Saluuuuut, les plus belles (et le plus beau), les meilleures (et le meilleur), mes LECTRICES (et mon LECTEUR). (désolée si il y a d'autres garçons dans le lot, je n'en ais localisé qu'un pour le moment :P)
Voici mon nouveau et... dernier chapitre avant l'épilogue *lèvre qui tremble*, bon allez allez, je reste calme et je garde mon blabla guimauve pour le dernier.
Bonne lecture à tous, je vous laisse découvrir l'adaptation d'Elisabeth (merci à SwanQueen20 d'avoir capté le Elisabeth Swan en référence à pirates des Caraïbes :P) dans la famille Swan.
D'ailleurs, plusieurs d'entre vous ont noté la ressemblance entre Elisabeth et Rebelle :P (c'était si évident que ça? :P) J'adore ce personnage et souhaitait lui faire un clin d'oeil ainsi.
Allez, enjoy les amis, rien ne m'appartient.
Chapitre 35) Adaptation.
« Bon ça fait deux heures, on va aller la voir. » Dit-Emma quand sa compagne eut finit de lancer ses préparations.
« Tu es sûre ? Peut-être que si elle ne descend pas c'est que… »
« Il y a trois possibilités, soit elle se ferme et refuse de venir car ne veut pas s'ouvrir à nous, soit elle est terrifiée à l'idée de descendre car c'est l'inconnu, soit elle est perdue sur la façon dont elle doit agir. Dans les trois cas, c'est nous les adultes, c'est à nous de lui montrer qu'elle n'a pas à avoir peur, à nous de la rassurer, ou à nous de l'amener à s'ouvrir. »
« Okay. » Dit Regina en retirant son tablier et en s'apprêtant à la suivre.
« Quoi c'est tout ? » Questionna Emma incrédule.
« Comment ça c'est tout ? »
« Tu insistes pas ? Tu ne me dis pas ce qui est le mieux à faire d'après toi, plus réfléchit et subtil que mes méthodes de cow-boy ? Tu n'argumentes pas pour me montrer que tu as raison dans ta façon d'agir ? »
« Oh Emma arrêtes avec ça, je t'ai traitée de cow-boy une fois il y a deux ans et tu ne l'as toujours pas digéré ? Tu roulais trop vite et j'avais peur… Je me suis excusée. »
« Et même après deux ans, tu cours dès que je te taquine avec ça. C'est trop chou. » Dit-elle en lui faisant un pointu.
« T'es bête, et tu sais pour Elisabeth, c'est normal que je m'en remette complètement à toi, tu es tellement plus sûre de to.i. Elle est toi, vous… Tu peux la comprendre. »
« Alors… C'est ça d'avoir le dernier mot ? » Dit Emma d'un air rêveur, gagnant une tape de sa femme. « J'avais oublié l'effet que ça fait. » Continua-t-elle comme si de rien était.
« Ouai bè… N'y prend pas trop gout, nos années de mariage t'ont bien prouvé une chose… J'ai toujours raison. »
« Ca m'a surtout prouvé que si je tiens à nos galipettes nocturnes, j'ai tout intérêt à te laisser le croire. »
Regina se tourna vers elle avec un grand sourire ou se mêlaient amusement et choc.
« Miss Swan comment osez vous ? »
« J'aime trop ton corps c'est ma faiblesse. »
« J'ai toujours raison, c'est surtout ça le fait. »
« Bien sur mon amoureuse. » Dit-Emma avec une fausse hypocrisie surjouée. « Quoi ? Je sais que de toute façon ce soir on fera rien, ni au moins une partie de la semaine à venir de par l'arrivée d'Elisabeth. »
« Tu sais bien que je suis capable de ne rien faire pendant plus de huit mois, ne tente pas ta chance mon amour. » Dit-elle en commençant à monter les escaliers.
« Ouai enfin, » Dit-Emma en la suivant. « Après Leopold tu n'as rien fait en huit mois… Dois-je te rappeler qu'avec moi, tu étais proche de l'explosion hormonale après trois mois à la naissance d'Anna. Et c'est qui qui, pas plus tard que le mois dernier, m'a fait une crise de boudage aigüe parce que je rentrais tellement crevée du boulot que je ne l'avais pas touchée en dix malheureux petits jours ? »
« … Touchée. » Avoua Regina doucement. « Mais ce n'est pas le sujet ici, nous allons voir Elisabeth. »
« Mauvaise perdante. » La taquina la blonde en toquant à la porte.
« Entrez. » Entendirent-elles.
Immédiatement re concentrées sur l'enfant, les deux femmes entrèrent doucement dans la chambre.
« Ta chambre te convient-elle ? » Questionna Emma en voyant la petite rouquine assise sur le bord du lit. »
« Oh oui madame. »
« Tu peux nous appeler Regina et Emma tu sais. » Dit-elle avec douceur.
« La chambre… elle est très belle. »
Elle restait très timide, semblant incapable de regarder la brune dans les yeux.
« Ca te fait bizarre d'avoir un aussi grand lit que pour toi et tu te demandes quand est-ce qu'on va t'avouer que tu dois le partager avec quelqu'un. » Dit Emma en passant la porte.
L'enfant regarda d'un coup son visage, légèrement perturbée que cette femme ait si parfaitement résumé sa pensée.
« Sache que ce lit, cette chambre, ces jouets, ne sont qu'à toi. Je sais que tu n'arrives pas à me croire, tu penses… »
« Qu'est ce que vous en savez de ce que je crois ou pense ? » La coupa-t-elle sèchement.
« Savoir… ça je ne suis sûre de rien. Je suppose juste que tu as les mêmes sentiments que moi quand j'étais à ta place. »
« Vous avez été à ma place ? »
« Ouaip, j'étais une enfant du système. Douze familles et quatre assistantes sociales à mon compteur. »
« Tu as été assez bien pour une famille ? » Dit-elle en la tutoyant soudainement.
« Oui, celle que j'ai construit. Dans le système j'ai trop souffert, j'ai décidé de ne plus jamais laisser personne m'atteindre et je me suis enfuit. J'ai fait plein de bêtises jusqu'à ce qu'une femme devienne mon amie, tu la rencontreras elle s'appelle Mary-Margareth, c'est ma sœur maintenant. Et j'ai rencontré Regina, elle m'a sauvée, elle m'a reconstruite, elle m'a même apprit à aimer et être aimée. »
Elle lui avait dit la dernière phrase à l'oreille, comme un secret, et la mairesse cru mourir de bonheur en entendant l'enfant rire timidement.
« Alors… C'est vraiment ma chambre à moi ? »
« Oui, rien qu'à toi. » Dit-elle en s'approchant à son tour.
« Est-ce que je peux visiter la maison ? »
« Bien sur. » Répondit Regina avec joie.
Elisabeth se leva et glissa sa main dans celle d'Emma, l'air de rien en regardant ailleurs. La blonde agit naturellement, comme si ce geste faisait partit d'un quotidien, et elles allèrent toutes les trois faire le tour du manoir. L'enfant s'émerveilla de beaucoup de choses et se détendit sensiblement, se collant à elle comme si elle devenait son repère dans cette maison. Regina essayait de la rassurer aussi, elle lui expliqua qu'elle aimait cuisiner et qu'elles pourraient cuisiner ensemble si elle voulait. Qu'elle pouvait lui dire ses plats préférés et qu'elle se ferait un plaisir de les lui faire. Elle leur demanda leurs métiers et ce qu'elles aimaient faire, apprenant ainsi qu'Emma aimait jouer à la console, courir et bricoler, et que Regina aimait jouer du piano ou du violon, cuisiner et faire du cheval.
A chaque question de l'enfant, elle se cachait plus derrière Emma, et la blonde vit, aux regards de sa compagne, qu'elle était perdue par la distance qu'installait la rouquine avec elle. Elle voyait qu'elle ne comprenait pas que c'est l'admiration qui la bloquait. Car en vérité, dès que la brune avait le dos tourné, l'enfant ne pouvait détacher son regard d'elle, elle buvait ses paroles, détaillait ses affaires et ses gestes.
Quand Henry et Anna rentrèrent de l'école, Elisabeth se tendit et se colla à Emma dès qu'elle entendit leurs voix dans le hall d'entrée.
« N'ais pas peur d'eux, je te promets qu'ils n'ont qu'une envie c'est de t'accueillir dans leur vie, ils ne te voient pas comme une menace, ni comme un bouc émissaire, ni comme une gêne. C'est eux qui nous ont demandé une petite sœur et eux les premiers à avoir dit que si nous voulions adopter, comme ça me tient à cœur, alors eux c'était pareil, ils sont à fond dans l'aventure. »
Elisabeth la regarda, la bouche légèrement ouverte de choc, et Emma sentit qu'elle diminuait la force avec laquelle elle s'était agrippée à elle.
« Ou elle est ? » Cria Anna en déboulant en hâte dans le salon. « Salut Elisabeth. » Dit-elle en la localisant et en courant à sa rencontre.
La rouquine se décala légèrement derrière Emma et Anna tourna pour la suivre.
« Moi c'est Anna. » Dit-elle sans lui laisser la possibilité de se cacher. « Je suis ta petite sœur, et le grand derrière c'est Henry, notre grand frère. Henry il est sortit du ventre de maman et moi de mama. »
« Maman, mama ? » Questionna la rousse perdue.
« Ah oui tu sais pas tout ça encore, bon alors pour quand tu seras prête, Regina c'est maman et Emma c'est mama. Mais je peux te raconter tout ça en te montrant ma chambre. Maman mama, je peux lui montrer ma chambre. »
« Oui bien sur. » Répondit Regina. « Mais… »
Sa phrase se perdit dans sa gorge car Anna entrainait déjà Elisabeth malgré elle, tout en recommençant à parler pour tout lui expliquer. Ils restèrent tous les trois sans rien dire jusqu'à ce que le débit vocal hors normes de la petite fille soit plus lointain.
« Pauvre Elisabeth. » Dit Henry en regardant toujours l'escalier où elles avaient disparues. « Ses oreilles étaient trop jeunes et innocentes pour ça. »
« Faut voir le bon côté des choses. » Dit Emma en rigolant. « Elle ne va même pas lui laisser le temps de stresser. »
Ils rigolèrent de bon cœur et Emma se tourna vers Henry.
« Vas-y-toi aussi. »
« Oh hum… Ouai non, je vais les laisser un peu toutes les deux. »
« Je sais que tu as peur qu'elle ne veuille pas venir vers toi par craintes. » Dit Regina. « Au pire t'inquiète pas, tu seras bienvenue au club. » Ajouta-t-elle avec tristesse.
« Ca c'est pas bien passé ? »
« Oh si, elle semble déjà attachée à Emma et c'est une très bonne chose, on en espérait pas tant le premier jour. Moi par contre c'est pas trop ça. »
« Oh ma Gina. » Dit la blonde en se collant dans son dos et la prenant dans ses bras. « Tu n'y es pas du tout. En un sens son attachement est autant le même qu'il est différent. »
« Qu'est ce que tu veux dire ? »
« Moi je suis le message d'espoir, elle voit qu'on est pareille, je la rassure car je peux la comprendre alors qu'elle pensait ne jamais connaitre une grande personne qui le pourrait. Elle se colle à moi, s'attache à moi, car nous partageons les codes du système et ça la sécurise. Toi par contre, tu es l'idéal de la maman dont elle à toujours rêvé, tu es belle, tu semble aimante et douce, tu as de beaux habits, un grand métier. A chacune de tes paroles, les chevaux, la musique, l'idée de cuisiner ensemble, ses yeux pétillaient d'espoir et d'adoration. Elle aimerait te plaire sans trop savoir comment, elle a tellement souffert qu'elle n'ose pas y croire et ne veut pas oser y croire de peur se souffrir encore plus. Une maman comme toi ça ne s'intéresse pas à des petites filles rejetées comme nous. »
« Mais je ne suis pas… » Dit la mairesse les larmes aux yeux en songeant aux souffrances de la petite fille, mais aussi à celles qu'avait enduré sa femme dans son enfance.
« Je sais Gina. » La coupa sa femme. « Tu n'es pas comme ça, tu vois au-delà de l'enfant sans famille, comme tu l'as fait avec moi. Mais ça elle ne le sait pas encore, elle a trop souvent aimé pour se prendre une claque, du coup elle a érigé des barrières pour se protéger. On connait ça toi et moi. Pour le moment, elle pense qu'elle ne se sera jamais à la hauteur, jamais assez bien pour une maman comme toi, alors elle se protège en s'interdisant d'y croire. »
« Comment lui prouver que je ne pense pas comme ça ? »
« Du temps et de la patience, il faut lui redonner confiance en la famille, ça ne se fera pas en un jour. Je suis confiante, elle s'ouvrira à nous, elle va se mettre à nous aimer. Mais en définitive, elle n'y croira vraiment que lorsque nous signerons les papiers d'adoption. »
« Pourquoi ne pas le faire immédiatement alors ? »
« Parce qu'elle n'est pas prête, et nous ne sommes pas prête. Je sais que nous n'avons rien fait dans l'ordre dans notre relation, mais ça c'est trop délicat, la situation mérite notre patience et l'aboutissement sera magique. »
« Je t'aime. » Dit Regina en se lovant contre elle.
« Je t'aime aussi. Quand à toi Henry. » Dit-elle en regardant son fils qui ne les avait pas quittées des yeux. « N'ais pas peur de ses peurs, vas y, soit toi-même et elle ne pourra que t'aimer, elle apprendra à te faire confiance. »
« Vous croyez que je peux y aller tout de suite ? »
« Bien sur. »
Henry alla jusqu'à la porte de la chambre d'Anna et inspira profondément avant de toquer.
« Salut les filles, je peux venir avec vous ? » Dit-il en passant la tête.
« Ouai entre. » Dit Anna. « Je présente mes animaux à Elisabeth. »
Il s'avança et vit les deux petites filles assises par terre au milieu d'une multitude de peluches, en le voyant, la jeune orpheline se tendit et plongea ses yeux dans les siens, il put y voir de la crainte, de la curiosité et surtout du défi. Elle semblait décidée à ne pas se laisser intimider par le jeune homme.
« Tu ne me fais pas peur. » Dit-elle malgré un léger tremblement.
Anna la regarda, puis son frère, incertaine de ce qui se passait.
« En même temps, il est pas super effrayant. » Dit-elle finalement.
« Je ne veux pas te faire peur. » Dit-il en ignorant sa sœur.
Elisabeth se recula quand il approcha et Anna se leva à son tour.
« Attend il est gentil tu sais, c'est un super grand frère Henry. Regarde. »
Elle s'approcha de son frère, le fit s'asseoir et lui tapota la tête.
« Il me laisse jouer à sa console, il joue avec moi, on se raconte nos vies, il me protège à l'école. »
« On t'embête à l'école ? » Questionna Elisabeth.
« On nous embête parfois parce qu'on a deux mamans, mais Henry il vient me chercher, je lui montre ceux qui son méchant et il leur fait peur. »
« Tu leur tapes dessus ? »
« Non, ça sert à rien d'être violent, maman et mama ne veulent pas qu'on se batte et elles ont raison, mais je viens seul ou avec quelques copains et je leur fait comprendre qu'on ne touche pas à ma sœur. Si ça t'arrive tu verras. »
« Tu me protégeras ? »
« Bè oui, t'es ma sœur aussi maintenant. »
« Oui mais tu protèges Anna parce que tu l'aimes, moi tu me connais pas. »
« C'est pas grave ça, on embête pas mes sœurs point. Et puis pour le moment on se connait pas, bientôt ce sera plus le cas. »
La rouquine sourit d'une oreille à l'autre en revenant s'asseoir près de lui, prenant une peluche dans ses bras.
« Oh ça me fait penser, bouge pas je reviens. » Dit-il en se levant.
« Tu vas où ? » Questionna Anna.
« Chercher un truc dans ma chambre. »
« Je peux venir la voir ? » Demanda Elisabeth, visiblement stressée par sa propre question.
« Bien sur viens. »
Les trois enfants migrèrent ainsi d'une chambre à l'autre, sans remarquer le couple qui les observait discrètement, se retenant d'entamer une danse de la joie devant les talents d'intégration de leurs enfants.
« Hey les fesses d'Henry, tu cherches quoi ? » Demanda Anna à son frère qui était penché dans son placard.
Elisabeth ne put s'empêcher de pouffer de rire en entendant le soufflement exaspéré du jeune homme.
« Quelque chose qui n'est pas pour les minimoys alors si tu veux rester tu te tais. »
Il se releva finalement avec deux paquets et tendit le plus gros en premier à la rouquine. Elle l'ouvrit et découvrit une licorne en peluche, identique à celle d'Anna.
« J'avais acheté la même à Anna quand elle est née, je voulais que tu ais la tienne aussi. Ca peut paraitre idiot car tu es grande et moi aussi mais… Pour Anna et moi, la licorne symbolise le conte de fée et c'est comme ça qu'est notre vie depuis que mama est là. »
« Ca ne l'était pas avant ? »
Anna regarda Henry avec inquiétude, consciente des démons de son frère.
« Non. » Dit-il doucement. « Mon… mon père était… violent, pas physiquement avec moi juste psychologiquement, mais très violent avec maman. »
Elisabeth ouvrit de grands yeux, comprenant que cette famille atypique s'était finalement construite les uns grâce aux autres et que… Comme elle, ils avaient tous souffert.
« Tu trouves ça gamin. » Dit Henry en se grattant la tête gêné.
« Non. » Souffla-t-elle en la serrant. « Je l'adore. »
« Oh c'est super. » Dit-il avec enthousiasme. Fort de son premier succès, il lui tendit alors le second paquet.
Elle l'ouvrit et découvrit un cadre dans lequel on pouvait mettre cinq photos. Dans les deux de la première ligne, se trouvait Regina et Emma, et en dessous, Anna et Henry. Seule l'emplacement au milieu de la seconde ligne était libre.
« J'ai laissé celui du milieu car j'ai treize ans, toi dix et Anna six, quand tu seras prête, tu pourras mettre ta photo dedans et ce sera notre famille. »
« Merci. » Murmura l'enfant partagée entre ses craintes et l'envie de lui sauter dans les bras. A la place elle lui fit un bisou furtif sur la joue.
Elle passa le repas du soir sans oser trop parler, appréhendant cette famille qui semblait sincèrement vouloir l'accueillir, et répondant aux quelques questions de Regina et Emma. Elles l'accompagnèrent ensuite jusqu'à sa chambre pour s'assurer qu'elle avait tout ce dont elle avait besoin quand elle demanda si elle pouvait aller dormir. Elles allèrent ensuite dans leur chambre et se couchèrent immédiatement, épuisées émotionnellement.
« Ca c'est bien passé non ? » Demanda Regina en sentant Emma se coller dans son dos.
« Pour une première journée c'était très bien oui. »
« On va y arriver n'est ce pas ? »
« Bien sur. » Dit-elle en l'embrassant dans le cou.
La mairesse soupira d'aise avant de parler. « Je t'aime. »
« Je t'aime aussi. »
Les trois jours suivant furent placés sous le signe de l'observation pour Elisabeth qui devait attendre le début du prochain trimestre pour intégrer une nouvelle école. Elle ne parla pas beaucoup mais resta non stop avec le couple. Elles passèrent un après midi à faire les boutiques, mais l'enfant n'osait rien prendre. Regina essayait de la rassurer sur le fait qu'elle pouvait se faire plaisir, mais rien n'y faisait. Quand elle choisit un t-shirt et un pantalon, Emma fit un signe à sa compagne pour lui indiquer que c'était déjà bien. Elle lui expliqua le soir même qu'Elisabeth devait craindre de paraitre trop désireuse, et qu'elle se retenait pour ne pas effrayer ses potentielles mères. Elle lui expliquait régulièrement d'être patiente et pourquoi, que même si elle était sincère, des années de déceptions et souffrances étaient dures à effacer et que l'aisance et la confiance arriveraient progressivement.
Le mercredi arriva, et l'enfant s'ouvrait de plus en plus. Elle se laissait aller, jouait beaucoup avec Anna et continuait à tester et observer Henry, de plus en plus convaincue de la sincère gentillesse du garçon. Même si elle était toujours aussi impressionnée par Regina, elle se détendit vite avec Emma et, sur son conseil, elle osa accepter une séance de cuisine avec la mairesse qui lui apprit à faire un gâteau pendant qu'Emma était partit faire des courses. Cette après midi marquait le premier réel tête-à-tête entre la brune et l'enfant qui n'arrivait pas à croire que cette « maman idéale » comme elle la voyait, voulait réellement partager sa passion avec elle. Après avoir finit le dessert, Regina partit répondre au téléphone quand elle entendit un fracas de verre brisé. Elle se précipita dans la cuisine et découvrit la petite fille paniquée, essayant de ramasser le verre cassé en s'excusant continuellement.
« J'ai pas fait exprès, je vous le jure j'ai pas fait exprès, je voulais pas casser le beau plat. Me renvoyez pas à cause de ça. »
La brune s'approcha et lui attrapa gentiment les mains pour la faire arrêter et la regarder. Sans dire un mot, elle attrapa la tablette de beurre, la déplaça lentement et la laissa s'écraser par terre. Elle lui sourit malicieusement et tira Elisabeth loin des débris de verre et d'un coup de hanche, fit basculer au sol la louche pleine de pâte à gâteau.
L'enfant la regarda incrédule un moment et se mit à rire quand Regina planta un doigt dans le reste de chocolat fondu et lui trace un trait sur chaque joue.
« C'est pas grave, raconte moi ce qui c'est passé. »
« Je voulais vous faire une surprise et nettoyer la table pendant que vous étiez au téléphone. Mais j'ai pas vu que le plat était sur le bout du torchon. En l'attrapant… Il est tombé et… et… »
Sa voix se cassa quand des larmes lui montèrent aux yeux.
« Premièrement, tu peux me tutoyer tu sais, deuxièmement, c'est pas grave, les accidents ça arrive, tu ne l'as pas fait exprès, ce n'est qu'un plat. »
« Mais vous… Tu as de si belles choses, et moi je casse tout. »
« Tu n'as cassé qu'un plat que je sache, c'est loin d'être tout, et puis tu sais, mes affaires n'ont pas plus de valeurs que celles des autres. »
« Alors tu n'es pas en colère ? »
« Non. »
« Et tu vas pas me renvoyer à l'orphelinat. »
« Jamais de la vie. »
Elisabeth laissa échapper un sanglot et lui fit un câlin dans lequel elle se mit à serrer fort. Regina lui rendit son étreinte et s'assit sur le sol de la cuisine sans la lâcher.
« Mais qu'est ce qui c'est passé ici ? » Questionna Emma en arrivant cinq minutes plus tard et en découvrant le carnage.
« On a fait un gâteau. » Répondit naturellement sa femme, toujours assise par terre, l'enfant dans les bras. « Allez Elisabeth, tu m'aides ? On va nettoyer. »
« Okay. » Répondit-elle en se levant et séchant ses larmes.
« Toi avec cette éponge tu enlèves la pâte à gâteau, et moi je m'occupe du verre. »
La rouquine s'exécuta avec entrain.
« Ca va ? » Dit silencieusement Emma à sa compagne quand elle réussit à capter son regard.
Elle hocha la tête en souriant d'une oreille à l'autre et la blonde se joint au nettoyage le cœur léger. Le reste de la journée se passa sans le moindre incident et chacun alla se coucher confiant. Vers quatre heures du matin, Emma se leva pour aller boire de l'eau et colla son oreille à la porte de la chambre de la jeune fille en entendant du bruit dedans.
Elle parvint difficilement à comprendre les bruits qu'elle entendait et son cœur se serra en comprenant qu'elle pleurait. Elle toqua à la porte et entra doucement.
« Elisabeth tout va bien je… »
Elle s'arrêta en découvrant la rouquine en pleur, relevant la tête de son coussin.
« Hey qu'est ce qui se passe chaton. » Dit-elle en venant s'asseoir sur le bord du lit.
« J'ai fait un cauchemar. »
« N'ais plus peur c'est finit. » Dit-elle en lui caressant la joue.
« J'arrivais pas à me réveiller. » Avoua-t-elle en éclatant en sanglots.
Emma l'attira à elle pour la prendre contre elle et la berça doucement jusqu'à ce qu'elle se calme.
« Tu as envie de m'en parler ? »
« Tu peux rester là un peu ? » Questionna l'enfant persuadée qu'elle allait devoir essuyer un refus.
A la place de répondre, la blonde s'allongea à ses côtés, face à elle, en tenant sa main.
« Ca t'arrive de rêver de choses qui se sont passées ? » Questionna alors Elisabeth.
« Avant ça m'arrivait tout le temps, maintenant c'est très rare. »
« Ca passe au bout de combien de temps ? »
« Ca dépend, moi c'est passé quand j'ai eut Regina et Henry puis Anna dans ma vie. Pour toi aussi ça passera, je te le promets, et j'espère qu'on va pouvoir t'aider pour ça. »
Elles restèrent un moment silencieuses de nouveau.
« J'ai rêvé de ma première famille. Est-ce qu'un papa t'a touchée un jour ? »
« Non, ça a faillit, mais j'étais grande, j'ai compris et je me suis enfuie avant. C'était mon dernier accueil. »
« Moi c'était mon premier, et il… je sais pas pourquoi il a… fait… ça. »
« Il y a des gens qui sont mauvais, il ne faut pas chercher pourquoi, tu as eu raison de t'enfuir de chez eux. »
L'enfant la regarda avec de grands yeux.
« C'est la première fois qu'on me dit que j'ai eu raison. »
« Les gens dans les orphelinats, ils ne comprennent pas ce que c'est de jouer à cache cache toute la journée pour éviter celui qui nous fait peur. Ils ne savent pas ce que c'est de se coucher la boule au ventre, incapable de dormir parce qu'on épie tous les bruits de la nuit en espérant que les pas ne vont pas s'arrêter devant notre porte. Ils sont parfois gentil dans les orphelinats, mais ce n'est pas de leur faute, ils ne peuvent pas comprendre. »
La rouquine fondit en larmes et, pour le plus grand bonheur d'Emma, vint se lover dans ses bras.
« Tu veux pas rester dormir avec moi ? »
« Et pourquoi on irait pas dormir avec Regina toi et moi ? »
« Tu veux pas ? » Questionna-t-elle inquiète d'avoir poussé trop loin sa chance.
« C'est pas ça chaton, bien sur que je suis d'accord de dormir avec toi si ça te rassure. C'est juste que Regina, tu sais elle ne dort pas bien quand elle est seule. »
« Pourquoi ? »
« Elle fait des cauchemars elle aussi. »
« A cause du papa de Henry ? »
« Oui. »
« Il lui a fait du mal ? »
« Oui beaucoup. »
« Mais pourquoi ? Elle est si belle. »
« Tu es belle toi aussi, et moi aussi, et pourtant on t'a fait du mal à toi aussi. »
« Oui toi aussi tu es belle. »
« Toi aussi Elisabeth, et Regina est d'accord avec moi. »
Elle sourit d'une oreille à l'autre et elles allèrent ensemble dans la chambre. En entrant, Emma sourit en voyant sa femme assise dans le lit, un livre à la main.
« Je pensais que le temps suffirait à arrêter ça, c'est à croire que plus les années passent à tes côtés et moins je peux dormir sans toi. »
« Ca me va à moi, mais ce soir ce n'est pas que toi et moi, nous avons une invitée. »
Regina vit Elisabeth qui serrait son coussin, les yeux rivés au sol, visiblement gênée.
« Avec grand plaisir, alors c'est ton baptême dans notre lit. »
L'enfant sourit en venant s'installer, rassurée par l'accueil chaleureux de la mairesse.
« Henry et Anna dorment souvent ici ? »
« Non pas souvent. » Répondit Emma en se couchant à son tour. « Mais ça arrive, quand il y a des cauchemars, ou des gros stress. »
« Même Henry ? »
« Oui » Dit Regina. « Mais faut pas lui dire que tu sais, il dit qu'un HOMME de treize ans ne devrait plus devoir dormir avec ses mères. »
« Promis je dirai rien. » Répondit-elle avec enthousiasme. « Il est gentil Henry. »
« Tu l'aimes bien ? » Questionna la mairesse.
« Oui, il me fait pas peur. »
« Il serait triste si c'était le cas. »
« Merci de me laisser dormir avec vous. »
« De rien chaton. » Répondit Emma en baillant.
« Bonne nuit Emma, bonne nuit Regina. »
« Bonne nuit. » Répondit la mairesse.
« Bonne nuit. » Conclu Emma en baillant de nouveau.
Machinalement, elle se pencha par-dessus Elisabeth et embrassa sa femme comme elle faisait toujours avant de dormir. La rouquine gloussa légèrement, les voyant s'embrasser pour la première fois, et rit de plus belle quand elles l'embrassèrent chacune sur une joue.
« Je suis contente. » Dit-elle avant de fermer les yeux.
Regina et Emma se regardèrent, un même sourire sur leurs visages, et s'endormirent à leur tour.
La vie suivait son court tranquillement, et la jeune fille trouvait de plus en plus ses marques. Elle jouait avec Henry maintenant autant qu'avec Anna, découvrant avec passion les joies d'avoir un frère et une sœur pour inventer des jeux, s'amuser dehors et découvrit la wii. Elle découvrait également le bonheur d'avoir deux mères aimantes. Ses angoisses, liées à son admiration pour Regina, se calmaient au fil des jours, et elle était de plus en plus naturelle avec la mairesse. Ils sortaient souvent tous les cinq, au restaurant, au parc, au zoo, et le couple se délectait de voir la rouquine aussi enthousiaste que les deux autres. La plus grande victoire pour Regina fut quand Elisabeth s'accrocha à son bras pour lui demander une glace lors d'une ballade dans le parc. Cela marquait un tournant, maintenant elle osait, elle se laissait aller au point de ne plus réfléchir et agir spontanément.
Mais le plus grand tournant s'amorça un samedi après midi, alors que rien de présageait un tel bouleversement dans leurs petites habitudes qui se créaient doucement. Elisabeth était tranquillement dans sa chambre, Anna faisait une sieste, Henry était chez sa petite amie et Emma aidait Regina avec un problème informatique. Elle profita que personne ne s'occupait d'elle pour se glisser dans la chambre du couple. Elle se dirigea immédiatement vers la boite à bijoux de la mairesse et s'émerveilla de son contenu. Discrètement, écoutant les bruits dehors, elle sortit des bagues et les passa à ses doigts, la main tendue pour ne pas qu'elles tombent de ses doigts trop fins. Elle enfila ensuite plusieurs colliers et bracelets et se regarda dans le miroir. Elle ouvrit ensuite la penderie et se issa sur la pointe des pieds pour attraper une veste blanche ornée de deux liserais noirs qui appartenait à la brune. Elle l'enfila et sourit en s'admirant de nouveau.
Voulant parfaire le tout, elle se dirigea vers la salle de bain ou elle avait vu sa mère d'accueil ranger son maquillage. En voulant attraper le mascara, trop haut pour elle, elle fit malheureusement dégringoler un grand nombre de produits de beauté dans un vacarme assourdissant.
Terrifiée, elle resta un moment choquée et entendit avec horreur les deux femmes et Anna arriver. Elle n'eut le temps de rien faire quand Emma entra suivit de prêt par Regina, puis Anna qui se frottait les yeux, encore à moitié dans sa sieste.
« J'allais pas voler, j'allais pas voler je promets, j'allais pas voler. » Balbutia-t-elle en pleurant.
« Qu'est ce qui c'est passé ? » Questionna la blonde en voyant l'enfant dans la veste de sa femme.
Elle vit les produits de beauté éparpillés au sol, un flacon de parfum cassé embaumant la piece, et dans la chambre, la boîte à bijoux ouverte sur le lit.
« T'as voulu jouer avec les affaire de maman ? » Questionna leur fille.
Elisabeth la regarda avec horreur et se mit à précipitamment enlever les bijoux qu'elle mit dans les mains d'Emma. Elle retira la veste tout aussi vite, ne leur laissant pas le temps de réagir et partit en courant dans sa chambre.
« Qu'est ce qu'on doit faire ? » Questionna Regina perdue.
« Lui faire comprendre qu'elle a fait une bêtise mais que c'est pas grave, on doit encore lui expliquer les règles de la maison et la rassurer qu'une bêtise ne signifie pas un renvoi à l'orphelinat. »
« Tu penses qu'elle croit qu'on va la ramener ? »
« J'en suis sûre. »
Et en effet, quand elles entrèrent dans la chambre de l'enfant, elles la trouvèrent faisant précipitamment sa valise.
« Non non non. » Dit-elle en les voyants. « Je vais partir je vais partir, mais soyez pas déçues, je veux pas vous avoir déçu, on dira que c'est moi qui voulais partir. »
« Et partir où jeune fille ? » Questionna Emma gentiment.
Regina ne put s'empêcher de sourire en voyant qu'elle tenait la peluche licorne et le cadre que lui avait offert Henry, s'apprêtant à les prendre avec elle où qu'elle aille.
La rouquine se stoppa avant de répondre, perplexe. « Bè… a l'orphelinat. »
« Regina ? » Dit la blonde en se tournant vers la blonde. « Tu as déjà vu qu'on envoyait nos enfants après chaque bêtise ? »
« Nope. » Répondit la mairesse, suivant le jeu de sa femme. « On fonctionne pas comme ça dans cette famille. »
« Vous allez pas me ramener ? » Dit-elle entre des larmes qui coulaient toute seules.
« Elisabeth, tu as fait une bêtise, ça arrive, quand un de nos enfant en fait une, il est punit, parfois c'est privé de dessert, parfois de sorties, parfois de console ça dépend. On le punit et il ne recommence pas sa bêtise. C'est normal que les enfants en fassent, et c'est à nous de vous apprendre ce qu'il faut faire et ne pas faire. L'important c'est de ne pas recommencer une fois que tu as comprit que c'était pas bien. »
« Je voulais ressembler à Regina. » Dit-elle timidement.
« Je l'ai fait aussi. » Dit Anna. « J'ai perdu une bague à maman sous le meuble, j'ai été privée de dessert mais maman et mama ont pas arrêté de m'aimer après ça. »
« Et toi aussi ça ne va pas nous faire arrêter de t'aimer. » Dit Regina.
Emma retint son souffle, sachant pertinemment l'effet qu'allait faire cette phrase sur la jeune orpheline.
« Vous… Vous… » Balbutia-t-elle.
« On t'aime chaton. » Répeta-t-elle en s'accroupissant, imitée par Emma.
Elisabeth fondit en larmes et leur courut dans les bras. Elle serrait fort, un bras autour de chaque cou, et rit en sentant Anna se coller dans son dos pour participer au câlin.
« Tu es d'accord pour qu'on appelle madame Tink et… »
Emma fut coupée par le cri de choc de l'enfant. Elle tremblait littéralement devant elles, la main sur la bouche, sans oser croire à ce qu'elle allait entendre.
« Et qu'on t'adopte ? »
Et voila, le prochain et la fin la semaine prochaine! :(
Qu'en avez vous pensé? Je ne souhaitais pas faire une adaptation trop difficile qui aurait rallongée la fic... Je suppose que dans la vraie vie, les choses ne se passent pas vraiment comment ça, j'ai essayé de faire au mieux par rapport à ce que j'ai lu sur le sujet et ce que j'imaginait être un comportement réaliste et cohérent pour Elisabeth. J'espère en tout cas que ça vous a plu.
Avec l'épilogue, je vous soumettrai les 4 fics que j'ai en tête pour la suite et ce sera à vous de voter :D
Des gros bisous les loulou et à la semaine prochaine.
