Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres personnages ne faisant pas partie de l'univers de GW sont ma propriété.

Genre : Hurt/confort/Amitié.

Lectrice 01 : Arlia Eien.

Acteurs : Heero, Relena, Sylvia, Duo, Hilde, Trowa.

Début d'écriture 28 octobre 2011


Chapitre 13


Heero veut trouver le plus beau des appartements, dans une périphérie de deux kilomètres autour de l'école. Il estime qu'un enfant doit apprendre à faire des efforts, pour cela Sylvia était d'accord. On se rend à l'école à pied, cela vous aère et cela fait des muscles.

Il a dormi dans la navette et il est encore fort tôt quand il arrive à Marseille. Dans la salle des pas perdus, il cherche un siège et note les noms des rues dans lesquelles doit se trouver son appartement, à partir d'un plan qu'il a sorti sur son ordinateur.

Il note également certaines rues jusqu'à deux kilomètres cinq cent, on ne sait jamais seulement cela reste une seconde option.

Après il fait un relevé de toutes les agences de location qu'il y a dans la ville. C'est seulement à ce moment-là qu'il décide de reprendre sa voiture sur le parking de l'aéroport. C'est sûr, il aurait pu regarder de son ordinateur les sites des agences, seulement il veut pouvoir visiter directement les immeubles et à part un coup de cœur, il ne se décidera que lundi.

Le pire c'est qu'il ne sait pas s'il doit prendre un meublé ou pas, il a déjà pas mal dépensé pour aménager la chambre de Judas, s'il doit recommencer à faire des frais alors que son salaire est moindre puisqu'il doit assumer les charges de son démarrage de sa société. Cela va devenir de plus en plus dur de vivre surtout qu'il veut d'abord payer les ouvriers qui installent son brevet et Monsieur Skinker.

Quand il pousse la porte de la première agence, il a décidé que ce serait un meublé le temps de gagner plus d'argent.

-« Bonjour, j'aurais aimé savoir quels sont vos meublés deux chambres en location. »

Comme c'est provisoire autant prendre plus petit, il déménagera quand cela ira mieux et il prendra plus grand.

-« Je ne suis pas persuadée qu'on en ait, je vais vérifier. Installez-vous. » Dit la jeune femme.

Après plusieurs clics sur son ordinateur, elle lui dit.

-« C'est bien ce que je pensais en meublé, on n'a que des studios pour des étudiants ou des locations à la semaine pour les vacanciers, je ne crois pas que ce soit ce que vous recherchiez. »

-« Vous avez raison. »

Heero sort le papier qu'il a fait et la farde pour noter ce qu'on va lui proposer. La jeune femme sourit devant l'organisation du jeune homme.

-« Est-ce que vous avez des appartements dans ces rues-là. Des appartements ou des maisons de deux ou trois chambres. » Dit-il en tendant le listing à la jeune femme.

La secrétaire commence le tri et montre une série de photos.

-« Ils sont meublés ! » S'étonne Heero.

-« En général, les gens font des photos avec leurs meubles, c'est plus convivial pour le client. » Explique-t-elle. « J'aurai aussi besoin de savoir le loyer que vous voulez mettre, je vous ai vu tiquer en voyant le prix du premier. »

-« Pas au-dessus de sept cent cinquante crédits. »

C'est ce qu'il avait calculé sans devoir l'aménager, avec un peu de chance, il trouvera moins cher.

Dans la première agence, il note deux adresses.

-« J'irai voir l'extérieur, si je veux visiter l'intérieur, je reviendrai. » Précise-t-il avant de partir.

-« Il n'y a pas de problème. »

Heero fait ainsi les cinq agences des environs sur la journée. Il compare, supprime certaines locations quand il trouve vraiment mieux.

Quand les agences ferment, il n'a pas encore arrêté son choix et pas vu les sept lieux qui lui restent. Avant de se rendre à l'hôtel, il va voir les extérieurs et en voyant certains aspects, il en barre encore deux.

Après s'être installé dans un hôtel moins étoilé, il prend son téléphone pour composer le numéro de Sylvia.

-« Je suis de retour à Marseille, est-ce que je peux venir chercher les enfants pour les emmener au parc animalier ? »

-« Tu as commencé tes démarches auprès d'un avocat ? »

-« Pas encore, je voulais simplement passer du temps avec eux. Je n'aurai pas rapidement un appartement. »

C'était la vérité, tout ce qu'il avait vu tournait autour des six cent cinquante crédits, sans les charges. S'il pouvait camper et que les enfants auraient sûrement trouvé cela amusant, il n'est pas persuadé que le juge et Sylvia soient du même avis.

Il avait l'impression de devoir tout recommencer à zéro. S'il avait des projets, il lui manquait les moyens et il ne pouvait pas rentrer en infraction dans le siège social de sa banque pour modifier les données.

Quoi qu'on ait toujours cru, pirater un ordinateur qui a déjà toutes les données dessus n'a rien de compliqué.

Et puis, il n'a pas envie de se retrouver en prison pour détournement d'argent ou plus. Il va devoir apprendre à compter son argent, cela aussi ça allait être une première pour lui. Quand il retournera sur L2, il demandera des astuces à Duo. Il a toujours vécu de cette façon, les bons trucs et astuces, il connait. Il serait sûrement l'aider à aménager l'appartement à moindre coût. Il lui avait bien trouvé un lit pour Judas.

-« D'accord, passe à 13 heures, ils auront mangé, tu les ramènes pour 16 heures. » Dit Sylvia le tirant de ses pensées.

-« Sylvia, j'en ai pour une demi-heure de route aller et retour, on n'aura pas le temps de voir beaucoup de choses. »

Il entend la respiration profonde de la jeune femme puis elle lui dit.

-« 18 heures mais tu as intérêt à être là ! »

-« Merci ! »

-« Je ne le fais pas pour toi mais pour eux. Ils te réclament, si cela ne tenait qu'à moi, tu ne les reverrais plus jamais et tu souffrirais enfin comme tu le mérites. » Dit-elle avant de raccrocher.

Au moins le message est clair, elle cherche à le faire souffrir, à se venger, peut-être n'avait-elle pas pardonné le meurtre de son grand-père tout compte fait.

µµµ

À 13 heures tapantes, Heero est là, les enfants sont excités comme des puces, surtout Sylvain qui entraîne sa sœur.

Le gamin lui saute dans les bras. Les gosses ont été habillé pour marcher, Sylvia lui a préparé les sièges auto et la poussette.

-« Merci. »

-« N'oublie pas 18 heures ! »

-« Je partirai de là à 17 heures pour être certain. » Lui dit-il.

Yuy installe tout dans la voiture et part vers le parc. Les enfants sont ravis par les animaux et le spectacle de dauphins. Heather finit par s'endormir dans la poussette.

Dans les temps, il ramène les enfants, ils se sont arrêtés dans une crêperie pour prendre une collation et surtout savourer plus de temps ensemble.

-« Tu viens me voir à la sortie de l'école ? » Demande Sylvain en lui donnant un baiser.

-« Si j'ai le temps. » Répond-il.

-« Prends-le, s'il te plait ! » Supplie le gamin.

-« D'accord, j'y serai. » Sourit le père.

-« Ramène-le à la maison directement, cela m'évitera de devoir réveiller Heather. » Lâche Sylvia en poussant les enfants à l'intérieur. « Dépose les sièges enfant près de ma voiture, je m'en occuperai plus tard. » Ordonne-t-elle avant de refermer la porte.

Quand il rentre à l'hôtel, il fait ses comptes, entre les ballons, les entrées, les frais d'essence, il vient de dépenser presque trois cents crédits. S'il ne fait pas plus attention, il n'en sortira jamais, seul mille cinq cent crédits était presque assurés par la vente de l'électricité de son brevet. Le reste, il doit le gagner maintenant.

Une nouvelle fois, il remercie Duo pour lui retirer le loyer sur L2. Il reprend tous ses comptes à zéro et commence à regarder sur quels frais il peut rogner.

Pas sur le prix des navettes, quoi que si il peut ne plus aller en classe affaire, seulement il en aurait toujours pour cinq cent crédits le mois. Il va devoir prendre l'appartement le moins cher et ayant le moins de charges, il n'a pas trop le choix. Il aurait voulu celui avec vue sur la mer, mais il est hors de prix pour lui.

Pourtant, il avait eu un coup de cœur pour cet appartement-là, au premier étage d'un immeuble ayant une plaine privée, quatre chambres dont il aurait transformé une en bureau et chambre d'ami pour Monsieur Skinker. Un salon, une cuisine américaine où il aurait pu surveiller les enfants en préparant à manger.

Il avait failli signer de suite, toutefois il avait marche arrière quand le représentant lui avait annoncé le prix de mille crédits plus les charges. Il sait pertinemment qu'il ne peut pas dépasser les sept cent cinquante crédits avec charges.

Il va prendre l'appartement deux chambres et faire son lit dans un clic-clac dans le salon. Il arriverait à la somme de sept cent crédits avec les charges. La cuisine se trouve près du salon, l'appartement est en une sorte de U, c'est mieux que rien.

Il téléphonera à l'agence à la première heure en espérant qu'il n'est pas déjà pris, le suivant est à huit cent crédits avec les charges, même s'il a trois chambres et mieux situé. Il faut devenir raisonnable à un moment donné et prendre des décisions justes.

µµµ

La journée de lundi est bien chargée, Heero est heureux de savoir que l'appartement est toujours disponible, moins d'apprendre qu'il y a trois mois de caution, seulement cela passera de son compte intérêt à un autre bloqué, au moins il est sûr d'avoir mille huit cent crédits de côté dans plusieurs mois, voire années.

C'est vrai qu'il lui reste à peu près dix mille crédits sur un compte intérêt seulement il se rend bien compte que depuis sa sortie de prison, son maigre magot fond comme neige au soleil. Il n'avait presque plus rien sur son compte courant alors qu'il avait les quatre mois de prison en salaire moins les pensions alimentaires.

-« Quand puis-je pendre possession du logement ? » Demande-t-il.

-« Dès que tous les documents sont signés. Il est libre d'occupation. » Précise le représentant de l'agence.

-« Bien, je vais passer d'ici une demi-heure. »

-« Je vais prévenir le propriétaire qu'il vienne que vous puissiez vous rendre à la banque. »

-« Merci. »

S'il le faut, il repoussera les démarches pour l'entreprise à mardi. Il va devoir se faire un trousseau minimum pour survivre dans son appartement, ainsi il économisera déjà sur l'hôtel et l'alimentation toute prête.

Après être passé à l'agence, à la banque et puis à l'appartement, Heero se rend au magasin qu'il a toujours fréquenté avec Sylvia où ils ont acheté les chambres des enfants. Il sait qu'il ne va pas encore acheter celles pour son appartement seulement il tient à se faire une idée des prix.

C'est depuis toujours la jeune femme qui s'occupe des finances de la maison, c'est à peine s'il sait le prix d'une paire de chaussettes.

En voyant les prix de la chambre à coucher de Heather, il écarquille les yeux, c'était le prix de son loyer charges comprises. Il va voir les prix des clics-clacs, ils sont moins cher mais tournent autour des cinq cent crédits. Et en constatant la taille du meuble, il se demande comment il va le mettre dans la cage d'ascenseur.

Avant toute chose, il décide de prendre des renseignements sur les livraisons.

-« Bonjour, pour livrer au troisième étage de la rue Port au Prince, immeuble 'Au Soleil'. »

-« Il faudra un monte-charge, il faut compter mille crédits, si on sait tout livrer en une demi-journée. » Explique posément le responsable. « Vous avez déjà fait votre choix ? » Demande-t-il en sortant un bon de commande.

-« À vrai dire non, je dois encore regarder. »

-« Faites à votre aise. »

Heero repart vers les meubles de salon. C'est de pire en pire. Il doit trouver une solution. C'est à ce moment que son portable sonne dans sa poche. Il se dépêche de le prendre en espérant que ce n'est pas Sylvia qui annule la sortie de l'école après avoir consulté son avocat.

Il fronce des sourcils en voyant que c'est Duo. Est-ce qu'il y aurait un problème avec Judas ?

-« Oui ? »

-« Je voulais savoir si tu avais pu voir tes enfants, si tes projets avançaient. » Réplique Maxwell.

Heero sent son cœur s'envoler, il n'avait même pas réalisé qu'il angoissait à ce point.

-« Oui, hier. Je peux aller chercher Sylvain à l'école et le ramener à Sylvia. J'ai trouvé un appartement, je regarde à le meubler. C'est cher ! »

-« Tu es où ? » Questionne-t-il.

-« Lestrange. »

Yuy entend qu'on pianote sur le clavier.

-« Whaa, rien qu'au site, je veux bien croire. Sachant que tu n'es pas pour le 'seconde main', j'ai bien vu ta réaction avec le lit de Judas. »

Heero fronce des sourcils, il entend toujours ce clavier, il a l'impression que Maxwell meuble la conversation.

-« Tu es occupé ? » Demande Yuy pour finir.

-« Non, je t'ai mis sous haut-parleur. J'ai déjà fini journée. Tu as du temps pour monter des meubles ? » Demande-t-il.

-« Je n'ai pas fait le quart de mes démarches, mais en soirée oui ! » S'étonne Heero.

Pourquoi pose-t-il cette question ?

-« Tu connais le zoning des trois bourdons ? »

-« Oui, c'est à la limite de Marseille, ce n'est pas tout près. »

-« Là, tu as un magasin Odeoli, j'ai quelques prix, un lit armoire comme dans ton studio de L2, c'est cent nonante crédits, un lit comme celui de Judas, soixante-cinq crédits, cela vaut ce que ça vaut, il faut les monter mais tu ne vas pas déménager cinquante fois non plus. »

-« Tu vois les livraisons ? » Demande-t-il emballé par les montants.

-« Si c'est comme sur L2, on te prête une camionnette, tu payes l'essence en échange d'une caution. Je regarde sur le site… C'est pareil. » Ajoute-t-il après un moment.

-« Je vais aller y faire un tour. »

-« Qu'est-ce qu'il y a dans l'appartement ? » Demande Duo.

Il n'a pas trop envie que la discussion se termine.

-« Rien à part une cuisine équipée et un meuble de salle de bain sous l'évier. »

-« Du coup, ça va faire des frais. »

-« Oui, j'arrive à ma voiture, merci. »

-« De rien Ro'. Tu rentres quand ? »

-« Au plus tard dans l'après-midi de dimanche. »

-« Ok, tu as les clefs, si je suis chez Kevin. »

-« Te tracasse pas, tu m'aides assez comme cela. Ne modifie pas ta vie pour moi. »

Yuy se rend dans le magasin et il a l'impression de se trouver dans la caverne d'Ali Baba en voyant le choix qu'il y a. On y vend de tout, même le linge de maison et les décorations. Il y a des représentations de pièces et des prix sur tout.

Il voit un présentoir à chaque début de pièces avec des tablettes électroniques afin de marquer ses achats. À la troisième pièce, il en prend une pour regarder le fonctionnement. Il sourit en voyant qu'on peut même comparer les prix, ôter et ajouter à un panier qui calcule seul le montant où on est arrivé.

Il commence ses achats, une table, des chaises, une chaise enfant, des tables gigognes qui serviront aussi de tables basses. Il décide de suivre l'idée de Duo et de prendre un lit armoire, il dormira sûrement mieux que dans un clic-clac et cela fera moins désordonné s'il doit recevoir des clients chez lui. Il prend aussi des étagères, pour les affaires de son bureau.

En passant de pièce en pièce, il prend aussi un peu de vaisselle quand il arrive dans une cuisine, il a failli ressortir de suite mais en voyant le prix sur une poêle, il se rend compte qu'il a besoin aussi de ce genre de choses comme des essuies, des lavettes, des assiettes, couverts, bols. Il prend juste le nombre nécessaire par personne au départ, tant pis, si c'est dépareillé après s'il ne retrouve pas les mêmes.

Dans une salle de bain, il choisit des serviettes de bain, des gants de toilettes, pas beaucoup mais de quoi pouvoir laver ceux qu'il utilisera.

Il finit par les chambres des enfants, un lit, une étagère, il complétera plus tard. En voyant qu'il n'est qu'à mille cinq cent crédits en ayant tout même deux jeux de couette pour tout le monde, il se sent soulagé. Il va pouvoir contacter un avocat pour faire avancer les démarches.

Intérieurement, il remercie Duo pour son aide pour meubler son appartement.

Il se rend à la caisse où un vendeur avec sa tablette lui prépare sa commande qu'il fait charger directement dans une des camionnettes du magasin vu l'importance des achats.

-« Il me faut la clef de votre véhicule et votre carte d'identité, s'il vous plait. »

Heero lui donne, il trouve cela honnête.

-« Nous vous rendrons le tout avec votre carte bancaire quand vous nous ramènerez notre véhicule. » Conclût l'homme.

Heero va rouspéter seulement il se rend compte qu'il n'en a pas besoin, il a un peu d'argent dans son portefeuille pour les imprévus. Il va ramener directement tout cela à l'appartement.

-« Voici aussi un set de montage supplémentaire avec trois tournevis, un marteau et une tenaille. Il y a aussi un mètre. » Ajoute le vendeur en lui donnant la clef de la camionnette. « Cadeau de la maison pour les commandes de plus de sept cent cinquante crédits. On s'est rendu compte que c'est souvent des personnes qui démarrent dans la vie ou qui n'ont plus rien. »

-« Merci. »

C'est vrai qu'il n'avait pas le nécessaire pour monter les meubles, il avait espéré que c'était compris dans les colis. Le vendeur lui ayant certifié que les clous et vis étaient compris.

-« À tout à l'heure et bonne route. »

Il est 14 heures, le temps de tout vider, il n'aurait sûrement pas le temps de ramener la camionnette avant d'aller chercher Sylvain. Il le ferait après et même finir de la vider s'il prend du retard.

Arrivé en bas de son immeuble, il se parque et commence son travail de fourmi. Dire qu'il ne sait pas où sont les poubelles de l'immeuble, il se renseignera plus tard.

Au troisième voyage, il y a un homme qui l'attend à côté de la camionnette.

-« Bonjour, vous devez être le nouveau locataire du troisième ! ».

-« Oui. »

-« Je suis le concierge, la porte du fond au rez-de-chaussée, si vous avez besoin de renseignements. »

-« Je n'y manquerai pas. »

L'homme repart, Heero reprend son déménagement. Il installe les cartons directement dans les bonnes pièces que cela ne soit pas le foutoir. Au moins ce concierge n'a pas l'air envahissant, il est sûr qu'il n'aurait pas apprécié.

À chaque fois qu'il monte un colis, il mord dans le sandwich qu'il a acheté sur le trajet. Il ne va pas tenir longtemps s'il ne mange pas plus régulièrement.

Il n'a pas encore tout vidé qu'il est l'heure d'aller chercher son fils. Il passe par la salle de bain, sort un essuie du sac et se lave rapidement à l'eau. En voulant changer de vêtements, il se rend compte qu'ils sont dans le coffre de sa voiture qui est sur le parking du Olideon.

Il remet les mêmes et part d'un bon pas vers l'école, le gamin se précipite dans ses bras.

-« On va manger une crêpe ? » Demande Sylvain.

-« Pas aujourd'hui, on va demander à maman si on peut le faire demain. » Sourit-il.

-« Tu me manques. » Bougonne le gamin.

-« J'ai trouvé un appartement, bientôt tu pourras venir dormir dedans. »

-« Oh oui, j'aimerai beaucoup comme Cameron, il va aussi dormir chez son papa. Il y va tous les week-ends. » Explique son fils en marchant à côté de lui. « Je pourrais aussi venir tous les week-ends ? »

-« Non, Sylvain, déjà parce que je suis sur L2 un week-end sur deux. » Répond Heero.

Il préfère lui dire directement la vérité, par contre il hésite, est-ce qu'il doit parler de Judas ? Est-ce que Sylvia leur a dit ? Il ne tient pas à compromettre ses chances, alors il se tait.

-« Je n'aime pas quand je ne te vois pas. En plus, à la maison on ne peut pas parler de toi. » Soupire l'enfant.

-« Je suis désolé, j'ai mal agi c'est pour cela que maman est fâchée contre moi. J'espère que bientôt vous pourrez venir vivre une semaine sur deux chez moi. » Dit-il en arrivant devant la propriété.

Sylvain court jusqu'à la porte, Yuy le porte qu'il puisse sonner. Sylvia arrive avec Heather encore un peu endormie dans les bras. La petite lui sourit et tend les bras à son père. Après l'accord de son ex-femme, lil la prend un peu. Heather lui sourit encore plus et cela lui réchauffe le cœur.

-« Je pourrais aller manger une crêpe avec papa demain ? » Interroge Sylvain.

-« Ma aussi. » Ajoute Heather.

Sylvia respire profondément, elle lui en veut tellement et elle le trouve en même temps si beau avec ses yeux bleus qui attendent son approbation. C'est ce qui l'avait séduite, dans un corps d'homme, il y a avait un enfant blessé qui sommeillait dans son regard. Elle se combattait quotidiennement pour ne pas céder à ses envies. Elle était persuadée de le perdre à nouveau et surtout elle sait qu'elle ne pourra jamais lui donner ce qu'il a besoin.

S'il a succombé à Hilde, cela en est bien la preuve qu'elle ne le satisfaisait pas, qu'elle ne lui apportait pas tout ce qu'il faut pour son équilibre.

-« D'accord, viens chercher Heather demain après avoir été chercher Sylvain. J'autorise cela une fois par semaine où tu es ici. »

-« Merci. » Dit-il en lui rendant la petite fille.

Sylvia ferme la porte et se rend à la fenêtre pour le regarder partir. Elle trouve qu'il attrape un autre type de beauté, comme s'il avait enfin confiance en lui.

En revenant à son appartement, Heero reprend son déménagement. Il a presque tout vidé. Quand il a fini, il regarde l'heure, il est 17h15. Il en profite pour vite téléphoner à son avocat.

-« Monsieur Yuy, Madame Noventa m'a contacté avant, je ne peux pas être l'avocat conseil de deux parties adverses. Je vais vous donner le numéro d'un confrère, vous avez de quoi noter ? »

Le brun l'inscrit et le compose, ils fixent rendez-vous pour le lendemain après 17 heures.

Après avoir reporté la camionnette et repris sa voiture, il fait un dernier arrêt dans un supermarché afin d'avoir de quoi se sustenter, puis il s'attaque au montage de son lit. S'il n'a pas fini, il pourra toujours dormir sur le matelas à même le sol, même s'il doute que ce soit confortable surtout quand il a vu le matelas emballé sous vide qui n'est autre qu'un boudin d'un mètre quatre-vingt sur cinquante centimètres de diamètre, il doute vraiment du confort.

En suivant les instructions et les plans inclus, il commence le montage. Il n'a pas d'autres occupations de toute façon. Il n'a pas encore le net, ni de télévision. Et surtout, il n'a jamais aimé vivre dans le désordre.

Au bout de deux heures, Heero recule et regarde l'armoire qu'il a montée. Il est fier de lui. Il s'avance pour l'ouvrir et installer le sommier et le matelas, ainsi il pourra faire son lit.

Il s'attaquera juste après à l'étagère, il montera la table en dernier pour ne pas s'ôter de l'espace de travail.

Il va chercher le matelas, en se disant qu'il en achètera un bon quand tout sera mieux dans sa vie. Il prend un coin du plastique et le déchire, tout du long.

Directement, le matelas se déroule en aspirant l'air autour de lui, Heero cligne plusieurs fois des paupières en voyant qu'il a un matelas de dix centimètres de mousse qui se forme devant ses yeux. Il a l'impression de voir un bateau de sauvetage se gonfler après qu'on ait tiré la pipette.

Quand le matelas ne bouge plus, Heero vient en tester la résistance et tout compte fait il se rend compte que la qualité n'est pas aussi médiocre qu'il le croit.

Il le met sur le sommier, fait son lit et part à la douche. Il va être 22 heures autant arrêter les travaux pour le moment afin de ne pas se mettre à dos ses nouveaux voisins.

µµµ

La première chose qu'il fait le lendemain, c'est se rendre au siège de la Noventa. Il va voir Monsieur Firmin.

-« Monsieur Yuy, comment allez-vous ? »

-« Bien et vous ? »

-« Très bien. Qu'est-ce que je peux faire pour vous rendre service ? » Demande l'homme.

-« Je vais monter ma société et je viens voir si vous pouvez nous fournir le matériel, nous deviendrons clients. » Expose-t-il posément.

-« Pour ? »

-« La marchandise et le rachat de l'électricité. »

-« Bien, nous allons en discuter et faire un bilan. »

Pendant plus de trois heures, Heero et Monsieur Firmin discutent, d'autres personnes participent par interphone ou mail pour certaines précisions, ils arrivent pour finir à un accord. Bien sûr, Heero ne gagne pas autant qu'il aurait souhaité. De toute façon, personnellement, il va continuer à gagner également de l'argent sur les anciennes installations.

C'est heureux et satisfait de lui qu'il s'arrête dans un fast-food de manière à pouvoir envoyer un mail à son associé-collègue. Puisque Monsieur Skinker n'engage aucun avoir, il aura un salaire fixe et non un pourcentage sur les placements.

Depuis qu'il est sorti de prison, il estime que les choses se passent bien et progressent rapidement. Une bonne partie de l'après-midi, il continue à monter ses meubles.

Il va chercher son fils puis sa fille avant de les emmener goûter. C'est un agréable moment pour tous les trois. À 17 heures, il les ramène à Sylvia et part directement à son rendez-vous chez l'avocat.

Après avoir exposé concrètement son problème, son avocat lui demande.

-« Vous pouvez voir vos enfants ? »

-« Oui, elle a fini par accepter que je ramène mon fils de l'école et je viens d'aller goûter avec les deux. » Sourit-il.

-« C'est dommage, je vais devoir suivre la voie normale, cela risque de prendre trois à quatre mois. Enfin, si elle est dans de bonnes dispositions, cela peut aller plus vite. Je vais lui envoyer un courrier via son avocat pour lui proposer vos demandes. »

-« Tenez-moi au courant. » Dit-il en se levant.

Dire qu'il avait trouvé que la semaine avait bien commencé. Il ne sait pas si c'est une tactique de Sylvia qu'elle a imaginé avec son avocat pour faire traîner les choses, mais lui trouvait qu'il y avait moins de tension entre eux, il sent la rage augmenter en lui.

Pour ses enfants, il ne dira rien, il va attendre d'avoir la réaction de son ex-femme par courrier.

Tous les jours, Heero va chercher Sylvain à l'école. Il avance beaucoup dans son aménagement, il a presque fini. Pour le travail, il a commencé à prendre des contacts seulement il aura plus facile dans quinze jours quand il aura le net et le téléphone. Le technicien sera là lundi à 9 heures.

À Suivre…