44. Futur

Dean trouva Seamus, assis tout seul dans un coin de la salle commune à broyer du noir, et marcha vers lui d'un pas décidé. Seamus le vit arriver et allait se lever pour partir, mais Dean lui dit :

— Où que tu ailles, je te suivrai, alors tu ferai mieux de rester assis et de m'écouter.

Seamus le regarda sombrement puis détourna son regard, croisant obstinément ses bras contre sa poitrine. Dean attrapa son menton, forçant Seamus à le regarder dans les yeux, ignorant les regards étranges qu'ils recevaient.

— Quand je t'ai demandé si t'en avais parlé à quelqu'un, je ne t'accusais pas, lui dit Dean, la voix ferme. Je m'assurais que tu ne l'avais fait, vérifiais quelque chose que je considérais déjà comme un fait. Tu comprends ?

Quelque chose bougea dans les yeux de Seamus et il acquiesça doucement. Dean lâcha son menton et Seamus détourna une nouvelle fois le regard. Dean se tenait là, mal à l'aise sous les regards persistants des autres élèves, se tournant légèrement les pouces.

— Ça ne te dérange pas si je m'assoies ? demanda t-il, désignant la place à côté de Seamus.

Seamus haussa des épaules, indifférent.

— Vas-y.

Dean s'assit et un autre silence inconfortable s'installa.

— Comment s'est passé ton entretien d'orientation ? demanda t-il.

Seamus haussa une nouvelle fois des épaules.

— La police Moldue emploie des gens que l'on appelle dessinateurs de portraits-robots, dit Dean. Ils demandent aux victimes des descriptions des suspects et dessinent leur portrait afin que l'on puisse avoir une idée de l'apparence de la personne recherchée. Je me disais que les Aurors pourraient bien avoir besoin de quelqu'un comme ça, mais je ne sais pas.

Seamus resta silencieux. Au bout de quelques minutes, Dean était prêt à abandonner et à aller se coucher.

— Tu n'dessines pas beaucoup en c'moment, dit Seamus doucement, alors que Dean s'apprêtait à partir.

Dean cligna des yeux. C'était vrai, réalisa t-il. Il n'y avait pas beaucoup pensé.

— Je suppose qu'il n'a pas eu quoi que ce soit que j'ai voulu dessiner, répondit-il. Je n'ai aussi pas eu beaucoup de temps.

Seamus le regarda de côté.

— Tu pourrais toujours essayer d'me dessiner nu sur un hypogriffe.

Dean rit en se souvenant de la conversation qu'ils avaient eu en troisième année.

— Je te l'ai dit, mec, ça n'arrivera jamais.

— Ah... Bah, j'peux espérer, dit Seamus en souriant. J'ai d'mandé à McGonagall si elle pensait qu'un travail au Département des accidents et catastrophes magiques me conviendrait bien. Elle n'avait pas l'air d'accord. T'aurais dû voir sa tête !

— Tu serais responsable de la moitié des accidents ! s'exclama Dean.

Seamus rit aussi, puis son visage s'assombrit.

— J'sais pas vraiment c'que j'veux faire, Dean. Le futur est un grand flou pour moi.

Dean lui donna un petit coup d'épaule.

— T'inquiète pas, mec. Tu vas bien te débrouiller.

Seamus sourit.

— J'espère que tu pourras être un dessinateur de... un dessinateur de portraits-robes pour les Aurors, Dean.

— Portraits-robots, le corrigea Dean. Merci, Seam.

— 'Sûr.