DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling.

Rating : M+ 18

Genre : romance / slash / Yaoi


Encore des followers et des favoris ! Merci à tous !


24 décembre

Harry avait passé une très mauvaise nuit. Les propos de Draco avaient tourné dans sa tête à n'en plus finir et il se maudissait d'être tombé amoureux du seul homme qui ne l'aimerait jamais.

Avant d'aller à la salle de bain, il ouvrit les tentures et fut ébloui par une aveuglante lumière blanche. Le ciel était d'un bleu éclatant et le parc était entièrement recouvert de neige.

Ils allaient finalement avoir un Noël blanc.

Cette vision rehaussa un peu le moral de Harry. Il surmonterait ses déboires sentimentaux comme il l'avait toujours fait. Mais pour l'heure, il n'avait qu'une envie : se promener dans le parc et entendre la neige crisser sous ses pas.

Il se doucha et s'habilla chaudement. Après avoir dérobé un petit pain au chocolat à la cuisine, il sortit par la porte de derrière et dévala les marches de pierres qui menaient au parc. L'air était vif et frais et il le respira à pleins poumons avant de suivre le sentier qui s'enfonçait dans le petit bois.

Il marchait depuis un bon quart d'heure quand il entendit des pas et une voix derrière lui :

- Je pensais bien te trouver ici.

- Malefoy … grogna-t-il.

- Ça te dérange si je t'accompagne dans ta promenade ?

- A vrai dire, oui.

Le blond eut son rictus habituel.

- Alors, je crois bien que je vais m'incruster.

- Pourquoi ça ne m'étonne pas, soupira Harry. Tu n'as vraiment personne d'autre à aller emmerder ?

- Hmhm … non. Cette activité-là t'est entièrement et exclusivement dédiée Potter.

- Arrête ça Malefoy !

- Arrêter quoi ? De t'emmerder ? Je viens de te dire que …

- De faire comme si rien ne s'était passé ! s'énerva subitement le brun. De constamment souffler le chaud et le froid ! De faire comme si j'avais une quelconque importance pour toi !

Harry avait repris sa marche tandis que Draco s'était arrêté.

- Mais tu as de l'importance pour moi, dit le blond. Tu en as toujours eu et ça ne changera jamais.

Sa voix n'était pas plus élevée qu'un souffle de vent et Harry craint de n'avoir pas entendu. Il se tourna vers Draco.

- Ce n'est pas ce que tu semblais penser hier, murmura Harry à son tour.

- Hier, j'ai menti.

Le brun haussa un sourcil et se força à respirer calmement. Son cœur battait trop fort.

- Tu as menti … Pourquoi ?

- Parce que parfois, souvent même, c'est une façon pour moi de me protéger.

- De te protéger de quoi ? De qui ?

- De toi … et des sentiments que j'éprouve pour toi.

Le cœur de Harry avait complètement cessé de battre. Enfin presque.

- Laisse-moi tranquille Malefoy. Je … je suis fatigué de tout ça. Crois-moi, si j'avais su tu serais là, jamais je n'aurais accepté de venir.

- Quoi ? Mais tu le savais voyons ! Blaise m'a même dit que tu avais accepté tout de suite …

- Ron m'avait dit que tu serais à Megève avec ta mère.

- A Megève ? On ne va jamais à Megève. Notre chalet de montagne est à Cortina d'Ampezzo en Italie. Et nous n'y allons jamais pour les fêtes !

Harry leva les yeux au ciel.

- Bande d'enfoirés ! dit-il. Ils nous ont menti.

- On dirait bien. Mais pourquoi ?

- Oh je suis sûr que ça entre dans le programme en 12 étapes du « Noël idéal selon Blaise Zabini », dit Harry d'un ton moqueur. Réconcilier les deux ennemis de Poudlard !

Draco le considérait tristement.

- C'est vraiment ce que tu penses ? Que nous sommes toujours ennemis ? Je croyais qu'on était plus ou moins d'accord sur le fait que tu ne me détestais plus …

- Je ne sais plus ce que je pense Malefoy.

- Alors, je peux peut-être t'aider à y voir plus clair … dit le blond très doucement.

Il s'était rapproché et avait pris le visage de Harry entre ses mains. Elles étaient étonnement chaudes contre la peau glacée des joues de Harry.

Très lentement, pour qu'il comprenne bien ce qu'il allait faire et lui donner l'occasion de reculer, Draco déposa un baiser sur les lèvres du brun, juste pour en goûter la saveur.

C'était une simple caresse, un simple effleurement mais il mit les sens de Harry à feu et à sang et il s'accrocha aux épaules du blond de crainte de s'écrouler.

Draco appuya davantage sa bouche contre celle de Harry, faisant passer dans ce geste toute la passion, tout le désir mais surtout tout l'amour qu'il ressentait pour lui. Il voulait démentir tout ce qu'il avait pu lui dire la veille et lui montrer à quel point il comptait pour lui.

Harry avait entrouvert la bouche et son souffle tiède se perdait dans celle de Draco. Le blond s'en abreuva avec délectation avant de sentir la pointe d'une langue timide effleurer sa lèvre inférieure. Draco ne se fit pas prier et vint à sa rencontre avec ferveur.

Les mains du blond quittèrent le visage pour migrer vers la nuque de Harry tandis que lui sentait les mains du brun se perdre dans ses cheveux.

Le baiser se fit plus profond, plus intense, arrachant à Harry un gémissement sourd qui déchira le silence du sous-bois.

Cela suffit à faire reprendre conscience à Harry d'où il était et avec qui.

Il se recula d'un bond.

- Malefoy … je …

- Chhht Harry … ne dis rien. Je t'en prie, ne dis rien.

Draco enroula ses bras autour du brun et le tint serré contre lui.

- Laisse-moi juste croire pendant une minute que tout cela est réel, dit-il tout contre l'oreille de Harry. Laisse-moi croire à la magie de Noël.

Alors Harry se tut et s'abandonna dans les bras du beau blond.

Celui-ci finit par rompre l'étreinte et après avoir caressé du doigt la joue de Harry, il lui souffla :

- Merci.

Et il s'éloigna, laissant Harry complètement déboussolé.

O°O°O°O°O°O°O

Harry rentra au Manoir dans un état second.

Jamais un baiser ne l'avait bouleversé comme ça. Il ne parlait pas de ce catastrophique bécotage avec Cho Chang quand il était adolescent, ni même des baisers qu'il avait échangé avec Ginny du temps où il croyait encore en être amoureux.

Quant aux baisers de ses amants de passage, et bien ils étaient comme eux … de passage. Ils ne lui procuraient aucune satisfaction réelle.

Le baiser de Draco appartenait à une autre dimension. Il était doux et puissant, chaste et terriblement sensuel, innocent et dépravé. Il était tout à la fois.

- Tu as menti … Pourquoi ?

- Parce que parfois, souvent même, c'est une façon pour moi de me protéger.

- De te protéger de quoi ? De qui ?

- De toi … et des sentiments que j'éprouve pour toi.

Des sentiments que j'éprouve pour toi …

Avait-il bien entendu ?

Le blond était-il sincère ? Ou était-ce encore une de ses ruses pour se moquer de lui, pour le provoquer, pour l'humilier ?

Le baiser qu'il avait donné à Harry n'était pourtant pas de ceux qu'on donne pour humilier quelqu'un … ou alors le Serpentard était encore plus vicieux qu'il ne l'imaginait.

Harry ne savait plus que penser.

Quand il arriva dans le salon, Ron, Théo et Blaise terminait d'installer l'immense sapin qu'ils étaient allés couper la veille dans la forêt. L'arbre faisait facilement trois mètres de hauteur et était bien touffu.

- Salut Harry ! dit Ron. On ne t'a pas vu au petit-déjeuner. Grasse matinée ?

- Non, que du contraire ! Je me suis levé tôt pour aller faire une promenade dans le parc.

- Tu as vu Draco ? demanda Blaise. Il te cherchait ce matin.

- Oui, dit Harry. On s'est croisé, répondit sommairement le brun.

Hermione, Luna, Pansy et Ginny arrivèrent avec les petites Rose et Alice.

- Ah Harry ! dit Hermione. Tu arrives à point nommé. On allait décorer le sapin. Tu nous donnes un coup de main ?

- Oui Oncle Harry ! Aide-nous ! pépia Rose.

- Volontiers, sourit-il en voyant les mines réjouies des deux petites filles.

Des caisses entières de décorations avaient fait leur apparition dans le salon et bientôt la pièce se remplit d'un joyeux désordre.

- Hé ! Vous alliez commencer sans moi ! s'offusqua une voix derrière eux.

- Dracoooo ! clamèrent Rose et Alice en se jetant dans ses jambes.

Depuis quand les enfants aimaient-ils Draco ? se demanda Harry. Et surtout depuis quand Draco aimait-il les enfants ?

Le blond les attrapa toutes les deux par la taille, une sous chaque bras et les transporta dans le divan où commença une redoutable séance de chatouilles. Draco fut bien vite en déroute devant les assauts des petites filles et il cria grâce.

- C'est bon ! Je me rends ! plaida-t-il en riant. Vous êtes des terreurs les filles !

Harry ne put réprimer un sourire attendri à la vue d'un Draco Malefoy débraillé et totalement décoiffé. Attendrissement qui se mua très vite en un sentiment beaucoup moins chaste quand il remarqua combien le blond était beau quand il perdait le contrôle de lui-même.

Leurs yeux s'accrochèrent et avec une lenteur délibérée, Draco se releva, remit sa chemise dans son pantalon et disciplina ses cheveux d'une main experte.

La matinée passa dans la bonne humeur. Les boules de Noël voltigeaient dans la pièce au gré des sorts qui étaient lancés, les guirlandes s'enroulaient d'elles-mêmes autour du sapin, bien que certaines persistaient à vouloir s'enrouler autour de la tête de Harry, qui finit affublé d'une sorte de turban rouge vif.

Comme Draco se moquait de sa coiffe, il se trouva bien vite garni lui aussi d'un couvre-chef similaire, vert intense.

- Au moins tu as bien choisi la couleur Potter ! ria-t-il de bon cœur.

Voir les deux ennemis de Poudlard rire et plaisanter ensemble ravit bon nombre des personnes présentes. Blaise immortalisa le moment avec son appareil photo et il ne fut pas déçu, Draco et Harry jouant le jeu en prenant des poses extravagantes.

Ils furent interrompus par des coups secs frappés à la vitre.

Plusieurs hiboux et chouettes attendaient sur le rebord de la fenêtre qu'on daigne leur ouvrir.

- Ah ! Les cartes de vœux ! s'exclama Hermione.

Parmi les nombreuses traditions de Noël, l'envoi de cartes de vœux était incontournable, tant chez les moldus que chez les sorciers. Elle ouvrit donc le battant et les volatiles firent leur entrée, déposant leurs missives dans les mains des destinataires.

- Celle-ci vient de tes parents Ron ! dit Hermione. Ils passent un magnifique séjour en Roumanie malgré qu'il y ait une tempête de neige. Charlie et Mihaela nous embrassent tous bien fort.

- Bill et Fleur aussi ainsi que George et Angelina, dit Ron en agitant deux cartes qu'il tenait en main.

- Ma mère nous souhaite un excellent Noël à tous, dit Draco en replaçant dans son enveloppe le délicat petit carton crème estampillé aux armoiries de la famille Malefoy.

Un hibou retardataire fit alors son apparition. C'était un grand oiseau au plumage marron foncé et aux yeux jaunes perçants.

- Tiens, c'est le hibou du patron ça ! dit Ron en détachant quatre enveloppes de la patte du rapace. Une pour toi Harry, celle-là c'est pour moi et … deux pour toi Malefoy ?

Draco haussa un sourcil en s'emparant des deux enveloppes. La première contenait la même carte de vœux que celle reçue par Harry et Ron. L'autre par contre était beaucoup plus épaisse.

Le blond la décacheta avec précaution et en sortit un épais parchemin soigneusement plié.

- Alors Draco ? dit Pansy. Le Ministre t'a enfin nommé ambassadeur ?

Mais voyant que le visage du blond s'était fait plus pâle qu'à l'ordinaire, elle se rétracta.

-Ooh … je … je suis désolée Draco. Mais depuis le temps que tu attends, je me disais que cette fois serait la bonne, dit-elle confuse.

Malefoy replia le parchemin et sans rien ajouter, il quitta la pièce.

Harry le regarda partir, une étrange sensation lui nouant le ventre.

- Malefoy postule pour être ambassadeur ? demanda Seamus.

- Oui, confirma Blaise. Il a réussi le concours haut la main il y a deux ans et il se présente à tous les postes disponibles mais à chaque fois, c'est pareil. Le Ministre nomme un autre candidat qui, soi-disant, correspond mieux au profil …

- C'est de la foutaise ! s'énerva Grégory. Draco est le meilleur ! On lui refuse le poste simplement à cause de la Marque qu'il a sur le bras. C'est de la discrimination ! Combien de temps Draco devra-t-il encore payer pour les conneries de son père, du mien, de celui de Vincent, de …

La voix de Grégory se brisa et tout le monde fut stupéfait de voir le grand baraqué se mettre à pleurer. Il avait tout d'un coup l'air d'un gamin perdu, un gamin qui a grandi trop vite et à qui on a volé son enfance.

Harry se dit, le cœur serré, que finalement, ils se ressemblaient tous. Ils étaient tous des enfants de la guerre sur qui les adultes avaient fait peser de bien trop lourdes responsabilités.

- Hé mec, ça va aller dit Dean en posant sur son épaule une main compatissante. Draco est fort, il va surmonter ça …

- Draco n'est pas aussi fort qu'il le laisse croire, répondit Grégory. Il souffre beaucoup plus qu'il ne veut bien le dire. Et il est si seul … Depuis qu'il a quitté Astoria, je ne l'ai jamais vu avec personne. Il passe ses soirées et ses week-ends à travailler, encore et encore. Et il y a toujours ce quelque chose dans son regard … comme s'il attendait quelqu'un … quelqu'un qui ne viendra jamais.

Cette phrase eut un écho douloureux dans le cœur de Harry. Il savait ce que c'était d'attendre, d'espérer … en vain.

- Pourquoi a-t-il quitté Astoria ? demanda Neville.

- Draco avait ses raisons, dit Blaise. Je ne pense qu'il apprécierait qu'on en parle…

- Je suis gay.

Une bombe n'aura pas eu plus d'effet. Draco était revenu dans le salon et se tenait nonchalamment appuyé contre le chambranle de la porte.

- Draco, je … commença Blaise.

- Je te remercie pour ta discrétion Blaise. Mais tout cela a assez duré. J'aime les hommes, fin de la discussion. Quelqu'un a un problème avec ça ? dit-il en regardant à la ronde, et Ginny bien en face.

La rousse eut un reniflement méprisant mais ne fit aucun commentaire.

- C'est bien d'être gai, flûta la petite voix de Rose. Tout le monde est gai à Noël.

- Oui, oui ma chérie dit Hermione en roulant des yeux. On est tous très gais à Noël… Viens allons voir à la cuisine si Mrs Patmore a déjà commencé à cuire ses biscuits…

- Je viens aussi ! dit Alice, jamais en reste.

Le sujet était clos.

O°O°O°O°O°O°O

Un peu plus tard dans l'après-midi, l'effervescence commença à envahir Pembroke Manor en même temps que d'alléchantes odeurs se répandaient dans la grande demeure.

Mrs Patmore jonglait avec les plateaux de biscuits, enfournant les uns, sortant les autres. Parallèlement, elle préparait déjà la farce pour la dinde du lendemain.

Elle apostropha Blaise dans le couloir :

- Monsieur Zabini ? Vous n'oubliez pas la dinde, n'est-ce pas ? J'aurais également besoin de rhum pour flamber le pudding demain … vous y avez pensé ?

- Ah … heu … oui … la dinde … le rhum …

Devant l'air courroucé de la cuisinière, Blaise se reprit bien vite.

- Tout est sous contrôle, ne vous inquiétez pas ! Je … j'allais y aller justement … !

Lorsque Mrs Patmore eut disparu dans les tréfonds de sa cuisine, Blaise hurla :

- DRAAAAAACOOOOOOOO !

Le blond surgit de la salle de billard où il disputait une âpre partie avec Théo et Dean.

- Quoi ? Que se passe-t-il ?

- Draco, je t'en prie, je t'en supplie à genoux, tu dois m'aider, implorait le métis.

- Qu'y a-t-il encore Zabini ? soupira Draco.

- Il faut absolument que tu ailles à Alford chercher la dinde chez le boucher et du rhum chez …

- Tu me déranges en pleine partie de billard pour … une dinde ?

- Pas une dinde Draco. LA dinde. La dinde de Noël.

- Est-ce que j'ai une tête à aller chercher des dindes chez les bouchers moldus Zabini ?

- Draco … tu es le seul avec moi à avoir ton permis de conduire moldu …

- Tu fais bien de signaler que tu l'as aussi … Pourquoi tu n'y vas pas toi ?

- Parce que … je ne peux plus rouler … pour le moment, dit-il tout bas.

- Quoi ?

- Je me suis fait prendre par la police moldue alors que je roulais en ayant … un peu bu … j'ai écopé d'une amende qui m'a presque ruiné et d'un retrait de permis …

Draco s'écroula de rire.

-A force de vivre avec les moldus, tu finiras pour oublier que tu es sorcier ! hoquetait le blond. Tu n'as pas pensé à la potion de dégrisement ?

- Non … admit piteusement le métis … J'étais … enfin bref, tu vas m'aider oui ou non ?

- Qu'est-ce que j'ai en échange ?

- Merlin, Draco … C'est Noël ! Le partage, la compassion, la miséricorde, ça te dit quelque chose ?

- Hmhm … non, rien du tout. Alors ?

- La Jaguar pendant 15 jours.

- Je viens de m'en acheter une. Non.

- La Maserati alors …

- Tsss …. L'Aston Martin Vanquish … pendant un mois …

- Noooon … pas l'Aston Martin … pas mon bébé …

- A prendre ou à laisser Zabini. Après tout, il s'agit de LA dinde …

La mort dans l'âme, Blaise accepta le deal. C'était ça ou Mrs Patmore le désossait avec un couteau rouillé et sans anesthésie.

- Prends Harry avec toi. Vous irez plus vite à deux, lui dit-il encore en lui tendant une liste.

- Hé, je croyais qu'il fallait seulement aller chercher la dinde. Pas faire les courses du mois !

- Pense à l'Aston Martin Draco …

Le blond grogna quelque chose d'incompréhensible pendant qu'il se rendait au salon chercher Harry.

- Potter ! Amène-toi ! On a des courses à faire !

- Quoi ?

- Allez viens, je vais pas y passer l'année !

Râlant de devoir lâcher son bon bouquin, Harry rejoignit Draco dans le hall d'entrée.

- C'est quoi cette histoire de courses ? demanda-t-il.

- C'est pour la bonne cause Harry, coupa Blaise. Tiens Draco, voilà les clés de voiture. C'est la Porsche Cayenne. Harry, pendant que Draco s'occupe de la dinde, pourras-tu passer chez le photographe pour faire développer ces photos ? demanda-t-il en tendant au brun une carte mémoire. C'est un ami sorcier. Tu lui demanderas un tirage moldu et un tirage sorcier. Ok ? Il faudrait aussi que vous passiez chez McLeod, un pub sorcier en bordure de la ville pour prendre une caisse de wiskhy pur feu. Et n'oublie pas le rhum Draco. Le caviste est en face du boucher.

- T'es gonflant Zabini, grinça Malefoy.

- Aston Martin, souffla le métis.

O°O°O°O°O°O°O

Harry et Draco prirent place à bord de la rutilante Porsche Cayenne noire de Blaise. Le métis n'avait pas lésiné sur le confort ou sur les options : sièges chauffants en cuir blanc cassé, tableau de bord en noyer, sonorisation dernier cri …

Alford se situait à une trentaine de kilomètres de Pembroke Manor et ils roulaient en silence depuis vingt bonnes minutes. Harry appréciait la conduite souple de Draco et profitait des paysages de campagne.

Il finit cependant par rompre le silence.

- Alors ? Il t'envoie où ?

- Quoi ?

- Le Ministre … où t'a-t-il nommé ?

- Mais … comment sais-tu que … ?

- Je te connais Malefoy … Quand une nouvelle te satisfait, le coin droit de ta bouche se relève imperceptiblement. J'en ai déduit que le Ministre avait enfin approuvé ta demande …

- Canberra.

- QUOI ? L'Australie ?

- Oui … apparemment, l'ambassadeur en place prend sa retraite. C'est … c'est une sacrée opportunité.

- Quand ?

- Le 2 janvier.

Harry ne dit plus rien. Le 2 janvier … Dans huit jours exactement, Draco serait à l'autre bout du monde.

- Pourquoi n'as-tu rien dit quand tu as reçu la lettre ? questionna Harry quelques minutes plus tard.

- Parce que … je dois … réfléchir.

- A quoi ? Je pensais que tu attendais ça depuis deux ans ?

- Certaines choses ont changé depuis … murmura le blond.

La seule question que tu dois te poser, dit Harry comme s'il n'avait pas entendu, c'est de savoir si quelque chose te retient encore ici.

- Quelque chose, non … commença Draco.

Mais quelqu'un oui, se dit-il à lui-même.

- Alors, pars, dit Harry.

Entre temps, ils étaient arrivés. Draco stationna la voiture sur la place centrale de la petite ville. Ils étaient à proximité du boucher, du caviste et du photographe.

- Potter, donc toi tu vas chez le photographe pendant que je m'occupe de la dinde et du rhum ?

- Ouais, c'est ça.

Harry poussa la porte du petit studio de photos.

- Bonjour Monsieur, puis-je vous aider ?

- Oui, je voudrais faire développer ces photos. Un tirage normal et un … hm … tirage sorcier, ajouta-t-il plus bas.

- Pas de problème. Le tirage normal est instantané. Par contre, il faut 15 minutes pour le tirage sorcier, le temps que la potion de révélation agisse. Vous pouvez attendre ?

- Oui, pas de problème.

- Format 10X15 ou 9X13 ?

- 10X15.

- Ok

Le photographe se retira dans son arrière boutique. Il en revint 5 minutes plus tard avec une pochette de photos fraîchement imprimées.

- Je vous donne déjà ceci, dit-il en tendant la pochette à Harry. Je vais maintenant faire le tirage sorcier.

Pendant ce temps, Harry jeta un coup d'œil aux photos moldues. Elles étaient très belles, Blaise avait manifestement du talent pour capturer l'instant. Ils avaient l'air tous parfaitement heureux et c'était un plaisir de contempler ces photos où Gryffondors et Serpentards se mélangeaient joyeusement.

Harry eut une pensée émue pour son vieux directeur. Dumbledore aurait donné beaucoup pour voir une photo pareille. Le brun se promit de passer un jour à Poudlard pour la lui montrer …

Soudain, il se figea. Il tenait entre les mains une photo de Draco prise en plan rapproché, profil de trois quarts. Il est assis et il souriait. Un sourire simple et sincère qui le rendait encore plus beau qu'il n'était. Mais le plus impressionnant, c'était ses yeux. Oscillant d'ordinaire entre le gris clair et le gris foncé, ils avaient là un éclat argenté, limpide, lumineux. Draco semblait regarder quelque chose qui le remplissait de tendresse, de désir … d'amour ?

Cette photo était absolument magnifique.

Alors Harry eut une idée. Il rappela le photographe.

- Monsieur ? Serait-il possible de faire deux agrandissements de cette photo ?

- Oui bien sûr.

- Pouvez-vous également les encadrer ? Et faire un emballage cadeau d'un des deux.

- Je fais ça tout de suite.

Comme Harry n'avait pas été prévenu de la venue de Draco au Manoir, il n'avait pas de cadeau de Noël pour lui, ce qui l'embarrassait fortement. Blaise avait finalement bien fait de lui demander de développer ces photos tout de suite.

Il en offrirait un exemplaire à Draco. Narcissique comme il était, il apprécierait sûrement d'avoir un beau portrait de lui-même.

L'autre, Harry le garderait pour lui. Après tout, c'est tout ce qui lui resterait après le 2 janvier.

O°O°O°O°O°O°O

De retour à la voiture, Harry rangea précautionneusement ses achats dans le coffre. Draco y avait déjà calé la dinde et les bouteilles de rhum.

- Par Merlin, c'est pas une dinde ! C'est un brontosaure ! s'exclama Harry en contemplant la taille de l'animal.

- Je me demande s'il existe un four assez grand pour cuire un machin pareil, renchérit Draco. Bon ! Tu as les photos ? Parfait. En route pour le pub alors.

Comme Blaise l'avait indiqué, le pub McLeod était juste à la sortie de la ville.

Draco se gara dans la petite cour intérieure.

En entrant, les deux hommes furent assaillis par un mélange d'odeurs de tabac froid, d'alcool et de cire d'abeille.

- Que prendront ces messieurs ? demanda un homme robuste au visage rubicond.

- Nous venons chercher la commande de Monsieur Zabini, dit Draco.

- Ahh ! Ce cher Blaise … Un connaisseur, dit-il en faisant un clin d'œil entendu. Nous avons été un peu débordés avec les fêtes et la commande n'est pas encore prête. Il y en a encore pour une dizaine de minutes. Je vous serre quelque chose en attendant ?

- Deux whiskys pur feu alors, dit le blond.

Harry et Draco s'installèrent à une table en retrait, fixant le liquide ambré dans leur verre.

- Alors, comme ça … tu es … gay, dit le brun avec gaucherie.

- En effet. Vu ce qui s'est passé ce matin entre nous, je pensais que c'était clair.

- Et … et tu l'as su comment ?

- Comme toi, je suppose. Quand j'ai commencé à me rendre compte que je regardais un peu trop les hommes…

- Mais tu es quand même sorti avec Astoria.

- Oui … comme toi avec Ginny. Je ne me posais pas vraiment de questions … Mon avenir était décidé depuis longtemps : j'allais épouser Astoria et assurer la descendance de la famille Malefoy. Mais un beau jour, j'en ai eu marre. Marre qu'on décide toujours tout à ma place. J'ai parlé avec Astoria et étonnamment, elle l'a bien pris. Nous nous sommes séparés en bons termes. La lignée Malefoy s'éteindra avec moi mais ça m'est égal. Je suis en paix avec moi-même.

- Et … hm… tu sors avec quelqu'un…

- Harry ! As-tu seulement écouté un mot de ce que je t'ai dit ce matin ?

- Voilà Messieurs ! les interrompit McLeod. Trois caisses du meilleur whisky pur feu !

Harry et Draco se levèrent.

- Merci Monsieur McLeod, dit le blond.

- Pas de quoi ! Je vous souhaite un joyeux Noël !

- Joyeux Noël à vous aussi ! répondit Harry.

Ils chargèrent les caisses dans le coffre de la voiture et se remirent en route vers Pembroke Manor.

Ils traversaient la campagne écossaise depuis quelques minutes dans un silence pesant quand Draco soupira.

- Harry … Pourquoi tu fais ça ?

- Pourquoi je fais quoi ?

- Faire comme si tu n'avais pas entendu ce que je t'ai dit ce matin …

- Arrête la voiture.

- Quoi ?

- ARRETE CETTE PUTAIN DE VOITURE ! MAINTENANT !

Devant l'énervement du brun, Draco se rangea sur le bas-côté. Harry sortit en trombe du véhicule.

- Harry ! cria Draco derrière lui. Potter ! Mais où vas-tu comme ça ?

- Je ne sais pas … Laisse-moi. Je me débrouillerai pour rentrer au Manoir.

- Mais tu es fou ou quoi ? Il y a cinquante centimètres de neige, la nuit va tomber ! Merde Potter ! Dis-moi ce qu'il y a ! dit Draco en le retenant fermement par le bras.

- Il y a que j'en ai assez Malefoy ! Assez que tu te moques de moi, de mes sentiments ! Tu sais quoi ? J'ai tout oublié de ce matin ! Pourquoi devrais-je me souvenir d'une mascarade ? Tu es content ? Tu t'es bien amusé à mes dépens ? Tant mieux ! Maintenant casses-toi ! Pars à Canberra puisque c'est ce que tu veux et puisque rien ne te retiens ici !

Harry se dégagea brusquement et reprit son chemin, droit devant lui. Mais Malefoy ne l'entendait pas comme ça.

En trois enjambées, il le rattrapa et le força à se retourner.

- CE N'EST PAS QUELQUE CHOSE QUI ME RETIENT ICI POTTER ! C'EST QUELQU'UN ! UN STUPIDE GRYFFONDOR BORNE QUE J'AIME PLUS QUE MA PROPRE VIE ! C'EST TOI QUI ME RETIENS ICI ESPECE D'ENFOIRE ! cria le blond.

Comme Harry ne répondait pas, trop médusé par ce qu'il venait d'entendre, Draco reprit, rendu furieux par ce silence.

- Tu vas l'attendre encore combien de temps ?

- Qui ?

- CET HOMME ! ... L'AMOUR DE TA VIE ! CE BLAIREAU QUI HANTE TES REVES DEPUIS DES ANNEES ! CE CRETIN CONGENITAL QUI N'EST PAS FOUTU DE VOIR QUE TU EXISTES ! QU'EST-CE QU'IL A DE SI MERVEILLEUX CE MERDEUX POUR QUE TU NE ME VOIES PAS MOI, DRACO MALEFOY, EN TRAIN DE FAIRE LE POUFSOUFFLE DEPUIS CE MATIN !?

- Tu es le crétin congénital.

- NON MAIS CA VA BIEN ! TU … quoi ?

- Le crétin congénital, c'est toi. Le blaireau c'est toi. Le merdeux c'est toi. L'amour de ma vie c'est toi.

C'était au tour de Draco d'être sans voix.

- Mais alors … pourquoi tu me repousses depuis tantôt ? finit-il par demander après s'être repris.

- Parce que j'avais peur que tu te moques de moi. J'avais peur de souffrir. Et puis tu vas partir alors … à quoi bon …

- Harry, tu n'as qu'un mot à dire et je reste.

- Je … je n'ai pas le droit ! Il s'agit de ta carrière Draco !

- Tu n'as toujours rien compris …

- Si j'ai compris que je t'aime et pour ça, je suis prêt à te laisser partir.

- AAARRRGH ! rugit Draco. MAIS ARRETE AVEC TA PUTAIN D'ABNEGATION A DEUX NOISES ! SOIS UN PEU EGOISTE DE TEMPS EN TEMPS !

Harry ne put s'empêcher de sourire.

- Non, l'égoïsme, c'est un truc de serpentard ça …

- Alors, je serai égoïste à ta place… souffla Draco en s'approchant de lui et en caressant ses lèvres avec les siennes. En cet instant, il n'y a rien d'autre qui compte que toi, ta bouche, ton corps ….En cet instant, j'ai envie de toi à en crever et je compte bien satisfaire ce besoin sans attendre.

Joignant le geste à la parole, il saisit la nuque de Harry et l'attira vers lui dans un baiser époustouflant. Seule la nécessité de reprendre leur souffle les faisait s'écarter l'un de l'autre mais l'espace de quelques secondes seulement.

Quand Draco se mit à dévorer son cou, Harry se cambra et gémit sourdement.

- Harry … tu n'as pas idée de ce que ça me fait de t'entendre gémir comme ça … haleta le blond.

Il avait réussi à passer ses mains sous la veste et le pull de Harry et caressait maintenant la peau nue de son dos.

- Draco, rentrons … j'ai envie de toi … dit Harry entre deux baisers.

- Non … je ne peux pas attendre … je te veux maintenant …

- Quoi ? Mais où … ?

- Dans la voiture. Viens.

Il mit ses mains sous les fesses de Harry pour le soulever tandis que le brun nouait ses jambes autour de sa taille.

Harry ne sut pas comment Draco était parvenu à ouvrir la portière arrière de la Porsche mais bientôt il se trouva à moitié allongé sur le cuir souple de la banquette, Draco sur lui, dévorant toujours sa bouche et son cou, tandis qu'il s'attaquait aux boutons de la veste.

Au grand désespoir de Harry, il s'interrompit cependant pour tendre son corps vers l'avant du véhicule. Il mit le contact, fit tourner le moteur et enclencha le chauffage.

- Ce sera mieux pour la suite, dit-il. Puis il murmura « Devestio ».

En une seconde, ils furent nus tous les deux et le contact de leurs peaux brûlantes les électrisa.

- Oh Merlin, ce que ta peau est belle dit Harry en parsemant le torse de Draco d'une multitude de baisers.

Il promenait ses mains dans son dos, jusqu'à arriver à ses fesses si rondes et si fermes qu'il ne put s'empêcher de les pétrir entre ses doigts.

- Harry … tu l'as déjà fait n'est-ce pas ?

- Vachement romantique comme question … mais oui …

- Ok … tant mieux … je crèverai de jalousie un autre jour car là, je ne vais pas pouvoir te préparer très longtemps …

- Vas-y … je ne suis pas en sucre …

Bénie soit la magie car Draco put au moins invoquer un sort de lubrification avant d'insinuer doucement des doigts à l'intérieur de Harry pendant qu'il mordillait ses tétons.

La gêne et l'inconfort firent rapidement place à quelque chose de plus intense et le brun sentit le plaisir enfler au creux de ses reins.

- Viens Draco … J'ai tellement envie de toi …

Le blond ne se fit pas prier. L'espace était étroit, leurs mouvements restreints mais cela semblait décupler leur plaisir et leur envie de l'autre. Draco pénétra Harry jusqu'à la garde, lui arrachant un cri étouffé et lui coupant le souffle.

Puis il entama un va-et-vient intense.

- Harry … c'est si bon … oh si tu savais … Merlin …

- T'arrête pas … encore… oui … oh ouiii…

Draco venait de trouver le point sensible, celui qui ferait décoller Harry à coup sûr et il accéléra le rythme. Penché sur le brun, leurs fronts se touchant, leurs torses trempés de sueur collés l'un à l'autre, il sentait sa libération toute proche.

Harry était quant à lui complètement déconnecté du monde. Tout ce dont il avait conscience, c'est que Draco était en lui, ne faisait plus qu'un avec lui et qu'il adorait la façon qu'avait le blond de le posséder.

Draco prit appui d'une main sur la vitre pour renforcer son déhanchement tandis que le bassin de Harry partait frénétiquement à la rencontre du sien. La friction de leurs ventres sur le sexe de Harry devint insoutenable et il jouit dans un grand cri, son dos arqué jusqu'au point de rupture. Draco bougea encore plus vite et exulta à son tour quand les muscles internes de Harry se resserrèrent puissamment autour de son membre.

Draco s'écroula sur Harry, leurs deux corps se soulevant au rythme de leur respiration. Quand le calme revint, le brun put dire, le souffle court :

- Wahou … Draco… c'était chaud. Et c'était incroyablement bon.

- Tu ne regrettes pas alors ? demanda le blond en plantant ses yeux encore embrumés de plaisir dans les siens.

- Regretter ? Jamais ! Quand t'ai-je donné l'impression de ne pas aimer ce qu'on vient de faire ? Merlin, Draco ! J'ai joui comme un malade !

- Bah … je ne sais pas … c'était notre première fois … tu aurais peut-être préféré autre chose que la banquette arrière d'une bagnole …

- Hé ! Je ne suis pas une princesse qui veut des draps en soie et des pétales de roses… Et puis, question bagnole, on est quand même dans une Porsche, intérieur cuir avec des sièges chauffants …

- Blaise va nous tuer quand il saura qu'on a baisé dans sa voiture… dit Draco en riant.

- Comment veux-tu qu'il sache ? On lance un sort de nettoyage et hop !

- Toi, tu ne connais pas Blaise. Il sait toujours quand il y a du sexe dans l'air.

- Je crois qu'il va surtout nous tuer si on ne lui ramène pas sa dinde et son tord-boyaux !

- Tu as raison ! dit Draco en se redressant.

Il posa un tendre baiser sur les lèvres de Harry avant de prononcer un sort qui les rhabilla complètement.

O°O°O°O°O°O°O

Une demi-heure plus tard, ils étaient de retour à Pembroke Manor. Blaise faisait les cent pas sur le perron.

- Putain ! s'exclama Blaise. Vous étiez où ? Mrs Patmore a failli me trucider deux fois ! Vous avez tout ?

- T'inquiète Blaise, on a tout, dit Harry.

Ledit Blaise jeta un œil suspicieux sur les deux hommes, avisant leur tenue un peu défaite, leurs cheveux en bataille et surtout, leurs yeux un peu trop brillants.

L'indignation totale passa sur les traits du métis quand il réalisa ce qui venait de se passer.

- Je ne le crois pas ! Je ne le crois pas ! Vous avez baisé dans ma voiture ! Vous avez osé baiser dans MA voiture ! Putain … Je vais la revendre ! Je ne vais plus pouvoir rentrer dans cette bagnole sans vous imaginez tous les deux…

- Alors je te la rachète dit Harry sans se démonter. Les sièges chauffants, c'est vraiment de la balle …

- AAARGHH ! cria-t-il avant de s'en aller en serrant sa précieuse dinde contre lui. Viens ma belle, éloignons-nous de ces pervers et allons te fourrer comme il se doit.

Harry et Draco se retinrent d'éclater de rire comme ils entraient à leur tour dans le Manoir.

- On se voit plus tard ? dit Harry. Je vais aller voir Ron pour… enfin…

- Bien sûr. Je vais faire pareil avec Grégory et les autres.

Draco déposa un baiser aérien sur les cheveux du brun avant de se diriger vers le salon. En le regardant s'éloigner, Harry se dit que pour la première fois depuis longtemps, il était heureux. Tout simplement.

O°O°O°O°O°O°O

- Entrez ! dit la voix de Ron derrière la porte. Ah Harry !

- Je ne te dérange pas ? Hermione n'est pas là ?

- Elle donne le bain à Rose.

Ron le regardait avec un mélange d'angoisse et de honte.

- Ron ! Arrête de me regarder comme ça ! On dirait que tu t'apprêtes à recevoir un doloris !

- Je le mériterais ! se lamenta le rouquin. Merlin Harry ! Je crois bien que…

- RON ! STOP ! Je t'ai déjà d'oublier toute cette histoire ! C'était un accident. Je vais bien et Draco est parfaitement rétabli.

- Draco … répéta Ron avec une lueur de malice dans les yeux.

- Oui, Draco. C'est … c'est de lui dont je voudrais te parler, commença le brun en se dandinant d'un pied sur l'autre.

- Tu veux me parler de Draco ?

- Oui … et arrête de répéter son prénom comme ça !

Ron dissimula du mieux qu'il pouvait un sourire en coin et invita Harry à poursuivre.

- Bon … voilà … Il se trouve que … ces deux derniers jours, on a été un peu forcés à se côtoyer et … enfin, je veux dire … il n'est pas aussi … enfin tu vois quoi …

- Non, je ne vois rien du tout. Je ne comprends rien à ce que tu racontes, dit Ron qui s'amusait malgré lui de l'embarras de son ami.

Harry respira un grand coup. C'était le moment de faire preuve du légendaire courage des Gryffondors.

- Draco et moi, on s'aime. Je sais que c'est un serpentard, que tu le détestes pour tout ce qu'il a dit de méchant sur Hermy, sur toi et ta famille mais je t'assure qu'il a changé. Bon, c'est toujours un enfoiré trop sûr de lui, snob et arrogant mais je l'aime. A vrai dire, j'en suis raide dingue. Alors voilà, j'espère simplement que tu voudras bien faire un effort pour l'accepter car je l'aime vraiment et j'ai l'intention qu'entre lui et moi, ça soit plus qu'un coup en passant.

Ron arborait maintenant un sourire éblouissant.

- Merci Merlin, il était temps !

- Hein ? Quoi … ?

- Ça fait des mois que Blaise, Hermione, Théo, Pansy, Grégory et moi, on essaye de vous faire ouvrir les yeux à tous les deux. Notre dernière carte, c'était l'organisation de ce Noël. Si après ça, vous persistiez dans votre aveuglement, on vous considérait comme définitivement irrécupérables.

- Tu … tu veux dire que … tout ça … c'est … un coup monté pour … ?

- Exactement ! Un vrai plan de serpentard !

- Que tu n'as pas désapprouvé, remarqua Harry.

- Parfois la fin justifie les moyens ! dit Hermione qui venait d'apparaître dans la chambre, Rose dans ses bras.

Harry était partagé entre la consternation d'avoir été dupé par ses amis et le bonheur de savoir qu'ils l'approuvaient dans son choix.

- Et bien, je suppose que je dois vous remercier alors … dit-il un peu gêné.

- Et comment ! renchérit Ron en riant.

- On est heureux pour toi Harry, dit Hermione plus sérieusement. Tu le mérites.

- Ouais vieux. On est vraiment content pour vous deux.

Le brun sentait que ses yeux commençaient à piquer dangereusement. Ron le remarqua également et dit :

- Bon, j'admets que j'ai vraiment eu du mal à encaisser la première fois où je t'ai entendu soupirer son prénom mais j'ai tenu bon… j'ai eu moins de mal la deuxième et la troisième fois. A partir de la quinzième, j'étais blindé.

- QUOI ? éructa le brun. Mais … quand ai-je soupiré son prénom ? Et puis d'abord, je n'ai JAMAIS soupiré son prénom …

- Harry, tu oublies qu'on partage la même chambre quand on part en mission à l'étranger…

- Oh Merlin …

Harry était rouge de honte.

- Bon, allez ! Descendons manger. J'ai faim moi ! dit Ron pour dissiper l'embarras de son ami.

O°O°O°O°O°O°O

Une vision d'enchantement attendait les invités du Manoir lorsqu'ils entrèrent dans le salon. L'immense sapin de Noël décoré le matin même brillait de mille feux. Parmi les guirlandes lumineuses moldues, Blaise en avait ajouté une magique qui changeait de couleur en fonction de l'humeur de ceux qui se trouvaient à proximité.

Pour le moment, elle diffusait une douce lumière chaude et légèrement orangée, signe que la chaleur et l'amitié régnaient dans le foyer.

Alice et Rose étaient subjuguées par le spectacle et poussaient régulièrement des « ooooh » extatiques quand les lumières changeaient ou que les figurines enchantées bougeaient.

Harry, lui, était subjugué par une autre vision. Celle de Draco, debout près du sapin. Il s'était changé pour le souper et portait un élégant pantalon noir et une chemise blanche. La tenue était simplissime mais elle lui conférait une classe inouïe. Les lumières du sapin se reflétaient dans ses cheveux et sur sa peau, leur donnant un éclat argenté.

Il s'approcha et timidement glissa sa main dans la sienne. Draco le laissa faire, un sourire sur ses lèvres.

Au même moment, Rose et Alice émirent un nouveau « ooooooh » enthousiaste : la guirlande magique brillait maintenant d'un rouge intense. Elle crépita littéralement quand Draco posa un baiser sur la tempe de son beau brun.

Personne ne dit rien mais les visages parlaient pour eux. Tous étaient sincèrement heureux que les deux hommes se soient enfin trouvés.

Même Ginny dut se résigner et admettre que son combat était vain et que jamais elle n'aurait pu lutter contre des sentiments aussi puissants.

O°O°O°O°O°O°O

Le repas de réveillon se déroula à merveille. Les mets étaient succulents et l'ambiance festive.

Blaise fit ensuite servir le traditionnel lait de poule au salon.

Il s'agissait de la recette familiale de Mrs Patmore qu'elle réalisait avec du lait, de la crème, un jaune d'œuf, du sucre, de la cannelle et une gousse de vanille, et bien évidemment une bonne rasade de whisky.

Les enfants eurent droit quant à eux, à la recette « allégée » …

Le whisky aidant (les rasades de Mrs Patmore étaient vraiment très généreuses…), tout le monde était fort détendu. Draco proposa alors de chanter des chants de Noël.

- Greg ? dit-il. Comme au bon vieux temps ?

- Volontiers ! dit ce dernier en se levant.

A la grande surprise de Harry, Draco se dirigea vers le piano à queue qui occupait un coin de la pièce. Ses doigts coururent sur les touches, égrainant les premières notes de I'm dreaming of a white Christmas.

Mais le plus étonnant fut lorsque Grégory Goyle, d'une très belle voix de baryton, se mit à chanter les paroles. Il eut un succès fou.

- Whoua Grégory ! s'exclama Luna. Je ne savais pas que tu avais une si belle voix !

Le grand baraqué sourit timidement, flatté du compliment.

- Ouais … je me débrouille … en fait, je suis fan de Sinatra, Dean Martin, Bing Crosby, …

- Tu connais les crooners moldus ? s'étonna Harry.

- Ben, je les ai découvert il n'y a pas très longtemps… Depuis que … hm… mon père est décédé, j'ai découvert pas mal de trucs sympas dans la culture musicale moldue…

- En effet ! confirma Dean. Et il y a encore plein d'autres trucs absolument géniaux qu'il faudra qu'on te fasse découvrir !

Draco enchaîna ensuite sur We wish you un merry Christmas, que tout le monde chanta en cœur et sur l'incontournable Jingle bells.

Les petites filles réclamèrent Frosty the snowman, Rudolph the red nosed reindeer et Suzy Snowflake qu'elles chantèrent à pleins poumons.

Puis une atmosphère plus tendre s'installa quand Draco entama les premières notes de la chanson de Noël préférée de Harry. Sa voix douce fit frissonner le brun quand il se mit à chanter, en ne le quittant pas des yeux.

www. / watch?v=zSKKamK8kpI

Have yourself a merry little Christmas, (Merveilleux petit Noël à toi)

Let your heart be light (Puisse ton coeur être léger)

From now on, (A partir de maintenant)

our troubles will be out of sight (nos soucis seront bien loin)

Have yourself a merry little Christmas, (Merveilleux petit Noël à toi)

Make the Yule-tide gay, (Réjouis-toi de ce temps de Noël)

From now on, (A partir de maintenant)

our troubles will be miles away (nos soucis seront à des kilomètres de nous)

Here we are as in olden days, (Nous voici comme dans les jours anciens)

Happy golden days of yore (les heureux jours en or de l'année)

Faithful friends who are dear to us (Les amis qui nous sont chers)

Gather near to us once more (réunis autour de nous une fois de plus)

Through the years (Au travers des années)

We all will be together, (nous serons ensemble)

If the Fates allow (Si le destin le permet)

Hang a shining star upon the highest bough (Accroche une étoile brillante sur la plus haute branche)

And have yourself A merry little Christmas now. (Un merveilleux petit Noël à toi dès maintenant)

A la fin de la chanson, Harry était ému et ses yeux articulèrent pour Draco un « je t'aime » silencieux.

O°O°O°O°O°O°O

Hermione et Luna avaient couché leurs filles respectives et la soirée se termina dans les rires après que Seamus ait proposé de jouer au Jeu de la Vérité, un jeu auquel ils n'avaient plus joué depuis leurs 16 ans.

Evidemment, il ne fallut pas cinq minutes pour que les questions et les réponses dérivent sur des considérations très en dessous de la ceinture.

On apprit ainsi que :

- Grégory avait connu sa première expérience sexuelle à 14 ans, soit deux ans avant Draco, révélation dont le blond ne se remettait pas.

- Luna aimait faire l'amour dans la nature, surtout entre 4 heures et 6 heures du matin quand les joncheruines étaient de sortie.

- Neville était vierge à son mariage.

- Dean avait connu une érection interrompue trois jours durant après avoir testé une potion des jumeaux Weasley.

- Théo et Pansy avaient couché ensemble pour la première fois dans la remise à balais de Poudlard, le jour de la bataille finale.

- Le « premier » de Ginny n'avait pas été Harry mais Cormac McLaggen.

Il y eut cependant d'autres révélations dont l'effet fut plus spectaculaire.

Ron s'évanouit lorsque Hermione annonça qu'elle était secrètement amoureuse du professeur Rogue et Draco faillit lancer un impardonnable à Seamus lorsqu'il révéla qu'il avait eu un petit faible pour Harry en quatrième année.

Harry, lui, rougit jusqu'à la racine des cheveux quand Draco expliqua qu'il faisait depuis longtemps des rêves mouillés le concernant.

Blaise provoqua un deuxième évanouissement chez Ron, quand il expliqua par le menu comment il avait été dépucelé à 16 ans par une copine de sa mère, une bombe de 30 ans au 95 E bien tassé.

Et enfin, Draco fit de l'hyperventilation quand Harry énonça d'une voix calme qu'il avait réussi à faire jouir son dernier partenaire rien qu'en lui parlant fourchelangue.

De grands éclats de rire plus tard, chacun accrocha à l'immense cheminée en pierres une chaussette de Noël marquée à son nom. Et après s'être mutuellement souhaité un joyeux Noël, chacun s'en fut vers ses appartements.

Harry était encore dans le salon quand il sentit deux bras se refermer sur lui et un souffle tiède dans sa nuque.

- Tu veux bien passer la nuit avec moi ? questionna Draco tout bas.

- Hors de question qu'il en soit autrement …

Il se retourna pour embrasser son amant quand il vit Ginny qui les observait.

- Harry, dit-elle timidement. Je peux te parler une minute ?

- Weasley, tu ne vois pas qu'on est un peu occupés là ? dit Draco sèchement.

- Laisse Draco… ça va aller. Monte déjà, je te rejoins au plus vite, répondit Harry tout contre sa bouche.

Draco embrassa farouchement le brun avant de le laisser en compagnie de son ex.

- Que veux-tu Ginny ?

- Juste … juste m'excuser pour mon comportement. C'est vrai que j'ai mal vécu notre rupture, que je t'en voulais beaucoup mais ce n'était pas une raison pour me conduire comme je l'ai fais. Pardonne-moi Harry.

- Je te pardonne Ginny. Je te pardonne même d'avoir saboté la selle de mon cheval et d'avoir falsifié les plans de chasse.

La rousse était devenue livide.

- Mais … mais comment sais-tu … je …

- Je suis Auror Ginny. Tu croyais sans doute que je ne me questionnerais pas sur l'emballement de ma jument, comme par hasard, juste après que tu l'aies approchée ? Je suis allée voir le palefrenier le soir-même. Il m'a dit que le tapis de selle avait été imprégné de pus de bubolbulb et que des branches de tentacula vénéneuses avaient été placées en dessous pour aggraver la plaie. Quant au plan de chasse, Draco me l'avait montré au matin. J'avais bien vu que la zone devant nous était vide… Ron et Blaise ne devaient pas s'y trouver. Et comme Blaise n'aurait jamais commis une telle erreur, j'en ai déduis que son plan à lui était falsifié.

- Je … je suis désolée, dit-elle des larmes dans les yeux et dans la voix. Je ne sais pas ce qui m'a pris … Je suis tellement soulagée que tu me pardonnes.

- Ecoute Ginny, soyons clairs, je te pardonne ce que tu m'as fait à moi. Mais jamais je ne te pardonnerai ce que tu as fait endurer à Ron et surtout, d'avoir mis la vie de Draco en danger.

- Que… que vas-tu faire ? Blaise et Draco ont accepté de ne pas me dénoncer si je quittais leur vie … et la tienne…

- C'est ce que tu as de mieux à faire. Tu aurais pu avoir quelque chose de bien avec Blaise mais tu as tout gâché à force de t'accrocher à une chimère. Sors de ma vie Ginny et débrouille-toi avec ta conscience.

Sur ces mots, le brun quitta la pièce et grimpa les escaliers quatre à quatre, pressé de retrouver son ange blond.

O°O°O°O°O°O°O

Quand Harry entra dans la chambre de Draco, celui-ci regardait par la fenêtre. Dehors, la neige avait recommencé à tomber.

Le blond portait uniquement un bas de pyjama en coton rayé blanc, gris et bleu qui tombait bas sur ses hanches. A la lumière des seules lampes de chevet, Harry pouvait admirer les muscles parfaitement dessinés de son dos et son incroyable chute de reins. Il n'avait qu'une envie, y poser les mains et la bouche.

Il s'approcha et passa ses mains autour de la taille fine. Il traça un chemin de baisers légers sur la peau nue de l'épaule.

- Qu'est-ce qu'elle te voulait ? demanda Draco.

- Rien d'important. S'excuser pour son comportement.

Draco émit un grognement désapprobateur.

- Ne parlons pas de ça. Ne parlons plus d'elle, dit Harry en recommençant à embrasser le dos de son amant alors que ses mains caressaient son torse.

Draco émit un soupir de bien-être et posa sa tête sur l'épaule du brun, dévoilant son cou qu'Harry s'empressa de mordiller. Pendant ce temps, ses doigts maltraitaient un téton tandis que son autre main descendait vers la ceinture du pantalon.

Les doigts se glissèrent dessous, se perdirent un instant dans une mousse de boucles soyeuses avant de s'enrouler autour d'un membre déjà dur. Comme la caresse arrachait déjà de profonds soupirs de plaisir à Draco, il se saisit de sa baguette toute proche et jeta sur la porte un sort de fermeture et de silence.

Harry le tourna face à lui et sans le quitter des yeux, s'agenouilla devant lui, son regard empli d'une dévotion lubrique.

L'étoffe du pyjama glissa sans effort sur les hanches du blond jusqu'à se retrouver à ses chevilles. Il haletait rien qu'à la vue de la bouche gourmande de Harry qui s'approchait inexorablement de son sexe.

Draco était au paradis. Harry était partout, dessus, dessous, autour. C'est humide, c'était chaud, c'était incroyable.

D'une main, il s'accrochait à la tenture, de l'autre il s'appuyait au rebord de la fenêtre pour ne pas tomber tellement ses jambes tremblaient de plaisir contenu.

- Harry … Harry, je vais venir … soufflait-il.

Mais Harry ne recula pas. Au contraire, il accéléra le mouvement de sa bouche tout en caressant l'intérieur des cuisses du blond.

Draco le regarda faire et cette seule vision eut raison de lui. Quand il se libéra puissamment dans l'antre tiède et humide, il eut l'impression de vivre une explosion nucléaire.

Harry se redressa et l'embrassa. Le baiser est fort, salé, un peu musqué. Doucement, il poussa le blond vers le lit et l'invita silencieusement à s'y allonger.

Il entreprit alors de se déshabiller et tandis qu'il retirait lentement ses vêtements, il parlait en fourchelangue. Draco ne comprenait rien mais il avait la certitude qu'il s'agissait de mots crus, vulgaires et cela le fit durcir à nouveau.

Quand Harry fut entièrement nu à son tour, il s'allongea à côté de Draco tout en lui sifflant à l'oreille la langue des serpents et en se caressant lui-même. Le blond crut en devenir fou. Il se pencha sur le brun pour l'embrasser comme si sa vie en dépendait.

Puis, tout contre sa bouche, Harry murmura :

- Fais-moi l'amour Draco.

Ce disant, il se tourna sur le ventre et releva son bassin dans une position qui excita Draco encore plus qu'il ne l'était déjà. Mais contrairement à ce qui s'était passé dans la voiture l'après-midi même, où ils avaient tous les deux répondu à un besoin, à une pulsion, cette fois serait différente. Draco voulait aimer Harry.

Il le prépara donc lentement, avec tendresse et méticulosité. Harry ne le suppliait pas, il appréciait de sentir le plaisir monter en lui lentement, très lentement.

Quand Draco le pénétra, ce fut avec douceur et puissance à la fois, imprimant avec son bassin des mouvements amples et profonds.

Mais alors qu'il caressait le bas des reins de Harry, il vit y apparaître un dessin, dont les traits à l'encre semblaient se mouvoir sous la peau.

- Merlin Harry ! Qu'as-tu dans ton dos ?

- Oh … il apparaît alors ? souffla le brun. Continue Draco … ne t'arrête pas … ne t'arrête surtout pas … fais-moi l'amour … encore …

Draco amplifia son va-et-vient et le dessin se fit plus précis. Encouragé, il continua, accélérant le rythme, pilonnant profondément son amant, touchant la prostate à chaque fois. Harry haletait, gémissait, emporté dans un torrent de sensations qu'il n'avait connu avec aucun autre de ses amants.

La moitié inférieure du dos était maintenant recouverte d'un tatouage représentant un dragon.

Draco se penchant un peu plus vers son amant et lui murmura :

- Il est magnifique Harry … tu es magnifique … je t'aime tellement…

L'émotion que le blond avait mis dans ces simples mots était telle qu'Harry se libéra en criant le prénom de son amant. Draco vit alors l'encre du tatouage briller d'un éclat intense et les yeux du dragon s'ouvrir en grand, dévoilant une couleur gris argent exactement similaire à ses yeux à lui.

Il n'en fallut pas davantage pour que le blond soit vaincu, emporté par un orgasme d'une puissance inégalée.

Il s'écroula sur Harry, tremblant de tous ses membres, le souffle court et le cœur affolé.

- Merlin, Harry … Qu'est-ce que tu m'as fait … C'était … indescriptible…

- Ce que tu m'as fait l'était tout autant …

Draco roula sur le côté. Il prit appui sur son avant-bras et caressa tendrement le dos de son amant.

- Que signifie ce tatouage ?

- C'est un tatouage magique. Il est censé apparaître la première fois qu'on fait l'amour avec la personne qu'on aime. Je l'ai fait faire il y a deux ans en pensant à toi…

- Tu as fait ce tatouage il y a deux ans en pensant à … moi ?

Le brun acquiesça.

- Il te représente. Un dragon aux yeux gris. Mais je dois t'avouer que je n'imaginais pas qu'il apparaisse un jour… Toi et moi, ça relevait de l'impossible.

- Pourquoi n'est-il pas apparu cet après-midi ?

- Parce que cet après-midi, c'était génial mais c'était … comment dire … pulsionnel. Cet après-midi, on a baisé. Ce soir, on a fait l'amour. C'est pourquoi le tatouage est apparu. Maintenant qu'il est là, il est définitif, il ne disparaîtra pas.

Draco resta silencieux un moment.

- Pourquoi l'as-tu fait faire si tu pensais que toi et moi c'était impossible ?

- Parce que l'espoir fait vivre…

- Tu sais que je t'attends moi aussi depuis tout ce temps, dit Draco en repoussant une mèche du visage de Harry. Que de temps perdu …

- Chut … dit le brun en l'embrassant, ne nous torturons pas avec ça … nous sommes là, maintenant, ensemble, c'est tout ce qui compte.

Ils s'embrassèrent et se caressèrent encore jusqu'à ce que le désir renaisse à nouveau. Cette fois, c'est Harry qui posséda Draco et ce fut tout simplement une apothéose.

Blottis dans les bras de son amant, Harry souriait.

- Pourquoi souris-tu ? demanda le blond.

- Je pensais à Mrs Patmore …

- Ok … dans le genre tue l'amour, tu te poses là, toi ! s'offusqua Draco.

- Mais non idiot ! Je me disais juste qu'elle avait raison.

- A quel propos ?

- Le vœu que j'ai fait en tournant la pâte du Christmas pudding … Il s'est réalisé …

- Le mien aussi…

- Alors tout est parfait … Joyeux Noël Draco.

- Joyeux Noël Harry.

Dehors, la neige continuait de tomber.

O°O°O°O°O°O°O

Je vous souhaite de passer un merveilleux réveillon de Noël !

A demain !