Bonsoir à tous !

Je m'excuse de la longue absence... Mais voilà, pour compenser, il est deux fois plus long que les précédents ^^

Bonne lectures, j'espère qu'il vous plaira !


Cela faisait trois jours. Trois jours que Draco attendait patiemment de croiser un Potter seul, dans les couloirs, dans la cours, n'importe où. Mais seul. Et ça faisait également trois jours qu'il ne parvenait pas à le trouver. Potter était toujours accompagné, comme s'il cherchait délibérément à l'éviter et à l'ignorer. Comme s'il voulait absolument mener à mal l'entreprise de Draco. Et cela le rendait encore plus exécrable que d'ordinaire, et Blaise Zabini commençait à avoir du mal à le supporter.

Son exaspération profonde le fit exploser en plein milieu du petit déjeuner, dans la Grande Salle, alors que Draco faisait une énième remarque sur les tartines de beurres pas assez grillées.

« Ca suffit maintenant Dray ! Je n'en peux plus de tes simagrées ! »

Blaise se leva et chuchota rapidement à l'oreille de Draco :

« Je vais finir par aller voir Potter à ta place et lui dire que j'en ai marre... »

Draco se leva à son tour et hurla :

« NON ! »

A cet instant même, la Grande Salle venait de baisser d'un ton. Aussi, les centaines d'élèves de Poudlard purent entendre la magnifique voix du Serpentard résonner contre les murs de pierre. Comprenant que tous le monde l'avait entendu, et plus spécialement cet idiot balafré qui le regardait avec de grands yeux ronds, Draco sortit de la pièce avant que le rouge ne lui monte aux joues. Il n'était pas fou au point de bafouer son honneur de Serpentard – et encore moins de Malfoy – tout de même.

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Il se sentait tellement mal qu'il avait peur que son cœur n'explose. Ce dernier ne battait plus – presque plus. C'est à dire qu'il s'amusait à rater des battements, entre autre. Quel imbécile se cœur... Draco, le fier et droit Draco, ne put retenir un sanglot tellement il avait mal, tellement il souffrait. Jamais il n'aurait pensé ressentir autant de douleur. Tout ça à cause d'un crétin de Gryffondor, qui plus était. Le jeune homme aux cheveux blonds platine s'arrêta. D'une main tremblante, il s'appuya contre le mur, tandis que l'autre serrait sa poitrine si fort que ses doigts blanchissaient. Il fallait qu'il se calme.

Après tout, les déceptions amoureuse, c'est chose courante. Ce qu'il vivait dans l'instant même, c'était très certainement ce qu'Harry avait ressentit quelques jours plus tôt, quand Draco lui avait arraché son bonheur avec des griffes acérées qui avaient transpercé son cœur. Après tout, Dray ne faisait que récolter la monnaie de sa pièce. Il soupira. Il commençait à se calmer. Il ferma les yeux et se repassa la scène qu'il venait de vivre pour s'assurer que ce n'était pas un rêve – ou plutôt un cauchemar, vu le contenu.

Il était dans les couloirs durant la pause déjeuner, encore occupé à chercher Potter partout pour lui dire la vérité sur ses sentiments. Quand soudain, il avait aperçu une masse de cheveux ébouriffés. Heureux de l'avoir enfin trouvé, il s'était approché pour aller lui parler, pour lui expliquer son erreur et s'en excuser, aussi difficile que cela puisse être. Potter était assis sur un banc, près du lac, et il regardait le ciel. Pour la première fois depuis plusieurs jours, il était seul. C'était le moment ou jamais. Draco s'était approché d'avantage, quand Seamus était arrivé et, au sourire qu'Harry lui avait lancé, Dray avait sentit la première fissure traverser son cœur. Qui avait volé en éclat quand l'Irlandais avait déposé ses lèvres sur celles du brun balafré.

Confus, en colère, pas vraiment au clair avec les sentiments étranges qui s'emparaient de son esprit et de son cœur, Draco avait filé dans les couloirs sans en voir d'avantage. C'était déjà trop. Beaucoup trop. De rage, le jeune Malfoy frappa dans le mur en face de lui, entamant un peu le mur de pierre.

« Dray... ? Bordel, Dray, mais qu'est-ce que tu fous ?! »

Le blond retira sa main en sang du mur. Ca allait mieux, soudainement. La douleur lancinante de son poing ensanglanté éclipsait celle qui quelques secondes plus tôt occupait son cœur. Il lança un regard froid à Blaise Zabini, qui s'était jeté sur lui comme pour le retenir. Et puis quoi encore ? Draco était tout à fait responsable de ses actes. S'il avait envie de démolir le mur, il le faisait. Après tout, son père était un Mangemort et, qui plus était, il était haut placé dans le ministère. Alors Draco pouvait bien faire la belle à ce joli mur, s'il en avait envie.

« Eh, Dray, tu m'écoutes ?! »

Oui, je t'écoute, sombre crétin. Il n'avait juste pas envie de lui répondre. Pourquoi cela ? C'était très simple. Il ne contrôlait plus le flot de sentiments qui le renversait comme une vague.

« Putain, mais qu'est-ce qu'il s'est passé ? » grommela Zabini et enserrant la main de Draco dans un bandage blanc, qu'il venait de faire apparaître, et qui imbibait le sang du jeune serpentard.

« Potter. » se résolut à répondre Draco, les dents tellement serrées que ce qu'il disait était presque inaudible.

« Quoi, Potter ? » s'affola Blaise. « Tu es allé lui parler ? »

« Non. Je n'en ai même pas eu besoin. »

Draco tourna le dos à Blaise. Il s'était remit à trembler. Il ne voulait pas que son ami le voit comme ça. En fait, il voulait que personne ne le voit. Il inspira et lança d'une voix énervée :

« Cet imbécile sort avec quelqu'un d'autre. »

« Quoi ?! » s'étrangla pratiquement Zabini.

« Ouais. »

« Qui ? »

« Finnigan. »

« Seamus Finnigan ? Cet irlandais bon à rien ? »

« Lui-même. »

« Comment peux-tu être sûr qu'ils sortent ensemble ? »

A ces mots, Draco se retourna, furieux.

« Parce que je les ait vu s'embrasser, voilà pourquoi ! »

« Oh. »

Blaise ne savait pas quoi faire. Il regardait son ami d'un air désolé. S'il avait pu – ou plutôt, s'il avait osé – il l'aurait serré dans ses bras. Mais il savait mieux que personne que ce genre de comportement ne faisait qu'horripiler Draco d'avantage au lieu de l'aider. Et au vu de l'était de fureur dans lequel ce dernier se trouvait, il ne vallait mieux pas qu'il esquisse ne serait-ce que le moindre mouvement vers lui. Il se contenta de soupirer avant de fixer Draco droit dans les yeux, faisant face aux regard gris et glacé du jeune héritier Malfoy.

« Ecoute Dray, je suis vraiment désolé pour toi – »

« Si tu crois que ça va suffire à changer la donne, je... »

« Changer la donne ? » le noir s'énerva. « Tu crois vraiment que tu vas pouvoir changer la donne maintenant ? Tu sais, les êtres humains ne sont pas seulement des réceptacles sans vie et sans sentiments. Quand tu blesses quelqu'un, tu dois t'attendre à des représailles ! Ce qu'il t'arrive en ce moment, c'est tout ce que tu as mérité ! Espèce de crétin profond ! Tu sais quoi, tu vas te démerder avec Potter ! Et si j'étais toi, j'irais quand même lui présenter des excuses. Pour tout ce que tu as pu dire, que ça ait été cette année ou toute les précédentes. »

Et Blaise partit, laissant un Draco estomaqué. Il s'était attendu à tout sauf à recevoir une leçon. Une putain de leçon de la part d'un putain de... De quoi, exactement ? Draco ferma les yeux. Blaise avait raison de toute façon. Et, qui plus était, il l'avait bien plus aidé que quiconque d'autre dans l'enceinte de Poudlard. Blaise était le seul qui avait su lire en Draco, et l'avait conseillé pour Potter. Il prit une grande expiration. Oui il allait aller s'excuser.

Quittant le couloir d'un pas décidé, il se dirigea vers le parc, ou il avait vu Potter et Finnigan un peu plus tôt. Il était temps qu'il parle au Survivant. Ses pas résonnaient sur le sol en pierre des corridors de l'école. Sur son chemin, Draco croisait d'autres élèves, de Maisons diverses et variées, mais il n'y prêtait pas la moindre attention, malgré les chuchotis et ceux qui fixaient où désignaient sa main ensanglantée. Enfin, Draco rejoignit le parc encore un peu éclairé. Potter était toujours avec l'Irlandais.

Il souriait. Un sourire magnifique, si seulement il l'avait adressé au blond. A le voir si heureux, Draco crut que son cœur allait lâcher. Mais, au contraire, le jeune homme se réfugia dans une carapace de colère. S'excuser ? Et puis quoi, encore ? Non mais, qu'est-ce qui lui avait prit de penser une chose pareille, ne serait-ce qu'une seule seconde ? Il détourna les talons et se mit à réfléchir.

Que pourrait-il faire qui blesse Potter ? Qui le fasse ressentir ce mal être continuel qui le berçait ? Comment atteindre le Survivant, éteindre la moindre flammèche de bonheur dans son regard ? Soudain, tout se fit clair dans la tête de Draco. Il avait trouvé une idée. C'en était presque trop méchant, mais tant pis. Potter l'avait mérité. De toute façon, il ne comprenait même pas comment il avait pu intéresser à lui, ne serait-ce qu'une seule seconde. Ce mec était répugnant... Ou pas. Ou pas.

Je divague trop. Il faut que je me concentre, sinon je n'arriverais jamais à lui rendre la monnaie de sa pièce. Il inspira un grand coup, décidé. Il plissa les yeux, tentant de se concentrer, gardant dans sa tête l'image de Seamus embrassant Harry. Et ça lui suffit amplement. De son regard glacé, Draco embrassa la pièce du regard. D'un sourire quasi carnassier, il se glissa vers la personne qu'il recherchait, avant de gommer toute trace d'expression sur son visage, qu'il força à adopter un masque de tristesse désespérée. Il cherchait à attendrir sa proie. Alors, seulement, il s'assit en face d'elle, avec une mine d'enterrement.

« Salut, Granger. » murmura-t-il.

L'intéressée releva la tête de son livre pour se rendre compte que Malfoy était assit en face d'elle, à la table des Gryffondors, et, qui plus était, à la vue de tout le monde. Mais le véritable choc pour elle fut lorsqu'elle observa son visage, entièrement dépourvu de fierté. On aurait dit que toute joie de vivre avait abandonné Malfoy.

« Euh... Bonjour, Malfoy. »

Elle semblait relativement mal à l'aise, et Draco pouvait le voir. Aussi, il avança une main rassurante en direction du poignet de la Gryffondor, qu'il effleura du bout des doigts.

« Tu sais Granger, je... Je voudrais t'avouer quelque chose. »

La situation était trop bizarre, et la jeune fille s'empourpra.

« Oui ? » murmura-t-elle d'une voix étouffée.

« Je suis amoureux de toi. »

Elle devint aussi rouge qu'une tomate et détourna le regard avec de retirer sa main de la table.

« Euh, je... Malfoy, je... »

« Tu n'as qu'une chose à me dire, Granger. »

Il s'approcha dangereusement de la jeune fille, qui ne pouvait plus reculer, au risque de tomber sur le sol. De plus, Draco enserrait à nouveau son poignet, la forçant à amorcer un mouvement vers lui.

« Tu dois juste me dire que tu m'aimes aussi. »

Il posa un doux baiser sur les lèvres délicates de la jeune femme, qui céda et cessa alors de se débattre. Elle s'abandonna complètement au beau blond en face de lui, sans plus réfléchir. Elle ne pensait plus alors qu'elle blessait ses deux meilleurs amis. Car Hermione savait mieux que personne que si Harry ''sortait'' avec Seamus, c'était pour que Draco réagisse et vienne lui parler. Elle avait été sa confidente durant une longue nuit pendant laquelle il lui avait étalé ses sentiments pour le Serpentard. Elle ne pensait pas non plus à Ron, à l'entrée de la Grande Salle, à qui elle avait promis de passer Noël rien qu'avec lui, ni aux sentiments qu'elle savait vivaces chez ce dernier. Hermione ne pensait plus à rien hormis la douce caresse des lèvres chaudes de son ennemi de toujours sur sa bouche délicatement parfumée. Et le pire dans tout ça, c'était qu'au fond d'elle même, elle savait pertinemment que Draco se jouait d'elle, et que rien de ce qu'il lui avait dit était vrai. Elle le savait, et c'était pour ça qu'elle se laissait faire.

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Le soir-même, dans la salle commune de Serpentard, les quolibets allaient bon train. Draco Malfoy sortait avec la née-moldue, Hermione Granger. Ou du moins, c'était ce que tout le monde croyait puisque la grande majorité d'entre eux les avait vu s'embrasser au repas du soir. Et, au milieu de tout ça, Blaise n'en pouvait plus : le bruit était tout bonnement insoutenable. Les discussions, les quolibets... Tout ça lui passait au dessus de la tête. Il avait juste besoin de silence à fin de pouvoir réfléchir convenablement aux événements qui venaient de se passer, juste sous son nez. Il ne comprenait pas pourquoi Draco avait embrassé Granger. Et Potter, alors ? Le jeune adolescent grommela et, quelques secondes plus tard, tout le monde se tut. Draco venait de faire une entrée fracassante. Il regarda droit dans les yeux chaque personne qui le dévisageait, affichant un sourire suffisant sur son visage. Il marchait d'un pas droit et assuré, comme si rien de ce que l'on pouvait dire sur lui n'avait un moyen de l'atteindre. Il avait l'air tellement convaincu de lui-même que même Blaise se laissa prendre au jeu, toujours aussi estomaqué.

Le blond repoussa une mèche de cheveux rebelle qui s'était aventurée sur son front lisse comme la peau d'un bébé et entra dans sa chambre (il avait droit, en tant que préfet, à une chambre en solitaire, d'autant plus que son père avait fait jouer ses relations à fin de la lui obtenir) dont il referma la porte violemment. Une fois qu'il fut assuré qu'il était seul, et que personne n'avait de moyens de l'espionner, il se laissa aller à sa véritable émotion, qu'il n'avait que légèrement surjouée en étant allé parler à Granger. Son visage enjoué laissa place à un visage renfrogné, des yeux quasi-larmoyants et des sourcils constamment arqué. Les dents serrées, il entra dans sa salle de bain. Il leva des yeux éteins vers le miroir, observant son reflet. Ce qu'il y vit le dégoûta tellement qu'il envoya son poing droit dans le miroir, le brisant en mille petits morceaux brillants. Il poussa un cri de rage mêlé à un cri de douleur alors que les plaies qui venaient tout juste de se refermer sur son poing se rouvraient, faisant à nouveau couler le sang. Il carra sa mâchoire pour réprimer un nouveau hurlement qui aurait forcément rameuté du monde dans la pièce. Et il était hors de question que qui que ce soit entre dans cette pièce et le voit dans un tel état de faiblesse.

Il inspira grandement et banda à nouveau son poing. Heureusement pour lui, personne ne l'avait remarqué. Car, même s'il faisait comme si de rien n'était, Draco souffrait de voir tout les élèves – ou presque – de Serpentard lui tourner le dos et parler de lui. Si c'était comme ça rien qu'à cause de Granger, il n'osait pas imaginer ce que ça aurait été pour Harry... Harry qui l'avait poussé à des mesures si extrêmes que lui même ne parvenait pas à y croire. La pauvre Granger. Draco grimaça en y repensant. Il espérait tout de même qu'elle n'allait pas tomber de trop haut lorsqu'elle se rendrait compte que Draco ne l'aimait pas, et qu'il ne faisait tout ça que dans un seul but : reconquérir Harry. Car, même si sur le coup il n'avait voulu que le faire souffrir, il espérait, au plus profond de lui-même, que Potter allait retomber dans ses bras. Il l'avait trouvé tellement adorable. Il avait tellement regretté d'avoir mal agit envers lui. Il avait finit par réaliser qu'il l'aimait. Et s'en était devenu quasi-insoutenable. Rien que de penser à Potter était une véritable torture.

Dans un soupir magistral, Draco commença à se déshabiller. Tandis qu'il ôtait ses vêtements, il repensait à tout les événements passés de la journée. Il se souvint dans un demi-sourire à quel point il avait été heureux quand il avait enfin croisé Potter. Potter et sa peau si douce, et ses lèvres si douces. Il s'imagina dans un grognement rauque à quoi pouvait bien ressembler le Gryffondor torse nu. Il se mordit la lèvre tandis que ses pensées dérivaient sur un Potter complètement dénué de vêtements.

Woah.

Ca, c'était plutôt pas mal comme vision. Il n'eut pas même le temps de penser à quoi que soit d'autre qu'il réalisait que son pantalon était soudainement devenu beaucoup trop serré. Il se dépêcha de l'enlever. Erreur. Car, à peine avait-il esquissé un mouvement pour le tirer vers le bas que le frottement du tissu contre son intimité lui arracha un râle. Il était carrément excité. Et ça n'était pas forcément une bonne nouvelle, d'autant plus que l'objet de son désir était très certainement dans les bras d'un autre – en plus, les Gryffondors dormaient dans la même chambre, non ? Alors qu'il aurait dû s'énerver à cette pensée, elle ne fit que le chauffer d'avantage, car il venait de se figurer Potter et lui dormant dans la même chambre. La proximité aurait été tellement insoutenable que Draco lui aurait très certainement sauté dessus sans réfléchir.

D'ailleurs, Draco ne réfléchissait plus à ce qu'il faisait. Il avait posé une main envieuse contre le tissu de son boxer, caressant à travers la matière son intimité qui vibrait de plus en plus de désir contenu. Quelques secondes plus tard, son boxer était à terre et ses caresse sur lui-même se faisaient de plus en plus insistantes. Toutes sortes d'images salaces lui passaient par la tête, qui ne faisaient que l'exciter d'avantage. Il enserra de ses deux mains son membre tendu à l'extrême, bougeant si vite que personne n'aurait pu deviner qu'elles étaient là. Il avait atteins sa limite et il sentait quelque chose venait, du plus profond de ses viscères.

« Ghh.. Ah... Putain... Harry... Aaaah ! »

Une matière visqueuse recouvra soudain ses mains et le haut de son ventre. Haletant, il s'allongea sur son lit, savourant les derniers soubresauts qui l'agitait, son cœur battant à cent à l'heure, ratant même parfois quelques battements, le faisant sursauter d'avantage et poser une main hésitante sur sa poitrine. Au bout d'un moment, lorsqu'il se fut calmé, il ressentit soudain une vague de honte en repensant à ce qui l'avait excité. Il courut s'enfermer dans la salle de bain, une main plaquée sur sa bouche qui avait crié ce nom tabou au moment de sa délivrance. Il se sentait sale. Il alluma l'eau de sa douche qu'il régla à la chaleur maximum, puis il passa son crâne sous le jet d'eau brûlante. Il soupira de bonheur. La légère douleur provoquée par la chaleur lui fit un bien fou, et il s'immergea complètement, nettoyant d'une manière presque compulsive son ventre où quelques gouttes de matière blanche avaient été projetées.

Il sortit le savon, le shampoing, s'offrant un nettoyage intégral afin de se libérer de chaque parcelle de sueur ou de cette matière qui le rendait tellement honteux. C'était la première fois de sa vie qu'il se masturbait, et il se sentait d'autant plus honteux à cette idée que ça avait été en pensant à Potter qu'il l'avait fait. Il frottait sa peau comme un fou, a rendant quasiment rouge. S'il avait pu plonger dans un bain de désinfectant, il l'aurait fait sans aucune hésitation. Pourquoi avait-il fait un truc aussi stupide ? Il s'était toujours juré que jamais il ne ferait ce genre de chose, mais il se rendait compte désormais que, face au désir, il ne pouvait rien faire, qu'il n'avait aucune emprise dessus. Ça le désespérait presque. Mais ça avait été tellement bon. Il était tiraillé entre l'envie de recommencer et le dégoût que cette simple idée lui imposait. Il inspira l'air surchauffé de sa salle de bain, passa l'eau carrément cramante sur son corps encore chaud de son excitation passée puis, une fois qu'il fut rincé correctement, il sortit de la douche et s'enroula dans une serviette bien douce, séchant chaque partie de son corps consciencieusement.

Il jeta un coup d'oeil rapide à ses affaires, étalées sur le sol, et son visage prit une teinte violacée lorsqu'il entraperçut son boxer vert émeraude. Dans un souffle, il sentit son intimité gonfler à nouveau. D'un mouvement instinctif, il passa une main gourmande sur le bout, faisant tomber sa serviette et poussant un petit gémissement.

Ce fut ce moment précis que choisit le jeune Blaise Zabini pour débouler dans la chambre de son ami sans même se donner la peine de frapper à la porte.

« Eh, Dray, tu... Euh... »

Les yeux écarquillé, le jeune commença à amorcer une manœuvre en sens inverse...

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Draco, assit sur son lit, emmitouflé dans une serviette et portant un caleçon tout propre, était aussi rouge qu'une écrevisse. Il regardait fixement ses pieds nus, ne sachant pas trop quoi dire. Assit sur son lit, il passait la soirée la plus honteuse de toute sa vie. Blaise quand à lui, était assit à l'autre bout du lit, lui-même rouge comme une tomate, fixant lui aussi un point visiblement très intéressant sur le mur dépourvu de quelques tâche que ce soit. Finalement, ce fut Draco qui brisa le silence de plomb qui s'était installé :

« Euh, ouais, donc... Tu voulais quoi ? »

Toujours mal à l'aise, le noir réussit cependant à formuler quelques mots :

« Je voulais savoir... C'est-à-dire que... A propos de... Grande Salle... Granger... »

Le cœur de Draco se serra lorsqu'il comprit où son ami voulait en venir. Sa manipulation pour faire tomber Potter amoureux de lui une fois de plus, pour le faire jalouser et qu'il se rende compte d'à quel point il était fait pour aller avec Draco.

« Ce n'est rien qui te concerne, Zabini. »

L'emploi de son nom de famille et le ton glacial qu'utilisa Draco pour s'adresser à lui n'échappa pas à Blaise qui compris rapidement que le jeune homme ne voulait simplement pas lui en parler, et l'idée qui lui avait effleuré l'esprit quelques secondes avant qu'il ne le découvre dans une situation assez embarrassante se confirma.

« Tu veux rendre Potter jaloux ? »

« ... »

« J'ai raison, n'est-ce pas ? » Il s'était repris. « T'es con, Malfoy. Tu sais très bien que tout ça ne fera qu'empirer les choses. »

« Ta gueule, qu'est-ce que tu peux bien en savoir, hein ? »

« J'ai un minimum de cervelle, je te signale. »

« Ouais, bah, ta cervelle, tu vas te la garder, merci. »

« Je croyais que ça pouvait t'aider, que je sois sincère. »

« Qui t'as dit que j'avais besoin de ton aide ? Je m'en contre fous de Potter, maintenant. »

« Vraiment ? » lança Blaise, estomaqué.

Draco déglutit et mit quelques instants avant de reprendre contenance.

« Oui, vraiment. Maintenant tu vas me faire le plaisir de sortir de cette chambre illico presto, que je puisse me branler en pensant à Granger en paix, merci. »

Il n'arrivait pas à croire ce qu'il venait de dire. Lui qui, quelques mois plus tôt, n'avait pas la moindre idée de ses propres sentiments envers Potter... ce vif changement d'attitude n'échappa pas au jeune homme noir qui se tenait devant lui, ce qui ne l'empêcha pas de rougir comme une pivoine en entendant la référence que Draco venait de faire à cet instant si gênant quelques minutes plus tôt. Il sortit de la chambre de ce dernier comme une furie, refermant la porte en la claquant à moitié. Si Blaise était blessé par les propos de Draco, ce n'était rien à côté de ce que le blond éprouvait. Il se sentait tellement mal à l'idée d'avoir pu heurter celui qu'il considérait comme son meilleur ami. De plus, il avait mentit, car ce n'était pas à Granger qu'il pensait, mais à Potter. Et, pour en rajouter une couche, il avait décidé que plus jamais il ne tenterait de se satisfaire lui-même. C'était bien trop gênant et embarrassant, comme situation. D'autant plus ça ne faisait que renforcer son sentiment de solitude et d'envie envers le beau Gryffondor aux cheveux en bataille...

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Quelques jours passèrent dans une atmosphère étrange, électrique. Chacun était sur les nerfs et les insultes entre serpentards et gryffondors étaient de plus en plus vivaces. Chaque soir, Draco rejoignait Hermione, jouant la comédie pendant des heures. Il devait cependant avouer que, s'il passait outre le fait qu'elle était une Gryffondor (et née-moldue par dessus le marché), elle était plutôt sympathique et avait pas mal de goûts en commun avec le blondinet. Les moments que Draco appréciait le plus étaient lorsqu'ils discutaient des livres qu'ils avaient tout les deux lus, et ceux qu'il aimait le moins, lorsqu'ils s'embrassaient. Hermione avait d'abord été réticente à l'idée de sortir avec lui, mais il avait été plutôt convaincant.

Il n'avait pas croisé Potter une seule fois et il ne savait pas si ce dernier était au courant – mais vu que l'ensemble du château semblait l'être, Draco ne se faisait pas trop d'illusions. Si Potter n'était pas encore revenu vers lui, c'est qu'il n'était pas allé assez loin. Et puis, Dray voulait voir sa réaction en face. Alors, il prit une décision capitale. Même si Granger lui avait demandé d'être discret concernant leur soi-disante ''relation'', Draco ne pouvait pas faire autrement. De toute façon, il finirait par la blesser un jour où l'autre, non ?

Ce matin-là, l'air était plutôt doux. C'était une belle journée en perspective, et la plupart des élèves souriaient déjà à l'idée de passer leur Dimanche dehors. Comme c'était Dimanche, justement, la Grande Salle était bien moins bondée lors du petit déjeuner puisque les élèves ne s'y rendaient pas tous en même temps. Cela rendit la tâche de Draco un peu plus compliquée. Mais il s'appliqua à manger son déjeuner avec lenteur, savourant chaque bouchée de sa tartine, chaque gorgées de son chocolat et de son café, regardant avec avidité l'embrasure de la porte de la Grande Salle. Vers 9h, un groupe de Gryffondors fit irruption dans la salle chauffée et s'attabla pour se remplir la panse. Draco eut un léger sourire en voyant le trio d'or. Il se leva avec lenteur, marcha d'un pas assuré vers la table des rouges et ors. Même s'il semblait sûr de lui, on pouvait voir sa main qui tremblait. Il était, en effet, honteux à l'idée de ce qu'il allait faire.

Une fois qu'il fut tout proche, il posa une main rassurante sur l'épaule d'Hermione qui sursauta, détournant le regard de Harry – assit juste en face d'elle – pour offrir un sourire hésitant au blondinet.

« Malfoy ? » demanda-t-elle, hésitante.

« Bonjour, mon amour » souffla-t-il avec une vague de dégoût intérieure avant de l'embrasser délicatement.

Étonnamment, elle se laissa faire avant de rougir comme une pivoine. Levant des yeux inquiets vers Harry, Draco croisa son regard, qui s'était fait aussi dur qu'une pierre. Intérieurement ravit, Draco jubilait. Il avait réussit son coup. Satisfait, il souffla quelques mots à Granger avant de disparaître, aussi bien de leur champ de vision que de la salle. Il entendit, juste avant de tourner les talons, un bruit de chaise qui raclait violemment contre le sol.

Un sourire mauvais et satisfait établit sur son visage, il allait tourner à l'angle du couloir vide lorsque quelque chose l'agrippa avec force, le retourna et le plaqua contre le mur. Estomaqué, il ouvrit grand les yeux avant de reconnaître la tignasse qui se dressait devant lui. Rassuré, il savourait sa victoire presque trop parfaite, tout en ne laissant rien paraître malgré tout.

« Tu veux quoi, Potter ? » lança-t-il d'une voix acerbe.

« Arrête de jouer avec les sentiments de ma meilleure amie ! » lui lança le Gryffondor, visiblement en colère.

« Pardon ? » lui répondit Draco, d'un air faussement étonné.

« Arrête de te moquer d'elle ! »

« Je ne me moque pas d'elle Potter, loin de là. »

« Alors pourquoi tu fais ça, merde ? T'as une seule petite idée de ce que je peux ressentir à te voir embrasser quelqu'un d'autre ? Une fille, par dessus le marché ? Quelqu'un à qui je tiens ? »

Oh que oui, sombre crétin.

« Pourquoi tu me dis ça, Potter ? Qu'est-ce que tu veux que ça me fasse ? »

« Mais, que ça te touche, bordel ! »

« Tu voudrais que ça me touche ? »

« Oui ! »

« Et pourquoi ça ? »

Draco se délectait.

« Parce que je t'aime ! »

Gagné.

« Euh, je veux dire, je, euh... » rougis Potter en lâchant soudain le blondinet dont les pieds touchèrent à nouveau le sol.

« Je suis content de t'entendre dire ça. » finit-il par avouer.

« Quoi ?! »

Les yeux d'Harry s'ouvrirent ronds comme des soucoupes. Mais Draco arqua les sourcils.

« Potter. Si vraiment tu m'aimes, alors pourquoi tu es sortis avec Finnigan ? »

Mal à l'aise, Harry fronça les sourcils.

« Je voulais te faire réagir. Je voulais que tu reviennes vers moi. Je voulais voir ce que ça faisait d'embrasser quelqu'un d'autre que toi. Je... Je voulais voir si Seamus embrassait aussi bien que tu embrasses. Si ça me procurait autant de sensations. »

Le souffle coupé, Draco murmura :

« Alors … ? »

« Tu es de loin le meilleur, Ma... Draco. »

Un sourire étrange aux lèvres, Draco se rapprocha de Potter pour lui offrir un baiser tel qu'il ne lui avait jamais donné auparavant.