Cher lecteur, bonjour !
Je tiens tout d'abord à remercier les quelques lecteurs anonymes qui ont laissé une review et que je n'ai pu remercier personnellement; merci à toi Simeramise, à toi Patapouf, à toi De passage, et merci également aux deux Guest qui n'ont pas laissé de nom... vous êtes formidables et le monde vous aime !
Me revoici donc avec le second chapitre de ma dernière fic en date, et je me plais à imagine avec des yeux brillants que peut-être tu l'as attendu avec impatience... ;-)
Quoi qu'il en soit j'espère que ta lecture sera à ton goût, car j'ai tourné et retourné cette histoire dans ma tête et j'ai dû changer certaines choses à plusieurs reprises pour arriver à un tout plus harmonieux... cela dit si des incohérences persistent, je t'en prie, fais-m'en part !
En attendant, enjoy !
(oh, et j'avais oublié de le préciser au début de mon premier chapitre, mais le titre de la fic vient du poème "Contre une maison sèche", de René Char. Juste au cas où tu brûlais d'envie de le savoir. XD)
...
John resta longtemps dans sa chambre, sans savoir quoi faire.
À présent que la mémoire lui était revenue il se souvenait de chaque détail de la soirée de la veille avec une précision déprimante; comment Sherlock avait de toute évidence voulu rentrer avec un autre homme, comment lui, John, avait gâché sa fin de soirée en étant incapable de tenir son alcool, comment les mains fermes de Sherlock l'avaient repoussé après sa tentative pathétique…
Pas comme ça.
Mais pourquoi avait-il autant bu ?
Peut-être les choses auraient pu se passer différemment. Si John avait été sobre, s'ils avaient été seuls à Baker Street après une soirée tranquille, si John avait été plus patient…
Mais non. Non. Sherlock avait rendu clair son inintérêt pour John, et ce dernier devait comprendre qu'un non de Sherlock, c'était non.
John se rappela la douceur des lèvres de Sherlock contre les siennes, et ses yeux le piquèrent, annonçant avec amertume la formation de larmes qu'il ne méritait pas de verser.
Pas comme ça.
Il avait gâché cela tout seul. Après tant de temps à faire attention, voilà que tout était ruiné parce que John n'avait pas supporté de voir la réalité en face; non, Sherlock n'était pas intéressé par John, et oui, il l'était par d'autres personnes. Il avait probablement été horrifié que John essaie de l'embrasser alors qu'il ne voyait sans doute en lui qu'un simple ami…
John sentit son cœur se contracter douloureusement dans sa poitrine à cette pensée.
Pas comme ça.
Il devrait partir. Il devrait quitter Baker Street, le seul endroit dans lequel il se soit jamais senti chez lui, et il devrait retourner vivre dans un petit appartement gris, glauque et trop silencieux.
Et plus il s'attardait, plus son départ lui ferait mal; autant en finir le plus vite possible.
Pas comme ça.
John descendit les marches de l'escalier, l'esprit horriblement vide.
Sherlock devait le détester.
John arriva dans le salon.
Il ne voudrait plus jamais le revoir.
John rejoignit la cuisine, où Sherlock observait tranquillement une culture au microscope; il s'arrêta dans l'encadrement de la porte, le regard fixé sur son colocataire, son ami, l'amour de sa vie.
Pas comme ça.
-Sherlock, je…
Sherlock leva la tête, et John se sentit chanceler en sentant les yeux transparents se poser sur les siens.
Peut-être pour la dernière fois.
John avala une salive sèche autour de la boule monumentale qui obstruait sa gorge.
-Je suis vraiment désolé pour hier soir. Je n'aurais pas dû boire autant. Je t'ai mis dans une situation délicate et je le regrette profondément…
-C'est oublié, John, fit Sherlock avec un petit geste de la main.
John cligna des yeux.
-Oublié ? Sherlock, je t'ai…
-Tu m'as embrassé, John, oui, interrompit Sherlock d'un ton impatient, presque exaspéré. Je suis désolé de m'être trouvé au mauvais moment au mauvais endroit, John, désolé de n'avoir pas pu t'arrêter alors que tes inhibitions avaient disparu. Vraiment désolé.
L'agressivité du ton de Sherlock fit l'effet d'une crise cardiaque à John, au vu de la façon dont sa poitrine se contracta péniblement comme dans un dernier effort, mais plus que cela, ce fut la nuance absolument déchirée de tristesse dans le voix de baryton tant aimée qui le fit reculer d'un pas.
Sherlock sembla soudain réaliser la rancœur portée par ses paroles et son visage se ferma aussi brusquement qu'une porte, toute émotion quittant ses traits en moins d'une seconde.
-Rassure-toi, John. J'ai compris, conclut-il simplement, sa voix fatiguée et plate.
La migraine de John ralentissait encore considérablement ses pensées, et il peina à trouver ses prochains mots.
-Je… je ne pense pas… tu es désolé ?
La main de Sherlock posée sur la table de la cuisine eut comme un spasme, les longs doigts fins se crispant en un poing blême.
-Bien sûr, John. Je suis désolé. Peut-on passer à autre chose, maintenant ? Que dirais-tu de m'aider à déterminer si ces germes de—
-Tu es désolé que je t'aie embrassé ? répéta John.
En une seule seconde, la stupeur de ce dernier devant les excuses de Sherlock se transforma en une colère aveuglante. Et une fois qu'il eut ouvert la bouche, il ne put plus s'arrêter.
-C'est la meilleure. Est-ce qu'une seule fois, une seule fois dans ta vie, tu pourrais considérer que peut-être tout n'est pas un effet de ton existence sur le reste de l'univers ? Est-ce que tu pourrais cesser, juste pour cette fois, de t'approprier ce qui appartient aux autres, et seulement aux autres !
Sherlock s'était immobilisé, ses yeux clairs brillants et grands ouverts.
-JE t'ai embrassé, rugit John, et c'était la meilleure chose que j'ai faite dans ma vie, et TU m'as repoussé parce même si c'était incroyablement bon c'était surtout une erreur MONUMENTALE de ma part, et tu as eu raison ! Mais tu crois que tu as le DROIT d'être désolé à ma place, parce que dans un moment de faiblesse j'ai dévoilé des sentiments inappropriés, tu crois que tu as le droit de me voler comme ça MES actes et MES erreurs ?!
John se retrouva presque nez-à-nez avec Sherlock, un index accusateur enfoncé dans la poitrine plate de ce dernier.
-Tu n'as PAS LE DROIT, Sherlock Holmes, de retourner la situation pour me transformer en victime, parce que je suis des tas de choses mais PAS ta victime, et je ne l'ai jamais été, et d'ailleurs je n'ai pas honte de ce que je ressens, je n'ai rien dit pour ne pas rendre les choses plus compliquées qu'elles ne le sont déjà mais de quel droit tu oses m'insulter comme ça, je ne sais pas mais j'en ai fini de toute façon, je vais partir d'ici et te débarrasser de toutes ces émotions si gênantes pour ton travail !
John se tut, et ses oreilles tintaient, et sa bouche était sèche. Sherlock, devant lui, semblait tout aussi abasourdi, et quelques secondes interminables s'étirèrent dans un silence de mort, seulement perturbé par la respiration essoufflée de John.
-Des… sentiments ? murmura soudain Sherlock, la voix tremblante.
John se pinça l'arête du nez; il était trop fatigué, et il avait beaucoup trop mal à la tête pour cette discussion.
-Oui, Sherlock. Je pensais pouvoir me contrôler, mais apparemment, comme tu l'as si délicatement exprimé, l'alcool a fait disparaître mes inhibitions. Et te voir flirter avec ce connard d'avocat, aussi… je ne sais plus, je suis désolé.
Il leva les yeux pour regarder Sherlock, qui arborait une expression sincèrement confuse.
-Un avocat ?
John soupira; c'était parti pour l'humiliation de sa vie.
-Oui, ce mec qui promenait ses mains partout sur toi… je ne sais même pas s'il était avocat, en fait. Il avait juste cette aura de connard autour de lui… je crois que jusque-là j'étais resté dans l'illusion que tu n'avais pas de désir pour moi mais que tout allait bien quand même parce que tu n'en avais pour personne d'autre…
John haussa les épaules, le souvenir de son rival emplissant sa bouche d'un goût amer.
-Désolé d'avoir cassé ton coup, d'ailleurs. C'était plutôt bien parti, d'après ce que j'ai pu voir.
-John, tu n-
Mais John, refusant d'entendre les excuses pleines de pitié de Sherlock, ne le laissa pas parler et l'interrompit d'un ricanement forcé.
-N'empêche, si c'était ça ton genre depuis le début, ça ne m'étonne pas que tu n'aies rien tenté avec un loser handicapé comme moi… si je me voyais, moi aussi je me mettrais sur la liste des mauvais pl-mmmpph !
Son monologue d'auto-apitoiement fut soudain étouffé par une paire de lèvres chaudes et douces sur les siennes, et bientôt Sherlock suppliait contre sa bouche, ses mains enfoncées dans le pull de John pour mieux l'attirer contre lui et tout son corps pressé contre celui de John, une seule longue ligne souple et délicieuse contre lui.
-Je n'aurais jamais—tu n'as pas dit—John, murmura-t-il avec ferveur, son souffle humide et brûlant et parfait sur la langue de John. Si j'avais… jamais je n'ai pu imaginer…
Sherlock parsemait le visage de John interdit de baisers, depuis ses pommettes jusqu'à son menton en passant par son nez et sa mâchoire, et John ne savait pas quoi faire à part profiter de ce moment de… délire ?
Il avait dû s'évanouir, et il rêvait.
Il aurait voulu dire quelque chose, mais le goût de menthe était de retour sur sa langue et il aurait peiné à trouver les mots pour s'exprimer tant les pensées se bousculaient dans sa tête, un tourbillon incontrôlable de questions et de doutes et de Sherlock.
Cela voulait-il dire que Sherlock ressentait la même chose ? Qu'il voulait qu'ils… sortent ensemble ? Le terme paraissait presque trivial quand il concernait Sherlock et son génie, Sherlock et ses pommettes, Sherlock et ses yeux de la couleur d'un ciel après une tempête matutinale…
Peut-être qu'il ne s'agissait que d'un désir physique. Oui, bien sûr… Sherlock était en manque après le fiasco de la veille, il avait dû vraiment vouloir rentrer avec l'autre… peut-être que Sherlock reconnaissait lui aussi l'attraction qui les poussait l'un vers l'autre mais que, son être tout entier se rebellant contre le concept de sentiments, il avait décidé de céder physiquement à John, sans pour autant lui promettre son cœur… juste histoire de soulager ses besoins physiques.
Sherlock n'avait jamais été homme à céder à son corps, mais il l'aurait fait mille fois plutôt que d'accorder quoi que ce soit à son cœur.
John sentit une nausée désagréable l'envahir à cette pensée. Quelques mois plus tôt il aurait accepté un tel arrangement sans réfléchir, mais à présent qu'il avait embrassé Sherlock, deux fois, qu'il avait senti cette bouche tentatrice et délicieuse contre la sienne, John n'était plus sûr de pouvoir se contenter de quoi que ce soit qui ne fut pas tout… il voulait Sherlock tout entier, il voulait le ravager de son amour, le ruiner afin qu'il ne soit plus capable d'aimer quelqu'un d'autre que lui, le dévaster pour que la seule chose qui reste dans son fameux palais mental soit le nom de John…
-Je ne sais pas à quoi tu penses, John, mais ça me semble hautement inutile.
La voix basse de Sherlock ramena John au présent; il cligna des paupières, confus, les sourcils froncés.
-Je…
Mais Sherlock l'embrassa à nouveau, ses lèvres pleines et douces bougeant lentement contre celles de John, l'encourageant sensuellement à lui permettre l'accès à sa bouche… et John n'eut pas la force de le repousser, n'eut pas l'énergie de renoncer à ce contact tant attendu.
Il balaya ses interrogations et ses doutes dans un coin de son esprit et s'abandonna totalement à son désir incommensurable pour Sherlock.
Ses mains empoignèrent les boucles souples de son ami, qui poussa un gémissement ravissant dans la bouche de John, et à ce son ce dernier sentit le sang se précipiter vers son entrejambe, tellement vite qu'il fut presque pris de vertige; il se raccrocha plus fort à Sherlock, envahissant sa bouche, dévorant ses lèvres comme il avait eu envie de le faire mille fois depuis qu'ils se connaissaient, et Sherlock se laissa faire, se laissa ravager par la passion de John, souple et pliant et parfait dans ses bras.
John sentit une vague de possessivité le traverser, le souvenir de l'homme qui avait osé toucher, qui avait osé regarder Sherlock encore cuisant dans son esprit; il poussa un grondement bestial, pris d'un soudain besoin de marquer Sherlock, de faire en sorte que plus jamais quelqu'un puisse penser que cet homme magnifique était libre, parce qu'il ne l'était pas, oh non, il ne l'avait jamais été, il était à John depuis le jour où leurs doigts s'étaient frôlés sous un téléphone portable dernier cri…
Ses mains fébriles mais décidées arrachèrent presque la chemise de Sherlock, les boutons cliquetant sur le sol où ils tombèrent, et parcourut d'un regard affamé le torse plat et mince de Sherlock, sa gorge blanche et sa poitrine bombée par un souffle erratique, et son bas-ventre qu'une fine toison châtain ornait…
Sherlock laissa échapper un petit gémissement quand les doigts impatients de John s'enfoncèrent dans ses côtes, dans ses hanches… mais John ne pouvait plus s'arrêter, ne voulait plus s'arrêter avant d'avoir possédé Sherlock, avant d'avoir connu chaque détail, chaque minuscule grain de beauté de Sherlock, et le monstre avide en lui criait depuis ses entrailles vas-y, vas-y, John, tu ne sais pas si cela arrivera encore…
Et John n'eut simplement pas la force de penser au jour où il souffrirait d'avoir cédé, où il pleurerait que les souvenirs du corps pur et pâle de Sherlock ne soient plus que des souvenirs… pour l'instant, tout ce qui comptait était qu'il avait Sherlock devant, à moitié nu et qui voulait bien de lui, même pour un jour, même pour une heure… alors avec un dernier baiser furieux sur la bouche offerte de Sherlock, John l'attrapa par sa ceinture et le tira vers sa chambre.
...
Eh bien notre John se torture sans aucun doute de souffrances bien cruelles, avec toutes ces auto-agressions qui font mal aux yeux...
Mais toi, cher lecteur de mon cœur, qu'en as-tu pensé ? Partage tes réflexions avec une pauvre auteure qui se tord les mains de stress et d'anxiété, libère-la de ses douleurs ! Elle attendra avec impatience tes commentaires et les recevra avec la plus immense des gratitudes... ;-)
D'ici-là, lecteur adoré, je te dis à samedi prochain pour le troisième chapitre, et surtout passe une excellente semaine ! ^^
