Castiel x Dean

Note: Merci à Iantocullen, Yakusokuyumi, Barjy02, MAAELYSIA, Castle-SPN156-Bones et à Lylou-chan alias TakuCmoi pour leurs reviewset leurs encouragements !

Ceci est le dernier chapitre qui sera suivi d'un épilogue. J'ai une suite en tête mais je ne sais pas vraiment si je vais me lancer, cela dépendra un peu de vos avis…

Bonne lecture

- Hors de question que t'y ailles sans moi ! C'est mon frère, la seule famille qui me reste !

- Sam, crois-tu vraiment que Dean accepterait de vivre si tu ne parvenais pas à revenir cette fois-ci ?

- Ne crois-tu pas que lui-même tenterait tout, je dis bien tout pour me sauver ?! Comment pourrais-je rester là à le regarder agoniser et se faire bouffer par l'autre salopard ?! De toute façon tu n'arriveras pas à me convaincre alors laisse tomber ok ?

- Très bien tu ne me laisses guère le choix…

L'ange fit deux rapides pas vers le cadet des Winchester et posa promptement l'extrémité de sa main droite sur ses tempes, provoquant un évanouissement instantanée chez l'humain.

- Je suis navrée Sam, ajouta l'ange en posant le corps inconscient sur le canapé de Boby mais je dois y aller seul.

L'arrivée de Castiel aux Enfers fut moins douloureuse que lors de son premier voyage pour secourir Sam. Toutes ses pensées étaient tournées vers la chambre où Dean se mourrait. Les flammes sur sa chair et la puanteur de charognes carbonisées l'envahissaient sans pour autant freiner ses pas et sa détermination. Comme précédemment il dut marcher en aveugle dans un brouillard épais. Son instinct d'ange lui permettait de ressentir les vibrations émises par la cage d'Abrasisse. Le temps lui paraissait infiniment long et lui si patient de nature se révéla en cette occasion tout le contraire. Chaque seconde condamnait davantage l'ainé des Winchester et il sentait son lien à Dean faiblir de plus en plus. Soudain un courant électrique sembla parcourir Castiel et le sol sous ses pas se mit à vrombir. Il put enfin distinguer la prison du démon. Les os qui en composés les murs semblaient élaborées une danse macabre mettant à l'honneur leur invité forcé. Les mâchoires des crânes claquaient régulièrement évoquant un rire sinistre. Le pouvoir des morts et leur désir de vengeance étaient ce qui faisait la solidité incomparable de ces cages. Seuls des êtres aux intentions pures, animés par une foi inébranlable pouvaient espérer pénétrait les cloisons ossuaires.

Fermant les yeux et laissant son esprit se porter uniquement sur son désir de sauver son protégé, l'ange brun approcha sa main droite du mur le plus proche. Le contact froid et lisse se fit moins concret tandis que Castiel se laissait imprégner par ses souvenirs les plus heureux. Il revit la silhouette musclé de Dean dans son éternel veste verte puis son visage affichait un sourire moqueur. Il revit les yeux verts pétiller de malice après une de ses éternelles boutades. Il sentit à nouveau les lèvres du chasseur contre les siennes lors de leur premier baiser, hésitantes et frémissantes, ni douces, ni rugueuses, comme Dean…Dean…L'être qui l'avait déstabilisé…En tant qu'ange et que soldat il s'était préparé à tout sauf à cette rencontre et à cet humain maladroit, colérique, impétueux et révolté mais profondément altruiste. Il avait renoncé à tout pour son frère, à son enfance, à sa vie. Puis au nom d'une cause à laquelle il ne croyait pas il avait accepté la solitude, la douleur, la perte des êtres aimés. Malgré cela il n'avait jamais renoncé. Castiel avait admirait dès leur rencontre cette force et cette détermination chez Dean tout en distinguant la profonde douleur derrière. Dean devait veiller sur son frère, protéger les humais mais qui le protégerait lui ? Et Dieu l'avait choisi, lui, Castiel, pour devenir le gardien de cet emmerdeur au grand cœur, à la fois irritant et attachant. Il avait appris à le comprendre, à la respecter, à compter sur lui et s'était découvert à l'aimer. D'un amour fraternel tout d'abord puis d'un amour plus exigeant et enfin d'un amour avide de réciprocité, de contact et d'exclusivité. Plein de cet amour et de sa puissance, Castiel franchit totalement le mur de la cage et se retrouva face à une masse informe de chairs boursouflées. Des plaies suintantes striées ce qui devait ressembler auparavant à une silhouette humaine. Des gargouillis émanaient du ventre vidés de son contenu du démon tassait sur lui-même. La puanteur de la décomposition était si forte que l'ange ne pouvait en faire abstraction dans cet espace si exigu. Il s'approcha légèrement et retint son mouvement de surprise quand il vit le rictus sur la face cadavérique puis la mâchoire déboitée tressauter. Il comprit malgré la déformation des mots les propos de l'hybride :

- Lors mn mi…te vla fin…hmmmm…t'dentait avant…cmment va…deeeeean ?t'vois…mn…mi…je aggnais…je porte avec moi…et…sera btôt ossi bo que moi…

Castiel serra les poings à s'en briser la jointure pour ne pas achever son ennemi. Reprenant un minimum de sang-froid il sortit la fiole qu'il avait conservé dans la poche de son trench-coat et l'approcha des plaies purulentes…Il recueillit un liquide noirâtre, mélange de sang, de pus et d'autres excrétions du corps agonisant puis se releva.

- Q'tu fais…

Castiel daigna se retourner une dernière fois face à Abrasisse et expliqua :

- Tu n'as rien, mon ami et tu n'es plus rien. Tu ne posséderas jamais Dean car il n'est pas un homme à qui on impose quoi que ce soit. Je ne sais toujours pas ce que tu as cru pouvoir obtenir de lui mais qu'importe au fond, ton sang va le sauver et toi tu vas croupir éternellement ici, mon ami !

Le pas de l'ange fut plus sûr sur le chemin du retour. Il détenait ce dont il avait besoin, Dean irait mieux et il verrait à nouveau le sourire charmeur du chasseur. Il lui dirait combien il regrettait son départ et à quel point il avait craint de le perdre. Chacun de ses pas martelait le nom de son amant et les rendait plus rapide. Jamais il n'avait éprouvé à la fois autant de doutes et de certitudes. Sa vie angélique ou humaine ne pouvait se délier de celle de l'ainé des Winchester : qu'importait les conséquences, les menaces, les punitions. Il ferait front cette fois-ci et ne se détournerait plus du chemin qu'il savait être le bon.

Dean ouvrit enfin difficilement ses paupières faisant face à un regard bleu inquiet mais à la fois soulagé :

- Dean…

- Cas…j'mal à la tête…

- Pas de doute il va mieux, conclut Sam qui apparut dans le champ de vison d'un Dean toujours embrumé.

Une main fraîche se posa sur son front, il reconnut la douceur et la force de Castiel et tenta de repousser ce geste tendre d'un mouvement de tête sans en avoir vraiment la force.

- Arrête, tenta-t-il, énervé de se montrer alité et faible face à l'ange.

- Chut, ne t'agite pas Dean, tu es encore très faible, dit l'ange ne se doutant pas de la maladresse de ses propos.

Encore plus énervé et gêné, Dean tenta de se relever du lit et faillit atterrir au sol sans le secours du brun qui plongea littéralement pour récupérer le corps vacillant prit d'une quinte de toux.

- Putain Dean, on t'a dit de te calmer alors tu te calme, tempêta Sam. T'étais mourant il y a encore quelques heures alors tu te recouches dans ce putain de lit pendant que je vais te faire chauffer une soupe ! Et si tu me bassines parce t'aimes pas la soupe je te la fous en intraveineuse, vu ton état tu peux rien manger d'autre !

Sans attendre de réponse, le cadet des deux frères sortit de la chambre en marmonnant des « Sale con » prouvant son soulagement de retrouver son ainé.

Dean repoussa les bras de son sauveteur qui l'entourait encore et se replongea dans les draps plus conciliants face au coup d'éclat de son frère mais dos à l'ange. Castiel prit de plein fouet le rejet du chasseur…Qu'avait-il crut ? Que Dean l'accueillerait à bras ouverts dès son réveil ? Mais il avait était si proche de le perdre et la distance que Dean mettait à présent entre eux lui était insupportable…Il voulait tellement le serrer contre lui, l'embrasser, sentir la peau chaude et palpitante.

- Dean, tenta à nouveau Castiel la voix chargée d'émotions.

- Casse-toi…

- S'il te plait…on doit parler…

- J'ai rien à te dire…

Castiel hésita puis baissa la tête, vaincu par la froideur du chasseur. Il se releva du lit sans bruit, se dirigea vers la porte et dit :

- Je t'aime.

Il s'apprêtait à franchir le seuil quand il sentit comme une déchirure au creux de son ventre. Il venait de perdre Dean et il se sentit obligé d'évoquer cette crainte tout haut :

- Est-ce que je t'ai définitivement perdu ?

- C'est toi qui m'a quitté, lâcha Dean plein de rancœur contenu.

- Je n'aurai jamais du…

- Non…C'est vrai Cas, t'as raison, t'aurai jamais dû, répliqua Dean en se retournant face à Castiel.

Le regard vert plus dures que la pierre fut encore plus douloureux pour l'ange que la teneur des propos car il y lisait toute la douleur, toutes la déception et la tristesse qu'il avait suscitait chez son amant.

- Je…pensais te protéger en agissant ainsi.

- Ben bravo, belle réussite, fit Dean en reprenant sa position initiale.

Castiel resta debout, interdit et hésitant sur les gestes à faire ou les mots à dire pour alléger la peine de Dean et obtenir le pardon. Il vit les épaules de l'humain légèrement tressauter à intervalle régulier Castiel comprit que Dean pleurait car il pleurait toujours ainsi, silencieusement, cachant sa douleur et la honte de se montrer faible. L'ange revint près de la silhouette allongée et se coucha contre l'humain. Il passa sas bras autour de la taille de Dean, se calant contre son dos et posa son front au creux de sa nuque Le châtain ne broncha pas et Castiel sentait à présent la respiration un peu saccadée et les légers hoquets de Dean, seuls indices de son chagrin. L'ange attendit ainsi, que les pleurs se calment, puis alors qu'il n'y croyait plus vraiment, il sentit le corps contre lui effectuer une rotation stratégique pour lui faire face. Il sentit des bras entourer sa nuque et Dean se colla si fort à lui qu'il sentit une forte chaleur l'envahir. Mais Dean ne le regardait toujours pas…Pourquoi ne le regardait-il pas ? Castiel voulait lire le pardon dans les orbes verts, il voulait y lire un désir similaire au sien et la confiance retrouvée. Mais Dean gardait obstinément la tête baissée et ne disait rien.

Non, il ne le regarderait pas et ne dirait rien ainsi Castiel ne partirait pas. Dean avait trop mal pour trouver des mots de pardon. Il ne pouvait pas oublier le déchirement de l'abandon, le gouffre de solitude laissé par le départ de Castiel. Il avait brisé sa confiance, ses certitudes, le seul fragile moment de bonheur qu'il avait ressenti. Pourtant il l'aimait encore et c'était ça le plus douloureux : il haïssait Castiel de l'aimer aussi fort. Il ne pouvait pas le lâcher, le laisser repartir mais ne pouvait pas non plus lui pardonner. Alors il se taisait et ne le regardait pas. S'il croisait le regard bleu inquiet il céderait. Il connaissait si bien la force de ces prunelles inquiètes qui vous faisaient vous sentir unique. Mais c'était un mensonge tout ça !Car si Castiel l'avait aimé comme lui l'aimait il ne l'aurait jamais laissé ! Dean aurait donné sa vie pour l'ange et bien plus encore comme il l'avait démontré lors du duel avec Abrasisse, mais Castiel était un ange et son amour et son devoir allait vers Dieu. S'il l'aimait lui, Dean Winchester, c'est parce que Dieu le lui avait demandé. Au final Castiel obéissait en l'aimant comme il l'avait toujours fait malgré ses tentatives de rébellion.

- Parle moi Dean…

L'ainé des Winchester se tendit en entendant cette voix grave et douce à la fois. Il avait tant espéré l'entendre ces dernières semaines. Il l'avait prié, supplié de revenir mais sans résultat et aujourd'hui il était là et cette fois –ci c'est lui qui le suppliait…N'en finiraient-ils jamais de se faire du mal ? Etait-ce illusoire de désirer une petite part de bonheur ? Il avait déjà échoué auprès de Lisa, allait-il encore échouer avec Castiel ? Il se sentait encore plus déchiré que lors de sa séparation avec la jeune femme car son amour pour l'ange était plus…profond ? Sans nul doute mais aussi parce qu'il s'était livré corps et âme à Castiel, car il avait cru pouvoir abaisser la garde et ne plus être le pilier solide de leur relation. Dean ne put retenir un petit gémissement plaintif en réalisant qu'il serait à nouveau seul quand Castiel repartirait auprès de son Père.

- Dean, dean, dean, psalmodia l'ange inquiet de ce bruit plaintif.

Castiel serra plus fort l'humain à lui briser les os. Il voulait tant lui signifier sa présence, le rassurer, lui insuffler sa force et ses certitudes sur leur avenir commun. Puis il sentit le corps contre lui se détendre un peu, la respiration se faire plus lente et il n'osa croire ses mots chuchotés faiblement :

- Ne pars pas…

- Je…je ne vais pas partir…je ne vais plus partir sans que tu en émettes le souhait…Je te demande de me pardonner. Tu es plus précieux à mes yeux que tout autre chose et je n'aurai jamais du te laisser…Pourras-tu…me donner une autre chance ?

- …

- Dean ?

- T'as été un sale con et un beau salaud…Tu m'as lâché alors que je comptais sur toi ! Mais…je t'aime et je veux bien retenter le coup, dit doucement Dean.

- Mais si tu me refais un coup pareil, je te castre de mes propres mains, ajouta le châtain d'une voix rauque à l'oreille de l'ange tout en laissant ses mains redécouvrir l'amant tant désiré.


Thomas l'attendait, assis sur le banc, calme et silencieux.

- Je ne vais plus revenir au paradis Thomas. Je ne peux pas. Dean a besoin de moi sur Terre et ma place est à ses côté.

Castiel s'attendait à des reproches ainsi qu'à une argumentation adroite pour le détourner de sa résolution, au lieu de cela il entendit :

- Je sais…

- C…comment ?

- Je le sais depuis longtemps Castiel…Et Dieu aussi le savait. Il était prévu que tu restes ici-bas mais tu devais le découvrir par toi-même.

- Je ne comprends pas…Dieu me libère de mon devoir de soldat ? Suis-je humain à présent ?

- Bien au contraire Castiel : tu es le bras droit de Dieu, sa volonté incarnée sur Terre et le garant du repos des humains ici-bas…Dean était la clé pour que ton accomplissement soit total. Tu as traversé grâce à cet humain les trois seuils nécessaire à l'ascension ultime: l'accès au rang d'archange et donc l'ascension, le monde des esprits c'est-à-dire l'entre deux monde et enfin les enfers. Ta puissance tu la puises dans ton amour Castiel et il ne pouvait en être autrement : Dean devait être au bord de la mort pour que tu te réalises.

- Alors tout ceci n'était qu'une mise à l'épreuve ? Dean aurait pu mourir, souligna Castiel durement, perdu que son Père ai ainsi joué avec la vie de son amant. Dans quelle mesure Abrasisse savait ?

- Il savait que Dean était la clé permettant d'accéder à l'accomplissement et il savait qu'un des seuils était une jouissance et une osmose totale. Il en a tiré ses propres conclusions…

- Tu savais alors qu'il s'en prendrait à Dean.

- Je le craignais. Mais son attaque a aussi permis tout le reste…Rien n'arrive au hasard Castiel.

- Je ne crois plus à la fatalité. On peut choisir sa voie, je l'ai appris au côté de Dean.

- Si cela te rassure de le croire…Tu peux rester à ses côtés Castiel...pour l'instant...Mais nous aurons à nouveau besoin de ton aide et alors tu devras à nouveau mettre Dean en danger. Ton amour pour les humains et cet homme en particulier est ta force mais aussi ta faiblesse. Tu vas devoir apprendre à vivre avec ce tourment. Fais attention à toi mon frère et savoure ce cadeau que ton père t'as fait.

Castiel regarda son frère disparaître dans une douce clarté et il resta un instant immobile. Il profita de cette sensation nouvelle qu'il ressentait, comme si tout était enfin à sa place, comme si aucun obstacle ne pourrait dorénavant entraver son bonheur. Cette certitude toute neuve il la devait à ce chasseur inégalable qui était entrait dans sa vie comme un ouragan, avec ses certitudes, ses à priori et sa langue bien pendue. Comment en était-il arrivé à aimer à ce point cet homme qui n'était au départ qu'une mission dont on l'avait investie? Castiel n'aurait su le dire et au fond cela importait peu. Il ne voulait pas y songer, pour la première fois depuis sa longue, très longue existence, il voulait seulement profiter de ce moment et rejoindre son amant. Il vérifia le contenu de sa poche en y glissant sa main et fut rassuré de sentir ses doigts entrer en contact avec le petit objet. Il resserra un peu sa prise sur le contenu de sa poche et s'éclipsa pour retrouver l'ainé des Winchester.

Laissez-moi vos commentaires pour que je sache si une suite vous intéresse…L'épilogue cette semaine avec une petite surprise concernant notre petit couple ))