5. Poster
— C'est quoi, ça ? demanda Ron en désignant le poster que Dean venait juste d'accrocher sur son mur.
— C'est un poster, répondit Dean, confus.
Ron avait l'air intrigué.
— Mais pourquoi il ne bouge pas ?
— C'est un poster moldu, Ron, expliqua Harry. Je te l'ai dit, les images ne bougent pas dans le monde Moldu.
Dean lui sourit avec gratitude. Il était heureux d'avoir Harry pour le seconder lorsqu'il s'agissait d'expliquer des choses moldues. Bien que son père était Moldu, Seamus ne connaissait rien de son monde et Ron et Neville avaient tous les deux grandi dans des familles de Sang-Pur.
— C'est qui ? demanda Ron.
— C'est l'équipe de football de West Ham, déclara fièrement Dean.
Ron n'avait pas l'air très impressionné.
— C'est quoi, le football ?
— Rien de moins que le meilleur sport au monde ! s'exclama Dean. Deux équipes de onze joueurs essayent de mettre la balle dans le but de l'autre équipe.
— Seulement une balle ? Ron fronça du nez avec dégoût. Est-ce que vous jouez au moins dans les airs ?
Dean lui lança un regard étrange.
— Non, bien sûr que non. Ça se joue sur un terrain.
— Ça a l'air ennuyeux, rétorqua Ron. Alors que le Quidditch, d'un autre côté, ça c'est le meilleur sport au monde !
— Hé, n'insulte pas –
— Deux équipes de sept, quatre balles différentes, six buts, et ça se joue sur des balais, lista Ron. Ose me dire que ça n'a pas l'air excitant.
— Ça a l'air bien, mais –
— C'est mieux que bien ! le coupa Ron avec ferveur. Et nos posters bougent !
Il pointa son doigt vers son poster des Canons de Chudley. L'un des joueurs faisait une cravate à son adversaire.
— Tout dans le monde Moldu a l'air ennuyeux, conclut t-il.
Dean commençait à s'énerver. Ron n'avait aucun droit d'insulter son sport et son monde. Le rouquin s'était levé de son lit et faisait des gestes avec sa baguette vers le poster de Dean, essayant de faire bouger les joueurs.
— Bougez, bande d'idiots ! cria Ron.
— Maintenant tu vas – commença Dean, définitivement en colère.
Seamus s'interposa avant que Dean ne puisse faire quoi que ce soit. Son expression d'ordinaire enjouée était devenue orageuse et il se saisit du poignet de Ron pour l'éloigner du poster.
— Laisse le tranquille, Ron, lui dit Seamus fermement. T'commences à devenir vraiment énervant.
Ron s'éloigna de Seamus, stupéfait de voir le garçon plus petit se dresser face à lui. Néanmoins, il lança un regard coupable à Dean.
— Désolé, mec, bredouilla t-il.
— C'est rien, lui répondit Dean avant de sourire à Seamus. Merci.
Seamus lui sourit largement, de retour enjoué.
— 'Sûr.
