Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres personnages ne faisant pas partie de l'univers de GW sont ma propriété.
Genre : Hurt/confort/Amitié.
Lectrice 01 : Arlia Eien.
Acteurs : Heero, Relena, Sylvia, Duo, Hilde, Trowa.
Début d'écriture 28 octobre 2011
Chapitre 9
En se rendant à son bureau, Heero contacte directement Monsieur Skinker qu'il puisse s'occuper de tout en son absence. Il sait qu'il a des choses à régler en urgence avec lui, comme le calcul des primes qu'il puisse verser son salaire sur un compte et que le paiement de l'argent qu'il veut verser à Hilde et Sylvia pour l'éducation des enfants puisse se faire automatiquement.
Il ne tient pas à se leurrer, les choses vont aller de plus en plus vite. Il doute être encore en liberté la semaine prochaine. Beaucoup de lois ont été changées pour désengorger les tribunaux. Il n'y a plus que des procès quand on doit prouver la culpabilité de quelqu'un. La sienne n'est pas à faire. Il y a aussi un calendrier des condamnations par rapport à l'accusation, les jugements vont plus vite.
Il sait qu'il risque trois mois de prison pour bigamie. La seule chose qu'il ignore c'est le temps de prison pour le non-respect des deux enfants. Est-ce que c'est un mois de prison par enfant supplémentaire ? Ou alors un mois de prison par enfant tout court, c'est une chose qu'il n'a pas suivi.
Pour le moment, il se sent comme un malade ayant appris qu'il a une maladie incurable, tellement il sait que son temps est compté. Duo l'a laissé beaucoup réfléchir et il n'est pas certain qu'il lui aurait laissé autant de tranquillité s'il s'était rendu compte qu'il préparait son incarcération mentalement.
Toutefois, il ne s'est jamais leurré, ce n'est pas maintenant qu'il va commencer. Il doit préparer l'avenir prochain de ses enfants, ils n'ont pas à payer pour ses erreurs.
En voyant entrer les deux policiers dans son bureau, en début d'après-midi, il sait que c'est la fin.
-« Je peux prévenir quelqu'un ? » Demande-t-il.
Monsieur Skinker regarde les policiers et son patron, puis le travail qu'ils font depuis ce matin prend plus de sens. Ce n'est sûrement pas une semaine qu'il va être absent cette fois-ci.
-« Non, désolé, nous vous emmenons directement à Marseille. »
Heero se lève, rassemble ses documents et ramasse son sac où il a préparé des vêtements dès que Duo est parti au travail.
-« Monsieur Skinker, je vous laisse les rênes de l'entreprise. Jetez un œil à la section de Marseille. » Dit-il en suivant les policiers.
Intérieurement, il râle de ne pas avoir pensé à laisser un message à transmettre à Duo, il avait espéré avoir plus de temps.
Alors qu'il est assis dans la navette entre deux policiers, il se sent désolé pour son ami qui va s'inquiéter. C'est étrange que ce soit la seule personne qu'il ait eu envie de prévenir. Peut-être pas tant que cela, c'est aussi le seul qui a manifesté de la compassion et de l'intérêt. Cela doit surtout venir de là. Lui rendre son attention, et puis ses femmes doivent être au courant ne fusse que pour la lecture de la condamnation.
Est-ce que Hilde va faire le trajet ? Est-ce que Sylvia sera présente ? Est-ce qu'il a envie de voir leur visage réjoui ? Cela non plus, il ne sait pas.
µµµ
Lundi soir, Duo s'étonne de ne pas voir arriver Heero après la journée de travail. Il lui a pourtant donné une clef de son appartement. Peut-être que Hilde lui a pardonné alors il ne s'inquiète pas trop.
Hier, Heero a fait envoyer un beau bouquet de roses rouges qu'elle a accepté. Maxwell sait qu'il y avait une longue lettre avec les fleurs.
Il est heureux pour son ami, seulement il ressent un petit pincement au cœur de ne pas être celui qui le soutient et surtout de le voir s'éloigner une nouvelle fois.
Il est 21 heures quand son GSM sonne.
-« Monsieur Maxwell ? »
-« Oui ? »
-« Monsieur Yuy m'a demandé de vous prévenir. Il a été arrêté cette après-midi, il vient d'être déféré au tribunal de Marseille afin qu'il entend sa condamnation dès mercredi. »
-« Merci de m'avoir prévenu. »
-« De rien. » Dit l'homme en raccrochant.
Duo regarde son GSM un peu abasourdi. Cela avait été vite cette histoire. Dire qu'il n'aura même pas eu le temps de voir son fils.
Il décide de faire une dernière tentative. Il sait que cela fera plaisir à Heero de pouvoir voir et avoir une photo de Judas Tristan dans sa cellule. Parce que là, il est parti pour quatre mois minimum de prison à devoir aller faire des travaux d'intérêt public pour payer son incarcération, à moins qu'il ne préfère encore rester en cellule et payer de sa poche les frais qu'il pourrait faire subir à la population.
Duo gravit les escaliers qui mènent à l'étage et frappe à la porte de Hilde. Cette dernière ouvre directement, preuve pour le jeune homme qu'elle sait que Heero n'est plus sur L2.
-« Qu'est-ce que tu veux ? »
-« Que tu m'autorises à prendre une photo de Judas que je puisse lui remettre mercredi. »
-« Il n'en est pas question ! » Gronde-t-elle.
-« Hilde, tu as gagné, il va payer pour ses erreurs. » Insiste-t-il.
-« Pour la justice et les hommes, moi, je n'ai rien de plus. Il doit encore souffrir pour le rêve qui s'est effondré. »
-« Hilde, tu te fais du mal également. Il va tout perdre aussi dans l'histoire. Je doute qu'il puisse encore travailler pour la société Noventa. »
-« Tant mieux ! » Lâche-t-elle en claquant la porte.
µµµ
En remontant l'allée du tribunal, Heero est surpris de voir Duo assis dans les premiers bancs. Il va s'installer devant son avocat commis d'office. Il a pu le voir en arrivant à Marseille. C'est à lui qu'il a demandé de prévenir son ami, seulement il ne s'attendait pas à le voir faire le trajet, cela lui réchauffe le cœur.
Dans une autre allée, il y a Sylvia. Hilde n'a pas fait le trajet, elle n'en avait peut-être pas les moyens aussi. Il sait qu'elle aura de toute façon une copie du jugement.
Yuy se lève quand la cour lui demande.
-« Monsieur Yuy, vous êtes reconnu coupable de bigamie. Conformément à la loi, vos mariages vont être annulés et les frais seront à votre charge. Vous ferez trois mois de prison et serez assigné au nettoyage des autoroutes, des cours d'eau et autres réserves naturelles. Pour le fait d'avoir eu trois enfants, étant à nouveau hors-la-loi, vous ferez trois mois de prison supplémentaires dans les mêmes conditions. »
-« Monsieur le juge, il n'y a qu'un enfant en plus. La première madame Yuy a fait une ligature des trompes, monsieur Yuy a réalisé une vasectomie, j'ai les documents ici pour le prouver et la seconde madame Yuy a demandé à avoir une ligature des trompes à la naissance du bébé. Il n'y aura pas d'autres enfants pour ces trois personnes là, il n'y a pas d'augmentation de la population. » Argumente l'avocat d'Heero.
Yuy reçoit comme un coup de poignard en réalisant que Hilde n'a jamais parlé de ce besoin d'être sûre de ne plus avoir d'autres enfants.
Il se tourne vers Duo afin de savoir s'il était au courant. Celui-ci a l'air tout aussi surpris. En se retournant, il voit Sylvia qui le regarde complètement dégoûtée. Cela doit lui faire le même choc de se rendre compte qu'il s'est fait opérer sans lui en parler.
Ce serait bien si le juge accordait simplement un mois supplémentaire. Il se rend bien compte que Tristan, non Judas va avoir besoin d'un père pour l'aimer, l'acte de Hilde, il le ressent vraiment comme un rejet de son fils maintenant qu'il sait qu'elle ne voulait pas d'autre enfant.
Sylvia est encore plus écœurée par son mari, elle avait essayé de se convaincre qu'Heero avait pris une deuxième femme pour assouvir un besoin d'enfants qu'elle ne pouvait plus légalement lui fournir. Un moyen de détourner la loi pour un ex-terroriste et son enfance particulière, elle pouvait le comprendre. Mais en apprenant sa vasectomie, ce n'est même pas pour cela. Il s'ennuyait près d'elle. Est-ce qu'il était resté pour les enfants ? Cela la dégoûte encore plus. Est-ce qu'elle pourrait lui pardonner s'il essayait de lui expliquer ses motivations ?
Malgré sa colère du début, elle avait espéré qu'il cherche à se justifier, une lettre, un mail. Elle l'aurait lu, seulement il n'avait repris contact avec elle que pour parler à Sylvain et les jours passant elle avait été de plus en plus blessée par son attitude.
À l'heure actuelle, c'était devenu trop tard. La seule fois qu'ils avaient été seuls l'un en face de l'autre, c'était pour la prévenir qu'il partait voir son bébé, même pas Hilde.
Elle avait décidé, à ce moment-là, de téléphoner à la jeune femme, son avocat lui ayant trouvé le numéro rapidement. Hilde se sentait autant rejetée qu'elle. Elle n'avait pas eu très difficile de la convaincre de porter plainte et demander également le divorce pour bigamie.
L'avocat d'Heero lui tape légèrement sur l'épaule pour qu'il regarde devant lui. Le juge et le procureur discutent ensemble. Inconsciemment, Heero croise les doigts, le cœur rempli d'espoir.
Les minutes semblent des heures, le juge et le procureur finissent par se mettre d'accord.
-« Vu les conditions particulières, le fait que le troisième enfant est dans un autre foyer que celui où il y a déjà deux enfants, qu'il n'y a plus moyen d'avoir d'autres enfants par voie naturelle, nous accordons la demande de l'avocat de l'accusé. Il n'y aura qu'un mois de prison supplémentaire. Il y aura douze pour cent du salaire réclamé au moment des contributions et cela jusqu'à la pension. Il y a trois enfants pour Monsieur Yuy, il assumera seul la sanction financière. »
Le juge frappe sur son pupitre. Heero se lève et s'en va jusqu'à la fin de la salle d'audience, il attend le policier qui doit l'amener en prison. Il cherche du regard Sylvia mais celle-ci reste assise comme si elle ne voulait pas devoir passer devant lui.
Duo arrive directement, il a l'air heureux que la sanction ne soit pas de six mois.
-« Tu ne vas pas payer l'hôtel qui garde tes affaires durant quatre mois ? Il ne peut pas vite venir avec moi pour le vider ? » Demande Maxwell en se tournant vers l'avocat.
-« On peut toujours demander au policier. » Propose ce dernier.
-« Je viendrais te voir chaque samedi. » Rassure Duo
-« Tu ne vas pas faire le trajet depuis L2 ! » S'indigne Heero alors que son regard reste sur le dos de sa première femme.
-« Si, sinon personne ne le fera. Je ne veux pas que tu sois seul. »
La phrase fait tourner les yeux d'Heero vers son ami. Oui, il peut le dire, il sait où sont ses amis et Duo doit bien être le seul.
Le policier arrive enfin et l'avocat fait la demande.
-« Ce n'est pas très réglementaire. Vous habiteriez un appartement, je dirais non. Vous signalez monsieur au réceptionniste, on passe par le commissariat pour que vous lui remettiez également vos affaires personnelles. » Propose le policier.
-« Merci. » Dit Maxwell.
Les choses se font dans l'ordre énuméré par l'agent. Du commissariat, Maxwell regarde partir la voiture de Police.
Les visites ne sont pas autorisées la première semaine. Il va devoir attendre une dizaine de jours pour le revoir.
C'est en soupirant que Duo repart lourdement chargé vers l'aéroport après être repassé par l'hôtel d'Heero.
µµµ
Dix jours se sont écoulés, Heero se demande si Duo viendra quand même lui rendre visite. Il avait envoyé une invitation à Sylvia, ainsi qu'une lettre lui demandant de passer pour lui parler des enfants. La lettre lui avait été retournée avec un grand NON inscrit dessus.
Depuis le début de son incarcération, il partageait sa cellule avec un homme de son âge, récidiviste. C'était la troisième fois qu'on le prenait à conduire sous l'emprise de l'alcool. Il devait faire deux mois de prison et il était assigné au nettoyage, marquage des accidents de la route pour le faire réfléchir puisque les amendes n'avaient pas suffi les deux premières fois, il lui restait encore deux semaines à faire.
Heero, son travail n'est pas fixe, il va surtout nettoyer pour l'instant les abords des rivières avec deux autres détenus. En plus d'ôter les immondices, il faut les trier pour que la société qui les emploie puisse revendre les déchets pour payer l'homme chargé de les surveiller et leur nourriture, ainsi que le gîte.
Bien sûr, on ne met pas de grands criminels à ces corvées et vu les sanctions encourues en cas de disparition, cinq mois de prison supplémentaires, personne n'a vraiment envie de se soustraire à ses travaux d'intérêts généraux.
Il est certain que si on avait eu le choix, personne ne l'aurait fait ce travail. C'est aussi ce qui a poussé les autorités à mettre les prisonniers à ces corvées puisqu'on trouvait de moins en moins de main d'œuvre pour les exécuter.
Couché sur son lit, Heero pense à tout cela. Son partenaire de cellule fait un puzzle sur la table. Lui attend, il n'a pas grand-chose à faire pour l'instant et les livres de la bibliothèque où il s'est rendu au début, il les a déjà lu ou ils ne l'intéressent pas.
Au coup de sirène, tous les détenus se mettent au début de leur cellule. Bientôt, la voix va dire ceux qui ont de la visite et qui peuvent avancer vers l'entrée au deuxième coup de sirène.
La semaine dernière, il a dû le faire aussi alors qu'il savait très bien qu'il n'avait pas le droit d'avoir de visite. Il n'est pas persuadé d'en avoir cette semaine. Pourtant, son nom arrive en fin de liste. Yuy cela n'aide pas à être dans les premiers.
Est-ce que Duo a tenu sa promesse ? Est-ce que Sylvia a décidé de changer d'avis ? Il n'a pas osé envoyer une lettre à Hilde de peur que les deux femmes soient au parloir au même moment. Est-ce qu'elle aurait demandé à Duo et qu'elle serait venue de sa propre initiative ?
Quelle est la personne qui lui ferait le plus plaisir de voir ? Il n'en sait rien. Pourquoi est-il incapable de décider, de ressentir, d'apprécier quand ses sentiments sont en jeux ? Il réfléchit à tout cela tout en avançant dans sa tenue de prisonnier. Un bleu de travail orange qu'on le voit de loin quand il travaille à l'extérieur.
Heero doit bien admettre qu'il a trop de temps pour penser depuis qu'il est enfermé ici et qu'il a horreur de cela. Il aime être dans l'action, que les choses s'enchainent rapidement, vivre à cent à l'heure.
Quand il a le temps de réaliser ce qu'est sa vie, il y a trop de choses dans son passé qui le répugnent et l'énervent.
Il ne s'était pas attendu à un parloir comme celui-là. Ce n'était pas un ensemble de vitres derrière lesquelles on voyait la personne et devoir lui parler avec un cornet. Il faut dire aussi que sa section ne fait pas partie du grand banditisme. Eux croupissent sur un satellite où ils doivent trouver le moyen de survivre durant tout le temps où ils purgent leur peine.
Ici, il y a une trentaine de tables éparpillées dans une pièce grande comme un terrain de football. Il y en a déjà beaucoup d'occupées. Son regard est attiré par une forme qui se lève dans le coin opposé de la salle.
C'est Duo, ce dernier lui fait signe de venir. De sa démarche silencieuse, il traverse l'espace pour venir retrouver son ami.
Il écarquille les yeux en voyant ce que la foule lui a masqué.
À Suivre…
