Toutes mes excuses pour ma publication retardée, elle aurait dû arriver jeudi mais je me suis plantée dans mes plannings, que voulez-vous, ça arrive… Merci à tous ceux qui me suivent, encore une fois, ça me fait très plaisir de lire vos commentaires et de savoir que vous êtes là !


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Chapitre 22 : Contes de Noël

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Les quelques jours avant les vacances passèrent à une vitesse folle. Chaque professeur semblait avoir mille choses à terminer avant de reprendre à la nouvelle année. Le professeur Londubat s'agitait tellement dans ses serres qu'il en avait cassé des dizaines de pots depuis le début de la semaine et les élèves se sentaient obligés de le calmer. Le professeur McGonagall était de plus en plus intransigeante en ce qui concernait les retards et un seul de ses regards vous foudroyait. Les professeurs Flitwick et Cauldroy avaient décidé de donner bien plus de devoirs qu'habituellement, tentant d'inculquer encore quelque savoir dans la tête de leurs élèves parfois désespérants. En résumé, les premières années croulaient sous le travail, et les jérémiades étaient monnaie courante dans les Salles Communes.

Quand l'heure vint de faire leurs valises et de monter dans le Poudlard Express, un sentiment de soulagement s'empara de tous les étudiants qui s'installèrent avec bonheur dans les wagons et compensèrent leur travail des derniers jours en achetant pléthores de sucreries à la marchande qui passait dans les compartiments. De mémoire de statisticien sorcier, jamais on ne vendait autant qu'aux vacances de Noël. Sans compter que certains élèves n'étaient pas remontés dans le train depuis leur rentrée et profitaient pleinement de leur voyage.

Le trajet passa rapidement, chacun racontant ses projets de vacances aux autres. Ils arrivèrent en gare avant même d'avoir eu l'impression de s'ennuyer. On vit alors tous les premières années sauter littéralement du train pour rejoindre leurs parents tandis que les autres élèves y allaient plus tranquillement. L'âge apprenait la patience. Ou plutôt, ils avaient goûté à la liberté et n'étaient qu'à moitié ravis de la perdre. Bien heureusement, ça n'était que pour les vacances de Noël.

Après un vague signe de la main à ses amis, Victoire se précipita vers ses parents. Les deux avaient pu se libérer pour l'accueillir, et elle les retrouvait avec bonheur. La jeune blonde se blottit entre leurs bras, appréciant l'étreinte comme il se devait, malgré les bras puissants de son père qui l'écrasaient un peu et sa barbe qui piquait son front tandis qu'il posait son menton contre celui-ci. Sa mère était plus délicate heureusement.

Comme si c'était à présent une coutume instaurée, elle prit ensuite son petit frère dans ses bras, ou essaya en tout cas de le soulever, celui-ci ayant bien grandi pendant son absence. Ça ne l'empêchait d'ailleurs pas de traîner son vieil éléphant en peluche avec lui. Ça n'était pas parce qu'on devenait grand qu'on abandonnait Dumbo, non mais. Les peluches, c'était sacré. Tout comme les câlins à une grande sœur. Le petit Louis était aux anges et ne voulait pas tellement quitter les bras de Victoire alors que celle-ci essayait de le reposer pour prendre ses valises et quitter enfin le quai.

Enfin, la petite fille réussit à se libérer. Elle n'eut pas le temps de prendre sa valise que son père l'empoigna, lui faisant un clin d'œil au passage. Pour une fois qu'il pouvait aider sa petite fille. Victoire prit le temps de le détailler. Ses cheveux roux étaient encore en catogan, sa mère n'avait finalement pas réussi à les lui faire couper. Les cicatrices se voyaient toujours autant mais elles ne l'enlaidissaient pas pour autant. Ses yeux bleus brillaient du même éclat. Son père n'avait pas changé. Le monde n'avait pas changé en son absence. Elle avait pourtant l'impression d'avoir énormément changé.

Le trajet jusqu'à la chaumière aux coquillages lui parût des plus courts qu'il soit. Ils avaient loué une voiture pour l'occasion, tenant compte des valises de la jeune fille et du nombre d'enfants. C'était plus prudent que le transplanage ou les balais. Bill avait plus ou moins appris à conduire, plutôt moins que plus, s'écria la mère de Victoire alors qu'ils évitèrent de peu un bus en sens inverse. La petite fille ne prêtait pas attention à leurs chamailleries continuelles. Elle préférait dévorer des yeux ce paysage qu'elle n'avait pas vu depuis deux mois seulement mais qui lui avait déjà manqué.

Les quelques jours avant Noël passèrent vite également. Fleur voulait absolument faire une dernière fois les magasins pour trouver les cadeaux qu'il lui manquait. Elle s'y prenait chaque année très à l'avance et mettait un point d'honneur à offrir quelque chose à chaque membre de la famille Weasley – et Merlin savait ce qu'ils étaient nombreux, se désespérait-elle parfois – mais cette année, l'absence de son aînée l'avait un peu déboussolée. Habituellement, Victoire l'aidait dans le choix de ses présents et trouvait des idées, mais cette année, la petite fille absente, elle ne pouvait compter sur personne. Ça n'était pas le petit Louis, qui avait montré à sa sœur les dessins qu'il avait préparés en secret pour ses parents, ni Dominique, qui se fichait totalement de Noël, qui allaient l'aider.

Enfin vint le jour du départ pour le Terrier. Les trois enfants s'étaient positionnés face à la cheminée. Victoire tenait fermement la main de son petit frère d'un côté et une valisette de l'autre. Dominique portait un grand sac dans lequel elle avait dû fourrer quelques affaires, et notamment des livres de magie qu'elle empruntait à sa sœur quand elle rentrait. Leur mère avait un autre valise avec un peu de linge et leur père attrapa le pot en terre cuite sur le montant de la cheminée. Il y puisa un peu de poudre de cheminette et demanda à son aînée d'avancer dans le foyer avec son frère à la main. Victoire avait de nombreuses fois utilisé ce moyen de locomotion depuis qu'elle était enfant mais sa mère tint à lui rappeler les règles de base :

« Surtout, tu penses bien au Terrier, à Mamie Molly et à leur salon. Tu mets les bras bien le long du corps et tu tiens bien Louis surtout, pas question qu'on le perde ! Oh la la, je n'oserais imaginer les complications pour le retrouver. Mon bout de chou, surtout, tu ne bouges pas d'accord, et tu fais comme ta sœur, tu ne lâches pas sa main ni ton doudou, on ne va pas le retrouver sinon. Mais ne pleure pas mon chéri, tu vas voir, ça va bien se passer. On arrive tout de suite après vous, d'accord Victoire ? Dominique, ça sera ton tour juste après ta sœur et Bill et moi passerons en dernier. Préviens Mamie Molly de notre arrivée, normalement elle est au courant mais avec toutes ces venues, elle doit avoir bien du travail. »

« Je crois que nous devrions les laisser. » suggéra son mari en lançant du même mouvement un peu de poudre dans l'âtre.

Aussitôt, les enfants se sentirent tourbillonner. Victoire sentait la main de son petit frère qui s'accrochait désespérément à elle, de peur de se perdre. Enfin ils se stabilisèrent et elle sortit tant bien que mal du foyer dans lequel ils avaient atterri pour laisser la place à sa sœur qui n'allait pas tarder. La jeune fille avait un petit peu le mal de mer et toussa les quelques cendres qu'elle avait avalées par inadvertance.

Tout de suite, sa grand-mère se précipita vers elle et son petit frère pour les épousseter et elle comprit qu'elle ne s'était pas trompée d'endroit. Quand James se précipita vers son cousin à peine plus jeune d'un an, celui-ci ne lâcha toujours pas la main de sa sœur. Victoire dût s'accroupir pour dire à son frère qu'ils étaient bien arrivés et qu'il pouvait retirer sa main de la sienne pour qu'il y consente enfin. Il fila immédiatement avec son cousin dans les étages.

Sur ces entrefaites, Dominique arriva à son tour, puis leurs parents, toussotant tous un peu.

« Maman, depuis combien de temps tu n'as pas enlevé la cendre de ta cheminée ? » demanda son père, une main devant la bouche et les yeux pleurant à cause des dites cendres.

« Oh oui, tu as raison, c'est ça que je voulais faire tout à l'heure avant que tout le monde n'arrive. Mais tu comprends, je n'ai pas eu le temps. Il y a d'abord eu ta sœur Ginny et sa famille qui sont arrivés ce matin en transplanant dans le jardin, et déjà quelques alarmes se sont activées par inadvertance, j'ai cru qu'ils allaient tous finir trempés, heureusement qu'Harry a de bons réflexes. Après il y a eu ton frère Ron qui est arrivé par cheminette et m'a fait la même remarque. Je crois que j'étais en train de penser à le faire quand ton frère George est arrivé à son tour avec Angelina. Et puis j'attends encore Percy qui m'a promis de venir dès qu'il aurait fini son travail et Audrey m'aide déjà même si elle doit aussi s'occuper de ses filles qui sont… un peu turbulentes. Sans compter que j'ai aussi la cuisine à terminer pour ce soir… »

« C'est bon Maman, j'ai compris. Ne panique pas, souffle un bon coup, on va t'aider. Victoire, si tu allais trouver Teddy et voir ce que vous pouvez faire à deux ? Comme mettre la table, par exemple ? Je vais dépoussiérer la cheminée en attendant, les cendres vont salir la robe de Percy, sinon, il va être furieux. »

« C'est justement ce qui pourrait être drôle… »

« Charlie ! Tu es arrivé ! Mais tu ne m'as rien dit, comment es-tu venu jusqu'ici, tu as fait bon voyage, oh mon chéri, tu as encore maigri, on te fait manger au moins là-bas, j'espère ? » s'exclama Molly.

« Mais oui Maman, je vais bien, merci. Retourne donc à la cuisine, j'ai cru voir des cuillers qui se battaient entre elles dans une mare de mousse au chocolat. Je crois que ton sort se fait un peu la malle… »

« Je vais vous aider, Molly, attendez-moi. » proposa Fleur, se précipitant à la suite de sa belle-mère dans la cuisine.

Pendant ce temps, Victoire et Teddy jetaient littéralement le couvert sur la table pour aller plus vite, et s'amuser dans les étages avec leurs cousins. Ça n'était pas parce qu'ils étaient les deux plus vieux qu'ils devaient faire toutes les tâches ménagères, non mais. Sans compter que s'ils avaient le malheur de reparaître trop souvent dans la cuisine sans avoir l'air d'avoir quelque chose à faire, ils pouvaient être sûrs qu'ils repartiraient avec une nouvelle corvée. Ça, pas question. Ils s'étaient fait avoir assez de fois comme ça déjà.

Ils prirent donc juste quelques instants pour admirer les adultes faisant usage de leur magie et de nombreux tours de cuisine pour préparer leur repas du soir. Ils montèrent ensuite quatre à quatre les marches de l'escalier branlant de la maison pour aller dans la chambre que le père de la fillette occupait quand il était encore à la maison. C'était là qu'ils avaient élu leur fief. Oncle Harry n'ayant pas de chambre à lui et celle de Ginny étant occupée par leurs petites cousines, ils étaient bien plus tranquilles ici, sous les toits.

Ils se racontèrent mille histoires pour passer le temps. Ils inventaient au fur et à mesure, rajoutaient des détails incongrus, et la conversation dévia vers ce qu'ils avaient récemment découvert concernant le fantôme de Serdaigle. Les deux enfants étaient très intrigués par son histoire mais ne voyaient pas tellement le rapport avec ce qui arrivait à Poudlard cette année. Victoire eut alors une idée. Il y avait une personne dans cette maison qui connaissait par cœur l'histoire de l'école et pourrait faire les liens entre ces deux événements. Une seule personne qui serait capable de se souvenir de ce qu'elle avait lu pour les aider. Et cette personne, c'était leur tante Hermione bien sûr ! Ils avaient suffisamment entendu leur oncle Ron se moquer de sa femme qui à leurs âges avait l'Histoire de Poudlard comme livre de chevet. Ils convinrent ainsi de lui parler après le repas, discrètement.

Ils furent ensuite appelés pour le dîner et n'eurent alors plus le temps d'y penser. Le tourbillon du repas de Noël les enchantait comme chaque année. En descendant, ils virent arriver en volant de multiples plats que leur grand-mère faisait virevolter entre les invités, passant à côté des coudes, au-dessus des têtes de plus petits, entre les discussions et les verres d'apéritif des adultes. Des pâtés en croute et des plateaux de charcuterie côtoyaient les salades composées multiples et diverses. C'est qu'il fallait nourrir tout ce petit monde ! S'exclama Mamie Molly à chaque fois qu'on lui disait qu'elle en faisait trop. Avec ses sept enfants, elle n'avait jamais su faire de petites quantités, remarquait-elle.

L'agitation était à son comble. Les plats voletaient ou passaient de mains en mains. Les conversations se chevauchaient, s'entremêlaient, se coupaient. Les enfants criaient, riaient, jouaient avec les portes couteaux en forme de chevaux, demandant sans répit à l'un ou l'autre des adultes s'il pouvait les animer pour qu'ils puissent hennir et se cabrer. Tout le monde paraissait heureux, certains ne s'étaient pas vus depuis longtemps et profitaient de ce moment pour rattraper les discussions qu'ils n'avaient pas pu avoir. Les enfants qui allaient à l'école primaire moldue demandaient à leurs cousins de Poudlard comment était la vie là-bas, ouvrant grand leurs yeux émerveillés. Les maternelles ne s'y intéressaient pas encore et étaient juste contents d'être en vacances et entourés de tous leurs cousins préférés.

Soudain, tous les adultes se tournèrent dans la même direction, vers la porte d'entrée, et un père Noël un peu bedonnant apparut, dans sa robe rouge carmin et avec sa barbe blanche. Tandis que Teddy et Victoire savaient bien qu'il s'agissait de Papi Arthur, qu'ils avaient démasqué ensemble une année, les petits s'émerveillaient et piaillaient. Ils les laissèrent à leur joie, n'osant pas leur avouer la supercherie. Vint enfin le temps des cadeaux : les pulls de Mamie Molly, que certains tinrent à mettre tout de suite pour prouver qu'ils les adoraient, les jouets en tout genre, fées contre dragons, poupées contre soldats, peluches contre mandalas, livres contre contes pour enfants…

Petit à petit, les plus jeunes furent mis au lit, s'entassant à plusieurs dans les lits qui autrefois accueillaient leurs parents et leur réservaient des souvenirs inoubliables de soirées entre cousins. Teddy et Victoire eurent le droit de rester un peu avec les adultes, ce dont ils profitèrent pleinement, ouvrant grand leurs oreilles face aux conversations parfois ennuyeuses mais tellement adultes de leurs parents. Ils n'eurent cependant pas le temps de demander à leur tante de leur expliquer ce qu'ils voulaient et se couchèrent un peu frustrés, se promettant de faire mieux le lendemain.

Le lendemain justement, ils se levèrent de bonne humeur, prêts à affronter le monde et surtout les questions de leur tante. Il ne fallait surtout pas que celle-ci devine qu'ils faisaient des recherches plus ou moins légales. Même si Teddy avait entendu dire qu'elle faisait pareil à leur âge, il n'était pas question qu'ils reproduisent son exemple, elle ne l'accepterait sans doute pas et ils ne tenaient pas à se faire gronder le jour de Noël, quand même ! La plupart de leurs cousins s'amusaient dans la neige qui recouvrait le jardin et se lançaient des gnomes un peu récalcitrants. Par des gestes très discrets à leurs yeux, très « agent secret » comme dirait la mère de Victoire avec son accent français, ils l'attirèrent dans un coin du salon, près de la cheminée. Hermione s'installa sur un fauteuil alors qu'ils s'assirent par terre.

« On voudrait que tu nous racontes l'histoire du choixpeau. » demanda Victoire de but en blanc.

« On avait dit discret, Vicky… » lui chuchota son cousin, puis reprenant d'une voix plus haute « on aimerait savoir d'où il vient, ça nous titille, et on s'est dits que toi, tu saurais, tu connais tout sur Poudlard. »

« Vous avez de drôles de centres d'intérêt… Enfin. Soit. Le choixpeau a été créé au temps des quatre fondateurs. Il s'agissait à l'origine du chapeau de sorcier de Godric Gryffondor, qui a donné son nom à la maison à laquelle tu appartiens, Victoire. Ils l'ont animé de leurs baguettes et lui ont donné une conscience propre. Le choixpeau existe depuis ce jour, et il sonde l'esprit de chacun des nouveaux élèves pour l'envoyer dans la maison qui lui correspondra le mieux. Il ne se trompe jamais. Ou rarement. » ajouta-t-elle après un temps.

« Rarement ? »

« Oui, enfin, les enfants, je ne suis pas sûre que tout ça vous intéresse… » répondit leur tante, mal à l'aise.

« Si, on voudrait savoir ! » répondirent-ils en chœur.

« Eh bien on raconte que parfois le choixpeau se trompe. Que pour qu'il réussisse presque à chaque fois à donner la bonne maison pour l'élève, il est naturel qu'il se trompe parfois. Et ceci est souvent dû au fait que les qualités de l'élèves qui l'enverraient dans la bonne maison ne sont pas suffisamment visibles, pas suffisamment marquées en lui. Ça n'est donc pas vraiment une erreur. De plus, le choixpeau est un objet magique. Même s'il ne peut pas faiblir, il est très influencé par les événements, comme vous pouvez le voir dans ses chansons de début d'année. On dit, enfin, j'ai entendu dire qu'il était également influencé par les champs de magie qui agissent autour de l'école de magie : les sortilèges les plus puissants, les objets magiques, ce genre de choses. Mais je ne suis pas sûre que ce soit vrai, c'est à prendre avec des pincettes hein ! Ce ne sont même que des contes, à mon avis. »

« Merci beaucoup ! » dirent-ils avant de s'enfuir en détalant.

Hemione secoua la tête.

« Etrange tout ça… J'espère qu'ils ne font pas de bêtises… »