57. Fini
Dean et Ginny remontaient les escaliers menant au portrait de la Grosse Dame. Ils venaient de passer une soirée plaisante, bien que platonique, près du lac et revenaient à la Salle Commune. C'était un peu tendu entre eux depuis leur dispute à propos d'Harry. Dean ne voulait plus vraiment être avec Ginny, mais en même temps il ne voulait pas rompre avec elle. Il aimait vraiment sa compagnie et il pensait qu'elle était une personne brillante, mais maintenant il y avait quelque chose qui manquait dans leur relation.
— T'es sûr que t'es pas dans une relation juste pour être dans une relation ? lui avait demandé Seamus lorsqu'il lui avait avoué ses sentiments par rapport à Ginny quelques jours plus tôt.
Il n'avait pas répondu. Etait-il vraiment avec Ginny juste parce qu'il ne voulait pas être de nouveau seul ? C'était agréable d'avoir une petite amie, d'avoir quelqu'un à embrasser entre chaque classe, quelqu'un avec qui passer des moments intimes, mais la plupart de ces moments avaient disparu maintenant.
— Ne me pousse pas, s'il-te-plaît, Dean, soupira Ginny, sortant Dean de ses pensées. Tu fais tout le temps ça, je peux parfaitement passer toute seule, merci bien.
Dean fronça des sourcils. Bien qu'il était vrai qu'avant il avait pris l'habitude de poser sa main dans le bas de son dos à chaque fois qu'ils passaient pas l'ouverture du portrait (une habitude qu'il avait prise avec Seamus), il avait réussi à arrêter de le faire quand il était avec elle. Il ne l'avait pas touchée, cette fois, alors pourquoi était-elle en colère contre lui ?
— Je ne t'ai pas poussé, dit-il, agacé.
Ginny rit d'un air incrédule.
— C'est ça.
— De toute façon, je ne vois pas en quoi c'est un problème, continua Dean.
Il savait qu'il aurait dû laisser passer, mais il ne pouvait pas.
— C'est énervant, déclara t-elle.
— Je fais juste, je ne sais pas moi, je fais juste attention à toi, dit-il. Ce n'est pas ce que les petits amis sont censés faire ?
— Je peux prendre soin de moi toute seule !
— Alors pourquoi je suis là ? l'interrogea t-il, les yeux plissés.
— Je ne sais pas, répondit-elle froidement.
Ginny tourna des talons et monta les escaliers vers le dortoir des filles. Il savait qu'en la laissant digérer leur dispute maintenant, tout retournerait à la normale le lendemain matin, mais il ne voulait pas que tout aille bien. Il en avait marre de ses réflexions et de son comportement agressif. Alors, il dit la seule chose qu'il n'aurait pas dû dire.
— Seamus me laisse l'aider lorsqu'on passe par le tableau, dit-il doucement.
Elle revint vers lui rapidement, ses cheveux volant autour de son visage. Elle ressemblait à une harpie en colère.
— Si c'est comme ça, pourquoi tu ne sors pas avec ton précieux Seamus alors ? gronda t-elle.
— Peut-être que c'est ce que je vais faire ! cria t-il, rougissant aussitôt que ces mots quittèrent sa bouche.
Son visage rougit de colère.
— Bien !
— C'est fini alors ? demanda t-il méchamment.
— Ouais, Dean, c'est fini, dit-elle d'un ton sec avant de monter les escaliers.
Dean se retourna, ignora tous les murmures qui étaient apparus après que Ginny soit partie et il monta les escaliers vers son propre dortoir qu'il trouva vide, ce qu'il apprécia grandement. Il n'avait vraiment pas envie de parler à qui que ce soit. A peu près une heure plus tard, la nuit était tombée et Seamus fit irruption dans le dortoir.
— Je... je viens d'en entendre parler, dit-il le souffle court, marchant vers le lit de Dean. Qu'est-ce qui s'est passé ?
— Ginny et moi, c'est fini, répondit-il froidement.
— Désolé, mec.
Seamus se pencha vers sa malle sous le prétexte d'en sortir son pyjama, mais en réalité il était juste en train de cacher son sourire.
— C'est rien, dit Dean en haussant des épaules. Il se leva de son lit. Ce n'était qu'une question de temps, je suppose.
Ils se changèrent en silence puis s'assirent tous les deux sur le lit de Dean. Dean tripotait les cordons de son pantalon de pyjama.
— Pourquoi vous avez rompu ? demanda Seamus.
— Elle n'aimait pas que je l'aide à passer à travers l'ouverture du portrait, dit Dean et en s'apercevant du regard étrange que lui lançait Seamus, il ajouta, parmi d'autres choses.
— L'aider à passer ? demanda Seamus. Il ajouta doucement : comme tu fais avec moi ?
Dean acquiesça.
— Elle n'aime pas ça. Elle n'aime pas beaucoup de choses que je fais.
— Et bien moi, j'aime ça, dit Seamus nonchalamment, malgré le léger rougissement qui ornait ses joues. C'est... je n'sais pas, j'aime juste savoir que t'es là, ou quelque chose comme ça.
Dean sourit légèrement et acquiesça une nouvelle fois.
— T'es triste que ce soit fini entre vous ?
— Comme j'ai dit, ce n'était qu'une question de temps, répondit Dean. Mais j'aurais bien aimé que ça se passe mieux, un peu plus calmement. C'est une bonne personne et j'espère que l'on pourra rester amis, mais on était juste pas...
— Faits l'un pour l'autre, finit Seamus.
Dean leva les yeux vers lui avec une expression étrange.
— Ouais.
— Ça j'aurais pu t'le dire avant, dit Seamus avec colère. Tu n'as pas besoin de quelqu'un comme elle, Dean.
— Alors de qui j'ai besoin ? Demanda doucement Dean, les yeux baissés.
— T'as besoin d'quelqu'un qui aime toutes les petites choses que tu fais, déjà, marmonna Seamus. Et t'as besoin d'quelqu'un qui comprend tes silences. D'quelqu'un qui...
Seamus s'interrompit alors que les yeux de Dean se levaient pour rencontrer les siens.
— Quelqu'un qui ? souffla t-il.
Il se fixèrent dans les yeux pendant quelques secondes, puis Seamus se racla la gorge.
— Tu vois c'que je veux dire, dit-il évasivement, bougeant pour se lever du lit de Dean. J'suis fatigué. A dem –
Il s'interrompit et baissa les yeux vers la main de Dean qui avait agrippé son poignet, puis il les releva vers Dean. Ce dernier se mordillait la lèvre avec une expression embarrassée et tira une nouvelle fois sur le poignet de Seamus, lui demandant silencieusement de rester avec lui. Seamus rougit et hocha bêtement de la tête.
Ensemble, ils fermèrent les rideaux de son lit et se faufilèrent sous les couvertures. Trouver une position confortable pour tous les deux se révéla bien plus difficile que ça ne l'avait été, étant donné qu'ils n'avaient pas dormi ensemble depuis leur troisième année.
— On devient trop grands pour ça, chuchota Seamus. Toi en tout cas. J'n'ai pas grandi depuis notre quatrième année.
Dean rit et enroula un bras autour de la taille de Seamus, d'une façon qu'il espérait désinvolte. Il se rassura en se disant qu'il ne voulait juste pas que Seamus tombe du lit, mais il avait aussi le désir secret de tenir l'irlandais près de lui. Seamus mit avec hésitation sa tête contre le torse de Dean, posant sa main sur son ventre.
— J'suis désolé à propos de Ginny, mec, lui dit Seamus après quelques minutes de silence.
Dean haussa des épaules.
— C'est pas grave. Mais ça va me manquer de l'embrasser, c'est vrai que c'était agréable.
Ils rirent ensemble. Seamus aimait sentir la voix de Dean gronder dans sa poitrine.
— Si t'as besoin d'embrasser quelqu'un, il y a toujours moi, rit doucement Seamus, mais sa voix sonnait bizarrement et ce n'était pas aussi nonchalant qu'il aurait aimé que ça le soit.
Dean sourit et le taquina en retour.
— Merci, Seam, je pourrais bien te prendre au mot.
— 'Sûr, répondit automatiquement Seamus, malgré le rougissement qui se propagea rapidement sur son visage, lui donnant chaud et rendant ses joues complètement rouges.
Seamus se lova plus près de Dean et se demanda pourquoi l'idée d'embrasser Dean (de nouveau, murmura une voix dans sa tête) l'excitait autant. Il se demanda pourquoi il était si heureux que Dean et Ginny aient rompu, et il se demanda aussi pourquoi Dean et lui prétendaient qu'il était normal pour deux amis de partager un lit et de plaisanter sur le fait de s'embrasser.
Dean, d'un autre coté, se demanda pourquoi il voulait rester dans ce lit avec Seamus pour toujours et ne jamais le laisser partir. Mais dès qu'il commença à se poser cette question, il réalisa qu'il en connaissait peut-être déjà la réponse.
Notes de l'auteur : c'était un autre de mes chapitres préférés à écrire =)
~Ki
Notes de la traductrice : et définitivement l'un de mes préférés à traduire !
