Je suis désolée d'avoir mis si longtemps à publier de nouveau sur cette histoire et je tenais à m'excuser. J'ose vous dire que ça ne se reproduira plus même si je n'en suis pas sûre. J'ai eu beaucoup de travail, puis je suis tombée malade et enfin, j'ai eu une panne d'écriture. J'espère réussir à ne pas avoir encore cette série de soucis. Quoiqu'il en soit, bonne lecture à ceux qui sont restés…
Chapitre 13 : Les bons comptes font les bons amis… ou les bons ennemis.
Le lundi midi, à la table des Poufsouffles, l'agitation régnait déjà. La maison n'avait pas apprécié d'être mise à l'écart pour les projets de nouvelle répartition et comptait bien montrer à tout le monde qu'elle méritait tout à fait sa place à Poudlard. Et que les gens qui y étaient n'étaient pas des incapables, loin de là.
Au beau milieu de toute cette émulation, Teddy Lupin, les cheveux oscillant encore entre le marron terne et le vert montrant sa réflexion, faisait le tri dans son assiette entre tous les aliments.
« Tu vas te décider à manger oui ou non ? » demanda Spencer.
Le garçon ne répondit pas, se contentant d'hocher la tête dans un sens puis dans l'autre, comme s'il ne savait pas choisir.
« Eh mec, qu'est-ce que t'as ? » reprit Maxime.
« Rien, rien. »
« Ne fais pas semblant, on sait que tu as quelque chose. »
« Jimmy. » lâcha-t-il seulement.
« Euh, oui ? Quoi ? » répondit le jeune garçon en se tournant vers lui.
« Je peux te parler une minute ? »
« Euh, oui, bien sûr. »
« Non, pas ici. Ailleurs. »
« Ça peut pas attendre la fin de mon dessert là ? »
« Non, ça ne peut pas. »
« T'es pas cool, une tarte à la mélasse quoi. » maugréa-t-il. « Bon, bon, j'arrive. Ça va, calmez-vous ! » ajouta-t-il en haussant les sourcils et les épaules, prenant son air le plus exaspéré, avant de s'extirper du banc.
Les deux garçons s'éloignèrent sous l'œil étonné de leurs comparses.
« Qu'est-ce qu'ils vont faire à votre avis ? Pourquoi Jimmy ? »
« Je ne sais pas mais je pense que Victoire doit savoir… » suggéra Neal.
« Pourquoi ? »
« Parce qu'elle est en train de les regarder partir de manière un peu trop attentive pour ne pas y être pour quelque chose. »
L'ensemble des amis se tourna vers la table des Gryffondors afin de confirmer les dires de Neal. En effet, la jeune fille fixait le duo qui s'en allait par la Grande Porte et ne réagit même pas quand Leonore lui donna un coup de coude.
« C'est louche. »
« C'est plus que louche. »
« On va voir ? Et la cuisiner ? »
Le petit groupe se dirigea vers la table qu'ils observaient depuis quelques minutes, après que Maxime ait décrété qu'il ne partirait pas sans son dessert et qu'on lui ait fourré une pomme dans la poche pour le convaincre. Lorsqu'ils arrivèrent, les filles aussi en étaient à la fin de leur repas et discutaient tranquillement.
« Vous parlez du concours ? Parce qu'on va gagner. » affirma Spencer en riant.
« On ne passe pas notre vie à parler de ça non plus. » décréta Victoire. « Et nous allons gagner. On a déjà plein d'idées. »
« Oui ben nous aussi. » rétorqua le jeune garçon.
« Quelles idées ? » demanda bêtement Maxime.
Les filles ne purent s'empêcher d'éclater de rire alors que le brun se faisait battre par ses amis, maudit d'avoir révélé une telle information. Ils reprirent peu à peu leur sérieux et arrivèrent enfin au sujet pour lequel ils étaient venus. A savoir la réaction de Teddy face à Jimmy et leur départ précipité. Victoire admit savoir quelque chose à propos de cette histoire, mais elle avait promis à son cousin de ne rien dire. Et elle était une Gryffondor dit-elle en haussant les épaules. Elle ne le trahirait pas. Ils eurent beau insister, elle n'en dit pas plus. C'était à Teddy de leur en parler rétorqua-t-elle avant de se lever. Elle commençait à en avoir marre d'être harcelée.
Heureusement, l'approche des cours la sauva. Les premières années partirent vers les serres pour leur cours de botanique. Leonore se plaça à côté d'elle pour le cours du jour alors qu'elle sortait ses affaires de sa besace.
« C'est à propos de Chloé, n'est-ce pas ? »
Victoire se retourna vers elle, mi surprise, mi énervée.
« J'ai dit que je n'en parlerais pas. Et d'où tu vas chercher ça ? »
« Pas difficile à deviner, on ne la voit plus traîner ici depuis votre conversation à Teddy et toi. Donc je suppose que c'est de ça qu'il te parlait. Et que c'est pour ça que tu es la seule à savoir ce qu'il veut à Jimmy. Oh et ne t'énerve pas, je ne vais pas te demander de quoi il s'agit. »
« Je n'allais pas m'énerver. » bougonna son amie.
« Tu n'as pas vu ta tête. » rit la rousse. « Ça va, je plaisantais. » ajouta-t-elle en se radoucissant.
Le cours se passa sans aucun incident notable. Elles filèrent ensuite vers le cours de Défense contre les Forces du Mal où elles retrouvèrent leur amie Harper déjà installée dans la classe. De la même façon, le cours se passa calmement. C'était un cours magistral pour une fois, donc il y avait moins de bêtises à faire, même pour les plus turbulents.
Quand elles reparurent dans la Grande Salle le soir pour dîner, elles virent que Jimmy et Teddy étaient côte à côte en train de plaisanter à leur table. La discussion avait dû relativement bien se passer. Victoire soupira de soulagement. Voir des amis se déchirer n'était jamais drôle, surtout pour des histoires aussi idiotes que celles-ci. Cette fille n'en valait pas le coup. Elle sourit malgré elle.
Le mercredi suivant avait lieu le brainstorming de la maison Gryffondor. Et à voir tous les élèves rouge et or, toutes années confondues, dans la même Salle Commune, on se rendait compte que ça faisait pas mal d'adolescents. Et on pouvait voir que la pièce n'avait pas l'habitude d'être aussi remplie. Il n'y avait bien sûr pas assez de fauteuils ni de poufs, et beaucoup étaient appuyés contre les murs ou assis par terre. Certains habitants des tableaux s'en allaient, horrifiés par toute cette agitation et tout ce vacarme. Une vieille dame hurla même au saccage de son œuvre, quand un élève eut le malheur de s'appuyer contre elle et donc de décaler son tableau sur la gauche.
Le silence se fit quand Timothy monta sur une table et réclama le silence. Jill avait beau lui faire les gros yeux, cela fonctionnait quand même bien. Les filles arrêtèrent tout de suite de discuter, en tout cas. S'ensuivit une ré explication des règles du concours. Le jeune homme demanda ensuite qui avait des idées. Pour éviter que tout cela finisse en cacophonie, un système de prise de parole par main levée fut mis en place par la préfète.
Ce fut tout de même la pagaille. Plusieurs idées sortaient en même temps, les élèves se battaient entre eux quant à la luminosité de leur idée ou sa médiocrité, le tout dans un brouhaha sans nom. Jill tapa plusieurs fois dans ses mains sans succès. Ce fut une explosion réalisée par Timothy qui mit enfin fin à tout ça. Le système de main levée fonctionna enfin.
Il fut décidé qu'il fallait absolument qu'on voit les caractéristiques de la maison Gryffondor. Il était donc nécessaire de faire les décorations essentiellement en rouge et or, autant que possible pour le thème d'Halloween. Et de déterminer ce qu'on voulait faire ressortir de cette maison. Le courage était incontestable. Cela devrait transparaître dans une animation par exemple. De simples décorations ne suffiraient pas. Il fallait trouver quelque chose pour animer le couloir.
Un élève proposa une série d'épreuves, comme on disait que ça avait été fait pour protéger la pierre philosophale en d'autres temps. Et là, Victoire se ratatina sur elle-même, pour qu'on ne lui demande surtout pas d'en parler. Ça n'était pas parce que sa famille y avait participé qu'elle tenait forcément à ce qu'on lui pose des questions. L'idée reçut un accueil enthousiaste jusqu'à ce qu'une autre élève fasse remarquer que si les étudiants ne réussissaient pas les épreuves, ils ne pourraient pas passer dans le couloir et que le but n'était pas de les bloquer non plus. Leur faire faire un certain détour n'était pas la meilleure façon de leur plaire.
Le concept d'épreuve fut tout de même retenu. Ils allaient faire des décorations d'Halloween, avec par exemple des citrouilles flottantes dont l'objectif était de se mettre en travers de leur chemin et de les gêner. Les élèves pourraient alors décider de les combattre et recevrait, à chaque citrouille dégommée, une friandise qui apparaîtrait ou de les fuir ce qui ne lui rapporterait rien mais l'autoriserait tout de même à passer le couloir. En plus de ces citrouilles, des grincements inquiétants, émis par des émanations représentant des créatures soi-disant mythiques, seraient créés.
Pour le reste, ils verraient plus tard. La structure de leur couloir était déterminée et c'était déjà bien. Le reste, ils le verraient à l'impulsion, à l'inspiration. Ils n'étaient pas Gryffondor pour rien après tout. Il fut décidé que chacun s'y mettrait dès que possible. Il n'était pas question de perdre du temps, il restait à peine une semaine et demie avant le début des vacances qui en verraient partir de nombreux. Autant utiliser le gros des forces dès à présent.
La réunion se termina et dès le lendemain après-midi, les filles allèrent dans le couloir du premier étage pour aider. Elles ne savaient pas s'il y aurait du monde mais elles le supposaient. En chemin, elles croisèrent des Poufsouffle qui allaient à leur couloir, deux étages plus haut. Ils se tirèrent gentiment la langue en passant, sachant tous très bien ce qu'ils partaient faire, alors qu'ils avaient un jeudi après-midi de libre. C'était une compétition relativement cordiale entre les deux maisons.
Leonore émit la remarque que ça ne serait sans doute pas pareil avec Serpentard. Après tout, l'entente n'était pas encore au beau fixe entre les deux maisons, loin de là, et c'était les lions qui les premiers avaient dénoncé le système de recrutement des vert et argent. Il faudrait peut-être organiser des rondes pour surveiller. Et ne pas négliger cet aspect. Victoire frissonna à la proposition que fit Lyra d'associer un première et un deuxième année, pour avoir les deux niveaux de compétence et parce qu'ils étaient sans doute les moins occupés. Elle ne tenait pas du tout à se retrouver avec l'une des filles qui l'avaient tabassée. Et elle redoutait déjà le moment où elle devrait les revoir. Le plus tard possible, elle l'espérait.
Ses vœux ne furent pas exaucés. A peine arrivées dans le couloir et alors qu'elles rejoignaient les autres Gryffondors qu'elles voyaient, attroupés autour du préfet qui leur donnait les directives, elle remarqua que les filles étaient là. Quand elles la virent, elles eurent d'ailleurs un sourire mauvais, sans rien faire toutefois. Lyra s'inquiéta du soudain palissement de son amie mais celle-ci la rassura. Elle ne voulait pas qu'elle soit au courant. Surtout pas. C'était son problème. Et elle en avait déjà bien assez honte comme ça. Elle ne comprenait pas cette persécution. Elle ne l'acceptait pas. Et pourtant, elle n'avait rien fait. Elle se maudissait de sa faiblesse. Mais celle-ci la guidait à chaque fois qu'elle voyait ces filles. Qui étaient maintenant persuadées de leur pouvoir sur elle. Et qui avait raison. Elle reculait comme une lâche devant elles. Elle était tout simplement morte de peur.
Leonore l'entraîna à un bout du couloir. Victoire n'avait pas écouté mais elles avaient été affectées, pour leur temps de présence, à la mise en lévitation des citrouilles avant qu'un élève plus expérimenté les fasse ensuite tenir en l'air sans qu'on ait besoin de se concentrer dessus et qu'un autre les anime. Pour l'instant, elles devaient se contenter d'utiliser le sortilège de lévitation qu'elles avaient appris en début d'année.
Malencontreusement, la blonde fit rouler une citrouille avec le pied en trébuchant dessus et celle-ci atterrit plus loin. Elle fila la rattraper et dut courir quelques mètres encore avant de pouvoir la bloquer. Ça roulait une citrouille, ce n'était pas comme une galette, mais ça roulait sacrément quand même. Le cucurbitacée s'était arrêté à la chausse d'une armure. Elle la ramassa péniblement, comprenant pourquoi on les leur avait apportées par lévitation là encore et allait repartir quand une des deuxièmes années qui la persécutaient apparut. Elle était derrière l'amure depuis le début, en train de faire elle-même son travail, mais Victoire ne l'avait pas vue avant, trop occupée à ramasser sa citrouille.
La jeune fille, en la voyant, eut un sourire sardonique. Apparemment, la blonde allait prendre cher. Avant de voir ça, elle décida que le mieux serait, plutôt que de porter sa citrouille, de l'écraser sur la tête de son adversaire. Si elle y arrivait. Elle la souleva rapidement et la bête ne pesant sans doute pas plus de cinq kilos, elle réussit admirablement à la lui ficher en pleine figure. Le seul souci fut qu'au lieu d'exploser en la percutant, le cucurbitacée décida plutôt de casser le nez de la jeune fille. Ce qui la fit évidemment gémir de douleur et hurler contre Victoire alors que le préfet arrivait.
La deuxième année fut emmenée à l'infirmerie pour qu'on soigne son nez tandis que le préfet se tourna vers Victoire pour lui signifier que même s'il n'avait pas l'habitude d'être sévère, elle allait écoper d'un rendez-vous avec leur directeur de maison. Et la jeune fille eut comme l'impression que ça n'allait pas être une partie de plaisir. Comment expliquer une dispute au sein même d'une maison au moment même où un concours s'organisait entre celles-ci ?
Pourtant, elle suivit Timothy sans rien dire. Elle allait voir le professeur Tempel. Elle se rappela en chemin qu'il l'avait vue se disputer déjà avec ces filles. Et être en mauvaise posture. Il comprendrait peut-être. Elle verrait bien. Mary la prit par le bras quand elle passa devant elle, scrutant son visage. Elle ne comprenait pas, et elle voulait savoir. Victoire se contenta d'hausser les épaules avant d'emboîter le pas au préfet qui montait déjà les escaliers. Elle laissait à ses amies le soin de finir le travail qu'on avait assigné aux premières années pour cette première journée de décorations. Elle avait apparemment autre chose à faire. Et même si elle essayait de se rassurer, elle n'était quand même pas très fière.
Timothy la laissa attendre devant la porte et s'éloigna un peu. Il comprenait parfaitement qu'elle soit stressée, lui dit-il, mais il n'avait pas le choix, c'était son travail de préfet. Et il ne pouvait pas se contenter de lui donner une punition ou de lui enlever des points, elle avait cassé le nez d'une élève, volontairement. Et ça devait être réglé par leur directeur de maison, même s'il n'allait pas apprécier d'être dérangé pour ça. C'était le règlement.
Alors que la porte s'ouvrit, ce fut Kay qui en sortit. De surprise, Victoire recula d'un pas avant de se mettre en mode merlan frit comme disait sa mère, une expression française apparemment.
« Qu'est-ce que tu fais là ? » lui demanda-t-elle, plus qu'étonnée.
« Et toi ? » lui rétorqua-t-il malicieusement.
Elle baissa la tête avant de répondre d'une toute petite voix, finalement peu fière de son coup :
« J'ai écrasé une citrouille sur le nez d'une fille. »
« Eh beh, on peut dire que tu n'y es pas allée de main morte ! elle t'avait fait quoi ? » rit-il.
« Rien, rien, des histoires bêtes. Mais et toi ? Tu n'as pas dit. »
« Figure-toi que tu n'es pas la seule à faire des bêtises… Il semblerait que Ashley n'ait pas apprécié ma blague… »
« Ashley ? Ashley Driver ? »
« Oui, pourquoi ? »
« La fille à qui j'ai cassé le nez, c'était elle… »
« Oups, elle n'a pas passé une bonne journée. Elle l'avait cherché aussi, elle n'arrête pas de me courir après depuis le début de l'année, je n'en peux plus. Et il semblerait qu'elle n'apprécie pas d'être comparée à un crapaud glissé dans ses vêtements… » dit-il en accompagnant sa parole d'un clin d'œil.
« Je comprends mieux pourquoi elle a réagi si violemment avec moi, ça a dû faire beaucoup… »
« Désolé, je ne pensais pas que tu t'y mettrais aussi. »
« Mademoiselle Weasley-Delacour, quand vous daignerez entrer au lieu de faire salon de thé dans le couloir avec Monsieur Heather, vous me ferez signe. Et vous Monsieur Heather, allez donc à votre dortoir, il me semble que vous avez un devoir supplémentaire à faire. Si j'étais vous, je ne perdrais pas de temps. »
« Je dois filer, bon courage. On se tient au courant. » eut le temps de glisser le jeune homme avant de filer.
Un peu inquiète par le ton peu amène de son professeur, la jeune fille entra dans le bureau, accompagné de Timothy qui n'avait pas perdu une miette de l'échange, un sourire amusé vissé au visage. A présent, ça serait quitte ou double, se dit-elle…
