Castiel x Dean
Note: merci pour toutes les reviews qui m'ont fait chaud au cœur. Pour les scènes entre Castiel et Dean je resterai dans l'émotionnel plus que dans le descriptif à proprement parler.
J'attends vos impressions et j'ai hâte de savoir si l'histoire vous plait toujours…Et peut-être la suite ce week-end, si certains sont impatients…
Bonne lecture !
Chapitre 6:
C'est Sam qui vint cherche Dean pour le ramener chez Boby. Les deux frères devaient se retrouver un peu seuls après tant d'épreuves et Castiel en ayant conscience avait su faire abstraction de son désir d'aller chercher lui-même l'ainé des Winchester.
- C'est pas trop tôt, geignit Dean en enfilant ses propres vêtements. Franchement l'espèce de pyjama bleu ça craint grave !
- Et c'est de ça dont tu te plains, se moqua Sam en ramassant les deux trois affaires de son ainé.
- T'as raison, le pire c'était la bouffe ! Je serais prêt à tuer pour un hamburger !
- Ok, après tout tu l'as bien mérité…
Au fast-food, Sam se contenta de fixer Dean se jeter littéralement sur son assiette. Sentant ce regard persistant, Dean s'arrêta, déglutit et dit enfin :
- Quoi ? Ben va y… Dis-moi, reste pas là à me fixer, ça craint ?
Non, non, rien…
- Bon Sammy, j'te connais et ce regard aussi ! Si t'as quelque chose à dire, dis- le tout simplement, tourne pas autour du pot !
Sam baissa le regard, serra les poings sous la table avant de dire.
- C'est juste que… cette fois c'était chaud… tu vois sans Castiel…Parfois j'me dis que tout ça ça peut pas bien finir. Et ça me fout tellement la hargne, j'me sens tellement en colère que…
- T'as peur de rebasculer du côté obscur de la force, termina Dean parodiant Star Wars en espérant alléger l'atmosphère.
Effet raté son frère lui adressa un regard noir.
- Désolé, c'était pas drôle, avoua Dean. Ecoute Sammy, j'te laisserai pas remerder, crois-moi, si tu dérives je te botterai le cul pour te remettre dans le droit chemin. Tu peux compter sur moi, tu le sais, on est frangin, non ?
- Quais, quais mais…
- Mais quoi ?
- Tu seras pas toujours là pour me rattraper…
- Développe…
- Ben ch'ais pas… Un jour tu voudras peut-être tailler la route avec quelqu'un d'autre ?
- J'ai plus qu'un frère je te signale et t'es le meilleur chasseur que je connaisse mis-à-part Boby mais t'es beaucoup plus facile à vivre !
- … mais t'as aussi Castiel…
Une fois n'était pas coutume, Dean en resta sans voix. Que répondre à ça ? Il devait bien peser ses mots et leur implication. Sam était son frère, il l'avait quasiment élevé, il l'avait veillé, protégé, il avait tout donné pour lui et donnerait encore plus s'il le devait. Et Castiel… Castiel était celui qui l'avait arraché de l'enfer, celui qui lui avait donné une nouvelle chance, qui croyait en lui. L'ange était sa force mais aussi son asile : auprès de lui il pouvait se reposer, ne plus être celui sur qui tout reposait. Il pouvait se permettre d'être juste Dean car Castiel avait vu en lui, voyait en lui, cette part de souffrance que Dean essayait tant de dissimuler. Il serait toujours là pour Sam mais il ne pouvait pas continuer sans Castiel, il devait bien l'avouer. Sam le sentait et cela le perturbait car jusqu'à présent ils taillaient la route à deux et leurs amis, conquêtes ou relations n'étaient que des satellites plus ou moins lointains qui gravitaient autour de leur noyau fusionnel.
- C'est vrai, finit par conclure Dean, j'ai aussi Castiel, mais toi aussi tu peux compter sur lui. Est-ce un mal de laisser d'autres gens entrer dans nos vies ? Boby toi et moi, on est une famille et rien ne changera ça ni personne. Mais après tout ce qu'on a traversé avec Castiel, c'est un peu normal qu'il fasse un peu partie de la famille surtout qu'il peut plus trop compter sur la sienne… Et puis tu vas pas nous faire une crise de jalousie quand même si ?
- Non, bien sûr que non, soupira Sam d'une voix peu convaincante.
- Je comprends pas alors où est vraiment le souci… Dis-moi.
- Toutes les autres ne sont pas restées…
- Comment ça toutes les autres ?!
- Toutes tes autres conquêtes, histoires… Les miennes non plus d'ailleurs…
- Tu compares Castiel à nos plans cul ?!
- Non ! Bien sûr que non ! Mais à part le côté sexe, dis-moi ce qui le différencie de tes conquêtes ?
« Et même sur ce plan-là, y'a plus de différence» songea Dean en se mordant la lèvre inférieure. L'heure était-il aux aveux ? L'heure de tout déballer ? Pouvait-il se l'avouer réellement et l'assumer face à son petit frère ? Dean ferma les yeux et murmura :
- Je l'aime…
- Qu… quoi, redemanda Sam n'étant pas sûr d'avoir bien saisi les propos.
- La différence c'est que je l'aime, répéta Dean calmement mais d'une voix un peu plus assurée. Je suis amoureux de Castiel, ajouta-t-il se surprenant lui-même en entendant ces mots : ils ne lui ressemblaient pas et pourtant, c'était bien de l'amour qu'il se savait ressentir pour son ange gardien.
- Dean… t'as pété un câble ou quoi ?! C'est… Castiel !
- Oui merci, tu m'apprends rien, se moqua Dean qui attendait à présent les reproches de son cadet.
- C'est un ange !
- Oui…
- C'est un mec !
- Oui…
- Il s'est pris pour Dieu, à décimer la moitié des anges et à libérer les léviathans !
- Ouais ben personne n'est parfait ! Nous aussi on a fait notre los de conneries alors on va pas lui jeter la pierre.
- Putain faut que je m'asseye, hallucina Sam.
- T'es déjà assis, constata Dean.
- Toi et… un mec… T'es pédé ?
- Putain Sam, ce genre de conneries y'a que moi qui pourrait les sortir ! Bien sûr que non ! C'est juste… Avec Cas c'est différent, ok ?
- Vous avez déjà…
- Attends là, j't'arrête, c'qui s'passe entre moi et Cas au lit, ça te regarde pas !
- Bordel de merde, lâcha Sam, j'en reviens pas c'est lui qui t'a sauté.
Etrangement ces mots si souvent prononcés auparavant firent mal à Dean car ils salissaient ce qu'il avait vécu avec l'ange.
- Non, fit enfin Dean après un silence pesant. T'as rien compris, il m'a juste fait l'amour et si ça te choque, si t'es pas prêt à l'entendre, à l'accepter et à le respecter, alors on a un problème car moi, j'ai pas envie d'y renoncer ni de renoncer à chasser avec toi.
- Et merde, s'énerva Dean devant le silence de son frère avant de se lever et de quitter le snack.
- J'ai tout balancé à Sam, avoua Dean dans un état de tension et de fatigue extrêmes. Je pensais pas que ça serait aussi dur… Et toi alors, ils sont au courant là-haut ?
- Disons que des rumeurs doivent circuler, oui…
- Et t'as la bénédiction divine, demanda Dean sur un ton ironique mais chargé d'angoisse.
Castiel ne répondit rien car en réalité il n'en savait rien et ne voulait pas tromper son amant dont l'inquiétude et la fatigue transparaissaient. Il fut pris de court face au baiser impulsif voire presque agressif de Dean. L'ange sentit toute l'émotion de cet humain qu'il chérissait : Dean lui communiqua la passion qu'il ressentait mais aussi cette crainte de la perdre. L'ainé des Winchester tenait son conjoint par le col de sa chemise tout en réclamant un droit de passage aux lèvres de l'ange. Castiel comprit la prière muette de Dean et passa ses bras autour de l'humain, affermit sa prise en rapprochant leur deux corps au plus près. Après un long baiser il murmura à l'oreille de Dean.
- Je serai toujours là Dean. Tu me crois n'est-ce pas ? s'enquit l'ange.
- Je… Je…
- Castiel prit le menton de l'humain pour capturer le regard fuyant du châtain.
- Crois-moi Dean : je ne te laisserai pas.
- Ok, dit finalement Dean en retrouvant son petit sourire narquois tandis qu'il ajoutait. Je te crois, qui voudrait se débarrasser d'une bombe sexuelle comme moi.
- Une quoi ?
- Laisse tomber ! Un jour faudra que je prenne le temps de te tuyauter sur certaines subtilités humaines.
- Je ne suis pas sûr que tu sois l'humain adéquat pour m'apprendre l'art de la subtilité, répliqua Castiel.
- Eh ! dis tout de suite que je suis peu subtil !
- C'est un peu ce que je viens de dire, non ? suggéra l'ange avec un léger sourire. N'est-ce pas cela être subtil : laisser entendre quelque chose sans véritablement le dire…
- Dis donc l'ange : ce sourire de victoire ça serait pas de l'orgueil dis-moi ? Luxure, orgueil, tu te relâches un peu alors que tu viens juste d'obtenir ta promo, non ?
- Les règles ne sont plus les mêmes quand on change de statut, reprit Castiel toujours souriant.
- Ça veut dire que si je fais ça…, enchaîna sournoisement Dean en posant une main sur l'entrejambe du brun, l'autre caressant sa nuque naissante. Et ça…, continua Dean en mordillant l'un des lobes de l'être céleste, on aura la bénédiction du ciel ?
La réponse de Castiel fut rapide et il colla son bassin à celui du provocateur en prenant avidement possession de son cou pour de longs baisers.
- C'est bien ce que je pensais, triompha le châtain en se laissant aller à cette dernière étreinte avant leur séparation.
Dean se sentait étrangement léger et un doux sourire étirait ses lèvres. C'était comme si une sorte de paix s'était instaurée en lui pour la première fois depuis longtemps, il était confiant. La pensée d'un Castiel débraillé au saut du lit accentua son sourire. Initiation au petit déj au lit en cette belle matinée. Il ne l'aurait jamais avoué mais… il était heureux et avait hâte de rejoindre la douce chaleur du lit. En pénétrant dans la chambre, il aperçut immédiatement le corps de l'ange endormi. Il déglutit. Une brusque chaleur l'envahit. Il n'était pas encore habitué à ressentir du désir pour ce corps on ne peut plus viril mais… Castiel était beau : endormi, les traits apaisés et la respiration profonde. Son torse musclé se soulevait régulièrement et les draps ne couvraient qu'une partie inférieure minimale. En se rappelant leurs ébats, Dean sourit de plus belle. Il se rapprocha du brun, s'assit délicatement prêt de lui et murmura :
- Debout mon ange : c'est l'heure du petit déj.
Les prunelles bleues voilées de sommeil s'ouvrirent et firent face au sourire charmeur du chasseur. Son amant. Dean… était son… amant, n'est-ce pas ? Après une telle étreinte c'était ainsi que les humains proches se nommaient ? Le sourire du châtain rassura immédiatement Castiel : il avait su se montrer digne de sa confiance et sa « performance sexuelle » n'avait pas dû être mauvaise puisque Dean semblait comblé et heureux.
- J'aime te voir sourire, avoua l'ange en contemplant le visage au-dessus de lui.
Il suivit d'un doigt les lèvres de Dean. Cet instant était si parfait : le châtain contre lui, serein, aucun démon, aucun ange, aucun frère en vue, juste eux deux.
Comme en proie à la même euphorie, Dean murmura en se lovant davantage contre le corps du brun :
- C'est fou, j'arrive pas à croire ce qui m'arrive. J'me sens tellement bien… J'ai peur de me réveiller et que rien ne soit réel. J'pensais pas me réveiller un jour à côté d'un mec…
- D'un mec, répéta Castiel que la remarque 'irritait légèrement.
Dean hésita et se mordit discrètement la lèvre inférieure avant de lâcher rapidement :
- Enfin de mon mec… J'me voyais plutôt avec une petite nana bien roulée mais un peu moins virile tu vois ?
- Ton mec… Je préfère, avoua Castiel après avoir essayé ces termes dans sa bouche. Ils sont beaucoup plus réducteurs et je crois que de te voir avec un autre… homme me serait… difficile…
- Difficile ?! T'es un ange jaloux, c'est pas un vilain pêché ?
- Sûrement mais je ne suis pas sûr de pouvoir le contrôler… Tu sais…voir Abrasisse te toucher, ça… ça m'a rendu fou…
- Je préfère oublier ce moment-là si ça t'embête pas et franchement, j'te rassure, ch'suis pas prêt d'me faire un autre mec, c'est pas mon trip.
- Mais… je suis dans le corps…
- Stop, c'est bon, on va pas remettre ça ! Toi t'es Cas et puis c'est tout ! Les autres, on les emmerde, conclut Dean en posant ses lèvres sur celles de Castiel.
- Et d'autres femmes ?
- Quoi ?
- Tu as dit que tu n'étais pas prêt à te faire d'autres hommes, qu'en est-il des femmes ?
- Cas… Tu peux pas juste profiter et arrêter de cogiter.
- Dean, réponds s'il te plait, n'élude pas la question.
- Je… J'aimerais pouvoir te le promettre mais je ne veux pas non plus te mentir…
Le coup fut rude pour Castiel dont la mâchoire se contracta fortement. Il détourna légèrement la tête cherchant à reprendre une contenance mais ne put que dire un « je vois » empreint de tristesse et de colère contenue.
- Hé, ajouta Dean d'une voix plus câline en ramenant le visage de l'ange vers lui, en revanche je peux te jurer d'essayer… Et t'autoriser à me coller une beigne si mes yeux plongent dans un décolleté. En tout cas, pour l'instant, je n'en ai pas la moindre envie, enchaîna le châtain en embrassant délicatement les lèvres de Castiel tandis qu'une main coquine partait taquiner des zones plus sensibles.
