Salut les loulous comment allez vous?
Qu'est ce qu'il fait beau dehors ça fait plaisir tout ça. Je croule un peu sous le boulot mais j'ai quand même trouvé le temps d'écrire car... c'est devenu ma drogue :P
Il reste deux chapitres, my god comme ça va vite je n'arrive pas à réaliser.
Moi je suis tip top contente car demain c'est le week-end et ma soeur adorée vient me voir :D (vous vous en foutez mais c'est pas grave je le dis quand même :P)
N'hésitez pas à me laisser vos avis ;D
Des gros bisous à tous
Rien ne m'appartient
Chapitre 34) Elisabeth.
Les démarches furent longues et fastidieuses. Il leur avait fallut remplir tellement de papiers, rencontrer tellement de personnes et se justifier sur tellement de choses. Dès le lendemain, Regina commença à préparer leur dossier. Elle photocopia leurs cartes d'identité pour attester qu'elles avaient chacune plus de 21 ans, leur certificat de mariage pour prouver qu'elles étaient mariées depuis plus de deux ans. Elle demanda des lettres de références à Ruby, Mr Gold et alla même, au culot, en demander une au gouverneur avec qui elle entretenait de bonnes relations de travail. Elle savait que ces lettres étaient importantes pour leur dossier, et que les personnes ne devaient pas toutes être trop proches d'elles pour que leur candidature soit valable. C'est pour ça qu'elle débarqua un matin dans le bureau de gouverneur et lui demanda sans détour.
L'homme avait d'abord été surprit, puis avait écouté son discours, sa situation familiale, son envie d'offrir à sa femme issue du système la possibilité d'adopter. Rapidement il s'était laissé convaincre par son assurance et sa détermination, et trois jours plus tard, elle recevait sa lettre manuscrite.
Emma de son côté, avait demandé à Mary, David et John le père de Rita. Rita et ses parents, étaient très impliqués dans toute la démarche, Martha et John, ses parents adoptifs, partageant leur propre expérience pour optimiser leurs chances d'adopter.
Regina avait également fait vérifier toute l'installation électrique par un électricien agrégé, attestant que leur maison était parfaitement sécurisée à ce niveau là. Elle fit de même avec un plombier et fit vérifier l'état du toit.
« Tu n'en fait pas un peu trop ? » Questionna Henry alors qu'il regardait un professionnel grimper à une échelle.
« On en fait jamais trop en terme de sécurité chaton. »
« J'ai passé l'âge que tu m'appelles chaton maman. »
« Tu peux dire ce que tu veux tu seras toujours mon chaton. »
« Ouaip… Vous avez rendez-vous quand avec la dame du service d'adoption ? »
« Nous avons rendez-vous avec l'assistante sociale à 10h demain matin. »
« Ca m'énerve d'avoir école, j'aurais voulu venir. »
« Ce n'est pas grave, si on a finit à midi on viendra te chercher pour manger et te raconter. »
« Merci maman. »
Au moment d'aller au lit ce soir là, Regina trouva sa compagne bien silencieuse dans leur lit quand elle se coucha à côté d'elle. Elle était allongée, tournée vers la fenêtre et lui tournait le dos.
« Mon amour tout va bien ? »
« Hum, oui oui. Bonne nuit. » Répondit-elle vaguement.
Regina se colla dans son dos, épousant ses formes et glissa sa main sur son ventre. Elle enfouit son nez dans son cou et embrassa délicatement sa peau.
« Emma parle moi. »
Sa femme se tendit avant de venir entrelacer leurs doigts.
« J'ai peur. » Murmura-t-elle.
« De quoi ? »
« De demain, le rendez-vous. Je suis sûre que mon ancien métier va tout faire foirer. »
Regina inspira profondément. Cela faisait bien trois ans qu'elles n'avaient plus parlé des années de prostitution de la blonde. Depuis qu'elles avaient tout expliqué à Henry quand il avait commencé à comprendre. Il n'avait que dix ans quand un homme avait abordé Emma un soir ou ils sortaient au cinéma en famille. Il l'avait entendu lui crier qu'une « pute reste une pute » quand elle l'avait repoussé. Il se souvenait parfaitement de ce moment car il avait rarement vu sa mama aussi triste et sa maman aussi en colère. Il n'avait rien osé dire ce jour là, mais en entendant des grands se traiter de « fils de pute » à l'école, il avait demandé ce que c'était. Il avait alors repensé à une vieille discussion qu'il avait eut avec Emma à son arrivée dans leur vie, il se souvenait qu'elle lui avait dit devoir tenir compagnie à des hommes et que sa mère n'aimait pas ça.
Le soir même il avait eu le courage de leur en parler, et elles lui avaient tout expliqué. Le passé d'Emma, les mauvaises choses qui l'avaient amenée à faire ce métier, en quoi il consistait, l'importance du respect et la différence entre ça et les vrais câlins d'adultes. Après avoir tout écouté, tout assimilé, et posé toutes ses questions, il avait séché les larmes qui coulaient sur les joues de sa nouvelle mère en lui promettant que ça ne changeait rien et qu'il l'aimait toujours pareil.
Comme libérée d'un poids, Emma avait alors réussit à vraiment tirer un trait sur ses démons, et elles n'en avaient jamais vraiment reparlé, jusqu'à ce soir.
« Bien sur que non mon amour. »
« Bien sur que si. Qui confierait un enfant à une ex pute orpheline. »
« Je t'interdit de dire ça. » Dit sévèrement Regina en l'obligeant à tourner dans ses bras. « Je te l'interdit formellement. Tu es tellement plus que ça, ON est tellement plus que ça. TU ES… Regarde-moi quand je te parle. » Dit-elle en captant son attention. « TU ES, une mère formidable, une femme parfaite, une sœur, une amie, un shérif. Tu es beaucoup plus qu'une ancienne prostituée orpheline. Oui, l'assistante sociale va peut être parler de ça, mais nous lui prouverons que nous sommes une très bonne famille pour l'enfant que nous adopterons. »
« Gina je t'aime. » Dit la blonde en pleurant. Il était rare qu'elle craque, rare qu'elle lâche prise comme ça. Mais quand ça arrivait, ça rassurait la brune qui savait que sous ses airs de dure elle en avait besoin. « Six ans avec toi et j'en avais presque oublié tout ça, qui j'étais, ce que je faisais avant. »
« Emma, tu n'es pas ton passé. »
« S'il n'y avait que toi la question ne se poserait pas, alors qu'avec moi dans l'équation nous… »
« Bien sûr que non. Regarde mon passé, le procès de ma mère a largement été médiatisé, l'assistante sociale saura tout de mon passé avec Léopold, ils vont surement craindre que je sois psychologiquement fragile à cause de mes… de mes… A cause de ce qu'il m'a fait. Elle saura également que c'est moi qui ai tiré sur lui le coup fatal. Emma, je sais que malgré tout ça, ça va marcher. Avec nous, la phase évaluation psychologique sera juste beaucoup plus longue. »
« Serre-moi. »
La mairesse s'exécuta et elles restèrent un moment ainsi jusqu'à ce que Regina ne brise le silence.
« Et en plus on est gay… On aime vraiment mettre un minimum de chances de notre côté. »
Emma se mit à rire de bon cœur, finalement détendue grâce à sa compagne.
Le lendemain matin, Regina était prête depuis vingt minutes et attendait que sa compagne daigne sortir de la salle de bain.
« Emma on va être en retard et ça, ça fait vraiment pas bon… effet… Oh bé merde alors. » Dit-elle en détaillant sa compagne de haut en bas.
La jeune femme était vêtue d'un ensemble tailleur noir appartenant à sa femme. Elle avait ainsi troqué ses éternels jeans moulants pour un pantalon noir raide classe, et ses tops blancs veste rouge par une chemise blanche avec par-dessus une veste de costard noire. Ses longs cheveux blonds étaient parfaitement brossés et relevés en une queue de cheval haute.
« Langage madame Swan. » Dit-elle en faisant claquer les escarpins à petits talons qu'elle avait enfilés.
Regina finit par fermer la bouche quand elle s'approcha et déglutit avec peine.
« On a… On n'a pas le temps de… »
« Non Gina, on n'a pas le temps. »
« Et merde. »
Elle lui prit la main et l'attira vers la voiture, ravit de son effet, deux gros mots en cinq minutes, c'était presque autant que tout ce qu'elle avait entendu en six ans de mariage.
En arrivant à leur rendez-vous, le couple eu l'agréable surprise d'être accueillies par l'assistante sociale qui avait suivit le dossier d'adoption d'Henry par Emma.
« Madame Tink, quel plaisir de vous voir. » Dit Regina en lui serrant la main.
« Plaisir partagé mesdames Swan. C'est moi qui suis en charge de votre dossier finalement. Je sais que vous deviez voir ma collègue madame Blue, mais j'ai demandé à m'occuper de vous, je vous connais déjà. »
« Vous n'imaginez même pas combien ça peut nous faire plaisir. » Dit Emma en soupirant de soulagement.
« Ma collègue est quelque peu… Vieux jeu dirons nous, j'ai eu peur que votre homosexualité ne vous donne droit à des remarques, je vous aime bien, ça me fait plaisir de vous assister dans cette démarche. Donc… » Continua-t-elle sans leur laisser le temps de prendre la parole. « Vous êtes angoissée ou vous avez totalement changé de style vestimentaire en six ans ? » Demanda-t-elle à la blonde.
« Je… Heu… »
« Je vous taquine, les futurs parents qui viennent ici sont toujours tirés à quatre épingles j'aime bien m'en amuser. N'angoissez pas, vous avez une amie en face de vous, nous allons parler ensemble des démarches. Dans un premier temps vos motivations. »
« Nous souhaitons adopter. » Dit précipitamment Emma.
« Ca j'aurais pu le deviner. » S'amusa la jeune femme.
« Nous souhaitons avoir un troisième et dernier enfant. » Commença Regina en prenant la main de sa compagne. « Nous savons qu'il existe plusieurs possibilités pour nous mais… ayant toute les deux vécu une grossesse, nous avons eu envie d'offrir à un enfant la chance qu'Emma n'a pas eu. »
« Oh. » Dit la jeune assistante sociale en regardant Emma qui arborait un sourire crispé. « Je comprend parfaitement. Bon… » Dit-elle en tapant dans ses mains. « Voilà comment les choses vont se passer, je vais vous prendre rendez vous avec un médecin et un psychologue agrégés par les services à l'enfance afin de faire un bilan de votre état de santé physique et mentale. Si ces rendez-vous se passent bien, vous serez déclarées aptes. Viendra ensuite le moment où je viendrai chez vous pour faire un tour détaillé de votre maison, les installations, les conditions d'accueil et la sécurité. »
« On est prête il est où le psy ? » Questionna Emma.
« Ahah. Patience Madame Swan, je vais vous prendre les rendez-vous individuels et en couple, ça se fera dans la semaine. »
Emma se relaissa tomber en soufflant audiblement et se redressa en se rendant compte de son geste.
« Heu… Je ne souffle pas après vous, je suis juste un peu impatiente…. Non pas que je ne sache pas patienter si si je sais, c'est juste que je meurs d'envie d'adopter… Enfin je meurs c'est une expression… Je ne meurs pas… là… Enfin techniquement on meurt tous un peu comme on est mortel mais… moi… je… Regina tue moi. » Dit-elle en lançant un regard désespéré à sa femme.
La mairesse sourit et lui prit tendrement la main.
« Ma compagne est angoissée mais je vous assure qu'elle est une merveilleuse mère. »
« Oh ça je n'en doute pas, je vous rappelle que j'étais là quand vous avez signé les papiers d'adoption d'Henry, voir un amour et un bonheur pareil dans les yeux d'un enfant est la plus grande des preuves. Ecoutez madame Swan, restez naturelle, c'est vous que l'on veut évaluer. Votre passé de prostituée, car c'est ça qui vous angoisse je le sais, n'est pas une fin en soi quand on voit votre situation actuelle. »
Elle se mit ensuite à appeler les professionnels qu'elles allaient devoir rencontrer.
« Bon, vous avez toutes les deux rendez vous avec le docteur Archi Hopper vendredi à 8h pour l'évaluation psychologique d'abord ensemble puis séparément, puis avec le docteur Robin Dubois à 14h pour l'évaluation de santé. En attendant, détendez vous. »
Le couple la remercia longuement et elles allèrent chercher Henry à l'école pour manger. Malgré son âge, le jeune homme les prit dans ses bras l'une après l'autre en les rejoignant, s'il y avait bien une chose dont il se moquait maintenant, c'était le regard des autres.
« Alors comment ça c'est passé. » Dit-il en s'asseyant à une table du restaurant de la grand-mère de Ruby.
« Alors. » Dit-Granny en arrivant à leur table. « Ca c'est passé comment ? »
« Super bien… Je pense. » Dit-Emma. « Même si j'ai été une parfaite andouille. Je laisse Regina vous raconter le temps que j'aille me changer rapidement, je supporte plus ces fringues. »
Elle se rendit en hâte dans les toilettes et Regina s'exclama en la voyant revenir.
« Non Emma t'es pas sérieuse là ? »
« Quoi ? »
« Tu vas pas réellement porter ça ? »
Emma regarda son t-shit noir sur lequel était écrit en blanc ''Propriété de Regina Swan''
« Bien sur que si je l'adore. »
« Je t'ai offert ça pour rigoler pour quand… » Elle se stoppa en voyant que son fils appréhendait la suite. « Je veux dire… Pas pour le porter en public. »
« Mais moi j'adore que tout le monde sache que je suis à toi. »
Regina se dandina légèrement en souriant et se pencha vers elle pour l'embrasser.
« Et sinon après vos débordements de guimauves. » Lança Henry. « On peut savoir comment ça c'est passé ? »
« C'est madame Tink qui s'occupe de nous, celle qui avait approuvé ton adoption par Emma. »
« C'est une bonne chose ça. » Dit Granny
« Elle nous a demandé nos motivations pour adopter et nous a expliqué la procédure. Nous avons rendez-vous vendredi pour les évaluations psy et santé. »
« Aie on est foutu si ils font une évaluation psy de mama. » S'amusa Henry
« Henry, tu viens de perdre ton dessert. »
« Je confirme. » Dit-Regina sans prêter attention à la remarque de sa femme. « A un moment du rendez-vous, elle s'enfonçait tellement qu'elle en est même arrivée à me demander de la tuer. »
« Les écoutes pas Emma. » Dit Granny. « C'est des idiots. »
« Mais si tu nous aimes. » Dit Henry.
« Oui. » Bougonna Emma. « Mais tu es quand même privé de dessert. »
« Mais, non c'est une blague… Maman. » Dit-il en voyant le sérieux de la blonde.
Regina haussa les épaules. « T'as entendu ta mère, cherche pas le contraire auprès de moi. »
« Mais c'est injuste, c'était qu'une blague. »
« Je sais. » Dit la mairesse. « Vois avec elle, fallait réfléchir avant de la faire. »
« Mama sans dec... »
« Langage. » Coupa la brune.
« Pardon. Ma petite mama d'amour adoré, je suis désolée d'avoir fait cette blague complètement nulle et fausse. Tu es parfaite, géniale et merveilleuse. Tes qualités de mère n'ont d'égales que ta beauté et ta gentille sans limites. Pourrais-tu accepter mes plus plates excuses et m'autoriser, malgré mon évidente ingratitude, à avoir un dessert en ce repas de fête post premier rendez-vous réussit. »
Emma fit mine de réfléchir un moment.
« J'accepte, et même si tes flatteries sont uniquement motivées par ton estomac, je les accepte. »
« YES. Je t'aime mama. »
Le vendredi arriva à toute hâte et elles étaient déjà dans le cabinet du docteur Hopper. Regina regardait avec un léger dégout les différents objets ornés de criquets qui parsemaient la salle d'attente, pendant qu'Emma faisait les cents pas, quand le médecin les fit entrer.
« Bonjour mesdames, je suis le docteur Hopper, c'est moi qui vais vous évaluer pour votre procédure d'adoption. »
Elles entrèrent en le saluant et s'assirent sur le canapé. Il les questionna sur leurs motivations pour adopter, sur leurs passés, creusant la vie d'Emma dans le système. Il nota le soutien silencieux de Regina qui entrelaça leurs doigts et câlina sa main, elle la regardait parler, se collant à elle pour l'aider à s'ouvrir. Le médecin était tout aussi attentif aux réponses de la blonde qu'à la gestuelle du couple. Emma se stoppa en le voyant noter.
« Continuez, je prends quelques notes pour votre évaluation, n'ayez pas de craintes continuez. » Dit-il en lui souriant chaleureusement.
Il la fit ensuite parler de son ancien métier, du traumatisme en résultant, de la façon dont elle avait dépassé ça. Il vit son visage s'illuminer dès qu'elle se mit à parler de sa rencontre avec Regina, leur histoire, leurs enfants. Il fit ensuite parler Regina et recommença ses observations sur les réactions de la blonde maintenant. Il nota la colère qui dansait dans ses yeux quand sa femme évoqua péniblement les coups et viols qu'elle avait subit.
« Est-ce vraiment utile ? » Dit-elle au médecin quand sa femme éclata en sanglots.
Elle la prit dans ses bras et la berça doucement.
« Oui nous avons toutes les deux souffert, nous avons toutes les deux des casseroles graves qui pourraient entrainer des traumatismes graves. Nous n'allons pas nous mentir, nous avons ces traumatismes, c'est un fait, mais ensemble nous nous sommes reconstruites. Ensemble nous avons avancé et nous sommes des mères formidables pour nos enfants. Nous pourrions nous contenter de ça, nous avons plus d'amour dans nos vies que la plupart des gens. Mais nous savons que nous pouvons offrir ce bonheur à un enfant. J'ai vécu cette vie de nomade, persuadée de ne pas mériter d'amour, je sais ce que c'est, et nous aimerions donner sa chance à un enfant, cette chance que je n'ai jamais eut. Je ne vois pas en quoi vous raconter nos plus sombres souvenirs va vous aider à voir que nous serons de bonnes mères ? Surtout quand je vois l'état dans lequel ça met ma femme. »
Le docteur lui sourit et ferma son calepin.
« Je crois que nous en avons fini. Je ne vais pas vous retenir plus longtemps. »
« Vous ne voulez pas nous voir séparément ? » Questionna Regina en séchant ses larmes.
« Non, j'en ai assez vu. »
« Non attendez. » Dit Emma avec angoisse. « Ne nous recalez pas pour avoir dit ça. C'est juste que je ne supporte pas de voir ma femme en souffrance je… »
« Madame Swan. » La coupa le médecin en levant les mains. « Apprenez à vous faire confiance. »
« Ca veut… Ca veut dire qu'on a réussit ? »
« Ca veut dire que pour moi c'est bon, je vais faire mon rapport à madame Tink. »
« Oh merci merci. » Dit la blonde en le prenant dans les bras d'un coup.
Regina fit de même avec beaucoup plus de retenue, le remerciant chaleureusement et elles allèrent manger en attendant leur rendez-vous avec le docteur Dubois. Dès qu'elles furent accueillies par le médecin, Emma sentit un malaise s'installer. L'homme leur expliquait les examens qu'il allait leur faire et ne s'adressait qu'à la brune, l'ignorant littéralement elle. Il souriait comme un idiot à sa femme, visiblement sous son charme. Emma rongea son frein malgré la jalousie et l'agacement qui grondaient en elle. Elle savait que Regina agissait pour le bien de leur démarche, mais elle ne supportait pas les sourires qu'elle lui offrait, elle ne supportait pas qu'elle rit des blagues minables qu'il disait et surtout, elle ne supportait pas qu'il la dévore du regard, ses yeux se perdant souvent dans son décolleté.
« Nous allons commencer par les prises de sang. Madame Swan… » Dit-il en regardant Emma. « Vous pouvez suivre notre infirmière qui va commencer par vous. »
Elle le jaugea avant de quitter la pièce à contrecœur.
« Je vais faire vite pour que vous puissiez y retourner. » Dit l'infirmière en l'installant.
« Pardon. »
« J'ai vu votre regard, et je sais que votre femme est parfaitement le type de Mr Dubois. Je présume qu'il ne s'est adressé qu'à elle et reluque son décolleté, la draguant sans honte malgré votre présence. »
« Dans le mille. » Dit-elle en serrant le poing.
« C'est un coureur, mais je ne pense pas que vous ayez à… »
« Oh je sais que je n'ai aucunes craintes à avoir, j'ai entièrement confiance en elle. J'ai juste envie de le remettre à sa place. Il est quand même super gonflé non ? »
« Ca c'est le moins qu'on puisse dire. Parce qu'il est séduisant et bien foutu, il croit que toutes les femmes qu'il convoite sont accessibles. »
« Séduisant ? Non mais laissez moi rire, on dirait une contrefaçon, il fait négligé avec sa barbe naissante de pseudo bad boy. »
« Il a son style, moi je le trouve séduisant, mais je vous comprend. C'est terminé. »
« Déjà ? »
« Et oui, courrez la rejoindre. »
Emma s'exécuta et quand elle entra de nouveau dans la pièce, elle nota la frustration dans le regard du médecin, et la gêne de sa compagne.
« Tout va bien ? »
« Oui oui. » Dit l'homme. « Nous vous attendions, il semblerait que votre femme ait du mal à se déshabiller sans vous, même avec un médecin. »
« Ah. » Dit Emma en luttant contre l'immense sourire qui luttait pour s'afficher sur son visage.
Elle avança d'une démarche fière de vainqueur et prit les mains de sa femme pour l'amener jusqu'à la table d'auscultation.
« Vous avez quoi comme examens à faire ? »
« Hum. » Souffla le médecin. « Tension, écoute du cœur, des poumons, reflexes, ganglions, tous les examens de contrôle. »
« Okay, mon cœur, juste le haut pour démarrer. »
Regina inspira profondément et s'exécuta. Devant Ruby et son médecin traitant qui était une femme, elle avait prit l'habitude et ne ressentait plus cette gêne. Avec lui cependant, elle avait parfaitement noté le désir dans ses yeux et les avances qu'il lui faisait. Elle n'avait donc pas pu se déshabiller sans Emma à qui elle tenait fermement la main.
« Bien il faudrait que vous enleviez votre jupe maintenant. »
« C'est pour quel test ? »
« Je dois palper votre corps à la recherche d'éventuelles grosseurs. »
Elle se mit en sous-vêtement et écarta les bras pendant qu'il palpait tous les ganglions de son corps. Il examina ainsi le dessus de sa clavicule, ses aisselles, derrière ses oreilles, son cou au dessous de sa mâchoire et enfin la région de l'aine. Emma se racla la gorge en voyant qui faisait du zèle à ce niveau là et le médecin arrêta finalement.
« Bon tout semble bon, à vous. »
Il recommença le processus avec Emma qui soutenait son regard jusqu'à ce qu'il craque à chaque fois que leurs yeux se croisaient. Regina eut droit à sa prise de sang pendant ce temps et les rejoignit.
« Parfait pour vous aussi. Je vais envoyer mon rapport à Madame Tink dès que les résultats seront revenus du laboratoire. »
« J'ai faillit le massacrer. » Dit Emma quand elles furent dans la voiture.
« Il était lourd. »
« J'ai faillit le massacrer. »
« Je n'aime que toi. »
« Ca je sais, mais lui c'est un gros con, de quel droit il t'a regardé comme ça. J'ai faillit le massacrer. »
« Je n'étais pas très à l'aise. Quand tu es partie, il insistait pour que je me déshabille, je disais vouloir t'attendre et il disait que ce n'était pas utile, autant ne pas perdre de temps. Il m'a même dit que j'étais très séduisante et que je n'avais aucune honte à avoir. J'étais tellement mal à l'aise quand il… »
« Il a quoi ? » Dit la blonde en s'énervant.
« Il a repoussé une mèche derrière mon oreille. »
« Fait demi-tour, je vais le massacrer. »
« J'aime que tu sois jalouse. » Dit-elle la voix grave.
« Je suis jalouse et en colère, je défis quiconque de te regarder avec des arrières pensées. Tu sais que l'infirmière le trouvait séduisant ? »
« Lui ? Tu plaisantes on dirait une contrefaçon. »
Emma rit en songeant qu'elles étaient définitivement faites l'une pour l'autre.
La semaine suivante, leur assistante sociale leur annonça que leurs évaluations psychologiques et de santé étaient positives, elle avait également eut accès à leurs casiers judiciaires à chacune et avait validé cet aspect là de leur profil. Elle passa re visiter leur maison en détail pour compléter l'enquête sociale. Elle les convoqua finalement en fin de semaine.
« Bonjour mesdames. Je vous annonce après enquête, que votre demande d'agrément est acceptée. Vous êtes officiellement déclarées aptes à adopter un enfant sur le territoire américain. Félicitation. »
Le couple sauta de joie, elles prirent l'assistante sociale dans leurs bras, pleurant à chaudes larmes de bonheur. Quand les deux femmes réussirent à se calmer, elles s'embrassèrent tendrement et se rassirent le sourire aux lèvres.
« Je sais que les choses vont surement vous paraitre rapides, mais il y a une petite fille dont j'aimerai vous parler. »
Les deux femmes retrouvèrent instantanément leur calme et la fixèrent.
« Il y a un orphelinat pour lequel je travaille particulièrement. Vous connaissez le système Emma, d'abord l'enfant vient chez vous et vous l'accueillez en temps que famille d'accueil avant de décider de l'adopter définitivement ou non. »
La blonde acquiesça sans parler.
« Je ne sais pas si vous pensiez que ça aille aussi vite mais, il y a une petite fille, Elisabeth, elle a dix ans. Sa mère était une junky, un jour elle est arrivée à l'orphelinat en disant qu'elle voulait vendre sa fille. Elle n'avait que quatre ans mais comprenait parfaitement ce qui se passait. Après discussion entre nous, nous avons décidé de donner son argent à cette femme et lui avons fait signer un papier attestant qu'elle laissait sa fille à l'état et n'avait plus aucun droit à son égard. Ce n'est pas une méthode très conventionnelle mais nous ne pouvions pas la laisser partir. En six ans, elle est passée par dix familles d'accueils. Elle a complètement perdu espoir en la famille et l'amour. »
« Pourquoi autant de familles ? » Questionna Regina, légèrement inquiète malgré elle.
« Dans son premier accueil… Quelques semaines après son arrivée une famille l'a prit chez elle, elle… Ca semblait être une très bonne famille mais… Le père a… Il a eu les mains baladeuses avec elle. »
Emma serra les poings et Regina hoqueta sous le choc d'une telle annonce.
« L'a-t-il… » Dit la mairesse en tremblant légèrement.
« Non. Il ne l'a pas violé. Mais elle a été traumatisée, elle s'est enfuit un soir et a débarqué à l'orphelinat en pleine nuit gelée et tremblante. Dans la famille suivante, le fils ainé à mal supporté son arrivée et lui cherchait en permanence des noises. Il a tout fait pour que ses parents la renvoi et c'est ce qui est arrivé quand ils ont vu que leur fils était complètement perturbé par sa présence. C'est le père qui a prit la décision de la ramener. Dans sa troisième famille, l'homme a développé une jalousie face à la complicité qui naissait entre sa femme et Elisabeth. Il était jaloux que la petite ne soit pas aussi attachée à lui qu'à sa femme, il en est venu à la ramener à l'orphelinat un après-midi en cachette de son épouse. »
« Décidemment les hommes n'ont pas été tendre avec elle. »
« C'est exactement le problème. Elle a développé une méfiance et une peur des hommes assez importante, et c'est ce qui a fait échouer la majorité de ses autres accueils. C'est pourquoi je vous en parle à vous, vous êtes deux femmes, elle aura moins peur. Et puis vous avez un fils de treize ans, elle pourra regagner confiance avec vous. Vos passés à chacune font que vous pouvez la comprendre et donc l'aider. Je suis sûre que vous pouvez être cette famille dont elle a désespérément besoin. »
Emma ressentait une envie de crier qu'elle était d'accord, mais elle se retint, consciente que sa femme pouvait avoir des craintes et qu'elles devaient en parler ensemble avant.
« Vous pouvez y réfléchir et me donner votre réponse plus tard, quand vous en aurez discuté. »
Elles acquiescèrent et sortirent.
« Tu en penses quoi ? » Questionna Emma quand elles furent rentrées.
« Pour être honnête je n'en sait rien. Ca me fait un peu peur. »
« Tu as peur qu'elle apporte de l'instabilité à notre famille. »
« Non Emma, je te promets que ce n'est pas ça. J'ai surtout… J'ai… J'ai peur de ne pas être à la hauteur. » Avoua-t-elle en baissant les yeux.
La blonde la prit dans ses bras et embrassa son front.
« Mon amour, si c'est la tes craintes, alors tu seras plus à la hauteur que les trois quarts des familles d'accueil de ce pays. »
« Il faut que nous en parlions à Henry et Anna. Tu en penses quoi toi ? On peut l'aider ? »
« Je pense que oui, si tu savais comment j'étais adolescente, et pourtant tu m'as sauvé, on peut lui offrir ça j'en suis sure. »
« Tu penses qu'elle va agir comment ? »
« Elle va être amère, elle va peut être nous tester, voir jusqu'ou elle peut aller, chercher nos failles et a comprendre nos intentions. Elle va douter de nous, avoir peur peut-être, elle a besoin de voir qu'elle peut nous faire confiance, qu'on ne lui veut pas de mal. »
« C'est comme ça que tu étais dans tes nouvelles familles ? »
« Oui, souvent. J'avais tellement peur de souffrir que je preferais me fermer pour ne plus m'attacher. Alors je testais leur patience, je voyais jusqu'à quel point je pouvais aller pour les faire craquer. Je sais que c'était un comportement idiot. Mais je me suis si souvent attachée, je ne voulais plus avoir aussi mal quand j'allais être tôt ou tard ramenée à l'orphelinat. Je me souviens d'une fois, c'est quand j'ai eu mes premières règles, j'étais terrifiée, personne ne m'avait jamais parlé de ça. Quand c'est arrivé je pensais que j'allais mourir, je ne comprenais pas pourquoi je saignais ni d'où. Ma… La mère de la famille m'a trouvé en pleur dans la salle de bain, elle m'a fait parler, elle m'a expliquée, m'a rassurée. Je l'aimais comme ma mère, elle me rassurait, je pensais qu'elle m'aimait. Après avoir du quitter Rita et nos parents, je n'avais jamais fait confiance comme à elle. Et puis un jour ils m'ont ramené, l'assistante sociale m'a dit que le courant ne passait pas voilà tout. J'ai jamais compris, j'ai tellement souffert, c'était la trahison de trop, j'avais encore aimé une famille, pensant qu'ils m'aimaient en retour alors que c'était faux. »
Regina l'embrassa longuement avant de l'entrainer à sa suite pour parler à leurs enfants. Même si Henry était inquiet à l'idée qu'elle ait peur de lui et s'attache à tout le monde sauf lui, les deux femmes furent ravies de voir qu'il n'avait qu'une hâte c'est de la rencontrer.
Elles contactèrent madame Tink et finalisèrent leur dossier de famille d'accueil. Le vendredi matin suivant, Regina et Emma attendait avec angoisse que l'assistante sociale arrive avec l'enfant. Elles avaient chacune posé une semaine de congé pour l'accueillir calmement et correctement en restant avec elle la semaine, ne serai-ce que pour être présentes.
« Stresse pas tout va bien se passer. » Dit Emma d'un coup.
« Tu serais plus crédible si tu ne faisais pas les cents pas et si tu parlais moins fort. »
« Mon cœur va exploser. »
« Le mien aussi. »
Elles s'embrassaient quand la sonnette retentit. Elles se précipitèrent jusqu'à la porte, Regina arrangea ses cheveux pour la énième fois et elles ouvrirent. Elles virent leur assistante sociale qui avait les mains sur les épaules de la petite fille devant elle. Elisabeth semblait extérieure à la situation, un léger sourire forcé sur le visage, à tous les coups demandé par Tink.
Elle était rousse avec une épaisse chevelure frisée qui lui donnait un air sauvage. Son visage était marqué par son passé, une certaine résignation dérangeante lisible dans ses yeux bleus très clair magnifiques.
« Bonjour. » Dit Regina. « Moi c'est Regina, et voici Emma. Nous sommes ravies de t'accueillir chez nous. » Dit la mairesse en s'accroupissant.
La petite fille détailla la brune et semblait assez impressionnée par son apparence. Elle lui rendit un léger sourire mais ne dit rien.
« Entrez. » Dit Emma en intimant sa compagne à se décaler pour les laisser passer.
Tink resta près d'une heure à expliquer aux deux femmes et l'enfant comment les choses allaient se passer et les laissa finalement.
« A bientôt. » Dit Elisabeth après l'avoir embrassé pour lui dire au revoir.
« Pour de bonnes nouvelles. » Répliqua l'assistante sociale.
Aussitôt seules, Regina prit la valise de la petite fille et lui proposa de lui montrer sa chambre. Emma s'amusa de voir sa femme si angoissée et désireuse de bien faire. Elle avait également noté qu'elle impressionnait l'enfant par son charisme, sa beauté et ses vêtements, elle savait que ceci allait peut être aider Elisabeth à s'attacher si elle pouvait voir en Regina un modèle.
Elle se souvenait avoir souvent admiré des femmes, dans ses familles d'accueil ou à l'orphelinat, à chaque fois, elle avait beaucoup cherché à attirer leur attention sur elle. Elle croisait les doigts pour qu'Elisabeth agisse ainsi avec sa femme.
« Voici ta chambre. » Dit-elle en ouvrant la porte de la chambre qu'elles avaient aménagée pour elle.
« J'ai une chambre rien que pour moi ? »
« Oui, la porte en face est celle de la chambre d'Henry, notre fils de treize ans, à côté de la tienne c'est celle d'Anna notre fille de six ans, et au fond à gauche, c'est la notre à Emma et moi. »
« Alors vous êtes mariées ? »
« Et oui. Quelqu'un t'a déjà expliqué ce qu'est l'homosexualité ? »
« Oh euh oui, madame Tink m'a expliqué. C'est cool pour moi, elle m'a demandé si ça me dérangeait et j'ai dit que non parce que… non. » Dit timidement la petite fille.
« C'est super. Tu veux peut être défaire ta valise ? »
« Oh non merci. » Répondit la rouquine. « J'aime pas faire ma valise, j'aime mieux ne pas la défaire pour quand je repartirai. »
Regina regarda sa femme avec tristesse, ne sachant pas comment réagir.
« Si tu vas la défaire tu seras mieux installée. » Dit Emma avec douceur. « On fait un deal, tu vides ta valise, t'installe, et si, même si je sais que ça n'arrivera pas, tu dois repartir, alors je ferai ta valise moi-même sous tes ordres. »
L'enfant regarda sa main tendue en hésitant et la serra finalement avec un sourire, ce geste marquant une première victoire pour le couple dans le chemin jusqu'au cœur de l'enfant.
« On aurait peut être pu la laisser ne pas la défaire pour le moment si ça la rassure. » Dit Regina une fois qu'elles furent redescendues dans la cuisine.
« Non Gina, il faut l'empêcher de se fermer, lui montrer qu'elle est chez elle, la faire se sentir chez elle. La laisser ne pas défaire sa valise c'est la laisser croire, malgré nous, que son passage ici ne sera pas long. »
« On doit aller la voir tu crois ? »
« Non, laissons la un peu, elle est perdue et dans un environnement qui la stresse et l'angoisse ou elle n'a aucun repère. Elle va se familiariser avec sa chambre qui sera son sanctuaire les premiers temps. Si elle ne descend pas, dans une ou deux heures nous irons la voir pour lui faire visiter le reste de la maison. Tout va bien se passer mon cœur, je suis sure qu'on arrivera jusqu'à son cœur. »
Regina prit sa femme dans ses bras, rassurée par sa confiance, son expérience et sa sérénité.
Yullen Asura, j'ai pas pu m'en empêcher le coup du T-shirt :D C'était trop tentant de te faire ce petit clin d'oeil :D
Des gros bisous à tous.
