Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints. Les autres personnages ne faisant pas partie de l'univers de GW sont ma propriété.

Genre : Hurt/confort/Amitié.

Lectrice 01 : Arlia Eien.

Acteurs : Heero, Relena, Sylvia, Duo, Hilde, Trowa.

Début d'écriture 28 octobre 2011


Chapitre 19


Cette fois aussi Judas n'avait pas voulu retourner chez sa mère sans larmes, Heero finissait par se demander si lson ex-femme s'en occupait bien. Duo lui avait promis de surveiller.

Après avoir dormi cinq heures dans la navette, le commercial entre dans son appartement, il aère un peu. Après la sieste de Heather, il ira faire des courses avec les enfants, acheter des décorations pour leur chambre et une série de vêtements ainsi que des draps de bain pour tout le monde. Il faudra aussi qu'il achète une valise plus grande pour ramener le linge de ses enfants sur L2 afin de le laver.

Il faut qu'il s'active également pour sa société, ce sera bientôt les grandes vacances et il ne pourra plus faire des démonstrations personnellement à moins qu'il n'engage un baby-sitter cependant cela va encore diminuer ses bénéfices.

Aux grandes vacances, il croit bien que c'est Elric qui va faire toutes les représentations pour la Terre, il faudra qu'ils en discutent et voir s'il peut regrouper et même faire paraître des publicités dans des endroits plus froids et lancer la nouvelle gamme pour des gens qui ont un cours d'eau qui passe près de chez eux.

Un peu avant d'aller chercher ses enfants à l'école, Heero se rend à la société mère pour donner sa commande de matériel et discuter un peu avec Monsieur Firmin.

-« En décembre, je prends ma pension, tu continueras à passer ? » Demande l'homme.

-« Je ne crois pas, il y a plus de choses qui vont se faire par mail. »

-« Au moins, j'aurai de tes nouvelles par mon neveu. Il n'aurait jamais imaginé que son stage aboutirait sur une offre d'emploi. »

-« Cela m'a permis de ne pas prospecter pour trouver quelqu'un. » Avoue Yuy.

-« Je m'en doute que tu y trouves ton compte. »

-« J'y vais sinon je vais être en retard. »

La soupe et les tartines attendent déjà sur la table de la salle à manger. Il sait qu'il n'a pas beaucoup de temps pour faire diner les enfants. Sylvia a toujours été chercher Sylvain à midi pour le faire manger, il n'allait pas commencer à faire diner son fils à l'école. Même s'il va avoir des différences dans l'éducation, il ne tient pas tout chambouler directement.

Il a acheté sur L2 une soupière thermique hermétique, il avait trouvé cela quand il cherchait le moyen de garder les biberons de Judas chaud pour après les représentations. Il sait que sa soupe restera bien chaude jusqu'à leur arrivée.

Il est heureux en attendant sa fille et son fils. Puis il fronce des sourcils en voyant l'institutrice de Heather venir en tenant la main de la gamine et un sac dans l'autre.

-« Bonjour, Heather a vomi à dix heures, j'ai appelé sa maman pour qu'elle vienne la rechercher, elle m'a répondu que par ordre du tribunal, elle n'en avait plus la garde en la déposant à l'école le lundi matin. Heather a un peu dormi à l'infirmerie. Est-ce que vous pouvez passer par la direction demain matin pour mettre le dossier des enfants en ordre ? »

-« Je le ferai sans problème. Elle aurait pu vous donner mon numéro, je serai venu. »

-« Ne vous tracassez pas, cela arrive surtout quand le jugement est récent. »

N'empêche que Heero en voulait à Sylvia jusqu'ici elle n'avait pas fait payer ses bêtises aux enfants. Elle avait deux solutions pour que sa fille ne pâtisse pas de tout cela, donner son numéro à l'école ou lui sonner directement après. Plus le temps passe, moins il comprend Hilde et Sylvia.

-« Vous pourrez ramener les vêtements nettoyés ? »

-« Je vous en amènerai d'autres, je n'ai pas de machine ici. Je vous les rendrai dans quinze jours. »

-« Vous voulez que je le fasse ? »

-« C'est gentil, on va se débrouiller. » Répond Heero en mettant sa fille dans ses bras.

Elle pose directement sa tête sur son épaule. L'institutrice remet une mèche des cheveux de la gamine en place et retourne vers son rang. Sylvain arrive en courant.

-« Alors, c'est vrai. Je suis content. Qu'est-ce qu'on mange à midi ? »

-« Des tartines et de la soupe cerfeuil. » Répond le métis.

-« Miam, j'aime la soupe, c'est quelle marque ? » Insiste le gamin.

-« Maison, je l'ai fait ce matin. J'en ferai au potiron après-midi pour varier. » Propose Yuy en prenant la direction de l'appartement.

-« Tomates aussi ? » Demande Heather.

-« Je n'ai pas pour la faire mais j'irai acheter les légumes. »

La petite fille lui fait son plus beau sourire.

-« Cela va mieux ton ventre ? » Demande-t-il.

La gamine affirme de la tête. Heero pensait bien que c'était surtout dû au stress de sa nouvelle vie. Il faut voir aussi comment Sylvia l'a déposée à l'école.

Arrivé à l'appartement, Sylvain ôte sa mallette puis sa veste qu'il met au crochet. Il ouvre son cartable pendant que le métis enlève la veste de sa fille.

-« Tiens Heather, j'ai piqué ton doudou pendant que maman t'habillait. »

La gamine court se jeter dans les bras de son frère avant de serrer sa peluche rose dans ses bras.

Heero n'a pas le cœur d'enguirlander son fils, le geste est tellement beau, il lui passe la main dans les cheveux.

-« Heather va mettre ton doudou sur ton lit, on va manger. »

La petite fille court l'y mettre et revient. Le repas se passe dans une bonne ambiance. Heero va reconduire Sylvain à l'école en portant Heather puis il rentre pour la mettre au lit.

-« Dors vite la puce, je vais devoir te réveiller pour aller chercher ton grand-frère. »

Pendant ce temps, Heero fait sa soupe, il faut qu'il avance dans son ménage et dans la préparation des repas du soir pendant la sieste sinon il va courir derrière le temps et ne jamais profiter de ses enfants. Il faut qu'il trouve une organisation comme il en a une sur L2. Seulement sans Duo pour le seconder dans certaines étapes cela va être plus difficile, il le réalise.

Et si cela arrive souvent à Heather d'être malade, et qu'il doive aller la rechercher, est-ce qu'il va pouvoir postposer ses rares rendez-vous du matin ?

Heero ferme les yeux, respire un grand coup. Cela ne sert à rien de paniquer, il réglera les problèmes au fur et à mesure. Il faut surtout qu'il fasse les choses comme il les a imaginées, après il adaptera.

À quinze heures, Heero a préparé sa grande casserole de soupe au potiron, il devra encore la mixer, il n'a pas voulu le faire pour ne pas perturber le sommeil de sa fille. Les habits qu'elle a souillé trempent dans un seau avec un peu de liquide vaisselle. Il faudra qu'il achète aussi un peu de poudre à lessiver pour faire de temps à autre une lessive à la main.

À quinze heures dix, il entre doucement dans la chambre, il ne connait pas réellement ses enfants, pas aussi bien que Judas, il s'en est rendu compte à midi. Il avait voulu prendre de l'avance en faisant les tartines, mais Heather n'aime pas le beurre sur le pain et son fils a ôté sa charcuterie pour manger sa tartine avec juste le fromage.

C'est aussi pour cela qu'il veut aller faire des courses avec eux de manière à connaître mieux leurs goûts, même s'il estime qu'à leur âge on doit manger de tout, du moins goûter à tout.

-« Petite puce, il est temps de te lever. »

Il lui met une main sur l'épaule, la gamine sursaute et hurle avant de voir son père et de se calmer.

-« Excuse-moi, il va être le temps d'aller chercher ton frère. »

-« Pipi. » Lâche-t-elle en pleurant.

-« Oui, tu peux y aller avant de partir. »

-« Pipi, lit. »

-« Ce n'est pas grave Heather, j'aurai dû te demander si tu mettais un lange pour faire dodo. On va vite te laver et te changer, on refera le lit tout à l'heure. »

Au fond de lui-même, il râle, si cela arrive plusieurs fois, il n'aura jamais assez de draps. Pourquoi Sylvia ne l'a pas prévenu qu'elle n'était pas propre la nuit et à la sieste ? Pourquoi ne lui a-t-il pas demandé aussi ! Il ne va pas commencer à l'accuser tout le temps. Il a sa part de responsabilité, réalise-t-il alors qu'il douche rapidement la gamine.

Il l'essuie et la rhabille, c'est en courant qu'il part pour l'école après avoir mis Heather sur ses épaules, cela la fait rire énormément.

Quand Heero arrive, Sylvain est le seul à attendre.

-« Vous voilà, je me suis demandé comment nous allions faire. » Avoue l'institutrice du gamin.

-« Heather a mouillé son lit. » S'excuse Yuy.

-« Tu ne lui as pas mis de lange ! » accuse presque Sylvain. « Madame Annette ne voulait pas que j'aille tout seul chez toi pourtant je connais le chemin. »

-« Madame Annette a eu raison. Je passe dès demain matin pour vous donner mes coordonnées. »

-« À demain Sylvain. » Dit l'institutrice avant de rentrer dans l'école.

-« On passe par l'appartement pour goûter, puis on ira faire des courses. » Précise le papa.

-« Je pourrais pousser un petit caddie ? Maman ne veut plus que je fasse les courses avec elle. » Soupire Sylvain.

-« Si tu n'es pas gentil, tu iras le ranger et tu tiendras la poussette. » Préviens déjà Heero.

Il fait rapidement goûter les enfants, pendant qu'il ôte les draps du lit. Encore une chance qu'il avait fait une housse avec le plastique et qu'il l'avait mis sur le matelas, par contre la couette sent l'urine, il va devoir la laver.

Décidément les choses ne se passent pas du tout comme il l'avait envisagé. Il va devoir acheter une nouvelle couette et un portique pour faire sécher le plus gros. Au moment où il veut mettre le tout dans la baignoire, il s'arrête. S'il fait cela il ne pourra pas donner le bain aux enfants.

-« On pourra avoir des crêpes demain ? » Demande Sylvain.

Il est en train de finir le bol de céréales que son père leur a servi.

-« Il n'y en aura pas toutes les semaines non plus. » Réplique-t-il de la salle de bain.

-« Maman, elle a dit que tu ne ferais plus autant de gaufres, crêpes et gâteaux quand on serait là tout le temps. Qu'on n'allait pas être traités comme des rois. » Lâche le gamin.

-« Elle a raison, ce n'est plus un jour de fête. » Avoue Heero en venant s'installer enfin à la table. « Vous avez fini de manger ? Bien, on va y aller. »

Ils descendent jusqu'au sous-sol, Heero a installé les fauteuils au matin. Il attache les enfants et démarre la voiture direction le magasin Odeoli. Il n'avait rien vu de moins cher dans le coin. Puisqu'il n'y a pas de poussettes prévues, Heero porte sa fille et donne la main à Sylvain. Il n'est pas vraiment pour se favoritisme. Néanmoins, il a encore beaucoup de choses à faire aujourd'hui.

Au bout d'une heure, les enfants ont choisi des descentes de lit, deux cadres. Heero a racheté des housses de couettes, une couette, un portique pour sécher le linge à mettre au-dessus de la baignoire que l'eau s'écoule dedans, un lot de pinces à linge.

Après avoir attendu près du guichet qu'on lui donne sa commande, Heero charge sa voiture comme il peut sur le siège passager, aux pieds des enfants. Il doit encore se rendre dans une grande surface pour acheter ce qu'il faut pour réaliser la soupe à la tomate, des tupperwares pour le congélateur, des langes pour sa fille puisqu'elle en met toujours la nuit et à la sieste. Il va acheter des vêtements demain, aujourd'hui il n'aura pas le temps surtout s'il doit encore faire le souper.

Pourtant, il est dans un centre commercial, il avait tout sous la main. Cependant, il doit admettre que les enfants commencent à devenir difficile. Il a déjà dû rappeler deux fois Sylvain qui restait en arrière pour regarder des paquets de biscuits.

Avec eux, il a choisi la viande, les légumes et les céréales du matin, ce qu'on va mettre sur les tartines à midi. Seulement, il ne tient pas à leur laisser le choix de tout. Il comprend que Sylvia fasse les courses sans son fils, il ne renouvellera pas cinquante fois l'expérience.

-« Papa, on peut avoir des pizzas ? » Demande le gamin.

-« Pour samedi midi, ce soir on mange les saucisses, la compote et les pommes de terre. » Rappelle Heero.

-« Je n'aime pas les saucisses ! » Bougonne Sylvain.

-« Ce n'est pas ce que tu as dit il y a dix minutes quand on les a choisies. » Rétorque-t-il en prenant des pizzas fraiches.

Il les mettra au congélateur, on ne sait jamais qu'ils ne les mangent pas ce jour-là.

-« Je veux les manger ce soir ! » Exige Sylvain.

-« Je peux encore les remettre et on n'en aura pas samedi. » Argumente le papa.

Le gamin fait la moue mais se tait, il suit son père sans plus rien dire, jusqu'à la caisse où il y a des jeux dans les présentoirs ainsi que des livres.

-« On peut avoir des livres à colorier ? » Demande Sylvain.

-« Pendant que je mets tout sur le tapis, tu peux aller en prendre un pour toi et un pour ta sœur. N'oublie pas des crayons. »

Ce n'était pas une mauvaise idée, ainsi les enfants auraient des occupations pendant qu'il préparera le repas. Du coin de l'œil, il surveille son fils. Alors que le chariot est presque vide, il voit sa fille se mettre debout sur son petit siège.

-« Hé, hé, qu'est-ce que tu fais ? »

-« Livres. » Dit-elle en montrant des contes pour enfants.

-« Allez va en chercher un et tu reviens. » Dit-il en la mettant sur le sol.

-« Merci. » Dit-elle avant de partir.

Cela fait sourire Heero, au moins elle l'a remercié elle. Sylvain ne l'avait pas fait. Au bout de deux minutes, Heather revient avec le conte de la cabane enchantée. En plus, elle en avait choisi un qu'il n'avait pas à la maison. Sylvain cherche toujours le cahier qu'il veut.

-« Sylvain, dépêche-toi ! » Insiste-t-il en remettant sa fille dans son siège.

Elle garde le livre en main, Heero lui prendra quand on commencera son compte.

-« Sylvain, si je dois venir te chercher, tu ne prends rien. »

En soupirant, le gamin en choisit un et revient, il dépose les deux sur le tapis.

-« Va ranger ton caddie. » Ordonne Yuy en commençant à ranger les courses dans des caisses. « Oh, tu me donnes le livre qu'on le paie ? »

La petite le donne, la caissière le scanne et le rend à Heather qui tend déjà les mains. Ne voyant pas son fils revenir, il le cherche des yeux et finit par le trouver sur la petite voiture dans le sas de sortie. Heero lève les yeux au ciel.

-« Tu ne bouges pas ma puce, je reviens. » Dit-il à sa fille.

À grandes enjambées, il va vers la voiture et en sort son fils, sans ménagement, il l'assied sur l'emplacement pour remplir les caisses.

Sylvain regarde son père méchamment avant de dire.

-« Tu m'as fait mal. »

-« Tu n'as qu'à obéir. » Rétorque-t-il en mettant les dernières courses en place.

Puis il dépose les caisses dans le caddie et se retourne vers la caissière pour payer.

-« 73,52 crédits. » Dit-elle en lui souriant.

Yuy sort sa carte de banque, l'introduit dans l'appareil, fait son code secret. Après avoir rangé son portefeuille, il descend son fils et lui met la main sur la poussette tout près de la jambe de sa sœur.

-« Au revoir. » Dit-il à la jeune femme.

-« Au revoir. » Répond-elle.

-« Tu as intérêt à ne plus bouger jusqu'à l'appartement. » Prévient Heero.

-« C'était plus marrant quand on ne venait que le mardi. » Soupire l'enfant.

-« Il n'y aura pas autant de courses les autres fois. » Rassure le papa.

-« Je n'aime pas les courses. » Lâche Sylvain alors que son père ouvre la voiture.

-« Moi non plus, mais il faut bien les faire. » Avoue Yuy en installant sa fille.

Pendant ce temps son fils monte sur son siège, pendant qu'il l'attache il lui dit.

-« Je charge la voiture et on y va encore un peu de patience et vous pourrez jouer. »

-« Lire ? » Demande Heather.

-« Pour faire dodo ma puce. Je n'aurai pas trop le temps avant. » S'excuse Yuy.

-« Maman aussi n'a jamais le temps. » Soupire Sylvain.

-« Je me doute. »

Heero ouvre le coffre et met les deux caisses à l'intérieur. Il va devoir faire plusieurs voyages pour vider sa voiture. Est-ce qu'il pourra laisser les enfants seuls ce temps-là ? Il n'aura pas trop le choix.

µµµ

Quand il couche les enfants à presque vingt heures, Yuy n'aurait jamais cru qu'il serait aussi fatigué. C'était d'être pressé par le temps, d'avoir des horaires à respecter qui l'avait plus épuisé qu'autre chose, il veut bien l'admettre. En plus Sylvain testait ses limites, il s'en rendait compte.

Cela allait aller mieux le temps passant, il en était certain. Lire une histoire aux enfants l'avait calmé en même temps qu'eux.

Demain, il a une représentation juste après avoir été donner ses coordonnées à l'école.

Dans l'eau du bain des enfants, il fait tremper la couette et les draps du lit d'Heather plus les vêtements dans lesquels elle a vomi à l'école avec la poudre qu'il a acheté tout à l'heure.

µµµ

Avec des journées bien remplies, Heero ne voit pas passer la semaine. Il est resplendissant quand il arrive sur L2. Cela fait plaisir à Duo de le voir aussi serein lundi matin après que le commercial ait été chercher son fils.

Comme Yuy arrive dans la nuit maintenant, Maxwell a essayé de préparer le plus de choses possibles pour le déjeuner que son ami puisse moins stresser et courir surtout. Qu'il puisse dormir également un peu plus longtemps. Le plus gros de la table avait été mis la veille, cela avait fait sourire Heero en rentrant de chez lui.

-« Tu n'es pas trop fatigué ? » Demande Duo alors qu'ils déjeunent tous les trois.

-« S'il faut, je ferais une sieste l'après-midi avec Judas. » Rassure-t-il. « Comment est-ce qu'elle s'en occupe ? » s'informe-t-il en montrant son fils du menton.

Heero s'étonne de voir Duo plus mal à l'aise, ce n'est pas tellement son genre.

-« Lundi, je lui ai emprunté un peu de beurre. Judas était dans le parc son biberon de soupe avec lui, alors qu'eux était à table. »

-« Eux ? » S'étonne Yuy.

-« Son mec et elle. Judas me regardait tristement, mais je n'ai pas osé faire un pas vers lui. Mardi, je lui ai ramené son beurre. Il était plus tôt, c'est son mec qui m'a ouvert. Judas était dans son parc debout, suçant nerveusement un jouet en regardant vers la cuisine. En partant, son jules a dit que le gamin avait l'air d'avoir faim. Donne-lui un biscuit dur, a-t-elle répondu. »

Maxwell s'arrête pour tourner un peu dans son café.

-« Jeudi, je suis remonté pour du sucre. » Sourit-il.

-« Tu aurais peut-être dû espacer plus. » Sourit le métis.

-« Je sais mais ça me tracassait aussi. Il n'a jamais le regard aussi triste ici. Et puis, il avait pleuré longtemps après que tu lui aies ramené. »

-« Et ? »

-« Quand je lui ai demandé du sucre, Hilde m'a demandé si je faisais une enquête. Mais avant que je n'aie le temps de trouver une excuse, elle a enchainé : « Je n'ai pas le temps de m'en occuper comme Heero, de passer des heures à jouer avec lui et tu pourras lui dire qu'il est en train de le pourrir. » Je ne sais même pas où était ton fils. »

-« Sûrement dans le parc. » Soupire Heero. « Il est temps que je trouve une solution pour augmenter les affaires et que je puisse intenter une action pour en obtenir une garde complète. »

-« Tu lui laisserais pour des week-end, des congés ? » Demande Maxwell.

-« Tu crois qu'elle le voudrait ? » S'étonne Heero.

-« Non, tu as raison. »

-« Tu as entendu autre chose n'est-ce pas ! » Affirme Yuy alors qu'il tend une deuxième tartine sans croute à son fils.

-« Son mec suggérait de me le mettre de temps en temps puisque je m'inquiétais. Ro' je n'ai pas le temps, je ne suis presque jamais chez moi la semaine où tu n'es pas là. »

-« Je ne te le demande pas, ni de rester quand je suis là. Tu fais déjà tellement pour moi. »

-« Parce que j'en ai envie. » Rappelle Maxwell.

-« Mais cela me met mal à l'aise. »

-« Tu ne dois vraiment pas. Tu me connais assez pour savoir que j'y ai mon compte. » Dit Duo en vidant sa tasse de café.

Il se lève pour se rendre au travail.

-« pa patir. » Lâche Judas.

-« Hé gamin, tu vas pas me faire le coup chaque semaine. » Rigole Duo en lui déposant un bisou sur le front.

-« Je ne vois pas où tu y trouves ton compte. »

-« Parce que tu n'es pas moi. À ce soir. »

µµµ

Les semaines passent, Heero a trouvé son rythme de croisière en trois fois avec les deux enfants. Il doit bien admettre également qu'en ayant moins de représentations malgré le travail de bureau, il s'ennuie un peu à son appartement de Marseille.

Si les ouvriers ont de plus en plus de travail, s'il planifie les semaines de boulot, les entretiens, il peut presque reprendre le planning fait les autres années. Il envoie des mails pour rappeler la date du rendez-vous. Cela aussi c'est une machine huilée qui ne lui prend pas beaucoup de temps.

À l'approche des grandes vacances, il sera un peu plus occupé par les enfants, cela le rassure. Alors qu'il fait le ménage, la radio allumée après avoir écouté le journal, il entend une émission sur les aveugles.

Un des intervenants fait une suggestion qui l'intéresse réellement, sur un bout de papier, il note l'adresse du site et allume directement son ordinateur pour en savoir plus.

C'est peut-être bénévole mais au-moins, cela va l'occuper et il aura l'impression de faire des choses pour les autres pas seulement à son profit. Et puis, il a toujours trouvé que c'était important, sinon il ne le ferait pas avec ses enfants.

Il trouve rapidement le questionnaire qu'il remplit et envoie sa candidature. Il ne doit pas être si mauvais que cela sinon Duo ne viendrait pas l'écouter quand il lit des histoires à Judas.

Dès le lendemain, il reçoit une réponse, on lui demande de choisir une histoire et d'envoyer un essai. Heero décide d'enregistrer l'histoire qu'il va lire aux enfants au soir. Il installe son ordinateur tout près, explique aux enfants pourquoi il enregistre et prend le livre que Sylvain doit écouter pour l'école.

Il donne le nom du livre, l'auteur et se lance, comme toujours les enfants sont sages et scotchés pendant la lecture. Il pousse sur arrêt et couche ses enfants comme les autres jours, c'est seulement à ce moment-là qu'il récupère son fichier et qu'il l'expédie en tant que pièce jointe.

Ayant envoyé son mail plus tard, il doit attendre le surlendemain pour obtenir une réponse et l'accord de devenir « lecteur pour aveugle » à la demande.

Vous recevrez le livre par la poste ainsi que le matériel pour enregistrer sur CD Rom.

Quand vous nous aurez fait parvenir l'enregistrement, nous vous payerons dix crédits par livre.

Heero cligne des paupières, il regarde à nouveau le site et envoie un mail.

Vous disiez travail bénévole. Je suis étonné de me faire rémunérer.

Dans l'heure, il a une réponse.

C'est pour être certain d'avoir des gens vraiment motivés.

Si un livre vous pose vraiment un problème, signalez-le rapidement que nous trouvions quelqu'un d'autre.

Nous sommes en train de constituer une bibliothèque, nous copions ceux qui sont déjà lu. Seulement nous avons parfois des demandes d'aveugles qui aimeraient ce livre-là car ils ne le trouvent pas en braille.

Ce que Heero espère maintenant, c'est que le tout arrive avant qu'il ne doive repartir sur L2. Par acquit de conscience, il le signale à l'association : « Le livre aveugle. »

En voyant le paquet dans la boite aux lettres samedi il ne peut s'empêcher de sourire. Il pourra commencer dès la semaine prochaine. Le livre ne se prêtant pas vraiment aux enfants, il ne pourra pas le faire durant la journée.

Dire que dès la quinzaine prochaine, c'est déjà les grandes vacances. En regardant en arrière, il préfère de loin sa vie maintenant qu'aux dernières qu'il a vécues. Il n'a jamais aimé les mensonges et sa vie avait fini par être trop compliquée même s'il aimait les défis, il y a des limites à tout.

Seule petite ombre au tableau, Judas, les choses ne vont pas assez vite, il ne peut pas se permettre d'engager à temps plein Monsieur Skinker et vu qu'il fait moins d'heures sur Terre et qu'il a plus de frais avec les enfants, il ne peut pas se permettre d'avoir plus de dépenses pour le moment.

En arrivant sur L2, Duo dort comme toutes les semaines, il se couche le plus doucement possible. Il n'aura droit qu'à cinq heures de sommeil.

Lundi est mouvementé comme toutes les semaines. Judas est au lit quand Heero sort son matériel pour enregistrer.

-« Cela ne te dérange pas si je lis à voix haute ? J'ai pris un accord avec une association. »

-« Tu sais bien que j'aime t'entendre lire. C'est quoi comme association ? » Demande Duo.

Yuy lui explique rapidement et montre le livre à son ami.

-« Commence toujours, j'espère que ça sera plus captivant que les histoires d'ourson. » Sourit Maxwell.

-« Cela risque d'être plus long. » Rétorque-t-il.

Il s'installe convenablement, l'enregistreur près de lui. Duo s'installe dans l'autre fauteuil pour ne pas faire des interférences.

À la fin du deuxième chapitre, le métis coupe l'enregistreur. Son ami regarde sa montre, il y a trois quarts d'heure qu'il écoute.

-« Tu as soif ? » Demande Maxwell.

-« C'est pour cela que j'arrêtais et reposer un peu ma voix. »

Duo se lève et va lui chercher un verre.

-« Je peux te demander une faveur ? » Dit-il en lui tendant.

-« Tout dépend de laquelle ! »

-« M'attendre pour lire la suite. » Demande-t-il timidement.

-« Je gagne dix crédits et le livre, je pourrais te le passer. » Propose Yuy.

-« Ce n'est pas la même chose, je suis étonné que tu arrives à mettre de suite la bonne intonation. »

-« J'ai lu les quatre premiers chapitres dans la navette et en soirée. »

-« Ce n'est pas cher payé dix crédits surtout pour le travail. » Réalise Maxwell.

-« Je voulais bien le faire bénévolement, c'est important la lecture, je serai malheureux si j'en étais privé. »

-« Pourtant je ne t'ai jamais vu beaucoup lire. »

-« Par manque de temps, j'en ai dévoré des livres en navette à une période, quand j'avais fini mon travail. Et tu avais pourtant deux livres en cours dans mes affaires quand tu m'as amené de quoi m'occuper en prison. » Rappelle le métis.

Après avoir bu son verre d'eau, Heero recommence à lire les deux autres chapitres. Maxwell a des petites étoiles dans les yeux en le regardant. Cela donne des fourmillements dans le bas ventre du métis. Et de réaliser tout d'un coup qu'il y a dix jours qu'il n'a pas eu une gâterie du jeune homme, le gonfle encore plus.

Il lui reste toujours une gêne de le demander à Duo, surtout qu'il lui donne beaucoup de tendresse pendant l'acte, lui ne peut rien lui donner en retour, ni caresse, ni baiser.

Pourquoi des baisers ? Heero écarquille des yeux surpris par ses propres pensées.

-« Il y a un problème ? » Demande Maxwell.

Yuy rougit et secoue la tête.

-« Allez viens, je crois que tu as des envies, ce sera en remerciement de la lecture. »

-« Cela devrait être l'inverse ! » S'indigne Heero sans prendre la main qu'il lui tend. « Tu en fais trop pour me rendre heureux. »

-« Chut ! tu le sais pourtant que tu m'apportes autant que je t'apporte et quand j'ai trop envie de sexe, je vais voir Kevin. »

-« Justement, je n'aime pas quand tu le dis. Je n'aime pas t'imaginer avec lui. J'ai encore plus l'impression de ne rien t'apporter. »

Duo marque le coup et réfléchit un peu. Ils sont là à se regarder sans rien dire.

-« Et quoi qu'est-ce que tu voudrais me donner ? » Finit-il par insister. « Des caresses, je vais avoir encore plus envie de toi. Parfois j'ai dur de ne pas m'assouvir en toi. J'en rêve. Mais j'aurai très dur de devoir faire machine arrière, il me faudrait un temps pour pouvoir vivre à nouveau à côté de toi sans te toucher si on teste simplement et que tu n'aimes pas, surtout si je dois m'arrêter au milieu. »

Yuy écarquille encore plus des yeux rien que d'imaginer ce qu'explique Duo. Il n'avait pas pensé à cela, même si parfois il se voyait sous les traits de Kevin quand il les a surpris. Lui non plus n'est pas certain de pouvoir aller au bout.

-« Regarde ta tête, tu paniques rien qu'en y pensant. Je ne suis pas un surhomme Heero. J'y trouve mon compte. » Dit-il en lui tendant la main.

Yuy finit par la prendre.

-« N'empêche que cela me met mal à l'aise et que je n'aime pas quand tu me dis que t'iras voir Kevin. »

-« Pourtant, tu te doutes que c'est pour ça que je file plus tôt quand je te fais une gâterie. » Sourit-il en lui caressant la joue.

Duo éclate de rire en voyant le visage fermé du métis qu'il finit par pousser sur le lit.

-« Laisse-toi faire et ferme-les yeux. » Ordonne-t-il.

À Suivre.