Chapitre 15 : Les résultats

Quand Victoire se retrouva de nouveau sur le quai 9 ¾, elle se dit que vraiment, dix jours de vacances, c'était trop court. Elle était ravie de retourner au château, et elle pensait bien que les jeunes sorciers devaient être les seuls à aimer l'école, mais quand même, il fallait dire au revoir à ses parents. Et à son frère et sa sœur.

Et ça n'était pas chose facile. La petite fille était en train de se dire qu'elle détestait les gares. Sa mère avait l'air tellement triste de la voir partir. Victoire voyait bien qu'elle retenait ses larmes pour ne pas l'embêter, mais quand même, elle avait ce petit sourire triste. Comme quand la chouette hulotte de la famille était partie sans revenir. C'était la première chouette de sa mère et la petite fille se souvenait qu'elle avait souvent regardé la fenêtre pour voir si elle revenait.

Elle la prit de ses bras, posant sa tête contre le ventre de sa mère. Elle n'avait pas envie de partir. C'était chouette de s'en aller, mais là, ça allait être difficile. La première fois, elle avait eu l'excitation de la découverte, la joie de pouvoir enfin aller dans cette école dont ses oncles et tantes parlaient si souvent. A présent, elle connaissait le vieux château, et elle l'adorait, mais ça voulait dire quitter la Chaumière aux Coquillages. Ne plus voir cette bouille d'ange qui s'accrochait à ses jambes pendant plusieurs semaines.

« Dis, tu vas revenir hein ? » demanda Louis.

« Mais oui, bien sûr que je vais revenir. Et dans quelques années, tu me rejoindras, on passera toute l'année ensemble. »

« Et avant, c'est moi qui irai ! » affirma Dominique, d'une voix sûre et déterminée. « Allez, ne fais pas le bébé, Louis, elle va bien revenir. »

Parfois, la jeune blonde ne comprenait pas sa sœur. Elle était si dure parfois. Comme déjà adulte, alors qu'elle n'était qu'une enfant. Elles ne se ressemblaient vraiment pas. Elle serra Louis dans ses bras encore une fois avant que Teddy ne la rejoigne. Il était revenu avec Oncle Harry cette fois-ci, et celui-ci adressa un petit mot d'encouragement à sa première nièce. Il était temps de partir.

Une fois dans le train, ils rejoignirent chacun leurs amis. Après quelques wagons ouverts sans qu'ils soient les bons, Victoire les trouva enfin. Elle s'assit à côté de Duncan en soupirant de soulagement.

« Ça va toi ? Tu as l'air exténuée. » demanda Lyra.

« Ça va oui. Je suis juste tombée sur le compartiment de Judith avant le nôtre. » grimaça la petite fille.

« Oh, c'est vrai que je l'ai vue entrer tout à l'heure, alors que j'allais vous rejoindre. Elle n'avait pas l'air d'excellente humeur. » remarqua Duncan.

« Oui, ben je confirme. Elle n'est pas de bonne humeur du tout. Je me suis fait traiter de tous les noms, nom d'un gnome ! » s'exclama Victoire. « Elle était d'une humeur d'hippogriffe. »

« Pas de notre faute si elle a passé de mauvaises vacances quand même… » marmonna Harper.

« Ben oui, je trouve aussi. Elle exagère, je ne sais pas ce qu'elle a, de plus que d'habitude je veux dire, mais elle n'était pas commode. J'ai failli lui faire avaler sa cape. »

« Tu n'es pas au courant ? » demanda Marc.

« Au courant de quoi ? » demandèrent-ils en chœur.

« Non mais vous ne lisez jamais la Gazette du sorcier ou quoi ? » demanda le garçon, interloqué.

« Bof, mes parents l'ont mais j'avoue que je ne regarde pas, ce n'est pas très intéressant. » dit Victoire dans un soupir.

« Mais ça n'est pas que pour les grands d'abord ! Et si vous l'aviez lu, vous auriez su en partie pourquoi Judith est de mauvaise humeur. »

« Pourquoi ? Allez, crache le morceau ! » le pressa Victoire.

« Ben vous savez quel est son nom de famille à Judith, non ? »

« Brown ? » risqua Lyra.

« C'est ça. Judith Brown. La fille de Lavande Brown. Sa mère était en cours en même temps que Harry Potter, ton oncle, Victoire. »

« Elle n'est pas un peu jeune, sa mère ? Non parce que quand même, Oncle Harry a… » compta la blonde sur ses doigts « dix ans de moins que mon père ! Ça fait beaucoup. »

« Si on calcule, ça fait comme si la mère de Judith avait… trente-et-un ans. Ça fait jeune. Elle l'aurait eue à vingt ans… » calcula Duncan.

« Mais tu voulais nous dire, Marc ? » fit Harper, en remarquant l'agacement croissant de son ami qui s'était fait couper.

« Dans la Gazette, il y avait un article qui parlait de Norbert Wipers. Il a eu des ennuis, je ne sais plus pour quelle raison, avec la justice magique. Une histoire de trafic. Un truc pas très avouable, apparemment. Et c'est le beau-père de Judith. Sa mère s'était entichée de lui, qu'ils disent. Mais je ne sais pas ce que ça veut dire. Je n'ai pas osé demander à mon père. C'était dans l'article en tout cas… » finit-il, penaud.

« Entichée ? Ça veut dire qu'elle est tombée amoureuse de lui. » expliqua Duncan. « Ben quoi ? Ne me regardez pas comme ça, on dirait que je suis un extra-terrestre. Je connais ce mot, c'est tout, j'ai dû le croiser quelque part. »

« En tout cas, ça ne doit pas être facile pour sa mère du coup. Elle a dû mal le prendre. J'imagine bien l'humeur à la maison tiens. Si ma mère découvrait que mon père faisait des trucs pas nets dans son dos, il serait bon pour un aller simple chez Oncle Charlie. En pièces détachés. » commenta Victoire.

Ses amis rirent à voir sa grimace.

« Oh allez, elle n'est pas si terrible ta mère ! » la charria Duncan.

« Tu veux rire ? C'est une vraie dragonne quand elle est en colère. Je te jure, je ne comprends encore pas pourquoi c'est papa qu'elle a choisi et pas Oncle Charlie, ils auraient eu une passion en commun. Ce n'est pas pour rien qu'elle a du sang vélane, je te le dis ! » s'insurgea la petite fille.

Ils rirent tous de bon cœur et commencèrent à parler de leurs parents respectifs. Après ces dix jours en contact intense avec eux, après avoir été si longtemps sans, ils avaient remarqué un certain nombre de choses. Et ils avaient surtout appris à se rendre compte de l'attitude de leurs parents envers eux. Protecteurs, pour la plupart. Et c'était fichtrement agaçant, grogna Marc. Ils avaient tous un certain nombre d'anecdotes à raconter à ce propos. Et cette phrase, qu'ils avaient dû tous dire au moins dix fois pendant les vacances : mais maman, je ne suis pas un bébé !

Il fallait croire que si. Ou alors que leurs parents y croyaient toujours. Et c'était particulièrement vrai pour ceux qui étaient fils ou fille uniques. Scott et Mary devaient en faire les frais, même s'ils n'étaient pas là pour témoigner. Leurs parents oubliaient qu'ils grandissaient, et ils n'avaient personne pour comparer. En même temps, c'était bien, les parents, conclut Lyra en soupirant, déjà nostalgique. Ils vous préparaient à manger, ils vous chouchoutaient, et on avait droit à plein de jouets, même si ça n'était pas Noël. Et ça, quand même, c'était bien. Victoire avait même eu droit à un livre parce qu'elle avait eu de bonnes notes..

Quand le chariot de friandises passa, ils se jetèrent tous dessus, comme s'ils n'avaient pas mangé depuis trois semaines. Pourtant, ils n'avaient pas tellement faim, mais les bonbons, c'était toujours appétissant. Surtout les bonbons de la sorcière au chariot du Poudlard Express. Ils étaient tellement fascinants. Lyra ne se lassait pas de regarder les chocogrenouilles sauter et essayer de s'échapper par les vitres fermées. Marc lui raconta en les dévorant à sa place que ça n'était pas rare que quelques-unes s'envolent, il avait entendu cette histoire en tout cas. Alors c'était dommage de gâcher, autant les manger, ajouta-t-il en lui en piquant une autre.

Ils passèrent le reste du voyage à manger toutes les friandises qu'ils avaient achetées, jusqu'à ne plus en pouvoir, et laisser des papiers partout dans leur compartiment. Heureusement que sa mère ne voyait pas ça, grimaça Victoire, elle les aurait bien grondés d'avoir autant mangé et fait toutes ces cochonneries. Parfois, c'était bien de ne pas avoir les parents sur le dos, conclut Leonore, pas gênée le moins du monde par tout ce bazar.

Une fois arrivés à l'école, ils s'installèrent rapidement à une table qui était devenue la leur après ces quelques semaines passées à la fréquenter. A part Harper qui dût aller à la sienne, traînant un peu des pieds, la tête basse. Elle ne passerait pas le meilleur des repas, assise aux côtés de ceux qui ne l'aimaient pas. Mais les règles étaient les règles, elle devait rejoindre sa maison. Ils attendirent ensuite le discours de la directrice avant de commencer à manger, retrouvant enfin leurs amis restés pour les vacances. De toute façon, l'appétit n'était plus tellement au rendez-vous, avec ce qu'ils avaient déjà englouti auparavant. Et on avait beau dire, les patacitrouilles, c'était quand même meilleur que les petits pois.

Ils discutèrent ainsi de ce que venait de leur dire Madame McGonagall. Apparemment, le vainqueur du concours de décoration serait désigné à la fin de la semaine, le temps que tous voient les atours de chaque couloir et que le jury des professeurs vote. Ceux qui étaient partis en avaient presque oublié cette histoire, avec leurs vacances. Les autres leur parlèrent des tours de garde. Ça n'était pas très palpitant, soupira Leonore. Elle n'était tombée que sur des deuxièmes ou troisièmes années ronchons ou des prétentieux qui n'avaient pas envie de parler à une gamine comme ils disaient. Mary et Scott étaient bien contents de ne pas avoir eu à se battre contre d'autres élèves. Gryffondor peut-être, mais pas fous non plus.

Leur semaine de reprise fut comme un calvaire pour certains. Notamment les élèves de leur maison qui avaient oublié que les vacances servaient aussi à travailler, et pas seulement à s'amuser comme quand ils étaient en primaire. Et leurs professeurs se chargeaient comme il fallait de le leur rappeler. Tous les soirs, l'un ou l'autre des garçons se plaignait des devoirs qu'ils avaient reçus dans la journée. Les filles finirent par les menacer d'aller faire leurs leçons ailleurs, sur une autre table, si possible la plus loin possible, pour qu'on les laisse travailler correctement.

Toutes avaient quelque chose à prouver. Victoire ne comptait pas se laisser marcher encore une fois sur les pieds, à ce qu'on croit qu'elle n'était qu'une petite idiote sans cervelle. Lyra, même si elle n'oserait jamais l'avouer à voix haute, voulait prouver que ça n'était pas parce qu'elle était née-moldue qu'elle ne pouvait pas être une bonne sorcière. Mary entendait bien se débarrasser de sa maladresse légendaire, ou au moins de faire en sorte que ça ne l'affecte pas dans ses sorts. Leonore, elle, n'avait rien à prouver. Personne n'aurait osé dire qu'elle n'avait pas sa place à Gryffondor. Mais quand on était la fille et la petite-fille de Serpentards, on tenait un peu à l'entente entre les maisons.

Ils avaient à peine eu le temps de regarder de près les décorations des autres couloirs. Ils passaient dedans en allant en cours mais étaient souvent en retard, ce qui ne leur laissait pas énormément de temps pour les détailler. Leonore avait bien aimé l'idée de Serdaigle, de mettre des friandises d'Halloween en lévitation et de faire en sorte de faire un sort particulier pour chaque type, pour qu'il volète jusqu'à vous et se laisse manger. Les filles n'avaient réussi à attraper que des patacitrouilles, le sort à jeter n'était pas très compliqué et elles l'avaient appris juste avant les vacances. Ça avait suffi à les enchanter.

Elles avaient seulement eu le temps de regarder dans tous les sens les décorations de Poufsouffle. Teddy avait traîné Victoire pour qu'elle vienne admirer son travail, alors forcément, tout le petit groupe avait suivi pour s'extasier à grands renforts de compliments sur les décorations jaune et noir qu'il avait montées. Le jeune homme était très fier de son travail, et Spencer lui avait même donné un coup sur la tête histoire de le ramener sur terre. Ça avait bien fait rire tout le monde en tout cas.

Apparemment, tous les professeurs devaient voter. Et plus la fin de la semaine avait approché, plus certains cours étaient tendus. Certains élèves avaient bien essayé de demander à leurs professeurs pour quelle décoration ils avaient voté, et à laquelle ils avaient mis le moins de points, mais impossible de savoir. Ils restaient muets comme des tombes. Enfin, si on pouvait dire. Le professeur Cauldroy avait fait des remarques acerbes à quiconque se hasardait encore à lui tirer les tentacules de strangulot du nez après déjà trois tentatives infructueuses.

Enfin, le vendredi soir arriva. Et avec lui, les résultats. Toute la Grande Salle avait frémi pendant le repas, se demandant quand ils allaient enfin être annoncés. C'était la première fois qu'on faisait un tournoi de ce genre à Poudlard, et les règles n'étaient pas encore bien fixées. Pour la Coupe des Quatre Maisons, le suspens n'était maintenu que jusqu'au début du repas, après quoi les couleurs des décorations changeaient, là, ils n'en savaient rien.

Certains trépignaient sur leur banc, d'autres faisaient déjà des plans sur la comète, imaginant les différents scores, au bout desquels leur maison serait forcément vainqueur, bien sûr. D'autres encore criaient à tout va qu'ils allaient gagner de toute façon, parce que ci ou ça était bien mieux que ci ou ça chez les autres. Et il y avait ceux qui avaient voulu changer de maison. Victoire se souvenait de certains : Judith bien sûr, mais aussi Annabeth, cette Serdaigle qui avait voulu devenir Serpentarde et qui avait été mal reçue le premier jour où elle avait changé d'uniforme, et puis une autre Serdaigle de première année dont elle ne se souvenait plus le nom. Judith par exemple avait l'air de profondément s'ennuyer à leur table, elle discutait mollement avec une des deuxièmes années qui avaient agressé Victoire, Ashley, et ça ne disait rien qui vaille à la petite fille. Si ces deux-là s'acoquinaient, elle serait encore plus vulnérable.

Enfin, les desserts disparurent à leur tour des tables. Marc se précipita juste à temps sur une dernière part de tarte à la mélasse. Il était tout petit, mais c'était fou ce qu'il engloutissait, celui-là. Comme s'il cherchait à rattraper ses amis un peu plus grands. Quelques bouchés, et les exclamations dégoûtées des filles qui allaient avec, et il eut fini à temps pour se retourner et voir la directrice de l'école se lever, et le professeur Flitwick faire tinter son couteau contre son verre. Enfin, ils allaient savoir.

« Votre attention s'il vous plaît. Comme vous le savez tous, le… mmm appelons le concours de décorations s'est terminé par les votes, cette semaine. Et nous allons à présent vous donner les résultats. » annonça Madame McGonagall.

Le professeur Tempel, à sa gauche, lui tendit une enveloppe, dans laquelle les résultats devaient être inscrits. Elle en sortit un parchemin d'environ trente centimètres. Il devait y avoir seulement les notes finales, devina Victoire, pour qu'aucun professeur ne soit ensuite importuné de la note qu'il avait mise à chacune des maisons.

« Comme vous le savez tous, nous sommes treize professeurs, et nous pouvions chacun accorder jusqu'à cinquante points à chacune des maisons. Ce qui nous fait donc un total de 650 points maximum par maison. Total qui, quel que soit son montant, sera divisé par quatre et rajouté ensuite au sablier de la maison correspondante. Cela devrait permettre de ne pas faire trop d'écarts entre les maisons mais de les distinguer tout de même. »

Un murmure parcourut la salle. Quand même, ça faisait beaucoup de points. 162,5 points, si on avait le maximum, ce qui était quand même fort peu probable, nota Leonore. Même les moins impatients d'entre eux commençaient à drôlement trépigner. Le suspens avait assez duré, ils voulaient savoir, maintenant !

« A Gryffondor, pour la belle démonstration de leur talents et des valeurs de leur maison, parce que ces citrouilles volantes nous ont beaucoup amusés, il a été décidé de lui accorder 460 points. »

Bien sûr, toute la maison se leva. 460 points, c'était beaucoup, avec ça, ils avaient une sacrée avance sur les autres, et peut-être même pourraient-ils gagner ! En tout cas, ça leur faisait beaucoup de points, et ça récompensait bien leur travail. Les premières années étaient même les premiers à se lever, tous contents d'avoir participé même de façon minime à cet événement, et d'avoir montré qu'ils étaient bien des Gryffondors. Lyra sanglotait de joie dans les bras de Victoire, qui la consolait comme elle pouvait. Elle n'était pas très à l'aise avec ça, mais son amie était heureuse, et soulagée, elle le devinait, que sa maison ait un bon nombre de points. Enfin, ils se rassirent, pour laisser la directrice annoncer les résultats des autres maisons.

« A Poufsouffle, parce que la mise en valeur des couleurs de leur maison nous a plu, et pour le mérite dont ils ont fait preuve de tout recommencer pendant les vacances alors que leurs décorations avaient été saccagées, nous avons aussi accordé 460 points. »

A ces mots, la table des jaune et noir se leva elle aussi d'un seul coup, comme sa comparse rouge et or l'avait fait auparavant. Ils étaient même sans doute encore plus heureux, ces Poufsouffles, qu'on reconnaisse leur mérite et leur force de travail. Ils n'en finissaient pas de rire et de s'embrasser les uns les autres, si heureux de leur nombre de points et de leur petite victoire. Pour une fois, on ne dirait pas qu'ils étaient à la traîne.

La petite blonde regarda cette table en liesse et elle y distingua ce qui l'intéressait. Teddy était aux anges, ils n'arrêtaient pas de se chamailler avec ses amis. Soudain, il posa son regard pétillant de joie sur elle, ses cheveux rouge vif de fierté, et lui adressa un grand sourire auquel elle répondit. Ils étaient à égalité, et quelque part, ça la rassurait. Elle lui fit un signe de la main, contente pour eux.

« Tu savais qu'ils avaient été attaqués toi ? Teddy t'en avait parlé ? » demanda Mary.

« Non, pas du tout. Et il n'a pas dû l'apprendre il y a longtemps puisqu'il était parti en vacances aussi. » répondit la petite fille, les sourcils froncés.

« Il n'a peut-être pas voulu t'inquiéter. » l'apaisa Leonore, juste en face d'elle.

« Mais oui, il ne voulait pas que tu te fasses du souci pour lui, tu sais, je crois qu'il n'avait pas envie qu'on voit encore sa maison comme une maison de faibles. » la rassura encore Lyra, posant une main sur son épaule.

« Oui, ça doit être ça… » murmura Victoire en se rasseyant. « N'empêche que ceux qui ont fait ça, j'espère qu'ils vont se faire punir ! Et que Teddy ne court pas un trop grand danger… »

« Ne t'en fais pas, c'est un grand, il sait se défendre, il est en troisième année, il a appris plein de trucs déjà ! » répondit Leonore.

« Et les professeurs vont sans doute pénaliser les élèves qui leur ont fait ça, ne t'en fais pas. » rajouta Mary, d'un air convaincu.

La table dont il était question se rassit à son tour, et la directrice put continuer, après avoir remis correctement ses lunettes sur son nez, son annonce.

« A Serdaigle, nous avions accordé 480 points, pour l'ingéniosité dont ils ont fait preuve dans leurs atours. » commença la directrice, « cependant, au vu des événements, nous avons décidé de lui retirer vingt points pour sa mauvaise conduite. » ajouta-t-elle sans laisser à la maison le temps de laisser éclater sa joie d'être première.

« Tu vois, eux se sont déjà fait punir, si ça se trouve, ce sont eux qui ont attaqué Poufsouffle. » dit Mary.

« Oui mais pourquoi auraient-ils fait ça ? Ils n'ont rien contre eux, que je sache, si ? » demanda Victoire.

« Ou alors, ça n'est pas eux. Il reste encore une maison à ne pas avoir été nommée. » constata Leonore.

Enfin, ils eurent leur réponse.

« A Serpentard enfin, pour la ruse dans leurs maléfices, et pour avoir défendu leurs décorations au péril de leurs points, nous accordons 460 points. »

Elle fit une pause pour laisser à la dernière maison le temps de savourer son résultat.

« Ainsi, les quatre maisons sont à égalité, avec chacune leurs forces, chacune leurs faiblesses. Et les membres qui la composent sont à leur place, chacun d'entre eux, quelle que soit leur maison. Le choixpeau ne s'est trompé pour aucun d'entre vous et si au départ vous avez eu l'impression de ne pas être à votre place, c'est que vous avez simplement mis un peu plus de temps à la trouver. N'oubliez pas, la magie ne fait pas le sorcier, c'est le sorcier qui décide de ce qu'il veut faire de sa magie. Votre maison est votre famille, elle vous influence, mais chacun d'entre vous est différent, et il est normal que des caractères différents se retrouvent au sein d'une même maison. Ça n'est en aucun cas une preuve de défaillance de la part du choixpeau. Et en attendant, rajoutons aux sabliers de chaque maison 115 points ! » conclut-elle.

« Toi, tu es bien contente du résultat… » fit Victoire, malicieuse à Leonore, alors qu'ils sortaient tous de la salle, nuée d'élèves babillant encore sur les scores.

« Bien sûr ! Tout est bien qui finit bien, je trouve, pas vous ? » lança la rousse.

Ses amies acquiescèrent. Oui, tout était bien qui finissait bien. Et les maisons étaient toutes à égalité. Aucune d'entre elles n'était meilleure que les autres, aucune n'était moins bonne non plus. L'égalité la plus parfaite. Enfin, ça, c'était pour le concours…