Voici un nouveau chapitre !
J'en profite pour remercier toutes celles et ceux qui ont laissé un commentaire sur cette fic. Je suis ravie qu'elle vous plaise. J'espère qu'elle vous plaira encore et merci pour le temps que vous consacrez à la lire.
-Chapitre 7-
-Confidences-
St Henry Hospital, Samedi matin:
DAVID ENTRA dans la chambre d'Aaron. Ce dernier restait impassible devant le petit déjeuner apporté par l'infirmière. Le regard d'Aaron errait sur ce plateau repas composé d'une petite brique de lait, d'un sachet de céréales, d'une compote de pommes et de deux tranches de pain de mie, mais il semblait que ce plateau était devenu invisible. Aaron bougea à peine quand David pénétra dans la chambre. L'ainé de la BAU prit un fauteuil et s'assit face à Aaron, sur sa gauche.
-David : Depuis combien de temps regardes-tu ce plateau ?
Aaron ne se tourna même pas vers David. Toujours perdu dans ses pensées et d'une voix monotone, il répondit :
-Aaron : Je n'en ai aucune idée…
-David : Il faut que tu avales quelque chose, Hotch.
-Aaron : Je n'ai pas faim…
-David : S'il te plait… Tu dois reprendre des forces…
David comprenait bien pourquoi Aaron n'avait pas faim. Il avait vécu l'enfer, et se sentait indigne d'être sain et sauf tandis qu'Emily souffrait toujours. Cependant, Aaron ne devait pas s'enfoncer de plus belle, ce qui commencerait par un refus total de nourriture. Voyant qu'Aaron ne prendrait aucune initiative, David saisit le sachet de céréales et l'ouvrit. Il le tendit à son collègue qui fit enfin un geste et prit le sachet. Aaron avala quelques céréales, puis raconta, toujours les yeux perdus dans le vague :
-Aaron : J'ai tout entendu… J'ai tout entendu…
-David : Entendu quoi ?
-Aaron : Emily était surement dans une autre salle près de la mienne… Cet enfoiré a installé un micro dans sa salle et un récepteur dans la mienne… J'ai tout entendu… Ses hurlements… C'était atroce… J'ai tout entendu et je n'ai rien fait…
-David : Parce que tu ne pouvais rien faire, Hotch… Il t'avait ligoté et torturé…
-Aaron : Ca n'excuse rien…
Aaron regarda enfin David. Ce dernier vit des larmes envahir ses yeux.
-Aaron : Il lui a fait des choses abominables… Il l'a torturée avec des instruments aussi horribles les uns que les autres et j'ai entendu tous ses cris… Et… Il l'a violée, Dave…
David eut un énorme choc à cette information.
-Aaron : Il l'a violée et j'ai tout entendu… Je ne pourrai jamais oublier… « Avec combien d'hommes avez-vous fait l'amour, Emily ? », « Je serai votre prochain », « Tu es a moi », a-t-il dit… Et ensuite, il l'a violée… C'était affreux… J'ai entendu ses gémissements pendant qu'il le faisait… Ce pervers faisait exprès de crier… Et Emily hurlait… Elle lui a supplié de ne pas le faire… Elle lui a supplié de faire tout ce qu'il voulait mais pas ca… « Tout ce que vous voudrez, mais pas ca » lui a-t-elle supplié… Mais cette immondice l'a quand même fait… Et elle a hurlé nos noms, Dave… Elle nous appelait à l'aide… Et moi, j'étais surement juste à coté, et je n'ai pas bougé… Je suis resté la, a écouter…
Aaron laissa échapper une larme sur sa joue droite. Il continua :
-Aaron : Le pire, c'est qu'avant de me lâcher, il m'a dit qu'il recommencerait… Et peut-être qu'en ce moment, il est en train de la violer une nouvelle fois…
Une larme parcourut la joue gauche d'Aaron. David pouvait lire toute la détresse et la culpabilité qui prenaient le contrôle d'Aaron.
-Aaron : Comment pourrai-je la regarder en face a présent ? Comment pourrai-je me regarder en face après avoir laissé ces choses se produire ? Comment un membre de mon équipe pourrait-il me faire à nouveau confiance alors que je l'ai laissé aux mains d'un porc ? Comment pourrai-je diriger mon équipe alors que j'ai échoué lamentablement ? Je suis censé veiller sur mon équipe… Et je n'ai pas veillé sur Emily… Mon fils croit que je suis un héros… Mais je ne le suis pas… Je ne suis plus qu'un pauvre agent qui a laissé un malade abuser de sa coéquipière… Et il a réussi son expérience…
David fut troublé :
-David : Son expérience ?
-Aaron : Il voulait voir comment je réagirais… Il a vu que ca me faisait souffrir… Parfois plus que les tortures physiques qu'il m'infligeait… Il n'a pas raté une occasion pour me faire assister à ce qu'il faisait à Emily… J'ai échoué… J'ai échoué… J'ai échoué…
Aaron se tut pour plonger dans un mutisme profond et retourner a la contemplation du vide devant lui. David était triste de voir son ami dans cet état, mais sut que pour l'instant, quoiqu'il dise ou qu'il fasse ne ferait pas disparaitre le mal être qui avait conquis l'âme de Hotch. Son ami avait perdu confiance en lui-même. Aaron Hotchner était un homme brisé, plus psychologiquement que physiquement. Il avait perdu foi en lui en tant qu'agent du FBI et en tant qu'être humain. Cette épreuve venait de lui ouvrir les portes de la remise en question de soi. Aaron finirait par retrouver son assurance et la détermination qui avaient fait de lui un excellent agent du FBI, un excellent profileur et un excellent chef d'unité du département des sciences du comportement, mais cela prendrait du temps. Surement beaucoup de temps. Aaron avait plus que jamais besoin de Jack, David, Spencer, Derek et Penelope pour s'en remettre. David tapota l'épaule de son ami et resta a ses cotés.
DEREK ET SPENCER étaient venus prendre des nouvelles de James Lauderdale, anciennement John Doe. Les trois hommes marchaient dans le jardin de l'hôpital. James finissait de raconter aux deux agents ses progrès :
-Lauderdale : … Je me souviens d'avoir passé la frontière avec ma moto… Je sais que je voulais faire ce voyage, mais je n'arrive pas encore à me visualiser dans les lieux que j'ai visités aux Etats Unis…
-Spencer : Votre progression dans votre passé est fulgurante… Je suis sur que très bientôt, vous visualiserez ces lieux…
-Lauderdale : Mes coéquipiers de la brigade de pompiers d'Ottawa m'ont bien aidé… Pour mon passé avant ces vacances… Ils ne pourront pas trop m'aider pour me souvenir de ce périple… Mais au fait… Comment va votre collègue ?
-Derek : Il va bien, mais reste traumatisé…
-Lauderdale : J'aimerais pouvoir faire plus pour vous…
Spencer fronça les sourcils.
-Derek : Qu'est-ce qu'il y a, Reid ?
-Spencer : Je pense avoir une idée pour vous aider à recouvrer la mémoire sur votre voyage aux Etats Unis, James.
-Lauderdale : Je suis preneur.
-Spencer : Accepteriez-vous de parler avec l'agent Hotchner ?
-Derek : Tu voudrais que Hotch raconte ses tortures à monsieur Lauderdale ?
-Spencer : Dans le fond, c'est un peu ca. Comme tu l'as dit, Morgan, Hotch est traumatisé. Peut-être qu'il serait un peu plus a l'aise avec une personne qui a vécu la même chose que lui…
-Lauderdale : Sauf que je ne me rappelle de rien…
-Spencer : Vous vous rappelez le jour de votre accident… Qui sait, peut-être qu'au cours de votre discussion il y aura un élément déclencheur…
-Lauderdale : Je veux bien essayer…
-Derek : Il faudra en toucher un mot a Hotch, mais retenons cette idée.
PLUS TARD, Derek et Spencer retrouvèrent David dans la salle d'attente du service ou reposait Aaron. Les trois hommes s'arrêtèrent devant un distributeur de boissons. Derek et Spencer remarquèrent que Rossi avait la mine totalement déconfite.
-Derek : Rossi, est-ce que ça va ?
-David : Je vais bien… Par contre, Hotch ne va pas bien… Ce tueur est un vrai malade…
David regarda ses collègues et leur raconta l'horreur qu'avaient subi Aaron et Emily. Plus David avançait dans son récit, plus Derek et Spencer étaient écœurés. David finit avec le viol d'Emily. Ce fut le coup de grâce.
-Derek : … Ce malade l'a violée ?
-David : Oui. Hotch a tout entendu…
Derek porta ses deux mains à son visage, en signe d'horreur. Spencer resta silencieux, incapable d'ouvrir la bouche face a cette terrible nouvelle.
-Derek : Ce malade l'a violée…
L'agent se tourna vers le distributeur. Soudain, il frappa de toutes ses forces sur cette machine avec son poing droit. Ce poing n'était que la simple expression de sa rage et de son sentiment de culpabilité. Ce poing attira également l'attention de toutes les personnes présentes dans les environs. Ces personnes dévisagèrent Derek qui s'excusa :
-Derek : Je suis désolé…
Les témoins de la scène retournèrent dans leur activité. La rage de Derek ne faiblit pas en intensité.
-Derek : On l'a laissé faire…
Spencer retrouva sa lucidité.
-Spencer : Alors il faut qu'on accélère le mouvement.
-David : Hotch est trop choqué pour dire quoi que ce soit…
-Spencer : Il pourra peut-être plus parler à James Lauderdale…
David interrogea Spencer du regard. Ce dernier lui exposa son plan.
Quelque part dans le nord est des Etats Unis, Samedi après-midi :
EMILY était suspendue dans les airs et était pour la énième fois assaillie par cette musique heavy metal et cette lumière artificielle. Elle avait du subir ces tortures sensorielles pendant des heures, voire des jours, d'affilées ou non. Quoiqu'il en soit, Emily était sur le point d'exploser, ce qu'elle fit lorsqu'elle vit le tueur franchir le seuil de la salle :
-Emily : Arrêtez ! Arrêtez cette musique ! Ca suffit ! J'en peux plus !
Le tueur fut satisfait de cette réaction et le fit savoir à Emily :
-Tueur : Vous commencez à céder !
-Emily : Non !
-Tueur : Si ! Si ! Vous commencez à réaliser qu'ils ne viendront pas !
-Emily : Je veux juste que vous arrêtiez cette foutue musique, bordel !
Plus Emily s'énervait, plus le tueur était content. Ce n'était plus qu'une question de temps avant qu'elle ne craque pour de bon.
-Tueur : Vous verrez… Ca viendra… Et pour vous prouver qu'ils ne viendront pas, nous allons nous accorder trente minutes…
Emily regarda le tueur. Elle le vit porter la main à sa ceinture et la desserrer. Une expression de terreur et d'horreur se dessina sur le visage de la jeune femme. Celle-ci secoua frénétiquement la tête de droite à gauche en murmurant :
-Emily : Non… Non… Non… Non… Non… Non…
Le tueur s'approcha de la table. Il prit un préservatif. Il se retourna vers Emily et avança vers la poulie. Il fit tomber Emily. Celle-ci ne s'était pas arrêtée dans la répétition des « non ». Le tueur s'avança vers elle tout en disant :
-Tueur : Pour être franc avec vous, c'est la première fois que je le fais avec du heavy metal en fond musical…
Emily était désemparée. Non seulement elle allait encore subir cette musique infernale, mais en plus, elle allait devoir la subir en se faisant humilier une fois de plus. Quant au tueur, il fut ravi de pouvoir tenir la promesse qu'il avait faite à Aaron. Et cette fois-ci, l'arrachage du pantalon d'Emily fut plus facile que la dernière fois, car elle était devenue trop faible pour se défendre.
St Henry Hospital, pendant ce temps:
DAVID, Spencer et Derek avaient laissé Aaron Hotchner et James Lauderdale discuter dans la chambre d'Aaron, et assistaient à la scène de l'extérieur de la chambre. David, Spencer et Derek regardaient les deux anciens torturés parler.
Aaron avait réussi à sortir légèrement de son mutisme face à James Lauderdale. Ce dernier se sentait gêné qu'Aaron ait été torturé alors qu'il le protégeait.
-Aaron : Ce n'est pas de votre faute… Ce sont les risques du métier…
-Lauderdale : Je suis quand même désolé, agent Hotchner…
-Aaron : Ce type est une vraie ordure…
Lauderdale regarda les bandages et le plâtre d'Aaron. Celui-ci raconta :
-Aaron : Il m'a planté des clous avec une clouteuse… Ca avait l'air de le réjouir…
Lauderdale avait toujours les yeux rivés sur les anciennes blessures physiques d'Aaron. Alors qu'Aaron parlait, Lauderdale fit soudainement secoué par un flash…
… James était assis à une chaise. Des cordes le reliaient solidement à ce meuble. James était fatigué. Soudain, une silhouette posa une clouteuse sur sa main droite et James sentit cette main être déchirée par un objet pointu et tranchant. Un clou. James grimaça de douleur…
… James fronça les sourcils. Hotch constata la réaction de James.
-Aaron : Vous avez vécu ça, vous aussi…
-James : C'est bizarre… J'ai eu comme un flash… J'ai revu ce type me planter un clou dans la main droite… Mais je ne me rappelle pas de son visage… Qu'est-ce que cet homme vous a fait d'autre, agent Hotchner ?
-Aaron : Il m'a aussi tailladé la poitrine et les bras avec un cutter… Et il a du recueillir mon sang dans un gobelet pour écrire sur le mur des mots…
Lauderdale regarda l'espace de la poitrine d'Aaron qui n'avait pas été recouverte par la robe d'hôpital, partie située en haut de la poitrine. Et Lauderdale eut un autre flash…
… Contrairement pour le clou, cette fois-ci, James était accroché en l'air, à des chaines. Il avait mal aux articulations reliant ses épaules à ses bras. Il sentit une lame trancher sa poitrine et le sang commença à couler sur son torse. Il sentit un objet se poser sur lui…
… James porta sa main gauche à sa poitrine et fut dégouté de ce souvenir.
-James : Un bécher…
-Aaron : Vous recouvrez la mémoire…
-Lauderdale : Je crois… Mais je ne sais pourquoi, je n'arrive toujours pas à voir son visage…
A PRESENT, Derek, David et Spencer étaient rentrés dans la chambre d'Aaron et écoutaient les flashs de James.
-Lauderdale : … Le problème est que je vois sa silhouette, mais pas son visage… Il reste flou… Je ne comprends pas pourquoi…
-Spencer : Certainement un mécanisme de défense. Cet homme vous a torturé. Votre subconscient s'est protégé en effaçant son visage pour que vous ne souffriez plus.
-Lauderdale : Mais vous avez besoin de ce visage…
David posa sa main sur l'épaule de James.
-David : N'essayez pas de forcer. Cela pourrait renforcer ce mécanisme d'autodéfense. Vous vous souvenez de certaines de vos tortures. Vous finirez par revoir son visage.
Quelque part dans le nord est des Etats Unis :
EMILY ETAIT étendue, par terre, dans cette pièce de l'enfer. Le heavy metal avait cessé. Emily avait le regard vide. Vide de toute force, détermination, espérance. La jeune femme pleurait. En silence. Cet homme avait une nouvelle fois pris possession de son corps. Emily avait une nouvelle fois senti le corps de ce monstre se mouvoir au dessus du sien. Elle l'avait une nouvelle fois entendu émettre des gémissements. Emily avait arrêté toute lutte. Elle n'avait même pas cherché à remettre son pantalon, tant cela n'avait plus d'importance car elle s'était déjà sentie morte, et c'est le tueur qui avait accompli cette tache. En ce moment, il resserrait la ceinture d'Emily.
-Tueur : Hum… Nous avons tenu plus longtemps que la dernière fois… Allons, un peu de nerf, agent Prentiss… Je vous ai connue plus battante…
Cependant, Emily avait perdu cette force qui lui avait permis de se battre jusque là. Quand le tueur eut fini de rhabiller Emily, il la traina vers l'un des murs de la pièce. Il vint vers la table pour prendre le bécher et un pinceau. Il mit le pinceau dans la main d'Emily et la fit écrire sur le mur, tout en commentant :
-Tueur : Abandonnée… Voilà ce que vous êtes, agent Prentiss… Abandonnée… Pourquoi continuer à vous réfugier dans quelque chose qui n'existe pas ? Ils ne viendront jamais, ne vous l'ai-je pas répéter assez de fois ?
Emily marmonna :
-Emily : Laissez-moi…
-Tueur : Je ne puis, car vous n'avez pas encore compris…
-Emily : Laissez-moi…
-Tueur : Si vous croyez que vos soi-disant collègues, compagnons d'armes, viendront, vous faites erreur… Vous me semblez avoir confiance en votre chef, l'agent Hotchner, pas vrai ?
Emily regarda le tueur.
-Tueur : Oui, vous semblez avoir confiance en cet homme… Pourtant, vous ne devriez pas…
-Emily : Et pourquoi ?
-Tueur : Parce qu'il était là et qu'il n'a rien fait pour vous…
Emily écarquilla les yeux, décontenancée. Que voulait-dire le tueur ? Non, ce n'était qu'une ruse supplémentaire pour l'amener là où il voulait.
-Tueur : Oui, il était la. Mais il est parti. Il a choisi de partir.
-Emily : Vous mentez.
-Tueur : Même les plus braves peuvent se comporter comme le pire des lâches…
-Emily : Vous mentez.
-Tueur : J'ai une preuve.
Le tueur sortit un dictaphone de sa poche. Il l'alluma et Emily put entendre des extraits de discussion entre Hotch et le tueur.
« -Aaron : Ahh ! Arrêtez !
-Tueur : Vous fléchissez…
-Tueur : Voulez-vous partir ?
-Aaron : Oui ! »
Le tueur éteignit le dictaphone.
-Tueur : Il n'est pas aussi parfait que vous ne le croyez…
-Emily : Vous mentez… Vous ne lui avez pas dit que j'étais là…
-Tueur : Oh que si, mais il a fini par craquer et par demander à être relâché…
-Emily : Vous mentez…
Le tueur ralluma le dictaphone. Nouveaux extraits sonores :
« -Aaron : Laissez-moi…
-Tueur : Votre amie est encore là…
-Aaron : Laissez-moi… »
Emily resta muette.
-Tueur : Vous avez entendu par vous-même…
Emily secoua frénétiquement la tête de droite à gauche. Elle était déboussolée. Le tueur en profita pour lui faire écrire un deuxième mot avec son sang venant du bécher.
-Tueur : Menteurs… C'est ce que sont vos collègues… Des menteurs… Ils vous jurent de ne jamais vous abandonner, mais ils finissent tous par le faire…
-Emily : Il… Il n'aurait…
-Tueur : Et pourtant il l'a fait. L'agent Hotchner m'a supplié de le relâcher… Il n'avait rien à foutre de vous… Je vous laisse méditer, Emily… Je reviendrai et nous recommencerons, jusqu'à ce que vous compreniez.
Le tueur reprit ses outils et se retira. Emily regarda les mots qu'il venait de lui faire écrire. « Abandonnée » et « Menteurs », respectivement « Forsaken » et « Liars » en anglais. Non. Le tueur lui avait racontée des mensonges. C'était lui, le menteur. Hotch ne serait jamais parti sans elle. Il devait y avoir une explication logique… Et si enfin de compte le tueur avait raison ? Si Hotch avait craqué ? L'expérience d'Emily au sein des sciences du comportement lui avait fait voir que parfois, les êtres humains, dans une situation de crise ou de désespoir, pouvaient manifester un comportement qu'ils n'auraient jamais manifesté dans la vie quotidienne. Sans le savoir, Emily était en train de glisser progressivement sur le chemin du doute.
Le tueur sortait de sa cachette réservée aux tortures. Il arriva dans la grange et rabaissa la plaque de bois qui servait de porte d'entrée à cette cachette. Il souriait et murmura :
-Tueur : J'adore les montages…
St Henry Hospital, deux semaines plus tard, Mecredi, dans la nuit :
LA FIN DE NUIT de James Lauderdale fut agitée. L'homme se tournait et se retournait dans son lit, en proie à un cauchemar…
… James avait les poignets rattachés à de lourdes chaines qui le suspendaient dans les airs, dans une salle sombre, éclairée seulement par le halo d'une petite lampe accrochée au plafond. Ses mains et ses pieds étaient en sang, à cause de trous engendrés par une clouteuse. James avait mal, cadet des soucis de cette silhouette au visage flou qui tournait autour de lui en récitant cet exposé inquiétant :
-Tueur : Vous verrez, James, ils ne vous secourront pas… Ils ne sont bons qu'à secourir les autres des flammes, mais pas vous…
-Lauderdale : Ils seront à ma recherche ! Ils savent que je passe mes vacances ici !
-Tueur : Oui… Ils signaleront votre disparition, donneront votre photo à la police… Et puis la vie reprendra son cours… Ils vous mettront dans un coin de leur tête, mais sans plus…
-Lauderdale : Qu'est-ce que vous voulez ?
-Tueur : Que vous compreniez, James.
-Lauderdale : Comprendre quoi ?
-Tueur : Qu'on est seul, James… Qu'on est toujours tout seul. Les personnes en lesquelles on croit nous laissent toujours tomber…
… James se réveilla en sueur. Son cœur battait a tout rompre et sa respiration s'était accélérée et à un rythme irrégulier. James n'avait aucune idée de quoi le tueur parlait, mais il sut qu'il fallait qu'il prévienne les agents du FBI. James regarda sa montre. Il était six heures du matin…
