Bonjour/Bonsoir à tous !

Je tiens d'abord à m'excuser d'avoir mis autant de temps à poster, mais j'ai eu une grosse grosse panne d'inspiration :/ J'espère néanmoins que cette suite vous plaira.

Si je suis en forme, je poste le Chapitre 3 ce week end, sinon ça sera la semaine prochaine (ou plus si jamais je me retrouve avec une pile de devoirs monstre...)


Le bruit lui vrillait les oreilles. Il avait l'impression que sa tête allait exploser. Il avait affreusement mal dormit – des cauchemars, toute la nuit – et la Grande Salle était une véritable torture. Cependant, son estomac criait famine, et ne pas prendre de petit déjeuner ne serait que le faire souffrir d'avantage. Il soupira, ferma les yeux, et se concentra sur le goût de sa tartine de confiture.

Potter venait de passer devant lui. Et ça, c'était un véritable problème. Parce qu'avec les rêves étranges qu'il avait fait, il n'avait pas envie de croiser son regard. Peut-être que ce qu'il avait fait hier n'était pas une si bonne idée que ça. Son estomac se tordit. Il n'avait plus faim. Il se leva. Potter aussi était debout. Ce crétin de Potter. Il lui jeta un regard furieux. Finalement, ce n'était pas si mal que ça, de le regarder. Ca semblait mettre Potter mal à l'aise. Ou peut-être juste en colère ? Oui, c'était ça. Potter était à deux doigts de lui sauter dessus pour l'étriper. Il avait des cernes sous les yeux, semblait livide, et tenait mal sur ses jambes.

Draco prit un air suffisant. Visiblement, le brun avait aussi mal dormit que lui. Tant mieux. Ca lui apprendrait, à hanter ses rêves. Bien sûr, Draco savait que ce n'était pas vraiment de la faute d'Harry s'il en rêvait. Mais tout de même. Il était énervé. Et quand Draco Malfoy est énervé, tout est toujours de la faute de tout le monde, et plus spécialement de Potter. Draco le détestait. Depuis la première année. Vraiment. S'il cherchait toujours à capter son attention, c'était pour lui montrer à quel point il le détestait.

Il releva la tête.

Le Survivant était juste devant lui. Draco eu un mouvement de recul, surpris. Puis, il arqua les sourcils. Merde, qu'est-ce qu'il foutait là ?

« Euh, Potter, qu'est-ce que tu fais à la table des Serpentards ? »

Il ne semblait pas avoir réalisé où il se trouvait car il commença à balbutier.

« Ah, euh, je... Il... » Il inspira. « Il fallait que je te parle, Malfoy. »

« Et ça ne pouvait pas attendre la fin de mon petit déjeuner ? Sérieusement, quoi. »

Harry fit un pas en arrière.

« Ouais, euh... Désolé. »

Il haussa les épaules, d'un air pas désolé du tout. Même s'il gigotait, et qu'il avait l'air plutôt mal devant tout ces Serpentards attablés qui le regardait d'un œil mauvais.

« Malfoy, j'aimerais que... L'on reparle de la retenue qu'on a eu hier. »

Draco manqua de s'étouffer. Ce n'était pas vraiment le lieu ni le moment de parler de ça.

« Ouais ? Qu'est-ce que tu veux en dire ? »

« Je... » Harry hésita.

« Il n'y a absolument rien à en dire, Potter. Alors tu vas me faire le plaisir de dégager d'ici, sans plus tarder. »

Le brun se leva, visiblement vexé, mais Draco n'en avait cure. Tant mieux. Comme ça il cesserait enfin de l'importuner. Mais en voyant Harry partir, le jeune blond fronça les sourcil. Il venait de sentir quelque chose d'étrange dans sa poitrine. Comme un soubresaut. Mais qu'est-ce qu'il lui arrivait ? Il ne voulait pas laisser Potter partir ? Pourtant c'était lui qui lui avait dit de débarrasser le plancher.

Ces derniers temps, Draco ne se comprenait plus lui même. Surtout à propos d'Harry Potter. Car même s'il ne pouvait pas le voir en peinture – surtout depuis cet événement humiliant en première année dont il voulait à tout pris oublier l'existence – il ne pouvait pas s'empêcher de chercher à capter son regard. Ou tout simplement, à savoir qu'Harry le regardait. Mais Harry ne le regardait jamais. Harry l'ignorait. Harry ne réagissait plus à ses moqueries. Harry faisait comme s'il était invisible.

Et ça, ça, c'était insupportable. Il était temps que Draco y remédie.

La journée passa assez rapidement. Les Serpentards et les Gryffondor n'avaient qu'un seul cours en commun, en début d'après-midi, et l'ambiance de digestion collective évita une quelconque altercation entre les deux Maisons, au grand soulagement du professeur Flitwick.

C'était le début du mois d'octobre, et il faisait encore chaud. La plupart des élèves, après les cours, étaient dehors, à profiter des rayons de soleil qui leurs manqueraient tant pendant l'hiver. Draco et sa bande s'étaient également installés dehors, pas très loin du trio Potter/Granger/Weasley et ne cessaient de faire des remarques sur leurs tenues, leur façon d'être, ou tout simplement la pureté de leur sang.

D'un coup, Potter et Granger se levèrent. Ils semblaient être dans une discussion importante. Draco haussa les épaules. Oui, il était curieux, mais non, il ne s'abaisserait pas à les suivre. Une quinzaine de minutes plus tard, tout les élèves retournèrent vers le château : c'était l'heure du repas. Draco et le reste des Serpentards suivirent le mouvement de foule qui se dirigeait vers la Grande Salle.

Cependant, quelque chose clochait.

Potter et Granger manquaient toujours.

En bon petit préfet, Draco se dit qu'il devait aller les chercher. C'était son devoir, après tout. Il se leva de sa table.

« Eh, Dray ! Où est-ce que tu vas ? » demanda Blaise.

« Chercher ces stupides Gryffondors qui pensent pouvoir outrepasser les règles de l'école. »

« Mais... Dray... »

Draco était déjà partit. Il pesta un moment. Il n'avait strictement aucune idée de là où pouvait bien être ces deux imbéciles de lions. Il déambula dans un les couloirs un long moment, retenant les jurons qui lui brûlaient les lèvres. Soudain, en face de la bibliothèque, il les vit. Il allait leur lancer une remarque cinglante lorsqu'il entendit un bout de leur conversation :

« Alors tu es vraiment amoureux de lui ?! »

« Oui Hermione, j'en suis certain. »

Ah, il les tenait. Draco allait s'avancer, quand soudain, il percuta. Granger parlait de quelque chose de plutôt intéressant. Alors Potter aimait quelqu'un ? Ca, c'était une information qui valait de l'or. Bien que cela l'énervait. Parce que si Potter ne lui prêtait plus attention, c'était sûrement à cause de ça. Il fut interrompu dans ses sombres pensée par la voix de Granger qui reprenait :

« Je ne comprends pas Harry... »

« Quoi ? Ca te pose un problème ? » Sa voix était sèche.

« Non, non, aucun ! Mais je ne comprends pas pourquoi il t'as embrassé... » Elle avait appuyé sur le mot comme si c'était un tabou. Draco faillit laisser échapper un ricanement amusé.

« Je ne sais pas, mais... C'était... C'était vraiment magique, Hermione. »

« Je n'en doute pas... Mais... Ça me paraît tellement étrange... »

« Moi aussi, mais je ne reviendrais sur cet instant pour rien au monde. »

« Je te comprends. Mais Malfoy... »

« Oui, Malfoy... »

Draco manqua de tomber au sol. Il était sûr d'avoir mal entendu. Ouais, c'était sûrement ça. Il n'y avait pas d'autre possibilités.

« Alors c'est comme ça. Tu es amoureux du pire Serpentard, le plus vaniteux et le plus orgueilleux de tous. »

« Oui... »

Non, il n'avait pas mal entendu. Potter... Potter était amoureux de lui. Ça le révulsait. Il avait envie de vomir. Mais là, la seule chose qu'il semblait capable de faire, c'était de fuir. Le plus rapidement possible. Il se retourna pour se trouver nez à nez avec le professeur MacGonagall. Draco déglutit. À ses sourcils froncés et ses lèvres pincées, il sentait que ça allait mal finir, cet histoire.

« Mr Malfoy... Ainsi que Mr Potter et Mrs Granger, » ajouta-t-elle, faisant sursauter les deux lions, « Dans mon bureau. Tout de suite. »


« Sachez que je suis extrêmement déçue de votre attitude, Mr Malfoy et Mrs Granger. En tant que préfets, vous vous devez de respecter le règlement à la lettre. Quant à vous Mr Potter, j'espérais que votre précédente retenue en compagnie de Mr Malefoy vous aurait rendu plus... respectueux des règles de notre établissement. »

Potter baissa la tête, accompagné de Granger. Quant à Draco, il se mordait simplement la lèvre, tentant de ne pas laisser exploser sa rage.

« Vous vous rendez bien évidemment compte que je vais devoir appliquer une sanction, n'est-ce pas ? »

Elle leur jeta à tous un regard appuyé d'où perçait une grande déception.

« 20 points en moins pour Gryffondor et 10 pour Serpentard. Non Mr Potter, je ne reviendrais pas sur ma décision », ajouta-t-elle en voyant les lèvres de Potter s'entre-ouvrir pour protester. « De plus, vous allez tout les trois écoper d'une retenue, en espérant que cette fois, vous comprendrez ce que règlement signifie. »

« Vous n'avez aucun droit sur moi. »

« Oh que si, Mr Malfoy, j'ai autant de droits sur vous que le professeur Rogue en a sur Mr Potter. Vous allez donc vous acquitter de votre punition sans protester d'avantage ou je vous donnerais suffisamment de retenues pour que le message rentre dans votre tête. »

Draco serra les dents ainsi que les poings mais ne répliqua pas.

« Vous allez donc vous rendre immédiatement à la bibliothèque où Mrs Pince vous attends. Vous y resterez jusqu'à ce que le travail qu'elle vous assignera sois effectué. Allez, filez. »

C'est avec une mine d'enterrement que Draco détourna les talons pour se diriger vers la bibliothèque. Deux retenues en deux jours, il avait fait fort. Et son père n'allait pas apprécier. Pas du tout. Il voyait déjà la beuglante qu'il allait recevoir le lendemain matin. Lui disant qu'il apportait le déshonneur sur une noble et pure famille de sorcier, et que jamais il ne pourrait atteindre la grandeur, ce genre de chose. Pourtant, le jeune homme faisait tout ce qu'il pouvait pour prouver à sa famille – à son père, surtout – qu'il avait de la valeur, et qu'il pourrait lui aussi accomplir de grande choses. Mais ce n'était pas un combat facile à gagner...

Il ne regarda même pas derrière lui. Que Potter et la Sang-De-Bourbe le suive ou pas, ça lui importait peu. Il voulait simplement finir cette satanée retenue et retourner dans son dortoir histoire de se reposer. Il avait besoin de dormir. Ces derniers jours étaient bien trop mouvementés à son goût.

Rapidement, il se retrouva face à la grande porte de la bibliothèque. Il aimait beaucoup cet endroit. Tout ces livres, c'était le paradis pour lui. Il ouvrit la porte et entendit les deux Gryffondors se précipiter à sa suite pour retenir la porte que Draco avait volontairement lâchée. Il était en colère. Mrs Pince se planta devant eux, comme une fleur.

« Ah, vous voilà enfin. Vous allez, chacun d'entre vous, me ranger cette pile de livre dans le bon ordre et la bonne classification, sans utiliser la magie bien évidemment. »

Ils secouèrent la tête. Draco s'avança en direction de la pile que la bibliothécaire lui avait désigné. Une pléthore de livres divers et variés se trouvaient dispersés en tas sans but aucun. Draco poussa un soupire magistral. Il n'était pas rendu. Le rangement allait sûrement prendre des heures. Lui qui avait l'espoir de pouvoir se coucher tôt... D'autant plus qu'il n'avait rien mangé puisqu'il n'avait pas assisté au repas. Ça lui apprendrait à espionner Potter plutôt que de se sustenter.

Il commença d'autant plus rapidement à s'atteler à sa tâche. Plus vite il finirait, plus vite il pourrait retourner dans son dortoir. D'ordinaire, les livres de la bibliothèque se rangeaient tout seuls en s'envolant vers leur emplacement originel. Mais le sortilège avait été désactivé, et il fallait se tenir exactement en dessous de l'emplacement, si le livre était trop haut, pour qu'il aille se ranger tout seul. Sinon, il fallait utiliser ses patounes. Ce qui n'était absolument pas le fort de notre cher blond qui avait commencé à faire des tas avec les différents livres, les classant par thèmes à fin de pouvoir les ranger plus rapidement, rangées par rangées, plutôt que de faire des allez-retour entre chaque bouquin. Ayant fini sa première pile, il se leva, un nombre incalculable de livre dans les bras, se dirigea vers la section annotée « Sortilèges », sans se soucier de ce que faisaient les deux autres.

C'est alors tout naturellement qu'il fonça dans Harry Potter.

Mais le brun avait eu le temps de l'apercevoir avant que Draco ne lui rentre dedans, et il se décala rapidement pour l'éviter, ce qui n'eut pas l'effet escompté puisque leurs épaules entrèrent en collision, faisant tomber sur le sol les précieux livres de Mrs Pince – qui, par bonheur, n'entendit absolument rien. Le jeune blond jura et se baissa en pestant contre ce satané Potter qui lui pourrissait la vie, sans se rendre compte qu'il pensait à voix haute. C'est donc avec surprise qu'il entraperçu le visage décomposé du survivant. Sans trop comprendre, il lui lança :

« Bah alors Potter, tu regardes pas où tu vas ? »

« Ferme-là, Malfoy... »

Encore. Encore cette monotonie. C'était trop.

« C'est quoi ton problème, Potter ? »

Tant pis pour ses livres. Qu'ils gisent au sol, ce n'était pas son problème.

« Mon problème ? Je n'ai pas de pro... » sa voix mourut dans sa gorge.

« Laisse tomber, Potter, je sais. Je vous ai entendu, Granger et toi. »

Alors si, c'était possible d'être aussi pâle qu'un mort, Draco en avait la preuve directe.

« … A–Ah... Tu... »

« Ne perds pas ton temps, Potter. Je n'en ai rien à faire de toi. Et saches que tes sentiments me débectent au plus profond de moi. Tu me donnes envie de vomir. »

Draco grimaça pour appuyer ses paroles. Harry, quant à lui, n'esquissa pas un mouvement. Mais le blond put voir des larmes perler dans ses yeux émeraudes. Larmes qui, bientôt, coulèrent à flots. C'est alors que Harry se mit à bégayer :

« Ma-Ma-Malfoy tu es vraiment... »

Draco détourna le regard. Les crises de larmes, c'était pas pour lui.

« Potter, c'est pas tout, hein, mais on a une retenue à finir... »

Mais Harry ne répondit pas. Ses larmes dégoulinaient sur son visage. Il tremblait. Le livre qui se trouvait dans sa main – manuel de potion avancé – tomba sur le sol dans un bruit sourd. Draco, qui lui avait tourné le dos, pas le moins du monde intéressé par sa crise de nerf intempestive, se retourna. Il se mordit la lèvre. Comment Potter pouvait-il être dans un état pareil ? Ce n'était pas de sa faute quand même, si ? Il s'approcha légèrement de lui pour lui tapoter l'épaule. Mais il n'eut même pas le temps de l'effleurer : le jeune homme se dégagea, poussa Draco pour passer et quitta la bibliothèque au pas de course.

Il y avait quelque chose d'étrange, que Draco ne comprenait pas. Il ne comprenait pas le moins du monde pourquoi Potter était tombé amoureux de lui. Certes, il était beau, riche, intelligent... Mais c'était son ennemi. Draco faisait tout pour lui pourrir la vie. Alors pourquoi ? Qu'est-ce qui faisait tomber amoureux ? Et puis, Draco ne devrait-il pas être flatté de savoir que quelqu'un l'aimait ? Non. Non, c'était normal... Ou peut-être pas ? Les choses s'embrouillaient dans sa tête. Il n'aurait peut-être pas dû être aussi cruel envers Harry. Ce dernier semblait sincère... Oui, mais le problème, c'était que Draco réfléchissait rarement avant de parler – surtout à Potter – et qu'il n'était pas du genre à s'épancher en excuses.

Il fut soudainement interrompu dans ses pensées ô combien philosophiques par une masse en colère qui lui fonçait dessus.

« Malfoy ! Qu'est-ce que tu as encore fait ?! »

« Oh, du calme Granger, j'ai juste dis ses quatre vérités à Saint Potter... »

« Saint Pot- tu as fais quoi ?! »

« Je lui ai dis que je ne l'aimais pas et qu'il me dégoûtait... »

Il sentit la claque d'Hermione sur sa joue avant même d'avoir put la voir partir. Elle était tellement puissante que la tête de Draco se dévissa à moitié et qu'il manqua de tomber, se plaquant contre les étagères bourrées de livres. Il leva les yeux vers Granger, prêt à répliquer, quand il vit dans ses yeux la colère noire qui l'animait.

« Tu vas aller tout de suite voir Harry et t'excuser, Malfoy ! Il y a des limites à la méchanceté ! »

« P-Pourquoi je ferais ça, Granger ? »

« Parce que sinon je te colle une autre gifle et croit moi, tu en garderas la marque suffisamment longtemps pour que toute l'école puisse l'admirer ! »

Draco se redressa, sa fierté écrasée. Il préférait mourir plutôt que quiconque apprenne qu'il venait de se manger une baffe magistrale, d'autant plus de la part de Granger. Mais aller s'excuser... Autant demander à un loup-garou de faire un câlin à un chat un soir de pleine Lune. Cependant, devant les yeux de feu de la brunette, il dû se résigner. Soit. Il allait aller retrouver Potter. Mais pour les excuses, ça serait une autre fois...