…
-Spencer : Il y a de quoi être perturbé… Il a été torturé…
-Erikssen : Oui, mais votre collègue n'a pas arrêté de se débattre avec les ambulanciers qui ont du l'attacher au brancard…
-Penelope : Se débattre ?
-Erikssen : Oui. Il semblerait que l'agent Hotchner voulait absolument repartir la ou il a été séquestré. Il n'arrêtait pas de dire « il faut que j'y retourne », et puis, finalement, il a fini par craquer et s'est enfermé dans une pluie d'excuses et de regrets… Il a prononcé à de multiples reprises le prénom « Emily ». Il était totalement confus et ne semblait plus entendre qui que ce soit d'autre…
-Derek : Est-ce qu'on peut le voir, docteur ?
-Erikssen : Oui, mais nous avons du le mettre sous sédatif, a cause de sa confusion et agitation. Et je dois vous rappelez qu'il est tres faible physiquement, alors ne le bousculer pas trop. Il est dans la chambre 305.
-Derek : Merci beaucoup, docteur.
MORGAN, Reid, Rossi et Garcia entrèrent dans un silence religieux dans la chambre d'Aaron. Celui-ci était endormi. Le haut de son lit avait été remonté. Il paraissait paisible. Mais cette impression extérieure était le haut de l'iceberg de l'horreur qu'il avait vécue. Les collègues d'Aaron l'observèrent. Ils virent le plâtre qui entourait sa jambe droite (suspendue au dessus du lit pour des raisons médicales), du genou jusqu'au pied, ces deux membres étant inclus dans le plâtre. Ils virent les bandages autour des mains et bras d'Aaron, mais ne purent voir le bandage au pied gauche. Ils virent une partie des bandages qui enserraient le torse et le dos d'Aaron. Les agents éveillés et l'analyste restèrent silencieux, choqués par l'état physique de leur chef. Penelope rompit le silence quand elle annonça :
-Penelope : Jack est la…
Derek, David et Spencer se retournèrent, comme l'avait fait Penelope surement parce qu'elle souffrait de voir son patron dans cet état. Ils virent Jack et sa tante marcher dans le couloir en direction de la chambre. Derek sortit pour les accueillir.
-Jessica : Agent Morgan, je suis venue aussi vite que j'ai pu après votre coup de fil… Comment va-t-il ?
-Derek : Il est fatigué, mais il va s'en sortir.
Derek s'était bien gardé d'entrer dans les détails des blessures de Hotch. L'agent s'agenouilla devant Jack pour lui parler :
-Derek : Ton papa a été retrouvé, Jack. Il est fatigué, mais il ira beaucoup mieux une fois qu'il t'aura vu.
Le petit Jack serra dans ses bras Derek en lui disant :
-Jack : Merci d'avoir retrouvé mon papa, agent Morgan…
Morgan caressa la tête de Jack, touché par ses paroles, mais aussi gêné, car en réalité, il n'avait pas retrouvé son père. Le tueur l'avait relâché, asseyant une fois de plus son pouvoir. C'était lui qui avait décidé quand libérer Aaron, obligeant ainsi Derek et ses collègues à se contenter de ce que le tueur leur laissait, et donc, dans un sens, a rester sous sa domination. Derek finit par dire à Jack :
-Derek : Allez, ton papa t'attend.
Derek porta Jack et entra dans la chambre d'Aaron avec Jessica. Derek posa Jack sur le lit, aux cotés de Hotch, qui continuait à dormir. Le garçon s'allongea a gauche de son père et posa sa main gauche sur la poitrine de Hotch, comme s'il voulait s'accrocher a lui physiquement pour l'éternité. Les adultes présents dans la salle furent émus par cette scène. Apparemment, la présence de Jack fut un puissant facteur de réveil car Aaron commença à ouvrir lentement les yeux. Il se rendit compte qu'il n'était plus dans cette salle insalubre et glaciale, mais dans une salle au plafond neuf et lisse. Il se rendit compte qu'il était allongé dans un lit, au chaud, et qu'un être humain était venu lui apporter un peu plus de chaleur en se blottissant contre lui. Cet être humain n'était autre que son fils, auquel Aaron avait pensé fortement pendant son calvaire. D'autres êtres humains étaient également autour de lui. Derek Morgan. Penelope Garcia. Spencer Reid. David Rossi. Jessica, la sœur de sa défunte Hayley. Aaron crut d'abord qu'il rêvait.
-Aaron : Je dois… Rêver…
-Derek : Non, vous ne rêvez pas, Hotch. Nous sommes la. C'est fini. Vous n'avez plus rien à craindre.
-Aaron : Et Emily… ?
Derek détourna les yeux. Aaron comprit qu'elle était toujours prisonnière. Le petit Jack se redressa sur ses genoux et rassura son père :
-Jack : Tout va bien papa… Je suis avec toi…
Le fils serra son père dans ses bras. Aaron fit de même avec son fils. Et puis tout a coup, il craqua. Aaron s'effondra en larmes sur l'épaule de Jack. Des larmes de joie d'être de nouveau avec son fils. Des larmes pour ces souffrances qu'il avait endurées. Des larmes de bonheur d'être sorti de ce calvaire. Mais des larmes d'un incommensurable sentiment de culpabilité d'avoir laissé tomber Emily, d'être ici a l'hôpital alors qu'elle était toujours là-bas. L'émotion fut tellement forte qu'Aaron ne put s'arrêter, malgré les paroles de réconfort de son fils :
-Jack : Tu n'as plus besoin de pleurer, papa… Je suis la…
-Aaron, entre deux larmes : Je t'aime… Je t'aime, Jack…
-Jack : Moi aussi, papa…
-Aaron : Tu m'as tellement manqué…
-Jack : Maintenant, nous sommes ensemble…
Les collègues d'Aaron furent bouleversés de voir leur patron craquer ainsi. Ils sentirent aussi qu'ils devaient se retirer, pour laisser un peu d'intimité entre Aaron et son fils. Derek dit à Aaron que lui, Penelope, David et Spencer reviendraient, puis il sortit de la salle, imité par ses collègues. Une fois dehors, Derek, David, Penelope et Spencer jetèrent un coup d'œil à la chambre. Aaron pleurait toujours.
L'inspecteur Silvers et le lieutenant Newland rejoignirent les agents de l'analyste de la BAU. Ils demandèrent des nouvelles de leur chef.
-David : Il va s'en tirer… Maintenant, reste à savoir quelle est l'étendue du choc post-traumatique… Il semblerait qu'il s'est passé quelque chose avec Emily…
-Newland : Au moins, c'est fini.
-Derek : Lieutenant, avez-vous regardé les vidéos ?
-Newland : Oui. Comme les agents Rossi et Reid l'ont prédit, le tueur s'est bel et bien déplacé. Mais impossible de voir son visage. Il a été très rapide, et a su profiter du calme qui régnait dans le coin. Par contre, il a utilisé une autre voiture… Celle d'un dénommé Brad Carlson… C'est la que ca devient bizarre. Ce Carlson a été porté disparu en 2001, et n'a toujours pas été retrouvé…
-Spencer : Est-ce que par hasard Carlson venait d'un autre état ?
-Newland : En effet… Du Colorado… Oh non… Serait-il une autre victime du tueur ?
-David : C'est à envisager… On a cru que le tueur s'était arrêté pendant six ans… Et si finalement il n'avait fait aucune pause ? S'il avait continué ?
-Spencer : Il y aurait donc d'autres tombes…
-Derek : Et du coté de Lauderdale ?
-David : Il commencé à se rappeler de certaines choses. Il s'est souvenu d'avoir traversé la frontière Américano-canadienne avec sa Harley Davidson pour venir parcourir le nord est des Etats Unis. Lui aussi était en vacances. C'est un bon début. Certains de ses collègues sont venus et l'aident à se souvenir de sa vie. Il finira par avoir des souvenirs de son enlèvement aussi, j'en suis sur. Il suffit de continuer à travailler.
-Derek : Il va aussi falloir qu'on interroge Hotch… Cependant, je doute qu'il soit prêt…
-David : Attendons demain…
-Spencer : Nous allons laisser Prentiss des heures de plus avec malade ?
Derek se retourna vers la fenêtre de la chambre. Aaron serrait toujours son garçon et pleurait, même s'il semblait se calmer petit à petit.
-Derek : Pour l'instant, il est encore très choqué… Sans oublier ce que le médecin nous a dit… Il a besoin d'être avec Jack.
Quelque part dans le nord est des Etats Unis, Vendredi soir :
EMILY était suspendue dans les airs, mais a un niveau moins élevé que d'habitude, et souffrait a nouveau. Le tueur était revenu pour la martyriser, mais surtout pour remplir a nouveau le bécher avec son sang, vu qu'il avait perdu ce qu'il restait quand il lui avait jeté l'ustensile a la figure. Le tueur avait ravivé des blessures qui avaient commencé à cicatriser à la poitrine et au dos, avec son cutter. Emily était devenue trop épuisée pour crier. Une fois que le tueur fut satisfait de la quantité de liquide rougeâtre recueillie, il parla à Emily :
-Tueur : Je vais vous laisser reprendre des forces. Je reviendrai demain.
Le tueur regarda les traits tirés d'Emily. Il caressa son visage de sa main droite. Dans un réflexe, Emily essaya d'éloigner son visage de cette main grotesque. Le tueur ne tenta pas de reprendre ce visage et se contenta de dire :
-Tueur : Demain, vous ne pourrez pas m'échapper.
Il vint vers la poulie et remonta Emily un peu plus en hauteur, avant de repartir. Emily ne sut pas trop comment interpréter la dernière phrase du tueur. Qu'avait-il prévu pour elle demain ? Elle n'eut pas le temps de réfléchir plus car elle sombra dans un profond sommeil…
