Castiel x Dean à l'horizon

Histoire ne tenant pas compte de la saison 8 ni de la fin de la saison 7...

Commentaires: Merci pour les petites reviews et aux courageux lecteurs de cette histoire. Les personnes se laissent parfois aller à de petits OOC, c'est vrai mais ils n'ont font parfois qu'à leur tête et se permettent des petits écarts par rapport aux personnages originaux ;))

J'espère que la suite vous plaira pour un chapitre 4 un peu plus long cette fois-ci que les derniers...

Chapitre 4:

- Il est hors de question que tu me regardes dormir, reprit Dean en ouvrant sa propre chambre.

- Pourquoi ? voulut savoir l'être céleste.

- Parce que c'est… flippant.

- Pourquoi ?

- T'es pire qu'un môme toi avec tes pourquoi. Parce que !

- Est-ce parce que pendant cette période de repos vous êtes vulnérables ?

- Hein ? Je suis pas…De toute façon je dors toujours que d'un œil, enfin presque toujours…

- Lorsque Dean sortit de la douche, il sentit le regard curieux de Castiel le suivre jusqu'au lit.

- Quoi encore, soupira le châtain.

- Pourquoi vous vous douchez ?

- T'es pas sérieux là Cas ?

- …

- Si, en plus il l'est ! fit Dean désespéré. Pour enlever le sang, les odeurs, la crasse, comme tu le fais d'un claquement de doigts et puis parfois aussi juste pour se détendre, se sentir bien, quoi.

- Et ça marche ? Tu te sens mieux ?

- Ben ce soir je comprends mieux les nanas et leur bain moussant : c'est plutôt ça qu'il m'aurait fallu vu la journée, plaisanta Dean en se glissant sous les draps. Castiel ?

- Hm ?

- Tu vas pas rester dans ce fauteuil toute la nuit, si ?

- Si.

- J'aurai jamais cru dire ça à un mec mais viens te coucher sur ce putain de lit tout de suite ! c'est encore plus gênant quand t'es sur ce fauteuil on dirait que tu mâtes un porno !

- Un quoi ? Comme le film avec le livreur de pizza tu veux dire ?

- Ouais un truc comme ça mais pitié, me demande pas de développer.

L'ange hésita puis se leva sans bruit, s'approcha du lit, enleva uniquement ses chaussures et sa cravate puis s'allongea doucement. Les deux êtres dos à dos se frôlaient et la tension était si palpable que chaque son, chacun bruit semblait amplifié. Soudain un fracas se fit entendre et la fenêtre vola en débris. Deux démons inférieurs firent irruption par cette ouverture tandis que la porte s'ouvrait en grand, laissant place à trois autres ennemis. Les deux compagnons furent immédiatement debout et Dean se précipita sur les démons de la fenêtre pour tenter de les repousser vers l'extérieur, Castiel prenant quant à lui les trois de l'entrée en en projetant par la pensée deux contre le mur le plus proche. Il fit apparaître d'on ne sait où une épée d'un autre temps et trancha le cou du troisième adversaire. Dean fut moins chanceux. S'il réussit à rabattre la fenêtre sur la tête du démon le plus proche de lui, le second fut plus agile et envoya une boule de feu sur Dean.

- Putain mais tu te crois dans Charmed où quoi ? Depuis quand les vrais démons balancent ces trucs à la con, ragea Dean en se tenant la poitrine.

Malgré sa blessure il fit un bond vers la lampe de chevet et, arrachant avec ses dents la protection en plastique, il mit à nu les fils électriques. Castiel comprit en un regard le plan établi et projeta le verre d'eau sur la table de chevet au pied de l'ange. Dean « grilla » le démon sans que celui-ci ait le temps d'esquisser le moindre geste. Tout s'était déroulé en quelques minutes à peine et Sam surgit, alors que l'ange et l'humain se remettaient tout juste de l'attaque subite.

- Putain qu'est-ce qui…

- C'est rien, ça va Sam ! Tout va bien, retourne te coucher, je pense qu'ils vont y réfléchir à deux fois maintenant avant de débarquer sans plan.

- Mais attends, t'es blessé, s'alarma le cadet Winchester en voyant la plaie à vif à travers le Tee-shirt brûlé de son frère.

- Une égratignure. Ca va je te dis. Ecoute, on va faire une première ronde autour de l'hôtel pour vérifier qu'il y a plus de danger et t'en refais une dans deux-trois heures, ok ?

Les cernes sous les yeux de Sam témoignaient de sa fatigue physique et les deux frères savaient que les mots de Dean n'avaient pour but que de renvoyer le cadet se reposer. Comme à l'accoutumée, le cadet capitula et repartit se coucher, le cœur serré en sachant au fond de lui qu'il avait à nouveau cédé face à son aîné.

Castiel s'approcha de Dean et avança une main vers la brûlure.

- C'est rien ça m'a frôlé, voulut le rassurer l'humain dont le visage crispé trahissait la douleur.

- J'aurais dû faire plus attention, se reprocha l'ange en soignant son protégé.

- C'est bon, on va pas en faire une affaire d'état non plus ! Ca va je viens de dire, s'énerva Dean en enfilant un sweet et une veste et en se dirigeant vers la porte.

- Où vas-tu ?

- J'ai dit à Sam qu'on faisant le tour du périmètre, c'est ce que je fais.

- Pas seul !

- Alors amène-toi.

Les premières minutes s'égrainèrent sans qu'aucun mot ne fut échangé. Castiel sentait que Dean était énervé : il percevait la tension de ses épaules même à travers sa veste, et ses sourcils froncés soulignaient la dureté présente de ses yeux verts. Castiel ne savait ni que dire ni que faire pour pousser Dean à se confier, à relâcher cette tension qu'il gardait en lui. Il refuserait tout dialogue et l'ange sut alors que seule la confrontation directe pourrait aboutir : il devait pousser l'humain dans ses retranchements quitte à le faire souffrir momentanément. S'il ne se débarrassait pas de ses peurs, celles-ci le rongeraient et le consumeraient peu à peu.

- Parle-moi Dean, fut la seule tentative de l'ange brun.

Seul le silence répondit et Dean continua d'avancer sans même prendre l'air de réfléchir à la question posée. Castiel attrapa alors Dean par le col et le plaqua violemment contre le mur de la rue déserte. S'il devait en passer par là pour lui faire admettre ses émotions et bien il le ferait.

- Que ressens-tu Dean ?

- Et ben un peu coincé, tenta l'humain avec son sourire ironique.

- Que ressens-tu Dean, répéta l'ange plus doucement en relâchant la pression de ses mains tout en maintenant une prise légère sur son vis-à-vis.

Une lueur douloureuse brilla quelques secondes dans les pupilles vertes. Dean se sentait acculé et crevé. Il repoussa son agresseur d'un geste rageur et força un passage pour se délivrer de ce corps trop proche. Il s'arrêta soudainement tournant alors le dos à Castiel puis avoua si faiblement qu'un être non divin n'aurait pu entendre.

- On vient d'essayer de m'exploser la tronche au nom de je sais quelle connerie. Je suis censé trouver un messie alors que je réussis même pas à retrouver mes clés de bagnole ! Et… Je… Je me sens seul, répéta Dean en se retournant vers l'ange.

- Mais tu ne l'es pas. Tu as ton frère, ton ami Bobby. Regrettes-tu d'avoir laissé Ben et Lisa ?

Un nouveau sourire empreint de résignation étira les lèvres de Dean.

- Parfois mais ce petit bonheur parfait en famille… C'était factice… J'aurais dû être comblé, oublier cette vie mais elle me rattrape toujours. Et, oui, c'est vrai j'ai Sam, à nouveau... Pour combien de temps ? S'il bascule à nouveau vers le Mal et que je ne parviens à le sauver, qui me restera-t-il ? Et ne me réponds pas Bobby qui est sûrement mort à l'heure qu'il est !

- Tu ne perdras pas Sam.

- Le pire dans tout ça c'est que parfois je crois que j'aimerais mieux le perdre pour de bon je crois, lâcha Dean en baissant les yeux pour ne pas affronter le regard perçant de Castiel. Depuis qu'il est revenu de la cage, rien… rien ne semble être comme avant.

- Pourquoi ?

- Lâche-moi tu veux, répliqua l'humain dont la tension venait de monter suite à ces confessions.

- J'ai besoin d'une bière, enchaîna-t-il pour se redonner une contenance.

- Tu as besoin de quelqu'un qui croit en toi surtout Dean.

- N'est-ce pas déjà ce que tu fais, répliqua le dit Dean d'un ton vibrant de colère contenue. Croire aveuglément en une chose qui n'existe pas ? Tu parles de pureté, de force, d'élu mais élu de quoi ? Si tu veux mon avis, ton Dieu, ben il avait de la merde dans les yeux quand il m'a sélectionné pour trouver le sauveur de l'humanité. L'humanité irait beaucoup mieux avec un autre détecteur à champion ! Il peut pas réquisitionner un autre guignol cette fois-ci ? Michel s'était bien trouvé un autre véhicule, non ?

- Si Fotion n'a entrevu que toi, c'est qu'aucun autre humain ne peut convenir. Pourquoi doutes-tu tant de toi ? tenta Castiel d'un ton apaisant en se rapprochant du châtain.

- Pourquoi crois-tu tant en moi, lui répondit du tac au tac Dean.

- Parce que je vois en toi, dit Castiel en le fixant de ses yeux bleus profonds. Parce que je te connais. Je t'ai vu combattre, je t'ai vu résister à Michel, je connais ta volonté.

- Ta foi t'aveugle. Tu crois en un rêve, comme tes potes qui attendent un messie !

- Le rêve n'est-il pas un espoir auquel chaque humain aspire ?

- Sauf que ma vie à moi ressemble plutôt à un cauchemar, soupira Dean en s'appuyant au mur voisin et en levant les yeux vers le noir de la nuit.

- Je sais, dit simplement Castiel diminuant la distance qui les séparait.

Castiel était à présent si proche du corps de l'humain qu'il pouvait sentir sa respiration saccadée et son trouble. Sa poitrine se soulevait rapidement. L'ange savait que cette réaction était provoquée par le rapprochement des deux corps. Mais au lieu de reculer, comme il le faisait de coutume, il se pencha vers le visage maintenant baissé de son protégé et dit dans un souffle.

- Je croirais toujours en toi Dean, que tu aies la foi ou non.

Sa voix était un murmure rauque et suave qui fit frissonner Dean. Cette voix empreinte de douceur, protectrice et salvatrice.

- Cas…, tenta maladroitement Dean.

- Oui ?

- Me… Merci…

Dean mit fin à cette proximité troublante peu habituelle pour lui notamment avec une personne du même sexe que lui. Castiel avait beau être un ange, son apparence masculine représentait une frontière dans leur contact que Dean ne pensait pas pouvoir dépasser. Il considérait l'ange comme un ami et il lui confierait sa vie. Depuis peu il reconnaissait également à l'ange une forme de beauté virile mais cette beauté constituait aussi une gêne : s'il l'admettait c'est qu'il y avait été quelque part sensible et réceptif. Pourtant jusqu'à présent ses seules aventures et ses seuls plaisirs avaient été avec la gent féminine et aucun des deux partis n'avait eu à se plaindre, trouvant chacun sa part de jouissance recherchée. Non, Dean ne voulait pas chercher plus loin et se questionner sur ce trouble qui le tenaillait parfois quand Castiel pénétrait de façon trop intrusive dans sa « zone d'intimité ». Pour dépasser cette tension, Dean avait même essayé d'initier le brun aux plaisirs des charmes féminins en l'emmenant dans une boîte de strip-tease, ce qui s'était terminé en un quiproquo on ne peut plus comique. Puis il avait tenté une vie de famille avec Lisa, cette femme parfaite qu'il n'avait su ou pu garder. Elle avait senti ce vide en lui, un vide que lui-même n'arrivait à combler et qui le rongeait peu à peu chaque jour. Si les démons ne le tuaient pas avant, c'est ce vide silencieux qui l'aurait tôt ou tard. Chaque jour un peu moins présent, un peu moins rattaché à ce monde, un peu plus coupé de toute sensation. Comment confier ses désillusions, cette détresse qu'il refoulait si profondément ? Dean savait que Castiel percevait une part de cette douleur, qu'il était prêt à écouter et comprendre s'il se confiait mais la pudeur et la fierté de Dean le muraient dans un silence pesant.

La nuit et le lendemain matin se passèrent sans encombres et les trois chasseurs de démons purent en profiter pour reprendre des forces. Dean en profita également pour tenter d'approfondir la socialisation de leur ange gardien. Pour ce faire il emmena Castiel dans un magasin de fringues et annonça le programme :

- Bien ! le but Cas c'est que tu te dégotes un truc un peu moins… Comment dire… un peu moins vieillot et coincé que cet imper dégueu et ta cravate de bureaucrate moyen.

- Mais, qu'est-ce que je dois prendre à la place ? demanda Castiel en fronçant légèrement les sourcils.

- Ben un truc qui te mette un peu plus en valeur et dans lequel tu te sentes à l'aise… Sinon tu choperas jamais aucune nana, crois-moi, insista Dean avec un sourire charmeur aux lèvres.

La séance d'essayage fut laborieuse, à la fois hilarante et désespérante pour Dean qui attachait une importance considérable à l'image qu'il renvoyait. Lorsque Castiel sortit de la cabine d'essayage dans un pull col-roulé blanc et un jean bleu mettant en valeur de façon justement proportionnée les cuisses musclées de l'ange, Dean sentit une étrange chaleur l'envahir. Ainsi vêtu Castiel était la définition même du sexe appeal…masculin…Les filles allaient fondre…

- C'est comment ? demanda l'ange en penchant légèrement la tête sur le côté.

- Hum… pas mal, fit Dean d'un œil approbateur.

Castiel hésita une seconde essayant de décrypter le regard et les propos de l'humain. Est-ce qu'une simple tenue pouvait changer le regard des autres humains ? La séduction passait-elle réellement par les habits et en ce cas sa nouvelle tenue changeait-elle le regard que lui portait Dean ? Car il restait un homme et Dean n'était-il pas séduit uniquement par les charmes féminins ? Si son véhicule s'était avéré féminin cela aurait-il changé quelque chose dans leur relation ? Castiel en doutait au fond car son caractère guerrier, dominant et volontaire correspondait davantage aux traits d'un homme qu'à ceux d'une femme. Ce corps lui convenait car il était le miroir de son âme. Il ne comprenait pas encore bien pourquoi les humains éprouvaient le besoin de se fixer des règles et des tabous notamment autour de ce qui relevait de la sexualité. Il ne se souvenait pas que son Père ait jamais prohibé le désir ni l'amour entre qui que ce soit pourvu que l'amour soit partagé et pacifique. Pourtant les humains assumaient très mal leur désir et le refoulaient quand il n'était pas cautionné par la majorité. Le désir… Castiel connaissait la sensation d'envie liée au manque, le désir lié à une tentation mais le désir uniquement sexuel lui restait inconnu depuis qu'il était accueilli dans son véhicule humain. Dean lui avait arrangé une opportunité une fois dans un bar mais il ne s'en était rendu compte que plus tard et, sur le moment, il n'avait rien ressenti pour cette jeune femme qui s'offrait à lui hormis de la pitié pour son passé difficile.

Cette brève excursion fut suivie, à midi exactement, par l'irruption d'un messager dans la chambre de Dean et Castiel.

- Salut Dean, minauda l'être démoniaque je vois que ton chien de garde est toujours là, ajouta-t-elle à l'adresse de Castiel.

- Alors cette fois c'est en solo que tu vas essayer de me buter ? t'as de l'espoir toi !

- Te tuer ? Allons Dean, tu n'y es pas du tout ! Qui t'a mis ça dans la tête ? Non au contraire, mon maître meurt d'envie de te rencontrer et il t'invite à le rejoindre ce soir même dans les souterrains de l'église. Naturellement ton frère et ton ange gardien sont conviés à la fête. Je suis sûr que Boby sera ravi qu'ils lui tiennent compagnie pendant que mon maître discute un peu avec toi.

- Nous savons ce qu'Abrasisse veut à Dean, crois-tu vraiment, commença Castiel en se plaçant inconscient entre le démon et son humain.

- Je vais venir, coupa Dean.

Castiel se tourna vivement vers celui qui tenait ces propos pour lui totalement illogiques. Dean avait l'air on ne peut plus sérieux, de ce regard décidé synonyme d'échec à toute tentative de persuasion.

- Parfait alors je vais prévenir mon maître que vous serez tous là ce soir, triompha le démon en disparaissant plus rapidement qu'un claquement de doigt.

- Tu ne peux pas y aller Dean ! Tu ne connais pas les réelles intentions d'Abrasisse et ton rôle est primordial !

- Ecoute-moi bien toi, s'impatienta Dean en se rapprochant de Castiel, cet espèce de connard d'hybride détient Boby et il est hors de question que je le laisse tomber c'est clair ? En plus il va bien falloir lui régler son compte à ce tordu sinon on va continuer à se coller des mercenaires au cul. On y va, on le massacre et tu remontes dans tes nuages, ça te va ?

- Es-tu… si pressé de me voir partir, osa demander l'ange en se tournant vers la fenêtre.

- C'est pas ce que tu veux ?

- C'est ce que je me dois de faire.

- Et moi je dois tout faire pour sauver Boby.

Il fut décidé d'un accord presque commun que Dean jouerait les appâts en ouvrant la marche. Sam était censé passer par l'arrière (bien que le cadet doutât qu'il existât un arrière à un souterrain censé être secret) et Castiel apparaître directement dans les lieux, en espérant que son géolocalisateur fonctionne aussi sous-terre.

- Des questions ? demanda Dean alors qu'il était tous trois à quelques mètres du lieu de rendez-vous.

- C'est quoi le plan B ? voulut savoir Sam.

- En gros c'est un peu comme le plan A, répondit Dean avec un sourire malicieux.

- C'est rassurant, dit Castiel, moi qui trouvais déjà le A peu convaincant.

- Et vous vous êtes donné le mot pour être chiants ou quoi ? Si l'un de vous à une meilleure idée moi je suis preneur, ok ? Bon allez, j'y vais, se lança le châtain qui fut retenu soudainement par le bras.

- Fais attention, rappela l'ange, en fixant Dean de son regard à la fois inquiet et protecteur.

- Comme d'hab quoi, se moqua gentiment Dean en quittant le véhicule.