Bonsoir tout le monde ^^

Voilà le nouveau chapitre, un peu plus long que les précédents, ce dont je suis fière ahahah !

J'ai introduit dans ce chapitre un OC que j'aime beaucoup. Je pense qu'il va devenir plutôt important pour la suite héhéhé. A vous de m'en dire des nouvelles !


CHAPITRE V : MEMENTO MORI

Un jeune homme étrange marchait dans les couloirs. Les paupières mi-closes, il marchait d'un pas décidé. Ses cheveux mi-longs, noirs corbeaux, lui tombaient sur les yeux. Son uniforme indiquait qu'il appartenait à la maison Serpentard. Il soupira et passa devant le couple enlacé sans même les regarder, ni même les voir. Il continua d'avancer sans leur prêter d'avantage d'attention.

Draco sentit Harry trembler sous son corps. Le jeune homme ne semblait pas vraiment prêt à accepter leur relation, du moins en public, et c'était de même pour Draco, et ce même s'il avait affirmé le contraire. Toujours tremblant et légèrement frustré d'avoir dû interrompre leur baiser, Harry chuchota :

« Qui était-ce ? »

« C'est Draven Prince. Il n'est pas méchant, pour un Serpentard. »

« Prince ? »

« C'est un cousin éloigné de Rogue, je crois. »

« QUOI ?! »

« Oui. Tu ne savais pas que Rogue était à moitié Prince ? »

« Non... »

Draco eut un petit rire.

« Tu as beaucoup à apprendre sur les familles de sorciers, Potter. »

« Harry. »

« Hm ? »

« Je veux que tu m'appelles Harry, pas Potter. Draco. »

« Euh... Si... Si tu veux... P-Harry... »

Le jeune brun ferma les yeux et se blottit d'avantage contre lui. Maintenant tout allait mieux, du moins c'était ce qu'il espérait. Draco se sentait bien et il serra Harry contre lui, déposant un baiser dans ses cheveux en bataille. Au loin, l'horloge sonna. Harry frissonna. Il se faisait tard. Draco et lui avaient passé toute la journée à se parler, à s'embrasser, à profiter l'un de l'autre. Chacun d'entre eux savait qu'ils auraient très certainement des problèmes, mais ils ne voulaient pas y penser et se contentaient de rester enlacés. Le blond releva la tête de son amant et déposa un chaste baiser sur ses lèvres avant de lui souffler au creux de l'oreille :

« Il faut qu'on rentre. »

« Hm. »

Mais le jeune homme aux cheveux ébouriffés n'esquissa pas le moindre mouvement. Un léger sourire plaqué sur ses lèvres, Draco détacha avec lenteur leurs mains enlacées avant de le repousser avec gentillesse et de déposer un baiser sur son front.

« Bonne nuit, Harry. »

.

.

Draco se dirigea donc vers son dortoir. Il était fatigué, mais heureux. Tout c'était arrangé. Enfin, il pouvait vivre avec celui qu'il aimait – officieusement, bien sûr. Tout était parfait. Sauf une chose. Draven Prince. Le jeune blond espérait fortement que ce dernier n'avait rien vu, et que si c'était le cas, il ne dirait rien à personne.

Il entra dans la salle commune avec un soupir, salua certain, ignora d'autres. Blaise vint à sa rencontre.

« Draco ? »

« Bonjour, Blaise. »

« Ça y est, tu t'es calmé ? »

Draco soupira et prit Blaise un peu à part.

« Je suis désolé, j'ai été égoïste. »

Un léger sourire pointa néanmoins sur ses lèvres sans qu'il ne parvienne à le réprimer. En vérité, il ne le remarqua même pas.

« Tu sembles heureux. Ça va, avec Granger ? »

Oh, merde. Draco venait justement de se souvenir d'elle. Une pique venait de le traverser de part en part. Merde, merde, merde. Comment allait-il lui expliquer qu'il n'était sortit avec elle que dans le but de se rapprocher d'Harry ? Dans le but d'avoir Harry ? Oh, non. Et puis, comment expliquer à Blaise ?

« Blaise, j'ai quelque chose à te dire. »

Le jeune homme à la peau noire arqua un sourcil d'un air interrogateur.

« Je t'écoute. »

« Je me suis servi de Granger. »

« Quoi ?! »

Il ouvrit des yeux grands, ronds comme des soucoupes.

« Avant que tu m'incendies, sache que je suis tout à fait au courant que j'ai été un salaud parfait, merci beaucoup. Si j'ai fait ça, c'était uniquement dans le but de m'auto-satisfaire, comme le bon petit égoïste que je suis. Ouais, j'ai fait ça pour avoir Pot- »

Il se tut subitement. Il venait de se prendre une gifle monumentale.

« Tu es vraiment le pire crétin que j'aie jamais connu... Tu vas continuer à la faire souffrir comme ça ? Et Harry, tu as pensé à Harry ? À ton avis, ça lui fait quoi de savoir qu'il a volé le petit-ami de sa meilleure amie ? T'es vraiment qu'un idiot, Malfoy... »

Un petit rire triste s'échappa des lèvres du jeune blond.

« Je le sais bien, Blaise... »

Il s'assit sur sol et baissa la tête.

« Après tout, je suis comme mon père, calculateur et sans cœur... » Il soupira. « Je suis un véritable Serpentard, vicieux et égoïste. Mais, eh, qu'est-ce que j'y peux ? C'est pas moi qui ai choisit ma maison, ni même mon caractère. Et le pire, dans tout ça, c'est que je me sens incroyablement heureux. J'ai l'impression que mon cœur va s'envoler tellement il bat vite. Je... Je crois que je n'ai jamais rien ressentit de tel, Blaise. Et ça m'fait un peu peur. »

« Oh. »

Son ami s'approcha de lui et commença de lui tapoter gentiment le dos tandis que Draco laissait échapper quelques larmes accompagnées d'un sourire amer.

Aucun des deux ne l'avait remarqué, mais, dans le coin où ils s'étaient isolés siégeait un jeune homme, assis comme un véritable Sang-Pur dans un fauteuil aux accoudoirs pelucheux. Il était habillé d'une chemise blanche ornée de dentelle sur les poignets, dentelle elle même brodée de fils verts et argents. Ses cheveux mi-longs, noir comme les plumes d'un corbeau après la pluie, tombaient drus sur son visage, s'arrêtant à quelques centimètres de ses épaules, recouvertes d'un veston de soie noire en dentelle. Les bras croisés sur ses genoux, eux-mêmes croisés, il observait de ses grands yeux bleus clairs en amande les deux amis qui discutaient. Il éleva alors la voix, une voix douce et calme, comme si tout cela lui importait peu.

« Tu sais, Malfoy, si le Choixpeau a décidé que tu étais Serpentard, c'est qu'au fond de toi, tu n'es pas qu'égoïste et vicieux, comme tu le dis si bien, mais qu'il y a un grand potentiel. » le jeune homme se leva sous les yeux exorbités d'un Draco et d'un Blaise sursautant. « Dans chaque Serpentard vit une flamme de grandeur, tu sais. Libre à toi d'utiliser cette grandeur pour faire le bien où pour faire le mal, toi seul peut en décider. Mais sache que jamais personne ne pourra t'obliger à rejoindre un camp ou l'autre, voire même à rejoindre l'un des deux : c'est toi et toi seul qui décidera de ta vie. » Il fit une pause. « Quant à ta relation avec Potter, et bien, je ne peux que te donner le conseil suivant : fais attention. Non pas que je ne cautionne pas cette relation – comme je viens de le dire, tu es le seul à pouvoir décider de ta vie – mais d'autres la trouverons aberrante. J'ai également souvenance que, jusqu'à preuve du contraire, ta famille penche plutôt du côté de Lord Voldemort, n'est-ce pas ? Je doute fort qu'ils apprécient de te voir fricoter avec celui qui a de fortes chances de le détruire, ce Seigneur des Ténèbres ou je-ne-sais-quel-autre-surnom-stupide. Sur ce, je te souhaite une bonne nuit. »

Le jeune homme haussa les épaules et disparu vers le dortoir, et vers sa chambre qui l'attendait certainement impatiemment.

« Draven Prince... » souffla Draco, impressionné.

Le discours du jeune homme venait de le souffler, littéralement. Il était remotivé. Et il trouvait ce jeune homme vraiment étonnant. Ce dernier avait très clairement exposé son point de vue envers Voldemort – et, Seigneur, il avait prononcé son nom – sans frémir, sachant que n'importe qui aurait pu l'entendre. Il n'avait pas peur des représailles. Non, ce n'était pas ça. Il donnait plutôt l'impression que tout cela lui passait carrément au dessus de la tête.

« Alors c'est comme ça que sont les Princes, uh... » murmura Blaise, tout aussi sous le choc que son ami blond. Puis, il se tourna vers Draco. « Il a raison, tu sais. »

Le jeune Malfoy déglutit.

« Je sais... C'est ça, le pire. »

Draven venait d'amener un nouveau débat dans la tête de l'héritier Malfoy En effet, si ce dernier avait un peu réfléchis à sa réputation au sein de l'école quant au fait de sortir avec Harry Potter, il n'avait pas pensé à toute les conséquences que cela pourrait avoir pour lui, pour sa famille, si jamais cela venait à s'ébruiter. Bon Dieu, et dire qu'il avait flanné avec Potter en public ! Il pouvait s'estimer heureux qu'une seule personne les ait vus, et que ladite personne ait été quelqu'un plutôt de leur côté qu'autre chose. Draco soupira. Il avait mal à la tête, et il avait besoin d'un peu de temps pour analyser ce qu'il ressentait, exactement.

Il se releva, arrangea sa coupe de cheveux qui laissait à désirer – mais comment faisait Draven pour garder une coupe aussi bien coiffée avant d'aller dormir ? – et fixa Blaise avec un soupir.

« Je suis désolé Blaise, mais je vais aller me coucher. On reprendra notre discussion plus tard, d'accord ? J'ai besoin de dormir, et de réfléchir. »

« Va, Draco, va. La nuit porte conseil. Bonne nuit. »

« Bonne nuit, Blaise. »

.

.

.

Le lendemain, ni Harry ni Draco ne purent se voir seuls à seuls. Chacun d'entre eux était toujours entouré, soit de ses amis, soit d'autres élèves de Poudlard qui cherchaient désespérément une proximité quelconque avec eux. Ce fut une journée extrêmement frustrante pour le Serpentard, qui désirait parler a Harry de ce qui le tracassait : sa famille.

Car Draco n'y avait pas vraiment réfléchi avant que Draven n'en parle. Et depuis, ce problème restait accroché dans son esprit, comme une écharde enfoncée profondément dans son pied sans que l'on puisse l'enlever d'aucune manière. Il y pensait tout le temps, tournait et retournait le problème dans sa tête, sans parvenir à trouver une quelconque solution, et ça lui donnait même des migraines continuelles. D'autant plus qu'il ressentait un besoin irrationnel d'être proche du Gryffondor, de le prendre dans ses bras, et de l'embrasser... Rien n'allait plus.

Draco était si près de la rupture qu'au bout du troisième jour sans avoir pu adresser la parole à son bien aimé, il manqua de craquer. Il voulait traverser la cour d'un pas rapide, attraper Potter par le bras et le traîner dans un coin, pour qu'ils puissent enfin être tout les deux ensembles. Mais il ne le fit pas. Parce qu'il était Draco Malfoy, et qu'il savait résister à ses pulsions, non ?

Tout se perdait dans sa tête. Il avait l'impression que c'était le bordel complet, et il avait raison.

Le temps passait incroyablement lentement, d'autant plus qu'avec son cerveau qui tournait à plein régime vingt-quatre heures sur vingt-quatre, c'était l'enfer pour ne serait-ce qu'essayer de fermer l'oeil.

Le jeune Serpentard accueilli le début du week-end avec une joie non dissimulée. Il allait enfin pouvoir parler avec Harry de ce sujet qui le dérangeait tant. Qui le torturait tant. Il était assis à la table des Serpentards, sa tête appuyée contre sa main, et regardait dans le vide en se demandant comment il allait faire pour trouver un moment seul à seul avec le jeune homme, quand un hibou un peu fou déboula soudainement en plein milieu de la table, se prenant plusieurs plats de viennoiseries, pour atterri devant Draco, hébété. Il avait un petit papier accroché à sa patte. D'abord sceptique, le jeune homme fini par comprendre que ce hibou était là pour lui – en même temps, l'animal lui donnait des coups de becs incessants pour qu'il prenne le papier en question. Il se saisit donc du morceau de parchemin jauni et congédia le volatile d'un mouvement de main agacé. L'oiseau poussa un petit cri offusqué avant de reprendre son envol, renversant au passage le verre de jus de citrouille du jeune blond, recouvrant le parchemin, qu'il avait posé sur la table, d'un magnifique liquide orange.

« Saleté d'oiseau ! » ragea le principal concerné avant de lancer un sort de séchage sur le parchemin, avec l'espoir futile qu'il allait pouvoir sauver ce qu'il y avait d'écrit dessus.

Lorsqu'il déplia le papier, il vit que l'encre s'était étalée, formant des pâtés qui cachaient certains mots, mais il parvint néanmoins à lire l'essentiel.

Draco,

Étant donné que... week-end, j'avais pensé... se voir ?

Je sais que... difficile... semaine chargée... mais j'ai envie... retrouver. Que dirais-tu... Cabane Hurlante ?... endroit calme et isolé. Es-tu libre... après-midi, 15h là bas ?

Oh, et je m'excuse... hibou. J'ai dû... oiseau de l'école... discrétion.

Avec toute... affection,

HP.

Il ne put s'empêcher de sourire en voyant les mots maladroits du jeune Potter. Il jeta un regard vers la table des Gryffondors, où ce dernier le fixait d'un air anxieux. Draco hocha imperceptiblement la tête pour lui montrer son accord, et le rouge et or sourit : il avait compris. Draco fixa de nouveau son assiette recouverte de jus de citrouille en soupirant. Ce maudit volatile avait fichu son petit déjeuner en l'air. Mais de toute façon, l'appétit venait de s'envoler : rien qu'a l'idée du sujet qu'il devrait aborder avec Harry, son estomac se tordait dans tout les sens, menaçant de faire sortir ses tripes – c'était, du moins, l'impression que Draco avait. C'était tout bonnement horrible.

La matinée lui sembla à la fois horriblement longue, et terriblement courte. Longue car il attendait avec impatience de pouvoir serrer dans ses bras Harry, et courte puisqu'il devrait lui parler d'un sujet pas franchement joyeux qui risquait fort d'aboutir à une nouvelle dispute au vu de leurs caractères respectifs. Quand il fut l'heure pour lui de partir, il s'éclipsa en silence et discrètement. Il connaissait un moyen d'aller à la Cabane Hurlante qui ne demandait pas à sortir de l'enceinte de l'école, c'était un passage au dessous du Saule Cogneur. C'était difficile, mais si l'on parvenait à faire léviter une brindille pour toucher un point bien précis sur l'arbre, ce dernier s'arrêtait de bouger pendant un laps de temps assez long pour rejoindre le trou dans ses racines qui étaient l'entrée d'un passage secret qui permettait donc l'accès à l'édifice le plus hanté de Grande-Bretagne. Draco n'eut quasiment aucune difficulté à mettre hors d'état de nuire ledit arbre et se glissa sans peine dans le passage peu ragoûtant qui lui fit accélérer le pas malgré son anxiété grandissante.

Lorsqu'il arriva dans la Cabane Hurlante, il n'osa pas parler – il avait toujours eut une peur bleue de cette endroit, même s'il ne l'avouerait jamais. Mais il n'avait aucune idée d'où viendrait Harry (il ne savait pas s'il connaissait l'existence du passage secret. Il se mit à se dire qu'il aurait peut-être dû lui en parler, ça aurait été plus simple) et l'idée de se balader dans la maison, qu'il ne connaissait que peu, ne l'enchantait guère. Il soupira et regarda ses pieds. C'est alors qu'il les vit. Des traces de pas se démarquaient facilement dans la poussière et montaient à l'étage : Draco décida de les suivre, bien qu'il avait quelques doutes – et si ce n'était pas celles d'Harry ? Il attrapa sa baguette et la brandit devant lui, en signe de protection. Il posa un pied sur la première marche, qui émit un grincement inquiétant. Grimaçant, Draco continua néanmoins d'avancer, lentement mais sûrement. L'idée qu'Harry était très certainement là-haut, à l'attendre, était la seule raison qui le poussait à aller davantage au cœur de cette maison lugubre qui lui donnait des frissons dans le dos rien qu'à l'idée de penser qu'il était dedans.

Lorsqu'il arriva enfin en haut des escaliers, il se trouva face à une porte entre-ouverte, à travers laquelle passait un léger courant d'air. Un peu rassuré, il poussa néanmoins ladite porte avec lenteur, pour faire le moins de bruit possible. C'est là qu'il le vit, assit sur le rebord de la fenêtre, regardant le ciel, un vent léger agitant ses cheveux ébouriffés. Draco lui trouva l'air d'un ange. Il s'appuya contre l'embrasure de la porte et se contenta de le regarder pendant un long moment, le sourire aux lèvres. Tout ses soucis c'étaient envolés.

Soudain, Harry se retourna et sursauta, manquant de tomber dans le vide en apercevant Draco, qui s'était presque jeté sur lui en le voyant manquer de tomber.

« Ca va ?! » hurla presque le blond.

« Ou-Oui... » lui répondit un Harry aux joues colorées. « Ca fait longtemps que tu es là ? »

« Je ne sais pas trop, peut-être une vingtaine de minutes. »

« Oh. Pourquoi tu ne t'es pas manifesté ? »

« Tu étais tellement beau, je ne voulais pas te déranger. »

Il vit Harry rougir davantage avant de lui prendre la main et de l'amener jusqu'à un petit canapé qui n'était pas sale, mais bien propre. Cela étonna Draco qui s'était attendu à ce que tout soit poussiéreux jusqu'à la dernière latte du plancher – mais bon, il n'allait pas se plaindre : c'était parfait que ce canapé là soit dépourvu de la moindre once de grain de poussière.

Ils s'assirent côte à côte, leurs épaules se touchant et leur offrant la proximité qui leur avait tant manqué durant la semaine passée sans pouvoir s'adresser la parole. Ils restèrent comme cela un moment, profitant l'un de l'autre dans ce silence qui leur faisait tant de bien. Au bout d'un moment, la tête d'Harry dodelina avant de venir se caler contre l'épaule de Draco, qui passa alors le bras autour de celles du brun. Finalement, ce dernier se décida à prendre la parole :

« J'ai parlé à Hermione. »

Draco ne répondit pas mais il le serra d'avantage contre lui pour l'encourager à continuer. Il ne s'était pas attendu à ce que Harry commence leur conversation comme cela.

« Je lui ai tout raconté. Tout ce qu'il c'était passé... Je lui ai dit... Je suis désolé, Draco, mais, c'est ma meilleure amie, et je me sentais tellement coupable ! Je lui ai dit que tu t'étais servit d'elle... »

« Elle... Elle a réagit comment ? »

Blaise avait raison, il était vraiment le pire des crétins de la terre entière. Il n'avait pensé qu'à son petit bonheur personnel, sans se soucier une seule seconde des sentiments qui pouvaient animer Harry, ou même Hermione.

« Elle n'a plus parlé pendant plusieurs minutes, et... Écoute, je pense que le mieux qu'il y ait à faire est d'aller lui parler toi-même... »

Draco déglutit.

« Je ne sais pas si je vais y arriver. »

« Draco ! Après ce que tu lui as fait, c'est la moindre des choses, tu ne crois pas ? »

« Oui, oui, tu as raison. »

Soudain, ils entendirent une terrible explosion, qui fit trembler les murs, vibrer les fenêtres. Draco se jeta sur Harry, comme pour le protéger, mais rien ne les atteignit : malgré sa précarité, la Cabane Hurlante resta intacte. Lorsqu'ils se relevèrent, ils avaient tout deux un air paniqué affiché sur le visage.

« Merde ! Mais qu'est-ce qu'il vient de se passer ?! » cria Draco, abasourdit.

« Poudlard ! »

Un filet de fumée noire et épaisse s'échappait d'une des tours du château. Au niveau de la tour des Gryffondors. Harry partit comme une fusée en direction du passage secret qui permettait de rejoindre l'école, suivit de Draco, inquiet comme pas possible. Mais qu'est-ce qu'il venait de se passer, bordel ?!

Ils détalèrent dans le passage si rapidement que, bien plus tard, Draco oublia qu'il n'y avait jamais été. Ils sortirent sans se soucier du Saule Cogneur, passant si vite que le maudit arbre n'eut même pas la présence d'esprit de les attaquer. Harry fonça dans le château, mais il fut soudain stoppé par une masse d'élèves qui se précipitaient vers le lieu d'où provenait l'explosion. En écarquillant les yeux, Harry se rendit alors compte que ce qu'il avait seulement supposé était vrai : la tour des gryffondors venait d'exploser, littéralement. Il n'y avait plus que des cendres. En vérité, seule la Salle Commune était touchée, ce qui limitait les dégâts, mais des rumeurs couraient déjà comme quoi certains élèves auraient étés touchés par la déflagration.

« Hermione ? Hermione ! » entendirent-ils crier.

Une tignasse rousse, le visage défiguré par l'angoisse, cherchait la jeune Gryffondor à travers la masse grouillante.

« Ron ! »

« Harry ? Harry, tu sais où est Hermione ? »

« Oh, non... » murmura Harry. « Où est-elle ? Est-ce que quelqu'un l'a vue ?! »

« Elle était dedans ! Je suis sûre qu'elle était dedans ! » cria une voix étouffée par des sanglots. C'était Ginny.

« Non... Non, c'est impossible ! »

Ron tomba au sol, Harry, immobile, regardait dans le vide. Draco déglutit. Ce n'était pas vrai. Ce n'était pas possible. Granger ne pouvait pas... Non !

« Ecartez-vous ! » aboya Rusard, suivit de près par Dumbledore

« Professeur ! Professeur ! » gémit Harry.

« Est-ce qu'il manque des élèves ? »

« Hermione... »

« Oh mon Dieu... » intervint MacGonagall, qui venait juste d'arriver.

« Professeur MacGonagall, rassemblez tout les élèves de Gryffondor et faites l'appel, s'il-vous-plaît. Vous dites que Miss Granger a disparu ? »

« Oui, Professeur... »

Le visage constellé de taches de rousseurs de Ron était désormais recouvert de larmes transparentes qui ruisselaient sur son visage comme des éclats de cristal.

La Directrice de la Maison Gryffondor demanda alors à chaque Gryffondor de se rassembler dans la Grande Salle. Aucun élève ne manquait... Hormis Hermione. Draco, dans l'embrasure de la porte, pouvait voir le désespoir percer à travers chaque pore de la peau de son petit ami.

Quant à lui, il se sentait aussi mal qu'il était possible de l'être. Et si Granger était vraiment... Morte ? Il n'aurait fait que la faire souffrir et la manipuler... Il avait presque envie de pleurer, et il l'aurait fait s'il avait été seul. Mais ses larmes ne pouvaient pas sortir : il se l'interdisait. Car Harry allait avoir besoin d'une présence forte. Pour le réconforter... Enfin, Draco gardait quand même l'espoir, l'espoir que la rouquine soit encore en vie, qu'elle ait survécu à l'explosion, que tout allait bien...

« Il va avoir besoin de toi. »

Draco sursauta et se retourna vivement pour se retrouver nez à nez avec Draven Prince. Ce dernier, comme toujours, semblait se foutre de tout.

« Il faudra que tu restes auprès de lui, que tu t'occupes de lui, car si Granger est morte, alors cela va le détruire. » Il inspira. « Crois-moi, j'en sais quelque chose... »

La mine du Serpentard semblait un peu moins assurée, et sa voix s'était légèrement cassée vers la fin. Alors, Draco se souvint de son nom complet. Draven Prince Jr. Draco savait que son père était mort il y avait des années de cela, quand il n'était encore qu'un enfant. Peut-être qu'il parlait de cela...

« Je... Je ferais de mon mieux... Pour le protéger... Pour l'aider... »

« Je te remercie pour lui, alors. Il en aura besoin. »

De ses yeux gris/bleus clairs, il fixa la scène qui se déroulaient sous leurs yeux.

« Ils sont entrain de fouiller les décombres. Si vraiment Granger a été piégée dans l'explosion, alors ils retrouveront son corps... Ou ce qu'il en reste. Sinon... Il faudra la chercher jusqu'à ce qu'on la retrouve. Et puis, si ça se trouve, elle est quelque part dans le parc, endormie, et on se prends la tête pour rien... »

« Ca m'étonnerait... Nous avons entendu le bruit de la Cabane Hurlante. Et puis, toute cette agitation l'aurait réveillée. En tout cas, je me demande qui a bien put faire exploser la tour des Gryffondors, et dans quel but... ?! »

Ca rassurait Draco de ne pas penser au sort qu'avait très certainement subit Granger. Ca le rassurait, et ça l'aidait à se sentir moins coupable de l'avoir trahie, et de ne jamais avoir put aller lui transmettre ses excuses – car oui, il avait des excuses à lui faire, et il en était totalement conscient, et ce même s'il ne l'avouerait jamais à voix haute et en face d'autres personnes – et de l'avoir fait souffrir. Il s'en voulait tellement, sa culpabilité le rongeait tellement qu'il sentait qu'il allait exploser... Enfin, imploser serait plus juste. Visiblement, Draven le sentit, car il se rapprocha de lui et lui tapota l'épaule gentiment.

« Ne te morfonds pas trop, Malfoy. Tu vas devoir être fort, pour Potter... Mais il est vrai que tout cela m'intrigue. Je vais aller jeter un coup d'oeil... Et, n'oublie pas, Potter comptes sur toi, même inconsciemment, il a besoin de toi. »

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Ainsi s'en fut Draven. Pour le jeune homme, tout cela importait peu. Il n'aimait pas voir la souffrance et la tristesse sur le visage de ceux qu'il considérait comme ses amis, ou comme ses camarades, ou tout simplement les personnes qui ne lui semblaient pas foncièrement mauvaises, et c'est pour cela qu'il voulait alléger la peine que Draco ressentait. Il était bon pour cela. Deviner ce que ressentaient les gens, et pourquoi ils le ressentaient. D'aussi loin que sa mémoire lui parvenait, cela avait toujours été ainsi. Même son père, le grand Draven Prince, n'avait jamais pu y échapper, et son petit homonyme avait pu déchiffrer le moindre de ses sentiments.

Du moins jusqu'à ce que... Il plissa les yeux très très forts pour échapper à cette vision horrible qui venait de s'imposer dans son esprit. Ce n'était pas le moment de repenser à ça. En fait, ce n'était jamais le moment de repenser à ça. C'était quelque chose qu'il devait absolument oublier, effacer de son esprit, supprimer, pour que cela cesse de le tourmenter. Même si, malgré tout, chaque heure de chaque jour était une torture perpétuelle, car l'on n'échappe ni à ses souvenirs, ni à son passé. Son prénom seul lui suffisait pour se rappeler de son père.

Il gravit pas à pas les marches de l'escalier qui, comme à son habitude et malgré les événements récents, continuait de bouger dans tout les sens et de se jouer de quiconque effleurait de ses pieds ses marches en pierre froide. Draven n'eut pas à monter très haut, néanmoins, avant de retrouver le lieu complètement dévasté autour duquel plus personne ne gravitait, contrairement à quelques heures auparavant.

Il enjamba un des énormes blocs de pierre qui entravait le passage, gravit quelques autres, se glissa entre deux, et chaque fois, il regardait avec attention, guettant pour un corps, voire même un simple bout de corps, ou quoi que ce soit qui ait pu appartenir à Granger. Il n'avait pas peur d'être choqué. Il s'en fichait comme d'une guigne. Rien ni personne ne pourrait jamais le choquer d'une quelconque manière que ce soit après ce qu'il avait vu, ce qu'il avait vécu. Vous savez, ce souvenir qu'il tentait en vain d'effacer tout bonnement de sa mémoire.

Au bout de presque une heure de recherche intensive, il dût se rendre à l'évidence : le corps de Granger n'était nulle part, ce qui était à la fois une très bonne et une très mauvaise nouvelle. Draven eut à peine le temps de s'éclipser du lieu du crime quand une pléthore d'Aurors encapuchonnés fit irruption au milieu des décombres. Eux aussi étaient à la recherche d'une éventuelle trace du corps de Granger, et, par dessus tout, ils cherchaient d'éventuelles preuves à fin de démasquer l'auteur de cet attentat. Le jeune homme aux cheveux noirs soupira en se disant que les Serpentards allaient très certainement être les premiers suspectés, à son plus grand damn. Si peu de choses lui importaient, ce n'était pas le cas dès que cela touchait directement sa maison : c'était la maison de ses parents, et c'était beaucoup pour lui. C'était le seul souvenir qu'il lui restait d'eux – bien, qu'en vérité, il n'avait souvenance que de son père, celui dont il se souvenait à chaque fois que quelqu'un disait son nom – et il lui était très précieux.

Il fut stoppé net dans ses réflexions internes quand, tout à coup, il se sentit tiré par le col et ramené en arrière, avant de se trouver nez à nez avec un faciès pas très agréable. Un Auror aux sourcils broussailleux lui lançait le pire regard noir qu'il n'avait jamais reçu dans la tronche. Il aboya de sa grande bouche à laquelle il manquait quelques dents :

« Nom, prénom, âge, nom des parents ! »

Draven était rarement impressionné. Mais là, c'était le bouquet, et il était plutôt terrifié. Il déglutit.

« D-D-Draven P-Prince... Jr... 5ème année... » Venait alors la question des parents. Tout à coup, sa peur s'évanouit et il prit un regard de glace. « Mon père était Draven Prince. Il est mort. Je ne sais pas qui était ma mère. »

Son regard dur dû mettre la puce à l'oreille de l'Auror qui le relâcha. Sans pour autant le quitter des yeux. Mortifié, Draven réalisa qu'il venait d'être prit la main dans le sac sur les lieux du crime, tout seul. Et que, pour couronner le tout, il était à Serpentard, et ô comble du désespoir, l'endroit touché par l'explosion n'était nul autre que la tour des Gryffondors, autrement appelés ennemis jurés des verts et argents.

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Le jeune homme était assit dans le bureau de Dumbledore, les yeux rivés sur ses pieds, et n'osait pas ouvrir la bouche. Il s'était fait remonter les bretelles par le chef du groupe des Aurors après que son innocence eut été prouvée par nul autre que Dumbledore lui-même. Cependant, et il l'avait bien compris, sa présence sur les lieux était inacceptable : il aurait put souiller les traces éventuelles de magie résiduelles de part sa présence. Donc, ils avaient appelés sa tutrice légale, qui était actuellement en route pour Poudlard. En bref, il allait déguster. En effet, il entendait déjà les pas de la furie aux cheveux d'ébène dans l'escalier en colimaçons qui menait au bureau du directeur.

Elle ouvrit la porte d'un geste furieux tout en criant un retentissant :

« DRAVEN ! Espèce de petit crétin imbu de lui-même ! »

« Ah, euh, salut Tatie Isal- »

« Pas d'ça avec moi ! Qu'est-ce que tu faisais là-bas, hein ? »

« Euh... »

Draven bénit alors que Dumbledore ait déguerpit du bureau en sentant arriver le tremblement de terre.

« Mais qu'est-ce que penserait ton père de toi, hein ? »

« Désolée Tatie Isaline... »

« Franchement, tu ne lui ressemble vraiment pas... »

À ces mots, le jeune homme releva la tête, une lueur d'incompréhension dans le regard.

« Mais, Tatie, tu dis tout le temps que je suis sa copie conforme... »

« Non, mais, pas celui-l... Cette... Euh... Ouais, non, rien, oublie ce que je viens de dire. »

Draven arqua un sourcil interrogateur. Sa tante avait toujours été bizarre, alors il ne s'en formalisa pas. Ce qui l'étonna en revanche, c'est qu'il était prêt à recevoir la leçon du siècle et que, au final, il ne s'était fait qu'à peine crier dessus. Isaline le scruta une dernière fois de ses grands yeux vert aux reflets argentés, parfaits indicateurs de sa maison lorsqu'elle était encore étudiante, puis le prit dans ses bras avec affection, lui ébouriffa ses cheveux parfaitement coiffés, et lui murmura :

« Tout ce que je veux, c'est ton bien-être, mon petit Draven. Je veux que tes parents puissent-être fiers de toi même s'ils ne sont plus là. Tu vois ce que je veux dire ? Et, enfin... Je me suis inquiétée pour toi, tu sais... »

« Je sais Tatie, désolé... »

Il soupira et enfonça sa tête dans les cheveux de jais de sa tante – qui n'était, en vérité, que sa tutrice. Mais elle avait fait tellement pour lui qu'il aimait à penser qu'elle faisait partie de sa famille. Non, en fait, elle était sa famille, quoi qu'on puisse en dire. Il aimait Isaline, et il ferait tout son possible pour la protéger. Il l'embrassa une dernière fois sur la joue, elle lui remonta les bretelles encore un peu, puis elle s'en alla après lui avoir fait promettre de ne plus recommencer ; pas vraiment fâchée.

Draven fut relâché à l'instant même où sa tante quitta le château, et rejoignit la Grande Salle silencieuse. Chaque élève était attablé à sa table respective, les yeux rivés sur le bois de la table. Les Gryffondors, d'habitude chahuteur, étaient les plus silencieux d'entre tous. Les amis d'Hermione étaient ceux qui avaient la mine la plus mauvaise, et c'était compréhensible. Draven eut un pincement au cœur en voyant le teint cireux d'Harry Potter. Oui, c'était sûr, il allait avoir besoin du soutien de son tout nouvel petit ami. Et Draven comptait bien l'y aider. Il alla s'asseoir à côté de Draco qui lui jeta un regard interrogateur. Draven haussa les épaules pour lui faire comprendre que ce n'était rien d'important, et qu'il lui raconterait plus tard.

Dumbledore, tout de noir vêtu, s'approcha au pupitre. Le silence, déjà lourd, s'épaissit d'avantage tandis que le directeur de Poudlard prenait place, la lueur enjouée dans son regard ayant totalement disparu. Ce fut d'une voix grave qu'il commença à parler, des centaines de regard braqués sur sa personne :

« Aujourd'hui, comme vous le savez, Poudlard a été frappé par un terrible accident. Selon le rapport des Aurors qui sont intervenus, il semblerait que l'explosion de la Tour des Gryffondors, aboutissant à la destruction totale de la Salle Commune, a été provoquée par un chaudron remplit d'une substance voisine du Polynectar, qui aurait surchauffé puis implosé. Je ne demande pas à la personne qui préparait cette potion de se dénoncer, ou quoi que ce soit d'autre, car il est très peu probable que cela ait été prémédité. Cependant, j'ai le devoir de vous informer que le Ministère compte inculper quiconque présentera les signes d'une quelconque culpabilité... »

Il reprit son souffle, attendant que les élèves assimilent les informations. Il allait devoir passer à une partie qui n'allait plaire à personne. C'était quelque chose d'extrêmement difficile que d'annoncer la mort de quelqu'un à une école entière, et encore plus lorsque l'élève en question avait été sous votre coupe pendant cinq années consécutives. Il inspira et reprit :

« Je dois également vous informer qu'une élève a été touchée par cette accident. Beaucoup d'entre vous la connaissent... sachez que son corps n'a pas été retrouvé, et qu'aucune trace d'elle ou de ses affaires n'a été détectées sur les lieux de l'accident... Nous avons néanmoins constaté son absence et avons été dans l'incapacité de la trouver, que ce soit dans l'enceinte de l'école où ailleurs et, devant ce fait, le Ministère de la Magie a préférer annoncer son décès. Je vous demanderais de ne pas déshonorer sa mémoire, et surtout, n'oublier pas que, même si elle n'est plus là physiquement, elle restera toujours dans vos cœurs... »

Etait-ce un sanglot que Draco venait d'entendre dans la voix du vieux fou ?

« Veuillez s'il-vous-plaît lui rendre hommage convenablement, et soutenir moralement ses amis et sa famille. Mais, par dessus tout, je vous en prie, n'oubliez pas la grandeur et la magnificence de cette merveille élève, amie, camarade, que fut Hermione Granger. »

La Grande Salle tout entière était émue. McGonagall était au bord des larmes, Hagrid imbibait son mouchoir de larmes énormes qui roulaient sur ses joues et menaçaient de noyer le professeur Flitwick, lui-même encore sous le choc. Même Snape semblait mal-à-l'aise. L'ensemble des élèves soit pleurait, soit affichait une mine affreuse, même les Serpentards.

Puis, tout à coup, Harry se leva et commença à frapper dans ses mains pour applaudir, avec lenteur mais affirmation malgré son visage trempé de larmes. Fait étonnant, le premier à suivre fut Draco, puis Ron, puis finalement toute la Grande Salle s'y mit, chacun laissant passer son émotion à travers ses clappements de mains qui ressemblaient au bruit d'un énorme cœur qui bat.

Au fond de lui, Harry espérait que sa meilleure amie soit encore en vie.

De même que Draco, qui nourissait l'espoir fou de la retrouver vivante le plus vite possible. C'était tellement impossible qu'une personne pareille ait disparut.

C'était quoi déjà ? Ah, oui. Pourquoi les meilleurs partent-ils toujours les premiers ? - Quand tu es dans un champ de fleurs, lesquelles prends-tu ? - Les plus belles... - Exactement...