29. Normale
— Les garçons ! Les garçons, réveillez-vous ! cria Mme Finnigan.
— Qu'est-ce qu'il se passe ? demanda Seamus en se redressant dans son lit. Il entendit Dean s'asseoir sur celui à côté du sien.
— Il vient de se passer quelque chose, répondit-elle, leur jetant leurs vestes. Il y a eu des attaques. Levez-vous, allez vous cacher dans la forêt.
Seamus et Dean se levèrent précipitamment, mettant leurs vestes en vitesse. Elle les mena vers l'entrée de la tente.
— Allez m'attendre dans la forêt ! leur ordonna-elle avant de courir vers la source de l'agitation.
— M'man ! s'écria Seamus, désespéré, commençant à courir après elle, mais Dean lui agrippa le bras.
— On doit s'en aller d'ici, insista Dean.
— Mais –
— Diffindo !
Dean poussa Seamus au sol et laissa échapper un cri de douleur, le sort l'ayant touché.
— Dean ! s'exclama Seamus, ses yeux horrifiés fixant la longue incision qu'il apercevait à travers le t-shirt déchiré de Dean, le long de son torse. Du sang commençait à couler de la blessure.
— Allons nous-en ! dit Dean, une main contre sa plaie et l'autre aidant son ami à se relever.
Ils arrivèrent au niveau des gens paniqués qui fuyaient vers la forêt, trébuchant et se cognant les uns contre les autres. Il ne s'arrêtèrent pas de courir avant d'avoir dépassé les premiers arbres. Seamus força Dean à s'asseoir contre un arbre.
— T'vas bien ? demanda t-il, inquiet. L'une de ses mains agrippait l'épaule de Dean, l'autre était suspendue au dessus de la blessure de Dean. Ça fait mal ? Si seulement j'connaissais des sorts de soin. Peut-être que –
— Seam, je vais bien, l'interrompit Dean, sa respiration légèrement erratique.
Seamus secoua la tête.
— J'suis désolé, Dean.
— Ce n'est pas de ta faute.
— Si, c'est –
Seamus se tut alors que dans la forêt toute entière résonnaient des cris terrifiés. Il regardait autour de lui, essayant de deviner ce qui les avait fait si soudainement paniquer, quand il la vit.
— Non, murmura-il, toute couleur disparaissant de son visage.
— Quoi ? demanda Dean, regardant dans la même direction que Seamus. Sa mâchoire en tomba quand il vit un gigantesque crâne vert avec un serpent en guise de langue flottant dans les airs.
— Seam... Qu'est-ce que c'est que ça ?
— C'est... C'est la marque de Tu-Sais-Qui, répondit Seamus, la voix faible et effrayée. Pendant la guerre, ils la faisaient apparaître dans l'ciel à chaque fois... à chaque fois qu'ils tuaient quelqu'un.
— Merlin, bredouilla Dean avant de secouer la tête. Apparemment on ne peut jamais vivre une année normale et sans danger, hein ?
— Apparemment non, dit Seamus.
Ils ne parlèrent plus de rien jusqu'à ce que l'attaque soit terminée et que sortir de la forêt puisse enfin se faire en toute sécurité. Ils ne parlèrent certainement pas du baiser. Ni du fait que pour chacun d'entre eux, ça avait été leur premier. Ni du fait que, bien qu'ils en aient rit, ils l'avaient tous les deux plutôt apprécié.
